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9 Octobre 2010.Cette recherche est actuellement indisponible. Nous vous prions de nous en excuser.

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Résultat : 3899 réponses dans le Petit Larousse 1905.

A n. m. La première lettre de l'alphabet, et la première des voyelles : un A majuscule ; des a minuscules. Prouver par A + B, prouver mathématiquement. Ne savoir ni A ni B, être fort ignorant.
A (sans accent) 3e pers. du sing. de l'ind. prés, du verbe avoir : l'alphabet français a vingt-cinq lettres.
A prép. Prend l'accent grave et exprime un rapport de tendance : aller à Paris ; de situation : être à la campagne ; de provenance : boire à une source.
A ou AB ou ABS prép. qui signifie de, par, pour indiquer un rapport d'éloignement, d'extraction, de séparation, de privation, et qui entre comme préfixe dans la composition de certains mots français : atone, abjuration, abstention.
ABACA n. m. Espèce de bananier qui fournit une matière textile appelée chanvre de Manille.
ABAISSANT (bè-san),
E adj. Qui sert à abaisser. Fig. Humiliant, dégradant : acte abaissant.
ABAISSE (bè-se) n. f. Pâte amincie par le rouleau.
ABAISSE-LANGUE (lan-ghe) n. m. invar. Instrument qu'on emploie en médecine pour abaisser la langue et apercevoir l'intérieur de la gorge.
ABAISSEMENT (bè-se-man) n. m. Action de diminuer quelque chose en hauteur : l'abaissement d'un mur. Action d'un corps qui, en baissant, s'éloigne d'un point plus élevé : le froid produit l'abaissement du mercure dans le thermomètre. Fig. Humiliation : Louis XI travailla à l'abaissement des grands vassaux. Amoindrissement : l'abaissement des salaires. Etat de décadence : l'abaissement de la littérature.
ABAISSER (bè-sé) v. a. (rad. bas). Mettre plus bas pour couvrir : abaisser les paupières. Diminuer la hauteur : abaisser un mur. Faire descendre : abaisser un store. Réduire : abaisser une taxe. Abaisser une perpendiculaire, la mener d'un point sur une ligne ou sur un plan. Fig. Humilier : Richelieu abaissa les grands. S'abaisser v. pr. S'humilier, s'avilir : s'abaisser à de plates excuses. Devenir plus bas : les nuages s'abaissent. Ant. Elever, hausser ; glorifier, vanter.
ABAISSEUR (bè-seur) adj. et n. m. Se dit d'un muscle qui sert à abaisser la partie du corps à laquelle il est attaché.
ABAJOUE (joû) n. f. Poche que certains animaux (singes, chéiroptères, etc.) ont à l'intérieur de chacune des joues et où ils mettent en réserve des aliments. Fig. Joue pendante.
ABALIÉNATION (si-on) n. f. Dr. rom. Cession, aliénation : abaliénation de terres, de troupeaux.
ABALIÉNER (né) v. a. Faire une abaliénation.
ABALOURDIR v. a. Rendre lourd, stupide : les mauvais traitements abalourdissent un enfant.
ABALOURDISSEMENT (di-se-man) n. m. Action d'abalourdir. Etat d'une personne abalourdie.
ABANDON n. m. Etat d'une personne ou d'une chose délaissée : Christophe Colomb mourut dans l'abandon. Négligence aimable dans le discours, le style, les manières, etc. Oubli : abandon de soi-même. Renonciation, désistement : abandon d'un droit. À l'abandon loc. adv. Sans soin, en désordre : laisser ses enfants, sa maison à l'abandon.
ABANDONNABLE (do-na-ble) adj. Qui peut, qui doit être abandonné : projet abandonnable.
ABANDONNATAIRE (do-na-tè-re) n. Dr. Personne au profit de qui est fait un abandon de biens.
ABANDONNATEUR, TRICE (do-na) n. Dr. Personne qui fait un abandon de ses biens.
ABANDONNÉ (do-né), E n. Personne qui est dans l'abandon : soulageons les abandonnés.
ABANDONNEMENT (do-ne-man) n. m. Délaissement entier. Acte de cession : abandonnement de biens.
ABANDONNER (do-né) v. a. Quitter, délaisser entièrement : abandonner sa maison. Renoncer à : abandonner ses prétentions. Négliger : abandonner ses devoirs. Confier : Anne d'Autriche abandonna le pouvoir à Mazarin. Livrer : abandonner une ville au pillage. S'abandonner v. pr. Se livrer : s'abandonner à la joie. Perdre courage : une âme forte ne s'abandonne jamais. Ant. Garder, retenir.
ABANDONNEUR, EUSE (do-neur, eu-ze) adj. et n. Se dit d'une personne qui abandonne.
ABAQUE n. m. Archit. Tailloir, tablette formant la partie supérieure du chapiteau d'une colonne. Antiq. Machine à calculer en usage chez les Romains. (V. boulier.) Système de lignes tracées sur un plan et correspondant à une équation donnée qu'elles permettent d'étudier. Table à jouer, à lire. Dressoir.
ABASOURDIR (zour) v. a. (rad. sourd.) Assourdir, étourdir par un grand bruit : coup de tonnerre gui abasourdit. Fig. Consterner, hébéter.
ABASOURDISSANT (zour-di-san), E adj. Qui est propre à abasourdir, à étourdir : bruit abasourdissant, nouvelle abasourdissante.
ABASOURDISSEMENT (zour-di-se-man) n. m. Assourdissement. Fig. Stupeur.
ABAT ou ABAS (ba) n. m. Averse soudaine : un grand abat d'eau.
ABAT (ba) n. m. Action d'abattre, de tuer : l'abat des animaux. Ce qui est abattu. Syn. de abatis.
ABATAGE n. m. Action d'abattre les arbres, de tuer les animaux. Fig. et fam. Verte semonce.
ABÂTARDIR v. a. (de bâtard). Altérer, faire dégénérer. Fig. : une longue servitude abâtardit le courage. S'abâtardir v. pr. Dégénérer.
ABÂTARDISSEMENT (di-se-man) n. m. (de abâtardir). Dégénération. Altération, au prop. et au fig. : l'abâtardissement d'une race, de l'esprit.
ABATÉE (té) n. f. Mouvement d'un navire qui fait que la proue s'écarte de la ligne du vent.
ABAT-FAIM (ba-fin) n. m. invar. Pièce de résistance qu'on sert d'abord pour apaiser, abattre la faim des convives.
ABAT-FOIN (ba) n. m. invar. Ouverture dans le plancher d'un grenier, au-dessus d'une écurie, d'une étable, et par laquelle on jette le fourrage dans le râtelier.
ABATIS (ti) n. m. Quantité de choses abattues, telles que bois, arbres, maisons ; ou tuées, telles que bêtes fauves, gibier. Tête, cou, ailerons, pattes de volaille. Pop. Bras, jambes ; mains, pieds.
ABAT-JOUR (ba) n. m. invar. Réflecteur qui rabat la lumière des lampes. Fenêtre inclinée qui reçoit le jour d'en haut. Auvent élevé devant les magasins ou boutiques pour intercepter les rayons du soleil. Sorte de visière qui sert à préserver les yeux d'une lumière trop vive.
ABAT-SON ou ABAT-SONS (ba) n. m. Série de lames que l'on pose de biais dans les baies des clochers pour renvoyer le son ou les sons vers le sol. Pl. des abat-son ou abat-sons.
ABATTABLE (ba-ta-ble) adj. Susceptible d'être abattu.
ABATTANT (ba-tan) n. m. Pièce de menuiserie, qui s'élève ou s'abaisse à volonté : secrétaire à abattant.
ABATTEMENT (ba-te-man) n. m. (de abattre.) Découragement, accablement, affaiblissement. Ant. Energie, courage.
ABATTEUR (ba-teur) n. m. Celui qui abat : abatteur d'arbres. Grand abatteur de besogne, qui en fait beaucoup.
ABATTOIR (ba-toir) n. m. Etablissement dans lequel les bouchers sont tenus d'abattre et de préparer les animaux destinés à la consommation.
ABATTRE (ba-tre) v. a. (rad. bas. — Se conj. comme battre.) Mettre à bas, renverser, détruire, démolir : abattre un arbre, un mur. Tuer : abattre du gibier. Bestiaux abattus. Fig. Affaiblir : la fièvre abat. Décourager : quelle peur vous abat ? Abaisser : abattre l'orgueil. Faire cesser : la réflexion abattit sa colère. Accomplir avec rapidité : besogne abattue. S'abattre v. pr. Tomber : les vieux chevaux s'abattent souvent. Se précipiter sur : l'épervier s'abat sur sa proie. Cesser, s'apaiser, diminuer : le vent s'abat. Prov. : Petite pluie abat grand vent (au pr.), quand il vient à pleuvoir, le vent s'apaise ; (au fig.), souvent peu de chose suffit pour calmer une grande colère. Ant. Elever, relever.
ABATTURE (ba-tu-re) n. f. Action d'abattre les glands. N. f. pl. Foulures laissées par le cerf dans les broussailles : le cerf se reconnaît à ses abattures.
ABAT-VENT (ba-van) n. m. invar. Petit auvent qui garantit de la pluie et du vent. Appareil en terre ou en tôle qu'on met sur les cheminées pour empêcher le vent d'y pénétrer ou d'y refouler la fumée.
ABAT-VOIX (ba-voi) n. m. invar. Couronnement d'une chaire à prêcher.
ABBATIAL, E, AUX (a-ba-si-al) adj. Qui se rapporte à l'abbé, à l'abbesse, à l'abbaye : palais abbatial, église abbatiale ; droits abbatiaux.
ABBAYE (a-bè-i) n. f. Monastère gouverné par un abbé ou une abbesse. Bâtiments du monastère. Prov. : Pour un moine l'abbaye ne se perd pas, l'absence d'une personne ne doit pas faire abandonner une entreprise, un projet. V. Part. hist.
ABBÉ (a-bé) n. m. (lat. abbas, père). Supérieur d'une abbaye. Ecclésiastique.
ABBESSE (a-bè-se) n. f. Supérieure d'un monastère de religieuses ayant titre d'abbaye.
A B C n. m. Petit livre contenant l'alphabet. Fig. Premiers éléments d'un art, d'une science : l'arithmétique est l'a b c des mathématiques.
ABCÉDER (dé) v. n. (Se conj. comme accélérer.) Se tourner en abcès : tumeur qui abcède.
ABCÈS (sè) n. m. Amas de pus dans une cavité accidentelle ou naturelle du corps.
ABD n. m. Mot arabe qui signifie serviteur et entre dans la composition de nombreux noms propres : Abd-el-Kader, Abd-el-Mélik, etc.
ABDICABLE adj. Qui peut, qui doit être abdiqué : fonctions abdicables.
ABDICATAIRE (tè-re) n. et adj. Se dit d'une personne qui a abdiqué.
ABDICATION (si-on) n. f. Action d'abdiquer. V. Part. hist.
ABDIQUER (ké) v. a. Renoncer volontairement ou de force à de hautes fonctions, et particulièrement à l'autorité souveraine : Dioclétien abdiqua l'empire. Renoncer à une chose que l'on possédait : abdiquer toute dignité, ses devoirs, ses biens.
ABDOMEN (mèn') n. m. Partie du corps entre le thorax et le bassin et qui renferme les intestins.
ABDOMINAL, E, AUX adj. Qui appartient, qui se rapporte à l'abdomen : la cavité abdominale est tapissée par le péritoine.
ABDUCTEUR (duk) n. et adj. m. Se dit de tout muscle qui produit le mouvement d'abduction : muscle abducteur ; l'abducteur de l'œil.
ABDUCTION (duk-si-on) n. f. Mouvement qui écarte un membre du plan médian que l'on suppose diviser le corps en deux moitiés symétriques.
ABÉCÉDAIRE (dè-re) adj. Qui concerne l'alphabet : ordre abécédaire. N. m. Livre élémentaire de lecture.
ABECQUEMENT (bè-ke-man) n. m. Action d'abecquer : l'abecquement d'un oiseau. (vx.)
ABECQUER (bé-ké) v. a. (rad. bec.) Donner la becquée : abecquer un oiseau.
ABÉE (bé) n. f. (du vx fr. bée, auj. baie, ouverture). Ouverture par laquelle coule l'eau qui fait mouvoir un moulin.
ABEILLAGE (bè, ll mll.) n. m. Dr. féod. Droit des seigneurs sur les abeilles et les ruches de leurs vassaux.
ABEILLE (bè, ll mll.) n. f. (lat. apis). Insecte hyménoptère porte-aiguillon, produisant le miel et la cire : l'abeille est l'emblème de l'activité et du travail. L'apiculture est l'art d'élever les abeilles.Les abeilles ont un corps velu, d'un brun fauve, six pattes et quatre ailes, un aiguillon très acéré à l'extrémité de l'abdomen ; leur bouche est munie d'une trompe qui leur sert à puiser le suc des fleurs avec lequel elles fabriquent la cire dont elles font leurs cellules ou alvéoles, disposées en rayons, et le miel qu'elles y déposent. Chaque groupe ou essaim vit en société dans une ruche, sous l'autorité d'une reine.
ABEILLER (bè, ll mll., é), ÈRE adj. Relatif aux abeilles : industrie abeillère. N. m. Rucher.
ABERRANT (bèr-ran), E adj. Qui s'écarte, dévie.
ABERRATION (bèr-ra-si-on) n. f. (lat. aberratio). Mouvement apparent des étoiles fixes. Optiq. Dispersion des rayons lumineux : aberration de la lumière. Fig. Trouble, égarement, erreur de jugement : aberration du goût ; aberration des idées.
ABERRER (bèr-ré) v. n. Se tromper.
ABÊTIR v. a. Rendre stupide : la paresse d'esprit abêtit l'homme. V. n. et S'abêtir v. pr. Devenir stupide : cet enfant abêtit, s'abêtit de jour en jour.
ABÊTISSEMENT (ti-se-man) n. m. Action d'abêtir. Etat de celui qui est abêti.
ABHORRABLE (bo-ra-ble) adj. Qui mérite d'être abhorré.
ABHORRER (bo-ré) v. a. Avoir en horreur, détester, exécrer. Ant. Aimer, chérir, affectionner.
ABIÈS (bi-èss) n. m. (lat. abies). Nom scientifique du sapin (qui a donné son nom aux abiétinées.)
ABIÉTINÉES (né) n. f. pl. Tribu de conifères, comprenant des arbres résineux comme le pin, le sapin, le mélèze, etc. S. une abiétinée.
ABÎME n. m. (du gr. a priv., et bussos, fond). Gouffre, précipice très profond. Fig. Tout ce qui est extrême : un abîme de misère. Impénétrable : le cœur de l'homme est un abîme. Etre sur le bord de l'abîme, être sur le point de se ruiner, de se perdre.
ABÎMER (mé) v. a. Renverser, culbuter : Condé abîma l'infanterie espagnole à Rocroi. Gâter, endommager : la pluie abîme les chemins. S'abîmer v. pr. S'écrouler : la maison s'est abîmée dans les flammes. Fig. Se plonger : s'abîmer dans sa douleur.
AB INTESTAT (tès-ta) loc. prép. V. intestat.
ABIRRITANT (ab-ir-ri-tan), E adj. Qui est propre à diminuer l'irritation : remède abirritant.
ABIRRITATION (ab-ir-ri-ta-si-on) n. f. En médecine, le contraire de l'irritation.
ABIRRITER (ab-ir-ri-té) v. a. Diminuer la sensibilité, l'irritation dans une partie du corps.
ABJECT (ab-jèkt'), E adj. (lat. abjectus, jeté hors). Méprisable, bas, vil : homme, sentiments abjects. Ant. Elevé, noble.
ABJECTION (ab-jèk-si-on) n. f. Abaissement, avilissement, bassesse, en parlant du caractère, des sentiments : vivre dans l'abjection n'est pas vivre.
ABJURABLE adj. Qu'on peut, qu'on doit abjurer.
ABJURATION (ra-si-on) n. f. (lat. abjuratio, reniement). Renonciation solennelle à une religion : l'abjuration de Henri IV mit fin à la Ligue. Action de renoncer à une opinion, à une doctrine, etc.
ABJURATOIRE adj. Qui concerne l'abjuration : acte, formule abjuratoire.
ABJURER (ab-ju-ré) v. a. Renoncer publiquement à une religion : Turenne abjura le calvinisme. Fig. Renoncer à une opinion, à une doctrine, etc. : abjurer Aristote, Descartes, etc.
ABLATIF, IVE adj. Qui a le caractère, la valeur de l'ablatif : proposition ablative. N. m. Cas de la déclinaison grecque, latine, etc., indiquant l'instrument, l'éloignement, l'origine, la matière.
ABLATION (si-on) n. f. Chir. Action de retrancher : l'ablation d'un membre, d'une tumeur.
ABLE n. m. ou ABLETTE (blè-te) n. f. Petit poisson d'eau douce à écailles argentées. — Les ables sont appelés poissons blancs ; les espèces les plus communes sont : le meunier, le gardon, le rotengle, la vandoise, le chevaine.
ABLÉGAT (ga) n. m. (préf. ab, et lat. legatus, envoyé). Vicaire d'un légat. Commissaire chargé par la cour pontificale de Rome d'une mission gracieuse, notamment de porter la barrette à un nouveau cardinal.
ABLÉGATION (si-on) n. f. Dignité, fonction d'ablégat.
ABLERET (rè) n. m. Filet carré, dit aussi carrelet. (V. ce mot).
ABLUANT (blu-an), E adj. Se dit des médicaments propres à enlever les matières putrides et visqueuses des ulcères. N. m. : un abluant.
ABLUER (blu-é) v. a. Laver du parchemin ou du papier avec une préparation pour enlever des taches ou raviver l'écriture.
ABLUTION (si-on) n. f. Chez les Orientaux, purification religieuse qui consiste à se laver le corps ou une partie du corps : l'ablution est en usage dans tous les cultes de l'Orient. Vin et eau que le prêtre verse sur ses doigts après la communion. Fam. Action de se laver.
ABNÉGATION (si-on) n. f. (lat. abnegatio, action de nier). Renoncement, sacrifice : faire abnégation de soi.
ABOI n. m. (de aboyer.) Cri du chien. N. m. pl. Dernières extrémités où le cerf est réduit. Fig. Situation désespérée : commerçant ruiné et aux abois.
ABOIEMENT ou ABOÎMENT (boi-man) n. m. Cri du chien. Fig. Cris importuns, réitérés, fatigants.
ABOLIR v. a. (lat. abolere). Supprimer, annuler, anéantir : abolir une loi. La Constituante abolit les droits féodaux. Ant. Conserver, maintenir.
ABOLISSABLE (li-sa-ble) adj. Qui doit ou peut être aboli : coutume abolissable.
ABOLISSEMENT (li-se-man) n. m. Action d'abolir ; suppression, anéantissement.
ABOLITIF, IVE adj. Qui abolit : loi abolitive.
ABOLITION (si-on) n. f. Annulation (en parlant des lois.) Suppression : Louis XVI ordonna l'abolition de la torture. La Convention vota l'abolition de la royauté. Ant. Conservation, maintien.
ABOLITIONNISME (si-o-nis-me) n. m. Doctrine des partisans de l'abolition de l'esclavage.
ABOLITIONNISTE (si-o-nis-te) adj. Qui se rapporte à l'abolitionnisme : système abolitionniste. N. Partisan de ce système.
ABOMASUM (zom’) n. m. Quatrième estomac des ruminants, appelé plus communément caillette : l'abomasum des veaux et des agneaux donne la présure qui sert à faire cailler le lait.
ABOMINABLE adj. Qui excite l'aversion, l'horreur : crime abominable. Très mauvais, exécrable, détestable : goût, temps abominable.
ABOMINABLEMENT (man) adv. D'une manière abominable. Fam. Fort mal : chanter abominablement.
ABOMINATION (si-on) n. f. Horreur : être en abomination aux gens de bien. Chose abominable : assister à des abominations.
ABOMINER (né) v. a. Avoir en horreur, détester.
ABONDAMMENT (da-man) adv. Avec abondance.
ABONDANCE n. f. Grande quantité : l'abondance des récoltes réjouit le laboureur. Ressources considérables : vivre dans l'abondance. Fig. Richesse, facilité d'élocution : parler avec abondance. En terme de collège, vin fortement coupé d'eau. D'abondance (parler), sans préparation. Corne d'abondance, corne remplie de fruits et de fleurs qui symbolise l'abondance. Prov. : Abondance de biens ne nuit pas, on accepte encore, par mesure de prévoyance, une chose dont on a déjà une quantité suffisante. Ant. Disette.
ABONDANT (dan), E adj. Qui abonde : récolte abondante. Fig. Riche en expressions, en tours de phrase : style abondant.
ABONDER (dé) v. n. (lat. abundare). Etre, avoir ou produire en abondance : la vigne abonde en France. Abonder dans le sens de quelqu'un, être de son avis.
ABONNÉ (bo-né), E n. Qui a pris un abonnement.
ABONNEMENT (bo-ne-man) n. m. Convention ou marché à forfait pour un temps limité : prendre un abonnement à un journal, à un théâtre.
ABONNER (bo-né) v. a. Prendre pour autrui un abonnement. S'abonner v. pr. Prendre un abonnement pour soi-même. Ant. Désabonner.
ABONNIR (bo-nir) v. a. (rad. bon.) Améliorer : abonnir un terrain. V. n. Devenir bon : le vin abonnit en bouteille. S'abonnir v. pr. Devenir meilleur : le vin s'abonnit en vieillissant.
ABONNISSEMENT (bo-ni-se-man) n. m. Le fait d'abonnir, de s'abonnir. (vx.)
ABORD (bor) n. m. (rad. bord). Action d'aborder : tenter l'abord d'un port. Manière d'accueillir : Henri IV était d'un abord facile. D'abord, de premier abord, de prime abord, tout d'abord loc. adv. Dès le premier instant.
ABORDABLE adj. Accessible, qu'on peut aborder : les écueils rendent peu abordables les côtes du sud de l'Italie. Fig. Accueillant : Louvois était violent et peu abordable. Ant. Inabordable.
ABORDAGE n. m. Assaut donné à un vaisseau ennemi : Jean Bart s'illustra dans les combats d'abordage. Choc imprévu de deux bâtiments en mer : les vaisseaux portent des feux la nuit pour éviter les abordages.
ABORDÉE n. f. Action d'aborder. A l'abordée, d'abordée, loc. adv. Tout d'abord.
ABORDER (dé) v. n. Prendre terre : Robinson aborda dans une île déserte. V. a. Approcher, accoster : les Portugais abordèrent les premiers les côtes de l'Inde. Combattre un vaisseau bord à bord ; le heurter par accident. Accoster quelqu'un : je l'abordai avec confiance. Fig. Aborder une question, en venir à la traiter. S'aborder v. pr. S'approcher : les deux souverains s'abordèrent amicalement.
ABORDEUR adj. m. Qui aborde : navire abordeur.
ABORIGÈNE adj. et n. (préf. ab et lat. origo, origine). Autochtone. Qui est originaire du pays qu'il habite : plante aborigène. N. m. pl. Naturels d'un pays, par opposition à ceux qui sont venus s'y établir. Ant. Aubain, étranger, exotique.
ABORNEMENT (man) n. m. Action d'aborner.
ABORNER (né) v. a. Mettre des bornes à un champ.
ABORTIF, IVE adj. Qui a avorté. (Vieilli.) Qui fait avorter : remède abortif.
ABOT (bo) n. m. Entrave qu'on attache au paturon des chevaux pour les retenir.
ABOUCHEMENT (man) n. m. Action d'aboucher. Entrevue, conférence.
ABOUCHER (ché) v. a. (rad. bouche). Joindre bout à bout : aboucher deux tuyaux, deux tubes. Faire rencontrer deux ou plusieurs personnes pour qu'elles confèrent ensemble. S'aboucher v. pr. Se mettre en rapport : s'aboucher avec quelqu'un.
ABOULIE ou ABULIE (lî) n. f. Absence de la volonté. Espèce de folie où ce symptôme est dominant : les personnes atteintes d'aboulie sont abattues.
ABOUNA n. m. Métropolitain de l'Eglise éthiopienne.
ABOUT (bou) n. m. Pièce de charpente ou de menuiserie ajoutée à une autre.
ABOUTAGE n. m. Action de réunir par un nœud les bouts de deux cordages.
ABOUTEMENT (man) n. m. Etat de deux choses aboutées. Action d'abouter.
ABOUTER (té) v. a. Joindre bout à bout. Abouter la vigne, la tailler jusqu'au bout.
ABOUTIR v. n. Toucher par un bout : tous les rayons d'un cercle aboutissent au centre. Fig. Tendre à, avoir pour résultat : les désordres du règne de Louis XV aboutirent à la ruine de la monarchie. Conduire : la vie aboutit à la mort. Méd. Arriver à suppuration, en parlant d'un abcès.
ABOUTISSANT (ti-san), E adj. Qui aboutit. N. m. pl. Ce qui joint, ce qui a rapport : les tenants et les aboutissants d'une terre, d'une affaire.
ABOUTISSEMENT (ti-se-man) n. m. Résultat. Méd. Commencement de suppuration : l'aboutissement d'un abcès.
ABOYANT (boi-ian), E adj. Qui aboie : chiens aboyants ; meute aboyante.
ABOYER (boi-ié) v. n. (vx fr. bayer, avoir la bouche ouverte. — Change l'y en i devant un e muet : il aboie. Prend un y et un i de suite aux deux prem. pers. pl. de l'imp. de l'ind. et du prés. du subj. : nous aboyions, vous aboyiez ; que nous aboyions, que vous aboyiez.) Japper, en parlant du chien. Fig. Crier après quelqu'un, le presser, le poursuivre avec importunité : cessez d'aboyer contre moi. Prov. : Tous les chiens qui aboient ne mordent pas, les personnes qui crient et font de grandes menaces ne sont pas toujours les plus à craindre.
ABOYEUR, EUSE (boi-ieur, eu-ze) adj. Qui aboie : les petits chiens sont aboyeurs. N. m. Chasse. Chien qui aboie par peur devant les bêtes sauvages sans en approcher. Fig. et fam. Celui qui fatigue par ses cris, ses clameurs : qui a des créanciers, a des aboyeurs à ses trousses.
ABRACADABRA n. m. Mot cabalistique auquel les anciens attribuaient une vertu magique pour guérir certaines maladies. (Les lettres de ce mot devaient être écrites en triangle où il fût possible de le lire en tous sens.)
ABRACADABRANT (bran), E adj. Fam. Très surprenant, extraordinaire, merveilleux, stupéfiant.
ABRASION (zi-on) n. f. Action d'enlever par grattage : l'abrasion des os cariés. Ulcération superficielle qui fait tomber des parties de certains tissus.
ABRAXAS (ksass) n. m. Pierre gravée qu'on portait en Orient, comme amulette, dès le iie siècle.
ABRÉGÉ n. m. Réduction en petit. Ouvrage contenant le résumé d'un art, d'une science, etc. Résumé, précis, sommaire : un abrégé de géométrie. En abrégé loc. adv. En raccourci : c'est le monde en abrégé. Ecrire en abrégé, en employant des abréviations.
ABRÈGEMENT (man) n. m. Action d'abréger.
ABRÉGER (jé) v. a. (lat. abbreviare ; de brevis, court. — Prend un e ouvert devant une syllabe muette : il abrège ; excepté au fut. et au cond. où il conserve l'é fermé : j'abrégerai, nous abrégerions ; prend un e muet après le g devant a et o : il abrégea, nous abrégeons) Rendre plus court : le travail abrège les heures. Ant. Allonger, développer, augmenter.
ABREUVAGE ou ABREUVEMENT (man) n. m. Action d'abreuver : l'abreuvage des chevaux.
ABREUVER (vé) v. a. (préf. ab, et lat. bibere, boire). Faire boire. Imbiber, arroser : abreuver les terres. Fig. Remplir, accabler : abreuver quelqu'un d'outrages, de chagrins.
ABREUVOIR n. m. Lieu où l'on mène boire les bestiaux : les abreuvoirs doivent toujours être propres.
ABRÉVIATEUR, TRICE n. Celui, celle qui abrège les écrits d'un auteur : il faut du goût pour être bon abréviateur.
ABRÉVIATIF, IVE adj. Qui désigne en abrégé : signes abréviatifs.
ABRÉVIATION (si-on) n. f. Action d'abréger. Retranchement de lettres pour écrire certains mots plus rapidement. (V. le tableau de la page 5.)
ABRÉVIATIVEMENT (man) adv. Sous forme abrégée ; par abréviation.
ABRI n. m. Lieu où l'on peut se mettre à couvert de la pluie, du soleil, du danger, etc. : les premiers hommes cherchaient un abri dans les cavernes. Fig. Refuge, ce qui préserve de quelque mal : la solitude est un abri contre les embarras du monde. A l'abri de loc. prép. A couvert, en sûreté : le travail et l'économie mettent l'homme à l'abri de l'indigence.
ABRICOT (ko) n. m. Fruit à noyau dont la chair et la peau tirent sur le jaune, et qui est produit par l'abricotier : compote, confitures, marmelade d'abricots. Abricot-pêche, abricot qui se rapproche de la pêche. (Pl. abricots-pêches.)
ABRICOTÉ, E adj. Qui tient de l'abricot : pomme abricotée. N. m. Tranche d'abricot confite.
ABRICOTIER (ti-é) n. m. Arbre fruitier du genre prunier et de la famille des rosacées. (L'abricotier fleurit de bonne heure dans les jardins ; ses fleurs, blanches, paraissent avant les feuilles.)
ABRITER (té) v. a. Mettre à l'abri. S'abriter v. pr. Se mettre à l'abri, chercher un refuge.
ABRIVENT (van) n. m. Hutte de bivouac pour les sentinelles. Paillasson qui garantit les plantes.
ABROGATIF, IVE adj. Qui a pour objet d'abroger : loi abrogative.
ABROGATION (si-on) n. f. (lat. abrogatio). Annulation d'une loi, d'un usage, etc.
ABROGATOIRE adj. Qui a pour but d'abroger : clause abrogatoire.
ABROGEABLE (ja-ble) adj. Qui peut être abrogé.
ABROGER (jé) v. a. (Prend un e muet après le g devant a et o : il abrogea, nous abrogeons.) Annuler, abolir, en parlant d'une loi, d'un décret, etc.
ABROUTI, E adj. Se dit des bois dont les premières pousses ont été broutées par le bétail.
ABROUTISSEMENT (ti-se-man) n. m. Action de brouter les taillis. Etat des taillis abroutis.
ABRUPT (brupt'), E adj. Coupé droit, escarpé : rocher abrupt. Fig. Rude, peu poli, non dégrossi : style, caractère abrupt. Ant. Plat ; aimable.
ABRUPTEMENT (brup-te-man) adv. D'une manière abrupte.
ABRUTI, E adj. et n. Devenu brute, stupide.
ABRUTIR v. a. Rendre stupide, hébété : l'ivrognerie abrutit l'homme. S'abrutir v. pr. Devenir stupide : le paresseux s'abrutit.
ABRUTISSANT (ti-san), E adj. Qui abrutit.
ABRUTISSEMENT (ti-se-man) n. m. Etat d'une personne abrutie. Dégradation de l'intelligence.
ABRUTISSEUR, EUSE (ti-seur, eu-ze) adj. et n. Qui abrutit : joug abrutisseur ; ivrognerie abrutisseuse.
ABS préfixe. V. a.
ABSCISSE (ab-si-se) n. f. (lat. abscissus, coupé). Géom. Abscisse. L'une des deux coordonnées qui servent à fixer un point dans un plan ; l'autre s'appelant ordonnée. — L'abscisse est en réalité la distance d'un point M à un axe Oy du plan (axe des ordonnées), cette distance étant comptée parallèlement à un second axe fixe Ox (axe des abscisses.) Le point M a pour abscisse BM ou OA et pour ordonnée AM ou OB.
ABSCISSION (ab-si-si-on) n. f. Action de retrancher une partie molle du corps : abscission d'une loupe.
ABSCONDRE v. a. Cacher, dérober aux yeux. (vx.)
ABSCONS (abs-konss), E adj. Caché, abstrus. (vx.)
ABSCONSE (abs-kon-se) n. f. Lanterne sourde (vx.)
ABSENCE (san-se) n. f. (lat. absentia). Eloignement. Défaut de présence. Dr. Etat de celui qui a disparu de son domicile depuis un certain temps. Fig. Manque : absence de goût. Distraction, manque d'attention : avoir des absences. Ant. Présence.
ABSENT (san), E adj. Hors de sa demeure; non présent: être absent au moment de l'appel. Fig. Distrait : son esprit est absent. N. : ne dites pas de mal des absents. Prov. : Les absents ont toujours tort, on sacrifie toujours les intérêts de ceux qui ne sont pas là pour se défendre. Ant. Présent.
ABSENTÉISME (san-té-is-me) n. m. Mode d'exploitation de la terre comportant, entre le propriétaire absent et le cultivateur, un intermédiaire (régisseur ou entrepreneur.)
ABSENTÉISTE (san-té-is-te) adj. et n. Qui pratique ou approuve l'absentéisme : doctrine absentéiste. L'Angleterre est un pays d'absentéistes.
ABSENTER (S') [sab-san-té] v. pr. S'éloigner momentanément.
ABSIDAL, E, AUX adj. Qui tient à l'abside : chapelle absidale.
ABSIDE (gr. apsis, idos, cercle, voûte) n. f. Extrémité d'une église, derrière le choeur.
ABSIDIOLE n. f. Petite abside. Chapelle en hémicycle, construite autour de l'abside.
ABSINTHE (te) n. f. (gr. apsinthion). Genre de composées amères et aromatiques. Liqueur alcoolique aromatisée avec cette plante : l'abus de l'absinthe entraîne de graves inconvénients. Fig. Douleur, amertume : la vie est mêlée de miel et d'absinthe.
ABSINTHER (té) v. a. Mélanger d'absinthe : absinther une potion.
ABSINTHINE (ti) n. f. Principe amer de l'absinthe.
ABSINTHIQUE (ti) adj. Acide qu'on a découvert dans l'absinthe.
ABSINTHISME (tis-me) n. m. Etat maladif causé par l'abus de l'absinthe.
ABSOLU, E adj. (préf. ab, et lat. solutus, délié). Indépendant, souverain : roi absolu. Sans restriction : vérité absolue. Impérieux, qui ne souffre pas la contradiction : ton absolu. Gram. Proposition absolue, celle qui par elle-même énonce un sens complet. Log. Opposé de relatif : homme est un terme absolu, père est un terme relatif. L'absolu n. m. Ce qui existe indépendamment de toute condition.
ABSOLUITÉ n. f. Qualité de ce qui est absolu.
ABSOLUMENT (man) adv. D'une manière absolue, sans restriction : Louis XIV régna absolument. Indispensablement : il faut absolument que vous parliez. Gram. Mot employé absolument, sans complément, comme aimer, chanter.
ABSOLUTION (si-on) n. f. (préf. ab, et lat. solutio, dégagement). Pardon, rémission. Ant. Condamnation.
ABSOLUTISME (tis-me) n. m. Théorie ou pratique d'une autorité absolue.
ABSOLUTISTE (tis-te) adj. Qui a rapport à l'absolutisme. N. Partisan de l'absolutisme.
ABSOLUTOIRE adj. Qui absout : bref absolutoire.
ABSORBABLE adj. Qui peut être absorbé.
ABSORBANT (ban), E adj. Qui absorbe, qui boit : terres absorbantes. Fig. Qui occupe entièrement : travail absorbant. N. m. Substance qui a la propriété d'absorber : la ouate est un absorbant. Méd. Substance propre à absorber les gaz, les sécrétions.
ABSORBEMENT (man) n. m. Etat d'un esprit absorbé.
ABSORBER (bé) v. a. (lat. absorbere). S'imbiber de, pomper : le sable absorbe l'eau. Neutraliser, faire disparaître : le noir absorbe la lumière. Boire, manger. Fig. Dissiper entièrement : le luxe absorbe les richesses. Occuper fortement : absorber l'attention. S'absorber v. pr. Etre absorbé. Fig. Se plonger, s'abîmer : s'absorber dans la méditation.
ABSORPTION (ab-sorp-si-on) n. f. Action d'absorber : l'absorption des alcools est nuisible.
ABSORPTIVITÉ (ab-sorp-ti) n. f. Propriété d'absorber les liquides ou les gaz.
ABSOUDRE v. a. (préf. ab, et lat. solvere, dégager. — J'absous, tu absous, il absout, nous absolvons, vous absolvez, ils absolvent. J'absolvais, nous absolvions. Passé déf. manque. J'absoudrai, nous absoudrons. J'absoudrais, nous absoudrions. Absous, absolvons, absolvez. Que j'absolve, que nous absolvions. Imp. du subj. manque. Absolvant. Absous, absoute.) Renvoyer sans la condamner une personne coupable d'un délit non prévu par la loi : absoudre un coupable, un accusé. Remettre les péchés au pénitent. Disculper, pardonner, excuser. Ant. Condamner.
ABSOUTE n. f. Liturg. Absolution publique donnée au peuple le jeudi saint avant la messe. Prières dites autour du cercueil après l'office des morts.
ABSTÈME (abs-tè-me) adj. et n. (lat. abstemius). Qui ne boit pas de vin. Prêtre abstème, celui qui, dans la messe, est exempté de boire le vin du calice.
ABSTENIR (S') [sabs-te ; préf. abs, et lat. tenere, tenir] v. pr. (Se conj. comme tenir.) S'empêcher de faire une chose, d'user d'une chose : dans le doute abstiens-toi. Ant. Participer, prendra part. ABSTENTION (abs-tan-si-on) n. f. Action de s'abstenir, de ne pas prendre part à un vote, etc.
ABSTENTIONNISTE ou ABSTENTIONISTE (abs-tan-si-o-nis-te) n. Qui veut qu'on s'abstienne de prendre part à un vote, à une discussion, etc. Adj. : doctrine abstentionniste.
ABSTERGENT (abs-tèr-jan), E adj. Se dit des médicaments propres à nettoyer les plaies. N. m. : un abstergent.
ABSTERGER (abs-tèr-jé) v. a. (préf. abs, et lat. tergere, essuyer. — Prend un e muet après le g devant a et o : il abstergea, nous abstergeons.) Méd. Nettoyer une plaie.
ABSTERSIF, IVE (abs-tèr) adj. Méd. Propre à nettoyer. Abstergent. (On dit mieux détersif.)
ABSTERSION (abs-tèr) n. f. Action d'absterger.
ABSTINENCE (abs-ti-nan-se) n. f. Action de s'abstenir, surtout en parlant d'aliments. Diète, jeûne.
ABSTINENT (abs-ti-nan), E adj. Sobre dans le boire et le manger.
ABSTRACTEUR (abs-trak) n. et adj. m. Celui qui abstrait. Abstracteur de quintessence, celui qui extrait ce qu'il y a de plus subtil dans une chose.
ABSTRACTIF, IVE (abs-trak) adj. Qui sert à exprimer des idées abstraites : termes abstractifs.
ABSTRACTION (abs-trak-si-on) n. f. Opération de l'esprit par laquelle il considère isolément des choses unies ; résultat de cette opération : Descartes, abstraction faite de son fameux système des tourbillons, fut un grand philosophe. Pl. Préoccupations : il est dans des abstractions continuelles. Faire abstraction d'une chose, n'en pas tenir compte.
ABSTRACTIVITÉ (abs-trak) n. f. Faculté d'abstraire.
ABSTRAIRE (abs-trè-re) v. a. (préf. abs, et lat. trahere, tirer. — Se conj. comme traire.) Faire abstraction.
ABSTRAIT (abs-trè), E adj. Qui désigne une qualité, abstraction faite du sujet, comme blancheur bonté. Qui opère sur des qualités pures et non sur des réalités : sciences abstraites. Difficile à comprendre : écrivain abstrait. Préoccupé : esprit abstrait. Arith. Nombre abstrait, dont la nature des unités n'est pas exprimée. L'abstrait n. m. Ce qui est abstrait : considérer l'abstrait et le concret. Ant. Concret.
ABSTRAITEMENT (abs-trè-te-man) adv. D'une manière abstraite.
ABSTRUS, E (abs-tru, u-ze) adj. Abstrait, obscur, difficile à comprendre : raisonnement abstrus.
ABSURDE adj. (préf. ab, et lat. surdus, sourd). Contraire à la raison, au sens commun : raisonnement absurde. Stupide, insensé. L'absurde n. m. : tomber dans l'absurde. Ant. Sensé.
ABSURDEMENT (man) adv. D'une manière absurde : parler, raisonner absurdement.
ABSURDITÉ n. f. Etat de ce qui est absurde, contraire au bon sens. Chose absurde ; stupidité.
ABUS (bu) n. m. (préf. ab, et lat. usus, usage). Usage mauvais, excessif ou injuste : abus de sa force. Erreur : c'est un abus de croire... Abus d'autorité, acte d'un fonctionnaire qui outrepasse son droit. Abus de confiance, action d'abuser de la confiance de quelqu'un. Pl. Pratiques injustes : la Révolution supprima les abus. Dr. Appel comme d'abus, recours contre les abus de pouvoir de l'autorité ecclésiastique dans ses rapports avec l'autorité civile, et vice versa.
ABUSER (zé) v. a. Tromper, égarer : abuser un esprit faible. V. n. User mal : abuser de son crédit. S'abuser v. pr. Se tromper : il s'abuse étrangement.
ABUSIF (zif), IVE adj. Contraire aux règles, aux lois, à la justice. Excessif : usage abusif.
ABUSIVEMENT (zi-ve-man) adv. D'une manière abusive.
ABUTER (té) v. a. Tendre, viser à un but : abuter un emploi. V. n. Lancer le palet, la boule, etc., le plus près possible du but, pour jouer le premier. Joindre exactement (en parlant d’une pièce de bois.)
ABYSSAL (bis-sal), E, AUX adj. Dont la profondeur est ou parait insondable. Qui concerne les abysses : la faune et la flore abyssales.
ABYSSE (bi-se) n. m. (du gr. a priv., et bussos, fond). Grande profondeur sous-marine : les abysses dépassent 8 kilomètres.
ABYSSINIEN, ENNE (bi-si-ni- in, è-ne) ou ABYSSIN, E (bi-sill, i-ne) adj. et n. De l'Abyssinie.
ACABIT (bi) n. m. Qualité bonne ou mauvaise d'une chose : poire d'un bon acabit. Fig. et fam. Nature, caractère : homme d'un bon acabit.
ACACIA n. m. Arbre épineux de la famille des légumineuses, à fleurs odorantes disposées en grappes, et croissant dans les régions chaudes : l'acacia de nos pays est le faux acacia ou robinier.
ACADÉMICIEN (si-in) n. m. Autrefois, en Grèce, sectateur de Platon, dont l'école se tenait dans les jardins d'Académus>. Aujourd'hui, membre d'une académie.
ACADÉMIE (mî) n. f. Société de gens de lettres, de savants ou d'artistes : l'Académie française, l'Académie des sciences, etc. V. Académie (part. hist.). L'Académie de médecine, compagnie de médecins qui a son siège a Paris et qui ne fait pas partie de l'Institut. L'Académie de musique (à Paris), l'Opéra. Ecole de peinture, d'escrime, d'équitalion. Division universitaire en France. — Il existe 17 académies (en comptant l'Algérie), dirigées chacune par un recteur assisté d'autant d'inspecteurs d'académie qu'il y a de départements dans sa circonscription. Les 17 académies ont pour sièges : Aix, Alger, Besançon, Bordeaux, Caen, Chambéry, Clermont, Dijon, Grenoble, Lille, Lyon, Montpellier, Nancy, Paris, Poitiers, Rennes, Toulouse.
ACADÉMIE (mî) n. f. Figure dessinée d'après un modèle nu.
ACADÉMIQUE adj. Propre à une académie : fauteuil, séance académique. Style académique, où l'art se fait trop sentir. Pose académique, prétentieuse.
ACADÉMIQUEMENT (man) adv. D'une manière académique : traiter un sujet académiquement.
ACADÉMISTE (mis-te) n. Personne qui tient une académie. Elève d'une académie.
ACAGNARDER (gnar-dé) v. a. Rendre fainéant. S'acagnarder v. pr. S'habituer à une vie oisive.
ACAJOU n. m. Arbre d'Amérique appartenant à des familles diverses, dont le bois est rougeâtre, très dur et susceptible d'acquérir un beau poli : l'acajou, très employé en ébénisterie, prend une teinte rouge foncé en vieillissant.
ACALÈPHES n. m. pl. Zool. Ordre de cœlentérés, comprenant les méduses, etc. S. un acalèphe.
ACANTHACÉES (sé) n. f. pl. Famille de plantes dicotylédones, dont l’acanthe est le type. S. une acanthacée.
ACANTHE n. f. (gr. akantha, épine). Plante épineuse du Midi, remarquable par ses feuilles très larges, élégamment découpées, recourbées et d'un beau vert. (Ses fleurs répandent une odeur forte et peu agréable.) Ornement d'architecture employé surtout sur les chapiteaux d'ordre corinthien, et qui imite cette plante : feuille d'acanthe.
ACANTHIE (tî) n. f. Genre d'insectes dont l'espèce la plus connue est la punaise des lits.
ACANTHOPTÉRYGIENS (ji-in) n. m. pl. Famille de poissons ayant la nageoire dorsale épineuse, comme la perche, le maquereau, etc. S. un acanthoptérygien.
ACARIÂTRE adj. D'une humeur fâcheuse, aigre, criarde. Ant. Doux, sociable.
ACARIÂTRETÉ n. f. Humeur acariâtre.
ACARIDE ou ACARIEN (ri-in) n. m. Genre d'arachnides non articulés et souvent parasites.
ACARPE adj. Se dit d'une plante privée de fruit.
ACARUS (russ) n. m. Syn. acaride.
ACATALECTIQUE (lèk) adj. Se dit, en métrique ancienne, d'un vers auquel ne manque aucune syllabe.
ACATALEPSIE (lèp-sî) n. f. Dans la philosophie grecque, impossibilité d'arriver à la certitude.
ACATÈNE adj. et n. f. (de a priv. et lat. catena, chaîne.) Sans chaîne : bicyclette acatène. Une acatène.
ACATHOLIQUE adj. Se dit des chrétiens qui repoussent l'autorité du pape et de l'Eglise romaine.
ACAULE (kô-le) adj. (du gr. a priv., et kaulos, tige). Se dit d'une plante qui n'a pas de tige apparente, comme le pissenlit, le plantain, etc.
ACCABLANT (a-ka-blan), E adj. Difficile à supporter, qui accable : poids accablant ; chaleur accablante. Fig. : chagrin accablant.
ACCABLEMENT (a-ka-ble-man) n. m. Prostration physique ou morale. Extrême abattement.
ACCABLER (a-ka-blé) v. a. Faire succomber sous le poids. Fig. Surcharger : accabler de travail. Combler : accabler d'honneurs.
ACCALMIE (a-kal-mî) ou plus rarem. ACCALMÉE (a-kal) n. f. Mar. Calme momentané du vent et de la mer. Fig. Temps de repos momentané, après une période d'activité ou d'agitation.
ACCAPAREMENT (a-ka, man) n. m. Action d'accaparer, de prendre tout pour soi. — L'accaparement est puni comme un crime commercial ; il consiste à retirer de la circulation une forte quantité de denrées ou marchandises de même espèce, afin d'en avoir le monopole et de pouvoir, en écartant toute concurrence, déterminer la hausse ou la baisse des prix.
ACCAPARER (a-ka-pa-ré) v. a. (préf. ad, et lat. capere, prendre). Amasser une denrée quelconque en grande quantité pour en produire la rareté et la revendre fort cher. Fig. Prendre pour soi au détriment des autres : l’empereur Auguste accapara tous les pouvoirs. Accaparer quelqu'un, l'attirer sans cesse près de soi.
ACCAPAREUR, EUSE (a-ka, eu-ze) n. Celui, celle qui accapare : accapareur de denrées, de faveurs.
ACCASTILLAGE (a-kas-ti, ll mll.) n. m. Partie du vaisseau qui est hors de l'eau.
ACCASTILLER (a-kas-ti, ll mll., é) v. a. Garnir un navire de son accastillage.
ACCÉDER (ak-sé-dé) v. n. (lat. accedere, s'approcher. — Se conj. comme accélérer.) Avoir accès dans un lieu, arriver, parvenir. Adhérer, consentir, acquiescer. Ant. Rejeter, refuser.
ACCÉLÉRATEUR, TRICE (ak-sé) adj. Qui accélère, précipite : la force accélératrice est directement proportionnelle à la masse mise en mouvement.
ACCÉLÉRATION (ak-sé, si-on) n. f. Augmentation de vitesse qu'acquiert un corps en mouvement : accélération du pouls. Prompte exécution : accélération des travaux. Ant. Ralentissement.
ACCÉLÉRER (ak-sé-lé-ré) v. a. (Prend un è ouvert devant une syllabe muette : j'accélère ; excepté au fut. et au cond., où il conserve l'é fermé : j'accélérerai, nous accélérerions.) Hâter, presser, activer : accélérer le pas. Ant. Ralentir, modérer.
ACCENSE (ak-san-se) n. m. Chez les Romains, citoyen qui, d'après la constitution de Servius Tullius, n'atteignait pas les cens de la dernière classe. Appariteur attaché à la personne des magistrats.
ACCENSER (ak-san-sé) v. a. Dr. anc. Donner, prendre à cens une propriété.
ACCENT (ak-san) n. m. (préf. ad, et lat. cantus, chant). Elévation ou abaissement de la voix sur certaines syllabes : accent oratoire. Prononciation particulière : accent gascon. Expression de la voix : accent plaintif. Signe qui se met sur une voyelle : il y a trois accents en français : l'accent aigu (/), qui se met sur la plupart des é fermés : bonté, café ; l'accent grave (`), qui se met sur les é ouverts : père, mère, sur où (adv.), à (prép.), holà, déjà, etc. ; et l'accent circonflexe (^), qui se met sur les voyelles longues : pâte, fête, gîte, côte, flûte. Fig. Intensité de touche dans la peinture.
ACCENTEUR (ak-san) n. m. Genre d'oiseaux passereaux, qui vivent surtout dans les montagnes.
ACCENTUABLE (ak-san) adj. Qui peut être accentué : mot accentuable ; syllabe accentuable.
ACCENTUATION (ak-san, si-on) n. f. Manière d'accentuer, de prononcer, en parlant ou en écrivant : accentuation vicieuse ; faute d'accentuation.
ACCENTUER (ak-san-tu-é) v. a. Marquer d'un accent : accentuer les voyelles. Prononcer selon les règles de l'accent tonique : bien accentuer en parlant. Exprimer avec force : accentuer un passage.
ACCEPTABILITÉ (ak-sèp) n. f. Qualité de ce qui est acceptable : l'acceptabilité d'une proposition.
ACCEPTABLE (ak-sèp) adj. Qui peut ou doit être accepté : offres acceptables.
ACCEPTANT (ak-sép-tan), E n. et adj. Qui accepte, qui donne un consentement par lequel une convention devient valable.
ACCEPTATION (ak-sèp-ta-si-on) n. f. Action d'accepter, de recevoir : acceptation d'une donation. Promesse de payer : acceptation d'une lettre de change. Ant. Refus.
ACCEPTER (ak-sèp-té) v. a. (lat. acceptare). Agréer ce qui est offert : accepter un don. Se montrer prêt à : accepter la bataille. Accepter une lettre de change, s'engager à la payer à l'échéance. Ant. Refuser.
ACCEPTEUR (ak-sèp) n. m. Celui qui s'engage à payer une lettre de change. (On dit plutôt tiré.)
ACCEPTION (ak-sèp-si-on) n. f. Egard, préférence. Action de faire entrer en ligne de compte la qualité d'une personne, d'une chose : rendre la justice sans acception de personnes. Gram. Sens dans lequel un mot est employé : acception propre, acception figurée. Ex. : la chaleur (acception propre) du feu ; la chaleur (acception figurée) du discours.
ACCÈS (ak-sè) n. m. (lat. accessus). Abord, entrée : la barre de l'Adour rend difficile l'accès du port de Bayonne. Fig. : l'accès de la vérité. Attaque d'un mal : accès de fièvre. Mouvement intérieur et passager : accès de colère.
ACCESSIBILITÉ (ak-sè-si) n. f. Facilité d'arriver à.
ACCESSIBLE (ak-sè-si-ble) adj. Abordable, dont on peut approcher : les mers polaires ne sont pas accessibles ; prince accessible à tout le monde. Où l'on peut atteindre : emploi accessible. Ant. Inaccessible.
ACCESSION (ak-sè-si-on) n. f. Action d'arriver à : accession au pouvoir. Action de s'ajouter à : accession de la Corse à la France. Action d'adhérer avec d'autres : accession d'un pays à un traité.
ACCESSIT (ak-sè-sit') n. m. (m. lat. qui signif. il s'est approché.) Distinction accordée a ceux qui ont le plus approché du prix. Pl. des accessits.
ACCESSOIRE (ak-sè-soi-re) adj. Qui accompagne une chose principale : clause accessoire. N. m. : l'accessoire suit le principal. Ant. Essentiel, principal.
ACCESSOIREMENT (ak-sè-soi-re-man) adv. D'une manière accessoire.
ACCIDENT (ak-si-dan) n. m. (lat. accidens, qui arrive). Evénement fortuit, ordinairement fâcheux et inattendu. Malheur, revers. Accident de terrain, mouvement du sol qui s'abaisse et s'élève irrégulièrement. Mus. Se dit des signes qui servent à altérer les notes : il y a trois accidents : le dièse, le bémol et le bécarre. Philos. Ce qui modifie passagèrement l'être. Par accident loc. adv. Par hasard : beaucoup de découvertes n'ont eu lieu que par accident.
ACCIDENTALISER (ak-si-dan, zé) v. a. Rendre accidentel. Abandonner aux hasards de l'accident.
ACCIDENTALITÉ (ak-si-dan) n. f. Etat, qualité de ce qui est accidentel.
ACCIDENTÉ, E (ak-si-dan) adj. Varié dans ses aspects, mouvementé : terrain accidenté. Fig. Agité : vie accidentée. Inégal : style accidenté.
ACCIDENTEL, ELLE (ak-si-dan-tèl, è-le) adj. Qui arrive par hasard, qui n'est pas prévu : mort accidentelle. Mus. Signe accidentel, dièse, bémol ou bécarre qui, n'étant pas à la clef, se trouve dans le cours du morceau. Lignes accidentelles. V. supplémentaires.
ACCIDENTELLEMENT (ak-si-dan-tè-le-man) adv. Par accident, par hasard : les Islandais découvrirent accidentellement l'Amérique du Nord.
ACCIDENTER (ak-si-dan-té) v. a. Rendre un pays, un terrain inégal. Fig. : accidenter son style, lui donner une forme variée.
ACCIPITRE (ak-si) n. m. (lat. accipiter). Nom collectif des oiseaux de proie. Syn. de rapace.
ACCISE (ak-si-ze) n. f. Impôt indirect sur les objets de consommation, principalement en Angleterre.
ACCLAMATEUR (a-kla) n. m. Celui qui acclame.
ACCLAMATION (a-kla, si-on) n. f. Cri de joie, d'admiration, d'enthousiasme d'une assemblée, d'une multitude : les rois francs étaient élevés sur le pavois aux acclamations de la foule. Par acclamation loc. adv. Tout d'une voix et sans recourir au scrutin : loi votée par acclamation. Ant. Huée.
ACCLAMATIF (a-kla-ma-tif), IVE adj. Qui est accompagné ou exprimé par des acclamations : vote acclamatif.
ACCLAMER (a-kla-mé) v. a. (préf. ad, et lat. clamare, crier). Saluer par des acclamations : acclamer un orateur. Nommer sans recourir au vote : on acclama Charlemagne empereur d'Occident. Ant. Huer.
ACCLIMATABLE (a-kli) adj. Qui peut être acclimaté.
ACCLIMATATION (a-kli, si-on) n. f. Action d'acclimater : jardin d'acclimatation.
ACCLIMATEMENT (a-kli, man) n. m. Etat de ce qui est acclimaté.
ACCLIMATER (a-kli-ma-té) v. a. Accoutumer à un nouveau climat : acclimater une plante. S'acclimater v. pr. S'habituer à vivre dans un lieu. Se dit aussi des choses : cet usage s'est acclimaté en France.
ACCLIMATEUR (a-kli) n. m. Celui qui acclimate : Jean Nicot fut l'acclimateur du tabac en France.
ACCOINÇON (a-koin) n. m. Partie de charpente ajoutée à un toit pour rendre sa pente régulière.
ACCOINTANCE (a-koin) n. f. Rapport, fréquentation : accointance compromettante.
ACCOINTER (S') [sa-koin-té] v. pr. Se lier intimement avec quelqu'un.
ACCOISEMENT (a-koi-ze-man) n. m. Apaisement : l’accoisement des flots. (vx.)
ACCOLADE (a-ko) n. f. (rad. accoler.) Embrassement : donner l'accolade. Petit coup du plat d'une épée donné sur l'épaule d'un chevalier, au moment de sa réception. Trait de plume pour réunir plusieurs articles en un seul.
ACCOLADER (a-ko-la-dé) v. a. Réunir par une accolade. S'accolader v. pr. Se donner mutuellement l'accolade.
ACCOLAGE (a-ko) n. m. Action de fixer les sarments ou les rameaux à des espaliers.
ACCOLEMENT (a-ko-le-man) n. m. Action de joindre, de réunir.
ACCOLER (a-ko-lé) v. a. (préf. ad, et lat. collum, cou). Jeter les bras autour du cou de quelqu'un pour l'embrasser. Faire figurer ensemble : accoler deux noms. Accoler la vigne, la lier à l'échalas.
ACCOLURE (a-ko) n. f. Lien qui sert à fixer la vigne. Assemblage de bûches flottées.
ACCOMBANT (ak-kon-ban), E adj. Se dit d'une partie de la plante qui est couchée sur une autre.
ACCOMMODABLE (a-ko-mo) adj. Qui se peut accommoder : une querelle accommodable.
ACCOMMODAGE (a-ko-mo) n. m. Apprêt des aliments.
ACCOMMODANT (a-ko-mo-dan), E adj. Complaisant, traitable, d'un commerce facile : homme accommodant.
ACCOMMODATEUR (a-ko-mo) adj. m. Qui se rapporte à l'accommodation : muscles accommodateurs.
ACCOMMODATION (a-ko-mo-da-si-on) n. f. Action d'accommoder : accommodation d'un local. Accommodation de l'œil, changement qui s'opère dans l'œil, surtout dans la courbure du cristallin, pour rendre la vision distincte à des distances différentes.
ACCOMMODEMENT (a-ko-mo-de-man) n. m. Arrangement. Accord d'un différend : un mauvais accommodement vaut mieux qu'un bon procès.
ACCOMMODER (a-ko-mo-dé) v. a. Rendre commode, propre à concilier : accommoder une affaire à l'amiable. Apprêter : accommoder de la viande, du poisson. Convenir : cette maison m'accommode. S'accommoder v. pr. Etre content, satisfait : le philosophe s'accommode de tout.
ACCOMPAGNATEUR, TRICE (a-kon-pa-gna) n. Qui accompagne avec la voix ou avec quelque instrument la partie principale d'un morceau de musique.
ACCOMPAGNEMENT (a-kon-pa-gne-man) n. m. Action d'accompagner. Accessoire destiné à compléter certaines choses : cette chambre manque des accompagnements nécessaires. Mus. Accord d'instruments qui accompagnent la voix, une mélodie, etc.
ACCOMPAGNER (a-kon-pa-gné) v. a. Aller de compagnie avec quelqu'un. Escorter : accompagner un convoi. S'ajouter a une chose de manière à la faire valoir. Mus. Soutenir le chant au moyen d'un accompagnement.
ACCOMPLI, E (a-kon) adj. Achevé, révolu, réalisé : vœu accompli ; vingt ans accomplis. Parfait dans son genre : mérite accompli.
ACCOMPLIR (a-kon) v. a. (préf. ad, et lat. complere, remplir). Achever, remplir : accomplir un devoir. Exécuter, réaliser : accomplir un projet.
ACCOMPLISSEMENT (a-kon-pli-se-man) n. m. Achèvement. Réalisation.
ACCORAGE (a-ko) n. m. Action de placer des accores.
ACCORD (a-kor) n. m. (préf. ad, et lat. cor, cordis, coeur). Conformité de sentiments, bonne intelligence. Harmonie : accord entre le geste et les paroles. Gram. Rapport des mots, concordance. Mus. Union de sons formant harmonie : accord parfait. D’accord loc. adv. J'y consens, j’en conviens. Ant. Désaccord.
ACCORDABLE (a-kor) adj. Qui peut être accordé : grâce accordable. Que l'on peut mettre d'accord : plaideurs accordables.
ACCORDAGE (a-kor) ou ACCORDEMENT (a-kor-de-man) n. m. Action d'accorder un instrument à cordes : l'accordage d'un piano.
ACCORDAILLES (a-kor-da, ll mll.) n. f. pl. Fiançailles. (Ne s'empl. pas au sing. — On dit mieux accords.)
ACCORDANT (a-kor-dan), E adj. Qui s'accorde bien. Mus. Consonant.
ACCORDÉ, E (a-kor) n. Fiancé, fiancée.
ACCORDÉON (a-kor) n. m. Instrument de musique, composé de languettes de métal qui sont mises en vibration par un soufflet.
ACCORDÉONISTE (a-kor, nis-te) n. Personne qui joue de l'accordéon.
ACCORDER (a-kor-dé) v. a. Mettre d'accord : accorder deux adversaires. Concéder, octroyer : accorder du temps, une grâce. Consentir à admettre : accorder une proposition. Gram. Mettre les mots en concordance : on accorde le verbe avec son sujet. Mus. Mettre d'accord la voix avec un instrument, les cordes d'un instrument, les instruments entre eux, etc. S'accorder v. pr. Etre d'accord : deux scélérats ne s'accordent que pour faire le mal. Gram. Etre en concordance : l'adjectif s'accorde avec le nom. Ant. Brouiller, refuser.
ACCORDEUR (a-kor) n. m. Qui accorde les instruments de musique : accordeur de pianos.
ACCORDOIR (a-kor) n. m. Outil pour accorder les instruments de musique (pianos, orgues, etc..)
ACCORE (a-ko-re) adj. Se dit d'une côte coupée verticalement à la surface de la mer. N. m. Mar. Pièce de bois dressée verticalement pour servir d'étai.
ACCORER (a-ko-ré) v. a. Maintenir par des accores : accorer un navire.
ACCORNÉ, E (a-kor) adj. En blason, se dit des animaux représentés avec des cornes d'une autre couleur que le corps.
ACCORT (a-kor), E adj. (ital. accorto, avisé). Civil, complaisant : femme douce et accorte.
ACCORTEMENT (a-kor-te-man) adv. Adroitement, gracieusement.
ACCORTISE (a-kor-ti-ze) n. f. Humeur gracieuse et complaisante.
ACCOSTABLE (a-kos-ta-ble) adj. Facile à aborder : bâtiment, plage accostable.
ACCOSTAGE (a-kos-ta-je) n. m. Action d'accoster : par gros temps les accostages sont difficiles.
ACCOSTER (a-kos-té) v. a. (préf. ad, et lat. costa, côte). Aborder quelqu'un pour lui parler : Vitry accosta Concini et le tua d'un coup de pistolet. Mar. S'approcher aussi près que possible : accoster un vaisseau, une terre, un quai.
ACCOTEMENT (a-ko-te-man) n. m. P. et ch. Espace compris entre la chaussée et le fossé, le ruisseau et la maison.
ACCOTER (a-ko-té) v. a. Appuyer d'un coté. S'accoter v. pr. S'appuyer : s'accoter contre un mur.
ACCOTOIR (a-ko) n. m. Appui pour s'accoter.
ACCOUARDIR (a-kou) v. a. Rendre couard. S'accouardir v. pr. Devenir couard.
ACCOUCHÉE (a-kou) n. f. Femme qui vient de mettre un enfant au monde.
ACCOUCHEMENT (a-kou-che-man) n. m. Action d'accoucher.
ACCOUCHER (a-kou-ché) v. n. Enfanter. Fig. Se dit des productions de l'esprit : accoucher d'un bon mot. V. a. Faire un accouchement : accoucher une femme.
ACCOUCHEUR, EUSE (a-kou, eu-ze) n. Dont la profession est de faire des accouchements. Adj. : médecin accoucheur.
ACCOUDEMENT (a-kou-de-man) n. m. Action de s'appuyer sur le coude. Rapprochement des fantassins qui, dans le rang, sont placés coude à coude.
ACCOUDER (S') (sa-kou-dé) v. pr. S'appuyer du coude, sur le coude. Se placer coude à coude.
ACCOUDOIR (a-kou) n. m. Appui pour s'accouder.
ACCOUER (a-kou-é) v. a. (préf. ad, et queue). Attacher des chevaux à la queue l'un de l'autre, de manière qu'ils marchent à la file.
ACCOUPLE (a-kou-ple) n. f. Lien avec lequel on accouple les chiens de chasse.
ACCOUPLEMENT (a-kou-ple-man) n. m. Action d'accoupler. Assemblage d'animaux par couple.
ACCOUPLER (a-kou-plé) v. a. Joindre deux choses ensemble, mettre deux à deux : accoupler des bœufs. Unir charnellement. Grouper ensemble plusieurs générateurs d'électricité : accoupler des piles. Fig. : accoupler deux mots contradictoires. S'accoupler v. pr. Former un couple. S'unir pour la génération, en parlant des animaux.
ACCOURCI (a-kour) n. m. Réduction d'un ouvrage : un accourci de la vie des saints.
ACCOURCIE (a-kour-si) n. f. Pop. Chemin plus court qu'un autre.
ACCOURCIR (a-kour) v. a. Rendre plus court, raccourcir. Ant. Allonger.
ACCOURCISSEMENT (a-kour-si-se-man) n. m. Diminution de longueur, de durée.
ACCOURIR (a-kou) v. n. (préf. ad, et lat. currere, courir. — Se conj. comme courir. Prend avoir ou être, selon que l'on veut exprimer l'action ou l'état.) Venir à la hâte : à Marengo, Desaix accourut au bruit du canon.
ACCOURSE (a-kour-se) n. f. Galerie extérieure par laquelle on communique dans les appartements.
ACCOUTREMENT (a-kou-tre-man) n. m. Habillement bizarre, ridicule.
ACCOUTRER (a-kou-tré) v. a. Habiller ridiculement. Chez le tireur d'or, serrer, polir le trou de la filière. S'accoutrer v. pr. S'habiller, se parer d'une manière grotesque.
ACCOUTREUR, EUSE (a-kou, eu-ze) n. Chez le tireur d'or, personne qui resserre et polit le trou de la filière.
ACCOUTUMANCE (a-kou) n. f. Habitude.
ACCOUTUMÉ, E (a-kou) adj. Ordinaire, habituel. A l'accoutumée loc. adv. Comme à l'ordinaire.
ACCOUTUMER (a-kou-tu-mé) v. a. Faire prendre une habitude : accoutumons les enfants au travail. V. n. Avoir coutume (seulem. aux temps composés) : j'avais accoutumé d'aller, de faire. S'accoutumer v. pr. S'habituer.
ACCOUVAGE (a-kou) n. m. Industrie qui consiste à faire éclore, en général au moyen de couveuses artificielles, les œufs des oiseaux de basse-cour.
ACCOUVER (a-kou-vé) v. a. Préparer un nid avec des œufs, pour qu'un oiseau couve : accouver une poule. V. n. Couver : poule qui accouve. S'accouver v. pr. Commencer à couver : poules qui s'accouvent.
ACCOUVEUR, EUSE (a-kou, eu-ze) n. Personne qui pratique l'accouvage.
ACCRÉDITER (a-kré-di-té) v. a. Mettre en crédit, inspirer la confiance : sa loyauté l'a accrédité. Faire croire à : accréditer un bruit. Accréditer un ambassadeur, lui donner des lettres de créance. S'accréditer v. pr. Gagner en réputation, en crédit. Se propager : cette nouvelle s'accrédite. Ant. Discréditer.
ACCRÉDITEUR (a-kré) n. m. Celui qui donne sa garantie en faveur d'un tiers pour une somme quelconque.
ACCRESCENT (a-krès-san), E adj. Se dit des parties de la fleur autres que l'ovaire, qui continuent à s’accroître après la fécondité jusqu'à la maturité.
ACCROC (a-kro) n. m. Déchirure. Fig. Difficulté. Fam. : il est survenu un accroc dans cette affaire. Tache : avoir un accroc à sa réputation.
ACCROCHAGE (a-kro) n. m. Action d'accrocher. Résultat de cette action : l'accrochage d'un tableau.
ACCROCHE-COEUR (a-kro-che-keur) n. m. invar. Petite mèche de cheveux aplatie en boucle sur la tempe.
ACCROCHEMENT (a-kro-che-man) n. m. Action d'accrocher, de s'accrocher : l'accrochement de deux voitures.
ACCROCHE-PLAT (a-kro-che-pla) n. m. invar. Support destiné à accrocher à plat, sur les murs, des porcelaines, des faïences, etc.
ACCROCHER (a-kro-ché) v. a. Suspendre à un crochet : accrocher un tableau. Retarder, arrêter, heurter : accrocher une voiture. Fig. : c'est une affaire accrochée. Obtenir par ruse : accrocher une place. S'accrocher v. pr. Etre retenu par quelque chose : s'accrocher aux branches. Importuner vivement : s'accrocher à quelqu'un. Ant. Décrocher.
ACCROCHEUR (a-kro) n. m. Celui qui accroche. Fam. Qui obtient quelque chose par adresse.
ACCROIRE [a-kroi-re] (faire) v. a. Faire croire ce qui n'est pas. En faire accroire à quelqu'un, lui en imposer. S'en faire accroire, présumer trop de soi-même.
ACCROISSEMENT (a-kroi-se-man) n. m. Action de croître, de pousser : l'accroissement d'une plante. Augmentation : accroissement de fortune.
ACCROÎTRE (a-kroi-tre) v. a. (Se conj. comme croître, mais le part. pass. accru ne prend pas d'accent circonflexe.) Augmenter, rendre plus grand, au prop. et au fig. : accroître sa fortune. Tout accroît mes ennuis. V. n. et S'accroître v. pr. Aller en augmentant : son bien accroît, s'accroît tous les jours. Ant. Amoindrir, diminuer.
ACCROUPETONNER (S') [sa-krou-pe-to-né] v. pr. S'accroupir.
ACCROUPI, E (a-krou) adj. Assis sur les talons.
ACCROUPIR (S') [sa-krou] v. pr. S'asseoir sur ses talons, se baisser : le chameau s'accroupit pour se laisser charger.
ACCROUPISSEMENT (a-krou-pi-se-man) n. m. Position d'une personne accroupie.
ACCRU (a-kru) n. m. Rejeton produit par les racines.
ACCRUE (a-kru) n. f. Augmentation d'un terrain par la retraite des eaux, d'une forêt par l'extension de ses racines sur le terrain voisin.
ACCUBITUM (ak-ku-bi-tom' — mot lat.) ou ACCUBITOIRE (a-ku) n. m. Sofa destiné à un convive dans les festins Romains.
ACCUEIL (a-keu, l mll.) n. m. Réception bonne ou mauvaise. Faire accueil, bien recevoir.
ACCUEILLANT (a-keu, ll mll., an), E adj. Qui fait bon accueil.
ACCUEILLIR (a-keu, ll mll.) v. a. (préf. ad, et cueillir. — Se conj. comme cueillir). Recevoir quelqu'un bien ou mal. Agréer : accueillir une demande. Ant. Repousser.
ACCUL (a-kul’) n. m. Le fait d'être acculé. Lieu sans issue, impasse.
ACCULEMENT (a-ku-le-man) n. m. Etat de ce qui est acculé. Action d'acculer.
ACCULER (a-ku-lé) v. a. Pousser dans un endroit où l'on ne puisse plus reculer. Fig. Mettre dans l'impossibilité de répondre, d'agir : cet argument l'accula. V. n. En parlant d'un navire, pencher de manière que l'arrière baisse. S'acculer v. pr. S'adosser : il s'accula contre un mur.
ACCUMULATEUR, TRICE (a-ku) adj. et n. Qui accumule : un accumulateur d'écus. N. m. Appareil électrique, emmagasinant l'énergie et capable, à un moment donné, de restituer cette énergie sous forme de courant. — L'accumulateur A est charge à l'aide de piles B. Il suffit de relier les pôles positif et négatif P, N, par un fil conducteur pour obtenir le courant, les piles ayant été détachées et une pesée étant faite sur le bouton O.
ACCUMULATION (a-ku, sion) n. f. Entassement, amas, amoncellement : accumulation de richesses.
ACCUMULER (a-ku-mu-lé) Accumulateur, v. a. Entasser et mettre l'un sur l'autre. Amasser, amonceler, rassembler : accumuler des trésors, des preuves. Ant. Disperser, dépenser.
ACCUSABLE (a-ku-za-ble) adj. Qui peut être accusé.
ACCUSATEUR, TRICE (a-ku-za) n. et adj. Qui accuse quelqu'un. Accusateur public, magistrat qui, pendant la Révolution, était chargé du ministère public près d'un tribunal criminel : l'accusateur Fouquier-Tinville est resté célèbre.
ACCUSATIF, IVE (a-ku-za) adj. Qui concerne l'accusatif : forme accusative. N. m. Cas des déclinaisons grecque, latine, etc., qui indique le complément direct.
ACCUSATION (a-ku-za-si-on) n. f. Action de déférer en justice comme coupable ; de signaler comme répréhensible. Imputation, reproche. Acte d'accusation, exposé des faits imputés à un accusé par le ministère public.
ACCUSATOIRE (a-ku-za) adj. Qui motive une accusation, qui s'y rapporte.
ACCUSÉ (a-ku-zé), E n. Personne à qui on impute une infraction pénale. Plus spécialement, personne traduite pour crime devant la cour d'assises : absoudre un accusé. Accusé de réception, avis donné qu'on a reçu une chose.
ACCUSER (a-ku-zé) v. a. Imputer une faute, un délit à quelqu'un : accuser de lâcheté. Révéler, avouer : accuser ses péchés, son âge. Servir d'indice : les apparences nous accusent. Fig. Indiquer : cette action accuse de la folie. B.-arts. Faire ressortir certaines parties du corps cachées sous ce qui les couvre : accuser les muscles sous la peau. Com. Accuser réception, donner avis qu'on a reçu une chose. S'accuser v. pr. Se reconnaître, s'avouer coupable. Ant. Disculper, justifier, excuser.
ACENSE, ACENSEMENT, ACENSER, ACENSEUR V. ces mots par deux c : accense, etc.
ACÉPHALE adj. Caractérisé par l'acéphalie : les huîtres sont acéphales. N. m. : un acéphale. (On dit aussi acéphalien, enne.) V. lamellibranches.
ACÉPHALIE (lî) n. f. (du gr. a priv., et kephalê, tête). Absence de tête.
ACÉPHALOPODE adj. et n. m. (de acéphale, et du gr. pous, podos, pied.) Se dit d'un monstre sans tête ni pieds.
ACÉRAGE n. m. Action d'acérer un outil en y soudant de l'acier pour le rendre plus dur, plus résistant.
ACÉRAIN, E (rin, è-ne) adj. Qui tient de la nature de l'acier : fer acérain.
ACERBE (sèr-be) adj. D'un goût âpre : fruits acerbes. Fig. Sévère, mordant : langage acerbe.
ACERBITÉ (sèr) n. f. Apreté. Fig. Sévérité.
ACÈRE (du gr. a priv., et kéras, corne) adj. et n. m. Entom. Qui est privé de cornes, de tentacules, d'antennes.
ACÉRÉ, E adj. Qui est garni d'acier : outil acéré. Tranchant, aigu : lame acérée. Fig. Mordant, caustique : les traits acérés de la calomnie.
ACÉRER (ré) v. a. (Se conj. comme accélérer.) Souder de l'acier à du fer : acérer un sabre. Fig. Rendre piquant, mordant : acérer son style.
ACÉRINÉES (né) ou ACÉRACÉES (ra-sé) n. f. pl. Bot. Tribu de la famille des sapindacées, ayant pour type l'érable. S. une acérinée ou acéracée.
ACÉRURE n. f. Morceau d'acier, destiné à être soudé à une pièce que l'on veut acérer.
ACESCENCE (sès-san-se) n. f. Etat de ce qui est acescent : vin tournant à l'acescence.
ACESCENT (sès-san), E adj. Qui commence à devenir acide : liqueur acescente.
ACÉTABULE (lat. acetabulum, vase) n. m. Anat. Cavité articulaire qui reçoit la tête d'un os. Zool. Excavation d'une coquille dans laquelle l'animal est fixé. Cavité où s'insère la patte de derrière des insectes.
ACÉTATE n. m. Chim. Sel dérivant de l'acide acétique : acétate de plomb, de cuivre, de fer, etc.
ACÉTEUX, EUSE (teû, eu-ze) adj. Qui a le goût du vinaigre.
ACÉTIFICATION (si-on) n. f. Action de convertir en vinaigre, en acide acétique.
ACÉTIFIER (fi-é) v. a. (Se conj. comme prier.) Chim. Convertir en vinaigre, en acide acétique : acétifier du vin.
ACÉTIMÉTRE ou ACÉTOMÈTRE n. m. Instrument pour apprécier le degré de concentration d'un vinaigre.
ACÉTIMÉTRIE ou ACÉTOMÉTRIE (trî) n. f. Appréciation du degré de concentration du vinaigre.
ACÉTIQUE adj. Se dit de l'acide auquel le vinaigre doit sa saveur et des composés qui en dérivent. Fermentation acétique, fermentation qui donne naissance au vinaigre, à l'acide acétique.
ACÉTOL n. m. Pharm. Vinaigre médical, préparé par distillation. Acétol normal, aldéhyde acétique ou vinaigre.
ACÉTOMEL (mèl) n. m. Sirop de vinaigre miellé.
ACÉTONE n. f. Liquide incolore, d'odeur éthérée, volatil, inflammable, qui se forme lorsqu'on distille un acétate.
ACÉTYLÈNE n. m. Gaz hydrocarboné, que l'on obtient en traitant le carbure de calcium par l'eau. — L'acétylène donne une flamme blanche très éclairante, mais son emploi exige de grandes précautions : il peut, comme le gaz, produire l'asphyxie : son mélange avec l'air est détonant, et des explosions se produisent souvent lors de l'ouverture et de la fermeture des récipients, dont on ne doit jamais approcher avec une lumière.
ACHAINE (kè-ne) n. m. V. akène.
ACHALANDAGE n. m. Action d'achalander. Clientèle d'un marchand.
ACHALANDÉ, E adj. Qui a beaucoup de chalands, d'acheteurs : boutique bien achalandée.
ACHALANDER (dé) v. a. (de à, et chaland.) Attirer, faire venir des clients : propreté et confort achalandent un hôtel.
ACHARNÉ, E adj. Attaché furieusement à sa proie : ennemi, joueur acharné. Qui dénote de l'acharnement : combat acharné.
ACHARNEMENT (man) n. m. Animation furieuse ; ardeur opiniâtre. Action de s'acharner. Fig. Animosité : acharnement de deux plaideurs.
ACHARNER (né) v. a. (de à, et chair.) Exciter, animer : acharner des chiens. Garnir de chair : acharner le leurre. S'acharner v. pr. S'attacher avec passion : s'acharner au jeu.
ACHAT (cha) n. m. Acquisition à prix d'argent ; emplette. Ant. Vente.
ACHE n. f. Genre de plantes ombellifères, comprenant plusieurs espèces, entre autres le céleri.
ACHEMINEMENT (man) n. m. Marche en avant, progrès. Avancement par degrés vers un but.
ACHEMINER (né) v. a. Diriger vers un lieu, vers un but. S'acheminer v. pr. Se diriger vers.
ACHETABLE adj. Qui peut être acheté.
ACHETER (té) v. a. (Prend un è ouvert devant une syllabe muette : j'achète, il achètera.) Acquérir à prix d'argent. Fig. Obtenir au moyen d'autre chose : acheter de son sang. Ant. Vendre.
ACHETEUR, EUSE (eu-ze) n. Celui, celle qui achète. Ant. Vendeur.
ACHEULÉEN, ENNE (lé-in, è-ne) adj. Qui se rapporte aux restes préhistoriques trouvés à Saint-Acheul (Somme) : l'homme acheuléen.
ACHEVAGE n. m. Action d'achever. Dernière façon donnée à un ouvrage : l'achevage d'une poterie, d'un moulage.
ACHEVÉ, E adj. Accompli dans son genre : modèle achevé de toutes les vertus.
ACHÈVEMENT (man) n. m. Action d'achever, Etat de ce qui est achevé : l'achèvement d'une maison.
ACHEVER (vé) v. a. (Prend un è ouvert devant une syllabe muette : j'achève, il achèvera.) Terminer, finir une chose commencée ; rendre complet : travail achevé. Consommer : cette aventure acheva sa ruine. Par ext. Perdre complètement. Tuer, donner le coup de grâce. Ant. Commencer.
ACHILILLÉE (ki-lé) n. f. Genre de plantes composées radiées, qui comprend la mille-feuille.
ACHLAMYDE ou ACHLAMYDÉ, E (kla) adj. Se dit des algues à une seule enveloppe.
ACHOPPEMENT (cho-pe-man) n. m. Obstacle, choc. Pierre d'achoppement, embarras, difficulté imprévue. Occasion de faillir : les élèves paresseux sont des pierres d'achoppement pour les élèves studieux.
ACHOPPER (cho-pé) v. n. Heurter du pied contre un obstacle. Fig. Echouer devant une difficulté.
ACHROMATINE (kro) n. f. Substance du noyau des cellules qui ne prend pas les réactifs colorants.
ACHROMATIQUE (kro) adj. (du gr. a priv., et khrôma, couleur). Qui laisse passer la lumière sans la décomposer en ses sept couleurs fondamentales.
ACHROMATISATION (kro, za-si-on) n. f. Action d'achromatiser : l'achromalisation d'un objectif.
ACHROMATISER (kro, zé) v. a. Rendre achromatique.
ACHROMATISME (kro-ma-tis-me) n. m. Destruction des colorations accompagnant l'image d'un objet fournie par un prisme ou une lentille. Propriété des lunettes ou des verres achromatiques.
ACHROMATOPE (kro) adj. et n. Qui est atteint d'achromatopsie.
ACHROMATOPSIE (kro, top-sî) n. f. Affection de l'œil, caractérisée par l'impossibilité de distinguer les couleurs.
ACICULAIRE (lè-re) adj. Min. Qui cristallise en fines aiguilles. Bot. Qui se termine en pointe.
ACIDE adj. (lat. acidus, aigre). Qui a une saveur aigre : fruit acide. Ant. Doux, sucré. N. m. Chim. Composé hydrogéné qui possède la propriété de faire passer au rouge la teinture bleue de tournesol et qui peut former des sels par substitution d'un métal à l'hydrogène entrant dans sa composition.
ACIDIFÈRE adj. Qui produit des acides.
ACIDIFIABLE adj. Qui peut être converti en acide : le bore, la soude sont acidifiables.
ACIDIFIANT (fi-an), E adj. Qui a la propriété de convertir en acide. N. m. : l'oxygène est le grand acidifiant.
ACIDIFICATION (si-on) n. f. Action de convertir ou de se convertir en acide.
ACIDIFIER (fi-é) v. a. (Se conj. comme prier.) Chim. Convertir en acide : acidifier du vin. S'acidifier v. pr. Devenir acide.
ACIDIMÈTRE n. m. Instrument à l'aide duquel on évalue le degré de concentration d'un acide.
ACIDIMÉTRIE (trî) n. f. Appréciation du degré de concentration d'un acide.
ACIDITÉ n. f. Saveur acide : l'acidité du verjus.
ACIDULE ou ACIDULÉ, E adj. Légèrement acide.
ACIDULER (lé) v. a. Rendre légèrement aigre, piquant, acide : aciduler une tisane.
ACIER (si-é) n. m. (lat. acies, pointe). Fer combiné avec une faible quantité de carbone et que l'on peut rendre très dur par la trempe. Poétiq. Arme : un homicide acier. Fig. Jarret d'acier, jarret vigoureux. Cœur d'acier, cœur dur, homme inébranlable.L'acier est plus léger, plus malléable et plus dur que le fer ; son grain est plus fin.
ACIÉRAGE n. m. Opération qui consiste à donner à différents métaux la dureté de l'acier.
ACIÉRATION (si-on) n. f. Action d'aciérer.
ACIÉRER (ré) v. a. (Se conj. comme accélérer.) Convertir du fer en acier : le carbone acière le fer.
ACIÉREUX, EUSE (reû, eu-ze) adj. Qui se rapporte à l'acier, qui en a les qualités : fer aciéreux ; dureté aciéreuse.
ACIÉRIE (rî) n. f. Usine où l'on fabrique l'acier.
ACINÉSIE (zî) n. f. Paralysie. (Peu us.)
ACINUS (nuss) ou ACINE n. m. Cul-de-sac d'un canal glandulaire ou pulmonaire.
ACLINIQUE adj. Se dit d'un lieu où l'inclinaison de l'aiguille aimantée est nulle.
ACNÉ (ak-né) n. f. Maladie de la peau, caractérisée par des pustules peu étendues.
ACOLOGIE (jî) n. f. (gr. akos, remède, et logos, discours). Traité des moyens thérapeutiques en général.
ACOLOGIQUE adj. Qui concerne l'acologie.
ACOLYTAT (ta) n. m. Le plus élevé des quatre ordres mineurs, dans la religion catholique.
ACOLYTE n. m. (gr. akolouthos, serviteur). Clerc chargé dans l'église des bas offices. Par ext. Aide subalterne.
ACOMPTE (a-con-te) n. m. Payement partiel à valoir sur le montant d'une dette : donner des acomptes. Adverbialem., s'écrit en deux mots : il a reçu cent francs à compte.
ACON ou ACCON (a-kon) n. m. Chaland à fond plat, pour le chargement des navires de commerce.
ACONIT (nit') n. m. Plante vénéneuse, de la famille des renonculacées, à haute tige, aux feuilles d'un vert sombre, aux fleurs d'un bleu foncé.
ACONITINE n. f. Alcaloïde que l'on extrait de la racine d'aconit et que l'on utilise en médecine : l'aconitine est un poison très violent.
À-CONTRE loc. adv. Abattre à-contre, s'abattre du côté contraire à celui qui était prévu : un navire qui abat à-contre.
ACOQUINANT (ki-nan), E adj. Qui attache, retient par l'habitude : le coin du feu est acoquinant.
ACOQUINER (ki-né) v. a. Retenir par l'habitude : ses dîners m'avaient acoquiné. S’acoquiner v. pr. S'adonner, s'attacher trop. (Se prend souvent en mauv. part.)
ACORE n. m. Genre d'aroïdées d'Europe, d'Asie et d'Amérique, appelées lis des marais.
ACOTYLÉDONE ou ACOTYLÉDONÉ, E adj. (du gr. a priv., et kotulê, cavité). Bot. Se dit des plantes qui n'ont point de cotylédons, telles que les champignons, les fougères, etc. N. f. : une acotylédone ou acotylédonée. Syn. de cryptogame.
À-COUP (kou) n. m. Mouvement brusque ou temps d'arrêt subit : procéder par à-coups.
ACOUSTIQUE (kous-ti-ke) adj. (gr. akoustikos, relatif au son). Physiq. Relatif à la perception des sons : nerf acoustique. Tuyau acoustique, long tuyau en caoutchouc terminé à chaque extrémité par un embout muni d'un sifflet avertisseur, et qui sert à porter le son à distance. Cornet acoustique, instrument qui renforce le son, et dont se servent les personnes sourdes. N. f. Théorie des sons.
ACQUA-TOFFANA (a-kou-a-to-fana) n. f. (ital. acqua, eau, et Toffana, n. de femme). Poison célèbre en Italie, au xvie et au xviie siècle. (C'était sans doute une solution d'acide arsénieux.)
ACQUÉREUR (a-ké) n. m. Qui acquiert ; acheteur.
ACQUÉRIR (a-ké) v. a. (lat. acquirere. — J'acquiers, tu acquiers, il acquiert, nous acquérons, vous acquérez, ils acquièrent. J'acquérais, nous acquérions. J'acquis, nous acquîmes. J'acquerrai, nous acquerrons. J'acquerrais, nous acquerrions. Acquiers, acquérons, acquérez. Que j’acquière, que tu acquières, qu'il acquière, que nous acquérions, que vous acquériez, qu'ils acquièrent. Que j'acquisse, que nous acquissions. Acquérant. Acquis, e.) Devenir possesseur par achat, par le travail, etc. : acquérir des talents, de la gloire. S'attacher : cet homme m'est tout acquis. Ant. Perdre, vendre.
ACQUÊT (a-kè) n. m. Dr. Acquisition. Bien acquis à titre onéreux pendant la durée de l'association conjugale, par opposition aux propres, et qui tombe dans la communauté.
ACQUÊTER (a-kè-té) v. a. Acquérir un immeuble.
ACQUIESCEMENT (a-ki-ès-se-man) n. m. Adhésion, consentement : acquiescement aux volontés de quelqu'un. Ant. Refus, protestation contre.
ACQUIESCER (a-ki-ès-sé) v. n. (Prend une cédille sous le c devant a et o : il acquiesça, nous acquiesçons.) Consentir : acquiescer à un désir. Ant. S'opposer.
ACQUIS, E (a-ki, i-ze) adj. Vitesse acquise, vitesse dont un corps est animé à un moment donné.
ACQUIS (a-ki) n. m. Savoir, expérience : il a de l'acquis.
ACQUISITIF, IVE (a-ki-zi) adj. Qui a rapport a l'acquisition. Qui équivaut à une acquisition : prescription acquisitive.
ACQUISITION (a-ki-zi-si-on) n. f. Action d'acquérir. Chose acquise. Achat, emplette. Ant. Vente.
ACQUISIVITÉ (a-ki-zi) n. f. Instinct qui porte l'homme à acquérir.
ACQUIT (a-ki) n. m. Quittance, décharge : j'ai votre acquit, ainsi je ne vous dois rien. Dr. Acquittement : sentence d'acquit. Pour acquit, mots qu'on écrit au bas d'un billet, d'un compte, pour certifier qu'ils ont été payés. Par manière d'acquit loc. adv. Négligemment. Fig. Pour l'acquit de sa conscience, pour qu'elle n'en soit pas chargée.
ACQUIT-À-CAUTION (a-ki-ta-kô-si-on) n. m. Pièce de régie qui permet de faire circuler librement des marchandises soumises à l'impôt indirect et de ne payer cet impôt qu'après livraison. Pl. des acquits-à-caution.
ACQUITTABLE (a-ki-ta-ble) adj. Qui peut ou doit être acquitté : accusé acquittable ; dette acquittable.
ACQUITTEMENT (a-ki-te-man) n. m. Action de payer ce qu'on doit. Renvoi d'un accusé reconnu non coupable. Ant. Condamnation.
ACQUITTER (a-ki-té) v. a. Payer ce qu'on doit : acquitter une dette. Constater le payement de : acquitter un billet, une facture. Rendre quitte d'une obligation : Acquitter quelqu'un d'une dette. Renvoyer absous : acquitter un accusé. S'acquitter v. pr. Payer une dette. Remplir un devoir : s'acquitter d'une mission.
ACRASIÉES (zi-é) n. f. pl. Famille de champignons myxomycètes, qui vivent sur les excréments des animaux. S. une acrasiée.
ACRATIE (tî) n. f. Débilité, manque de forces.
ACRE n. f. (lat. ager, champ). Mesure agraire, usitée autrefois en France et valant environ 52 ares, mais variant d'un pays à un autre : aujourd'hui, en Angleterre, l'acre est de 40 ares et demi.
ÂCRE adj. (lat. acer). Piquant, irritant au goût, à l'odorat : fruit âcre. Fig. Mordant, revêche : caractère âcre. Ant. Doux.
ÂCREMENT (man) adv. D'une manière âcre, piquante.
ÂCRETÉ n. f. Qualité de ce qui est acre. Fig. : l'acreté du style. Ant. Douceur.
ACRIBOLOGIE (jî) n. f. (gr. akribês, exact, et logos, discours). Précision dans l'emploi des termes.
ACRIDIENS (di-in) n. m. pl. Famille d'insectes orthoptères sauteurs, renfermant les criquets. S. un acridien.
ACRIMONIE (nî) n. f. Acreté : l'acrimonie des humeurs. Fig. Ton mordant, maussaderie, aigreur : quelle acrimonie dans ses paroles !
ACRIMONIEUSEMENT (ni-eu-ze-man) adv. Avec acrimonie.
ACRIMONIEUX, EUSE (ni-eû, eu-ze) adj. Qui a de l'acrimonie.
ACROAMATIQUE ou ACROATIQUE adj. (gr. akroama, atos, ce qu'on écoute). Se dit, dans les systèmes de philosophie grecque et en particulier dans celui d'Aristote, des doctrines, plus secrètes et plus scientifiques, qui se transmettaient oralement, dans des entretiens intimes.
ACROBATE n. (du gr. akros, haut, et batein, marcher). Danseur, danseuse de corde. (Se dit aussi pour clown, jongleur, équilibriste, hercule, etc.) Fig. Qui cherche à éblouir par des procédés extraordinaires.
ACROBATIE (sî) n. f. Exercice de l'acrobate.
ACROBATISME (tis-me) n. m. Profession d'acrobate.
ACROCARPE adj. (du gr. akros, sommet, et karpos, fruit). Se dit des mousses dont la capsule termine la tige ou les rameaux.
ACROCÉPHALE adj. et n. (gr. akron, pointe, et kephalê, tête). Se dit d'un homme ou d'une femme ayant le crâne haut, terminé en pointe.
ACROMION n. m. Apophyse de l'épine de l'omoplate.
ACRONYQUE adj. (gr. akros, extrême, et nux, nuit). Astron. Se dit quand un astre se lève au coucher du soleil, ou se couche à son lever.
ACROPOLE n. f. (gr. akros, élevé, et polis, ville). Partie la plus élevée des cités grecques, servant de citadelle. V. Part. hist.
ACROSPERME (kros-pèr-me) n. m. Champignon qui croît sur le bois sec.
ACROSPORE (kros-po-re) n. m. Champignon qui croît sur la feuille des graminées et les tue.
ACROSTIC (kros-tik) ou ACROSTIQUE (kros-ti-ke) n. m. Genre de fougères tropicales, dont la plus belle est l'acrostic à corne d'élan.
ACROSTICHE (kros-ti-che) n. m. (gr. akron, extrémité, et stichos, vers). Poésie composée de telle sorte qu'en lisant dans le sens vertical la première lettre de chaque vers, on trouve le mot pris pour sujet. Voici un acrostiche fait sur Louis XIV par quelque solliciteur au gousset vide : Louis est un héros sans peur et sans reproche ; On désire le voir. Aussitôt qu'on l'approche Un sentiment d'amour enflamme tous les cœurs. Il ne trouve chez nous que des adorateurs. Son image est partout, excepté dans ma poche.Adj. : des vers acrostiches.
ACROSTOLE (kros-to-le) n. m. (gr. akros, extrême, et stolos, ornement). Partie élevée des extrémités des anciens navires. Ornements, sculptures de la proue.
ACROTÈRE n. m. Archit. Socle disposé aux extrémités ou au sommet d'un fronton et servant de support à divers ornements (statues, vases, etc..)
ACTE n. m. (lat. actum, chose faite). Action ; manifestation de la volonté : on connaît l'homme par ses actes. Pièce légale qui constate un fait : acte de naissance. Mouvement de l'âme vers Dieu : acte de foi. Division d'une pièce de théâtre : pièce en cinq actes. Prendre acte, faire consigner un fait. Faire acte de présence, se montrer un instant. Décision de l'autorité publique : acte d'amnistie ; les actes du gouvernement. Acte d'accusation, exposition des faits imputés à un accusé.
ACTEUR, TRICE, n. Qui joue un rôle dans un événement. Artiste qui joue dans un théâtre.
ACTIF, IVE adj. Qui agit : principe actif. Vif, laborieux : ouvrier actif. Citoyen actif, celui qui, sous le régime censitaire, a la jouissance et l'exercice du droit de vote. Energique : remède actif. Dettes actives, sommes dont on est créancier. Gram. Verbe actif, qui peut avoir un complément direct. Voix active, voix qui exprime l'action. N. m. Com. Ce qu'on possède, par opposition à passif, ce qu'on doit. Ant. Inactif, indolent ; neutre ; passif.
ACTINAL, E, AUX adj. (gr. aktis, inos, rayon). En forme de rayons.
ACTINAUXISME (nôk-sis-me) n. m. (gr. aktis, inos, rayon, et auxein, accroître). Action de la radiation sur la croissance des végétaux.
ACTINIE (nî) n. f. Polype mou pourvu de tentacules, dit souvent ortie de mer ou anémone de mer.
ACTINIQUE adj. (du gr. aktis, inos, rayon). Se dit des rayons lumineux qui peuvent exercer une action chimique, telle que la décomposition d'un corps : les rayons actiniques sont plus généralement appelés rayons chimiques.
ACTINISME (nis-me) n. m. Propriété que possèdent certains rayons lumineux d'être actiniques.
ACTINOGRAPHE n. m. (gr. aktis, inos, rayon, et graphein, écrire). Actinomètre particulier, dans lequel l'intensité des radiations solaires est enregistrée par un procédé photographique.
ACTINOMÈTRE n. m. (gr. aktis, inos, rayon, et metron, mesure). Instrument pour mesurer l'intensité des radiations et, plus particulièrement, des radiations solaires.
ACTINOMÉTRIE (trî) n. f. (rad. actinomètre.) Mesure de l'intensité des radiations et plus particulièrement des radiations solaires.
ACTINOMÉTRIQUE adj. Qui concerne l'actinométrie : méthode actinométrique.
ACTINOMYCOSE (ko-ze) n. f. (du gr. aktis, inos, rayon, et mukês, champignon) Maladie infectieuse commune à l'homme et aux animaux causée par la présence dans les tissus de champignons dits actynomycètes.
ACTINOTROPISME (pis-me) n. m. (du gr. aktis, inos, rayon, et tropos, tour). Flexion des plantes vers les radiations lumineuses.
ACTION (ak-si-on) n. f. Manifestation d'une énergie : belle action. Occupation, mouvement : on le voit toujours en action. Manière dont un corps agit sur un autre : action chimique, action d'un poison. Combat : intrépide dans l'action. Chaleur dans le débit ou le geste : parler avec action ; action oratoire. Gestes qui accompagnent la parole. Sujet d'un poème : action intéressante. Marche d'une pièce de théâtre : action rapide. Poursuite en justice : action criminelle. Part dans une entreprise financière ou commerciale : acheter une, deux, trois actions de chemin de fer. Pl. Remerciement : actions de grâces.
ACTIONNABLE (ak-si-o-na-ble) adj. Contre qui on peut intenter une action judiciaire.
ACTIONNAIRE (ak-si-o-nè-re) n. Qui possède une ou plusieurs actions dans une entreprise financière ou commerciale.
ACTIONNAIREMENT (ak-si-o-nè-re-man) adv. Au moyen d'actions industrielles.
ACTIONNER (ak-si-o-né) v. a. Intenter une action en justice. Exciter, harceler. Produire un mouvement : cours d'eau qui actionne des scieries mécaniques.
ACTIVANT (van), E adj. Qui active.
ACTIVEMENT (man) adv. D'une manière active. Gram. Dans le sens actif : certains verbes neutres s'emploient activement : courir un danger ; dormir un sommeil. Ant. Neutralement.
ACTIVER (vé) v. a. Presser, accélérer : activer les travaux. Donner de l'activité à : activer le feu.
ACTIVITÉ n. f. Vertu d'agir : l'activité du feu. Promptitude : l'activité de l'esprit. Soldat, fonctionnaire en activité, qui sont actuellement en service. Ant. Nonchalance, mollesse.
ACTUAIRE (è-re) n. m. (lat. actuarius, greffier). Spécialiste qui s'occupe de l'application des mathématiques aux assurances sur la vie, et, en général, aux questions financières. Chez les Romains, scribe rédacteur de procès-verbaux.
ACTUALISATION (za-si-on) n. f. Action d'actualiser. Résultat de cette action.
ACTUALISER (zé) v. a. Rendre actuel.
ACTUALITÉ n. f. Etat de ce qui est actuel. Chose du moment : les journaux vivent d'actualités.
ACTUEL, ELLE (èl, è-le) adj. (lat. actualis). Effectif : service actuel. Présent : les mœurs actuelles. Péché actuel, péché qui résulte d'un acte personnel, par opposition à péché originel.
ACTUELLEMENT (ak-tu-è-le-man) adj. Présentement : maintenant.
ACUITÉ n. f. (lat. acutus, aigu). Qualité de ce qui est aigu, pointu : l'acuité d'un clou. Fig. : l'acuité de la douleur, l'acuité d'un son.
ACUL (a-ku) n. m. Fond des parcs à huîtres du côté de la mer.
ACULÉ, E (lat. aculeus, aiguillon) adj. Qui porte un aiguillon, comme l'abeille, la guêpe : insecte aculé.
ACULÉIFORME adj. (lat. aculeus, aiguillon, et forme). Bot. Qui est en forme d'aiguillon.
ACUMINÉ, E adj. (lat. acumen, pointe). Bot. Se dit de tout organe foliacé, terminé en pointe : les feuilles du cornouiller mâle sont acuminées.
ACUPONCTURE ou ACUPUNCTURE (ponk) n. f. (lat. acus, aiguille, et punctura, piqûre). Chir. Opération qui consiste à piquer une partie malade avec une aiguille très fine.
ACUPONCTURER (ponk-tu-ré) v. a. Chir. Brûler les tissus avec une aiguille pour détruire les tissus morbides.
ACUPRESSURE (pré-su-re) n. f. Compression d'une artère à l’aide d'une aiguille, pour arrêter l'hémorragie.
ACUTANGLE adj. Se dit d'un triangle dont les trois angles sont aigus.
ACUTANGULAIRE (lè-re) adj. Qui fait un angle aigu.
ACUTANGULÉ, E adj. Qui a des angles aigus.
ACUTESSE (tè-se) n. f. (lat. acutus, aigu). État de ce qui est aigu, pointu.
AD prép. lat. qui signifie à, vers, pour, etc., et qui entre soit sous cette forme, soit sous celle de ac, af, an, ap, ar, as, at, comme préfixe dans un certain nombre de mots français.
ADACTION (dak-si-on) n. f. Action de contraindre. Assujettissement forcé.
ADACTYLE (dak) adj. (du gr. a priv., et daktulos, doigt). Qui n'a pas de doigts : crustacé adactyle.
ADAGE n. m. Proverbe, maxime. Ex. : fais ce que dois, advienne que pourra.
ADAGIO (ji-o) adv. (mot ital.). Mus. Lentement, gravement, posément. N. m. L'air même : un adagio mélancolique. Pl. des adagios.
ADAMANTIN, E adj. Qui a la dureté et l'éclat du diamant.
ADAMIQUE adj. Qui a rapport à Adam : race adamique.
ADAMISME (mis-me) n. m. (de Adam). Doctrine de certains hérétiques qui paraissaient nus dans les assemblées, pour imiter, disaient-ils, l'état d'innocence où se trouvait Adam au moment de la création.
ADAMITE ou ADAMIEN (mi-in) n. m. Membre d'une secte religieuse du iie siècle, qui défendait l'emploi des vêtements. V. adamisme.
ADAPTABLE (dap) adj. Qui peut être adapté.
ADAPTATION (dap-ta-si-on) n. f. Action d'adapter, d'approprier une chose à une autre.
ADAPTER (dap-té) v. a. (préf. ad, et lat. aptare, ajuster). Appliquer ; ajuster : adapter un cadre. Fig. Appliquer convenablement : adapter les moyens au but. S'adapter v. pr. Etre ajusté, convenir.
ADDENDA (ad-din) n. m. invar. (mot lat.). Ce qu'on ajoute à un ouvrage pour le compléter.
ADDITIF, IVE (ad-di) adj. Se dit d'une quantité affectée du signe +, ou considérée comme affectée du signe + et qui doit être ajoutée.
ADDITION (ad-di-si-on) n. f. (lat. additio ; de addere, ajouter). Action d'ajouter ; ce qu'on ajoute. Total d'une note de dépense dans un restaurant. Arith. Première des quatre opérations fondamentales de l'arithmétique. — L'addition a pour but de réunir en un seul nombre plusieurs nombres de la même espèce. Le résultat s'appelle somme ou total. Le signe + (que l'on prononce pluss) indique qu'il faut additionner. Ex. : 8 + 4. Ant. Soustraction.
ADDITIONNABLE (ad-di-si-o-na-ble) adj. Qui peut être additionné, ajouté : sommes additionnables.
ADDITIONNEL, ELLE (ad-di-si-o-nèl, è-le) adj. Qui est ou doit être ajouté : article additionnel. Centimes additionnels, centimes qu'on ajoute au principal de l'impôt pour faire face à des besoins imprévus.
ADDITIONNER (ad-di-si-o-né) v. a. Arith. Ajouter ensemble plusieurs nombres ou quantités. Additionner de sucre une liqueur, y ajouter du sucre. Ant. Soustraire, retrancher.
ADDUCTEUR (ad-duk) n. et adj. m. Anat. Muscle rapprochant de l'axe du corps les parties auxquelles il est attaché. Hydraul. Tube ou canal souterrain amenant les eaux d'une source à un réservoir.
ADDUCTIF, IVE (ad-duk) adj. Qui détermine l'action des muscles adducteurs.
ADDUCTION (ad-duk-si-on) n. f. Anat. Action des muscles adducteurs. Hydraul. Action de dériver les eaux d'un lieu dans un autre.
ADÈLE n. f. Genre d'insectes lépidoptères européens, remarquables par leurs couleurs métalliques très brillantes et par la longueur de leurs antennes.
ADÉNÉRER (ré) v. a. (Se conj. comme accélérer.) Estimer, apprécier, faire argent d'une chose ; la vendre aux enchères. (vx.)
ADÉNITE n. f. Inflammation des glandes et particulièrement des ganglions lymphatiques.
ADENT (dan) n. m. Entaille ou partie saillante exécutée sur des pièces de bois pour assurer leur assemblage.
ADENTER (dan-té) v. a. Joindre avec des adents.
ADÉPHAGE adj. et n. Se dit de tout animal vorace et carnassier.
ADÉPHAGIE (jî) n. f. Voracité.
ADEPTE (dèp-te) n. (lat. adeptus, qui a acquis). Partisan d'une doctrine, d'une secte, d'une coterie. Personne initiée aux secrets d'une science.
ADÉQUAT (kou-a), E adj. (préf. ad, et lat. aequare, égaler). Entier, complet, d'une compréhension égale : avoir une idée adéquate d'une chose. Synonyme, équivalent : expressions adéquates.
ADEXTRÉ (dèks-tré), E adj. Blas. Se dit de toute pièce principale accompagnée, à droite, d'une pièce secondaire. Ant. Sénestré.
ADHÉRENCE (dé-ran-se) n. f. Le fait d'adhérer.
ADHÉRENT (dé-ran), E adj. Fortement attaché : branche adhérente au tronc. N. m. Fig. Attaché à un parti, à une doctrine, etc.
ADHÉRER (dé-ré) v. n. (préf. ad, et lat. haerere, s'attacher. — Se conj. comme accélérer.) Tenir fortement a une chose : l'épidémie adhère à la peau. Fig. Accéder, acquiescer entièrement : adhérer à une doctrine, à une clause. Ant. Se détacher, refuser, rejeter.
ADHÉSIF (dé-zif), IVE adj. Qui marque l'adhésion : formule adhésive. Qui adhère, s'applique bien : emplâtre adhésif.
ADHÉSION (dé-zi-on) n. f. Union, jonction : force d'adhésion. Fig. Consentement, approbation : donner, refuser son adhésion.
ADHÉSIVEMENT (dé-zi-ve-man) adv. D'une manière adhésive.
ADHÉSIVITÉ (dé-zi) n. f. Faculté qui nous porte à nous rapprocher de nos semblables. Faculté de fixer fortement l'attention sur une idée.
ADIABATIQUE adj. Se dit de certaines substances qui s'opposent à la transmission de la chaleur. Se dit d'une transformation d'un corps qui s'effectue sans que celui-ci cède de sa chaleur ou qu'il en reçoive du milieu ambiant : détente adiabatique d'un gaz. Se dit de ce qui se rapporte à un phénomène adiabatique : ligne adiabatique.
ADIABATIQUEMENT (ke-man) adv. D'une manière adiabatique.
ADIABATISME (tis-me) n. m. (du gr. a priv., et diabainein, traverser). Etat d'un gaz qui ne communique ni ne reçoit aucune quantité de chaleur.
ADIANTE n. m. Genre de fougères, vulgairement nommées capillaires de Montpellier, cheveux de Vénus.
ADIEU (de à, et Dieu) loc. elliptique. Terme de civilité et d'amitié quand on se quitte. N. m. : des adieux touchants.
ADIPEUX, EUSE (peû, eu-ze) adj. (lat. adeps, ipis, graisse). Qui a les caractères de la graisse : tissu adipeux.
ADIPOSE (po-ze) n. f. Maladie produite par excès de graisse : les exercices physiques garantissent de l'adipose.
ADIPOSITÉ (po-zi) n. f. Surcharge graisseuse morbide.
ADIRER (ré) v. a. Dr. Perdre, égarer : adirer les pièces d'un procès.
ADITION (si-on) n. f. Dr. Adition d'hérédité, acceptation d'une succession.
ADJACENCE (san-se) n. f. Propriété de ce qui se touche : l'adjacence de deux angles.
ADJACENT (san), E adj. (préf. ad. et lat. jacere, être situé). Qui se touche, attenant, contigu : terres adjacentes. Angles adjacents, angles qui ont même sommet, un côté commun, et sont situés de part et d'autre de ce côté commun.
ADJECTIF, IVE (jèk) adj. (lat. adjectivus, qui s'ajoute). Qui tient de l'adjectif : locution adjective. N. m. Mot que l'on joint au substantif pour le qualifier ou le déterminer : il y a l'adjectif qualificatif et l'adjectif déterminatif.
ADJECTIVEMENT (jèk, man) adv. Comme adjectif : nom employé adjectivement.
ADJOINDRE v. a. (préf. ad, et lat. jungere, joindre. — Se conj. comme craindre.) Associer une personne à une autre comme auxiliaire.
ADJOINT (join), E adj. et n. Aide : professeur adjoint. N. m. Magistrat qui remplace le maire.
ADJONCTION (jonk-si-on) n. f. Action d'adjoindre quelqu'un ou quelque chose : adjonction de deux jurés.
ADJUDANT (dan) n. m. (lat. adjuvare, aider). Officier ou sous-officier qui seconde des chefs : adjudant-major. Titulaire de l'emploi le plus élevé des sous-officiers, dans l'armée française.
ADJUDICATAIRE (tè-re) n. A qui une chose (fournitures, exploitation, etc.) est attribuée dans une adjudication publique.
ADJUDICATEUR, TRICE n. Personne qui adjuge.
ADJUDICATIF, IVE adj. Qui adjuge : jugement adjudicatif ; sentence adjudicative.
ADJUDICATION (si-on) n. f. Marché de travaux ou de fournitures qui diffère du marché de gré à gré en ce qu'il est fait avec publicité et concurrence : l'adjudication se fait au rabais ou à la surenchère.
ADJUGER (jé) v. a. (préf. ad, et lat. judicaire, juger. — Prend un e muet après le g devant a et o : il adjugea, nous adjugeons.) Attribuer en justice à l'une des parties une propriété contestée. Donner des travaux par adjudication : adjuger une entreprise. Vendre par adjudication publique. Attribuer : adjuger un prix.
ADJURATION (si-on) n. f. Action d'adjurer ; formule d'exorcisme. Prière instante, supplication.
ADJURER (ré) v. a. (lat. adjurare). Commander au nom de Dieu. Supplier avec instance : je vous adjure de dire la vérité.
ADJUTEUR n. m. Celui qui aide, auxiliaire.
ADJUVANT (van), E adj. Se dit d'un médicament qui seconde l'action du médicament principal : substance adjuvante. N. m. : un adjuvant.
ADJUVAT (va) n. m. (mot lat. signif. il aide). Fonction d'aide en médecine, en chirurgie.
ADMETTRE (mè-tre) v. a. (préf. ad, et lat. mittere, envoyer. — Se conj. comme mettre.) Recevoir, agréer : être admis dans une société. Reconnaître comme vrai : admettre un principe. Comporter : cette affaire n'admet aucun retard. Accueillir favorablement : admettre une requête. Ant. Eliminer, exclure.
ADMINICULE n. m. Moyen auxiliaire. Dr. Circonstance qui ne forme pas preuve complète, mais contribue à faire preuve.
ADMINISTRATEUR, TRICE (nis-tra) n. Qui régit, administre, dirige.
ADMINISTRATIF, IVE (nis-tra) adj. Qui tient ou à rapport à l'administration : décision administrative.
ADMINISTRATION (nis-tra-si-on) n. f. Action d'administrer, de diriger les affaires publiques ou privées, de régir des biens. Pouvoir administratif. Science et art de gouverner un Etat. Ensemble des employés d'une branche particulière d'un service public : administration des postes. Administration publique, ensemble des pouvoirs chargés de l'exécution des lois. Conseil d'administration, réunion de personnes chargées de faire observer les statuts d'une société dont elles font partie.
ADMINISTRATIVEMENT (nis-tra, man) adv. Suivant les formes, les règlements administratifs.
ADMINISTRÉ (nis-tré), E n. Qui est soumis à une administration : maire respecté de ses administrés.
ADMINISTRER (nis-tré) v. a. (préf. ad, et lat. ministrare, servir). Gouverner, diriger : administrer un pays. Conférer : administrer les sacrements. Faire prendre : administrer un vomitif. Appliquer : administrer des coups de canne. S'administrer v. pr. S'attribuer : s'administrer la meilleure part.
ADMIRABLE adj. Digne d'admiration.
ADMIRABLEMENT (man) adv. D'une manière admirable, parfaite, étonnante.
ADMIRATEUR, TRICE n. Qui admire.
ADMIRATIF, IVE adj. Qui marque de la surprise, de l'admiration : geste admiratif ; exclamations admiratives. Point admiratif, point exclamatif.
ADMIRATION (si-on) n. f. Action d'admirer. Sentiment qu'éprouve l'âme quand elle est frappée par les caractères du beau. Ant. Mépris, dédain.
ADMIRATIVEMENT (man) adv. D'une manière admirative.
ADMIRER (ré) v. a. (préf. ad, et lat. mirari, regarder). Considérer avec un étonnement mêlé de plaisir : nous louons de bon cœur ceux que nous admirons. Trouver étrange : j'admire ses prétentions. Ant. Dédaigner, mépriser.
ADMISSIBILITÉ (mi-si) n. f. Qualité de ce qui est admissible : candidat porté sur la liste d'admissibilité. Ant. Inadmissibilité.
ADMISSIBLE (mi-si-ble) adj. Qui peut être admis Qui, reçu dans un concours à la première épreuve, est jugé capable de subir la seconde : candidat admissible. Recevable, valable : cela n'est pas admissible. Ant. Inadmissible.
ADMISSION (mi-si-on) n. f. Réception. Action d'admettre. Le fait d'être admis.
ADMIXTION (miks-ti-on) n. f. En pharmacie, action d'ajouter en mélangeant.
ADMONESTATION (nès-ta-si-on) n. f. Réprimande, semonce.
ADMONESTER (nès-té) v. a. (lat. admonere, avertir). Faire une remontrance, une réprimande.
ADMONITEUR, TRICE n. Personne qui avertit, qui réprimande.
ADMONITION (si-on) n. f. Avertissement, réprimande.
ADNÉ, E adj. Se dit de toute partie attachée à une autre et qui semble faire corps avec elle : anthères adnées.
ADOLESCENCE (lès-san-se) n. f. (lat. adolescere, croître). Age de la vie qui suit l'enfance jusqu'à l'âge viril (de 14 à 25 ans.)
ADOLESCENT (lès-san), E n. et adj. Qui est dans l'adolescence : un adolescent. Candeur adolescente.
ADONC, ADONCQUES ou ADONQUES (donk) adv. Alors. (vx.)
ADONIDE ou ADONIS (niss) n. f. Genre de renonculacées vénéneuses d'Europe, à fleurs jaunes et rouges, qui abondent dans les blés.
ADONIEN (ni-in) ou ADONIQUE adj. et n. m. Se dit des vers composés d'un dactyle et d'un spondée.
ADONIS (niss) n. m. Jeune homme qui fait le beau et qui prend un soin exagéré de sa parure. V. Part. hist.
ADONISER (zé) v. a. Parer avec soin, avec recherche. S'adoniser v. pr. Se parer avec trop de soin.
ADONNÉ (do-né), E adj. Personne appliquée, livrée à : adonné aux plaisirs, au jeu.
ADONNER (S') [sa-do-né] v. pr. Se livrer entièrement à une chose : adonnons-nous au travail.
ADOPTABLE adj. Qui peut ou doit être adopté.
ADOPTANT (dop-tan), E n. Celui, celle qui adopte.
ADOPTÉ, E n. Celui, celle qui est l'objet d'une adoption : l'adoptant et l'adopté.
ADOPTER (dop-té) v. a. (préf. ad, et lat. optare, choisir). Prendre légalement pour fils ou pour fille : Auguste adopta Tibère. Embrasser, admettre : adopter le barreau, une opinion. Approuver, sanctionner : le Sénat adopte ou rejette les projets de lois votés par la Chambre des députés.
ADOPTIF, IVE adj. Qui a été adopté : fils adoptif.
ADOPTION (dop-si-on) n. f. Action d'adopter.
ADORABLE adj. Digne d'être adoré.
ADORABLEMENT (man) adv. D'une manière adorable.
ADORATEUR, TRICE n. Celui, celle qui adore. Qui aime avec excès : les adorateurs du pouvoir.
ADORATION (si-on) n. f. Action d'adorer. Affection, amour extrême.
ADORER (ré) v. a. Rendre à Dieu le culte qui lui est dû. Aimer avec passion : adorer les arts.
ADOS (dô) n. m. Terre relevée en talus le long d'un mur, pour y semer des primeurs.
ADOSSÉ, E (do-sé) adj. Blas. Se dit de deux figures ou de deux objets placés dos à dos.
ADOSSEMENT (do-se-man) n. m. Etat de ce qui est adossé : adossement d'une échoppe à une maison.
ADOSSER (do-sé) v. a. Appuyer contre : adosser un bâtiment contre un mur. S'adosser v. pr. Appuyer le dos contre : s'adosser à la muraille.
ADOUBEMENT (man) n. m. Action d'adouber. Ensemble des défenses de corps que portait l'homme de guerre au moyen âge. V. armure.
ADOUBER (bé) v. a. Revêtir d'une armure. Arranger. (vx.) Mar. Réparer : adouber un navire. (On dit mieux radouber.)
ADOUCI n. m. Première façon donnée aux glaces brutes et au cristal ébauché par la taille.
ADOUCIR v. a. Rendre plus doux ce qui est amer, salé. Donner le poli à un métal. Fig. Rendre supportable, moins grossier : adoucir la peine, les mœurs. Ant. Aigrir, irriter.
ADOUCISSAGE (si-sa-je) n. m. Action d'adoucir les métaux. Sorte de poli que l'on donne aux métaux.
ADOUCISSANT (si-san), E adj. Qui adoucit, qui calme la souffrance. N. m. : le lait est un adoucissant.
ADOUCISSEMENT (si-se-man) n. m. Action d'adoucir. Fig. Soulagement, amélioration, diminution de peine.
ADOUCISSEUR, EUSE (si-seur, eu-ze) n. Ouvrier, ouvrière qui polit les glaces.
ADOUÉ, E adj. En terme de chasse, accouplé, apparié : perdrix adouées.
ADRAGANT (ghan) adj. m. ou ADRAGANTE (ghan-te) adj. f. Se dit d'une gomme qui découle d'arbres du genre des astragales : la gomme adragant (mieux adragante) vient de l'Asie Mineure. (On dit aussi gomme d'adragant.)
ADRESSE (drè-se) n. f. Dextérité du corps : adresse des mains. Finesse de l'esprit : dessein plein d'adresse. Suscription d'une lettre indiquant la demeure du destinataire : cette adresse est mal mise. Endroit où quelqu'un demeure : envoyer une lettre à son adresse. Expression des vœux d'une assemblée : présenter une adresse. Ant. Maladresse.
ADRESSER (drè-sé) v. a. Envoyer directement : adresser un paquet. Adresser la parole à quelqu'un, lui parler. S'adresser (à quelqu'un) v. pr. Lui adresser la parole, une requête.
ADROIT (droi), E adj. Qui a de l'adresse, de la dextérité. Fig. Rusé : adroit fripon. Ant. Maladroit.
ADROITEMENT (man) adv. Avec adresse.
ADSCRIT (ad-scri), E adj. Gram. Ecrit à côté : iota adscrit.
ADULAIRE (lè-re) adj. Se dit d'un feldspath qui se trouve au mont Saint-Gothard, autrefois Adule.
ADULATEUR, TRICE adj. et n. Qui flatte bassement. Flatteur, louangeur, flagorneur.
ADULATION (si-on) n. f. Flatterie basse.
ADULATOIRE adj. Qui tient de l'adulation.
ADULER (lé) v. a. (lat. adulari, caresser). Flatter bassement, avec servilité : aduler les grands.
ADULTE adj. et n. (lat. adultus ; de adolescere, croître). Parvenu à la période de la vie comprise entre l'adolescence et la vieillesse.
ADULTÉRATEUR n. m. Celui qui frelate, falsifie : adultérateur de monnaies.
ADULTÉRATION (si-on) n. f. Falsification : l'adultération d'une marchandise, d'un médicament, des monnaies. Fig. : l'adultération d'un texte.
ADULTÈRE adj. et n. (préf. ad, et lat. alter, un autre). Qui viole la foi conjugale : un adultère. Une femme adultère. N. m. Violation de la foi conjugale.
ADULTÉRER (ré) v. a. (Se conj. comme accélérer.) Falsifier, altérer, au prop. et au fig. : adultérer un remède, un texte.
ADULTÉRIN, E adj. et n. Né de l'adultère.
ADULTÉRINITÉ n. f. Caractère de celui qui est adultérin : l'adultérinité d'un enfant.
ADUSTE (dus-te) adj. (lat. adustus). Brûlé, hâlé par le soleil : teint aduste et bronzé.
ADUSTION (dus-ti-on) n. f. Cautérisation par le feu.
ADVENIR v. n. (préf. ad, et lat. venire, venir.Ce verbe n'est usité qu'aux 3es pers. et à l'infin. : il advenait, il advint, etc.) Arriver par accident : quoi qu'il advienne. Advienne que pourra, loc. signifiant qu'on est prêt à subir toutes les conséquences d'une résolution : fais ce que dois, advienne que pourra.
ADVENTIF, IVE (van) adj. Bot. Organe qui se développe dans un point où l'on ne trouve pas d'organe de la même nature : racines adventives ; bourgeons adventifs. V. plante. Dr. anc. Biens adventifs, biens acquis par la femme depuis son mariage. (Ils n'augmentaient pas sa dot et restaient comme paraphernaux.)
ADVERBE (vèr-be) n. m. (préf. ad, et lat. verbum, verbe). Gram. Mot invariable, qui modifie le verbe, l'adjectif ou un autre adverbe.
ADVERBIAL, E, AUX (vèr) adj. Gram. Qui tient de l'adverbe : locution adverbiale.
ADVERBIALEMENT (vèr, man) adv. D'une manière adverbiale : les adjectifs employés adverbialement restent invariables.
ADVERBIALITÉ (vèr) n. f. Qualité de l'adverbe ou d'un mot pris comme adverbe.
ADVERSAIRE (vèr-sè-re) n. m. (lat. adversus, opposé). Celui qui est d'un parti opposé, d'une opinion contraire, et que l'on combat soit avec les armes, soit avec la parole. Compétiteur, concurrent, rival. Ant. Allié, partenaire, auxiliaire, défenseur.
ADVERSATIF, IVE (vèr) adj. Gram. Conjonction adversative, qui marque opposition, comme mais, cependant, bien que, quoique, etc.
ADVERSE (vèr-se) adj. Contraire. Partie adverse, contre qui l'on plaide. Fortune adverse, mauvaise chance. (Le masculin advers est peu usité)
ADVERSITÉ (vèr) n. f. Infortune, malheur.
ADYNAMIE (mî) n. f. Débilité, prostration.
ADYNAMIQUE adj. Faible, abattu, sans force.
AÈDE n. m. (gr. aoidos, chantre). Poète chanteur de l'époque primitive, chez les Grecs : Orphée était un aède.
AEDICULE (é) n. m. V. édicule.
AEGAGROPILE (é) n. m. V. bézoard.
AEGOSOME (é-go-zo-me) n. m. Genre de coléoptères, renfermant de grands longicornes qui vivent dans toutes sortes de bois.
AÉRAGE n. m. ou AÉRATION (si-on) n. f. Action d'aérer : conduit d'aérage. L'aération assainit.
AÉRÉ, E adj. Qui est au bon air : maison aérée.
AÉRER (ré) v. a. (gr. aêr, air. — Se conj. comme accélérer.) Donner de l'air : aérer un atelier.
AÉRICOLE adj. (du lat. aêr, air, et colere, habiter). Se dit des plantes qui vivent tout entières dans l'air, comme certaines orchidées.
AÉRIEN, ENNE (ri-in, è-ne) adj. Formé d'air, de la nature de l'air : corps aérien. Qui se passe dans l'air : phénomène aérien. Qui vit ou croît dans l'air, par opposition à aquatique : plante aérienne.
AÉRIENNEMENT (ri-è-ne-man) adv. D'une manière aérienne.
AÉRIFÈRE adj. Qui conduit l'air : tube aérifère.
AÉRIFICATION (si-on) n. f. Opération par laquelle on fait passer à l'état gazeux une matière solide ou liquide. Effet de cette opération.
AÉRIFIER (fi-é) v. a. (Se conj. comme prier.) Faire passer à l'état d'air, de gaz.
AÉRIFORME adj. Qui a les propriétés physiques de l'air : fluide aériforme.
AÉRIVORE adj. Qui vit d'air, qui se nourrit d'air.
AÉRISER (zé) v. a. Syn. de aérifier.
AÉROBIE (bî) adj. Se dit d'êtres microscopiques vivant à l'air libre. N. m. : un aérobie.
AÉROCYSTE (sis-te) n. f. Vésicule gazeuse de la fronde des algues.
AÉRODYNAMIQUE n. f. Syn. de pneumatique.
AÉROGRAPHIE (fî) n. f. Description de l'air.
AÉROLITHE n. m. (gr. aêr, air, et lithos, pierre). Nom donné à des masses minérales tombant des profondeurs de l'espace céleste sur la surface de la terre. — La chute des aérolithes est constamment accompagnée de phénomènes lumineux et se produit avec un grand bruit. Les aérolithes sont des débris planétaires qui circulent dans l'espace et qu'attire notre globe lorsqu'ils passent suffisamment près de nous ; en traversant notre atmosphère, le frottement de l'air les échauffe et produit une fusion superficielle. Quelques-uns atteignent un poids considérable.
AÉROLITHIQUE adj. Qui est propre aux aérolithes.
AÉROLOGIE (jî) n. f. Partie de la physique qui traite des propriétés de l'air.
AÉROMANCIE (sî) n. f. Art de deviner par le moyen des phénomènes aériens.
AÉROMANCIEN, ENNE (si-in, è-ne) adj. Qui a rapport à l'aéromancie. N. Personne qui pratique l'aéromancie.
AÉROMÈTRE n. m. (gr. aêr, air, et metron, mesure). Instrument qui sert à déterminer la densité ou la raréfaction de l'air.
AÉROMÉTRIE (trî) n. f. Science des propriétés physiques de l'air.
AÉROMOTEUR n. m. Moteur actionné par l'air.
AÉRONAUTE (nô-te) n. (gr. aêr, air, et nautês, navigateur). Personne qui parcourt les airs en aérostat.
AÉRONAUTIQUE (nô) adj. Qui a rapport à l'aérostation : observation aéronautique. N. f. Science de l'aérostation. Art de fabriquer les aérostats.
AÉRONEF (nèf) n. m. Appareil à l'aide duquel on tente de s'envoler et de se diriger dans les airs.
AÉROPHOBE adj. et n. Qui redoute le contact de l'air : les aérophobes sont des névrosés.
AÉROPHOBIE (bî) n. f. Crainte maladive de l'air, symptôme de diverses affections nerveuses.
AÉROPLANE n. m. Machine capable de se soutenir dans l'air, sans être plus légère que lui, en vertu de la pression du vent sur des surfaces inclinées : l'aéroplane de Tatin avait la forme d'un oiseau.
AÉROSCOPE (ros-ko-pe) n. m. (gr. aêr, air, et skopein, examiner). Instrument destiné à recueillir, pour les étudier, les poussières microscopiques en suspension dans l'air.
AÉROSTAT (ros-ta) n. m. (gr. aêr, air, et statos, qui se tient). Appareil rempli d'un gaz plus léger que l'air et qui peut ainsi s'élever dans l'atmosphère. V. ballon.
AÉROSTATION (ros-ta-si-on) n. f. Art de construire et de diriger les aérostats.
AÉROSTATIQUE (ros-ta) adj. Qui a rapport à l'aérostation. N. f. Théorie de l'équilibre de l'air et, plus particulièrement, théorie des aérostats.
AÉROSTIER (ros-ti-é) ou AÉROSTATIER (rosta-ti-é) n. m. Celui qui dirige un aérostat. Soldat d'un corps créé pendant la Révolution pour la manœuvre des aérostats militaires. Soldat préposé à la manœuvre des aérostats militaires.
AÉROTHÉRAPIE (pî) n. f. Guérison des maladies par l'air.
AESCULINÉES (ès-ku-li-né) ou AESCULACÉES (è-sku-la-sé) n. f. pl. Famille de plantes dicotylédones, comprenant des arbres de l'Inde, et dont le marronnier est le type. S. une aeculinée ou aesculacée.
AETHUSE (é-tu-ze) n. f. Genre d'ombellifères, comprenant des herbes dont le type est la petite ciguë.
AÉTITE n. f. Trioxyde de fer, vulgairement appelé pierre d'aigle.
AFFABILITÉ (a-fa) n. f. Aménité, courtoisie, qualité des personnes douces et bienveillantes.
AFFABLE (a-fa-ble) adj. (lat. affabilis ; de fari ad, parler à). Qui a de l'affabilité. Aimable, courtois. Ant. Bourru.
AFFABLEMENT (a-fa-ble-man) adv. Avec affabilité.
AFFABULATION (a-fa, si-on) n. f. Sens moral d'une fable. Arrangement des faits constituant la trame d'un roman.
AFFADIR (a-fa) v. a. Rendre fade. Causer du dégoût. Fig. Rendre froid, insipide : affadir une épigramme.
AFFADISSANT (a-fa-di-san), E adj. Qui est propre à affadir. Insipide. Fig. Ennuyeux.
AFFADISSEMENT (a-fa-di-se-man) n. m. Etat de ce qui devient fade : l'affadissement d'une sauce. Fig. : louer jusqu'à l'affadissement.
AFFAIBLIR (a-fè) v. a. Rendre faible.
AFFAIBLISSANT (a-fè-bli-san), E adj. Qui affaiblit : régime affaiblissant. Ant. Réconfortant.
AFFAIBLISSEMENT (a-fè-bli-se-man) n. m. Diminution de force, d'activité, au pr. et au fig.
AFFAINÉANTIR (S') [sa-fè] v. pr. Devenir mou, lâche.
AFFAIRE (a-fè-re) n. f. Tout ce qui est l'objet d'une occupation. Transaction commerciale. Chose qui cause des embarras. Procès : mauvaise affaire. Combat : l'affaire a été chaude. Duel : affaire d'honneur. Avoir affaire à quelqu'un, avoir besoin de lui parler. Avoir affaire avec quelqu'un, être en rapport avec lui. J’en fais mon affaire, je m'en charge. Il fait mon affaire, il me convient. Se tirer d'affaire, se procurer une position honorable, ou sortir d'un mauvais pas. Pl. Intérêts de l'Etat ou des particuliers : les affaires vont mal.
AFFAIRÉ (a-fè-ré), E adj. Qui a ou parait avoir beaucoup d'affaires : avoir l'air affairé.
AFFAIREMENT (a-fè-re-man) n. m. Etat d'une personne affairée.
AFFAISSEMENT (a-fè-se-man) n. m. Etat de ce qui est affaissé. Accablement, abattement.
AFFAISSER (a-fè-sé) v. a. Abaisser en foulant : la pluie affaisse le sol. Fig. Accabler : être affaissé sous le poids des années. S'affaisser v. pr. Se courber. Etre accablé.
AFFAITAGE (a-fè), AFFAITEMENT (a-fè-te-man) n. m. Action de dresser un oiseau de proie. Façonnage des cuirs.
AFFAITER (a-fè-té) v. a. Apprivoiser, en parlant d'un oiseau de proie. Façonner, en parlant des cuirs.
AFFALER (a-fa-lé) v. a. Faire descendre : Affaler un cordage. S'affaler v. pr. S'approcher trop de la côte, en parlant d'un navire. Fam. Se laisser tomber.
AFFAMÉ, E (a-fa) adj. Qui a faim : loup affamé. Fig. Avide : affamé de gloire. Ant. Rassasié.
AFFAMER (a-fa-mé) v. a. (lat. fames, faim). Faire souffrir de la faim ; priver de vivres : affamer une ville. Ant. Rassasier, gaver.
AFFAMEUR, EUSE (a-fa, eu-ze) n. m. Celui, celle qui affame.
AFFÉAGEMENT (a-fé, man) n. m. Action d'afféager.
AFFÉAGER (a-fé-a-jé) v. a. (Prend un e muet après le g devant a et o : il afféagea, nous afféageons.) Aliéner une partie des terres nobles d'un fief pour être tenues en fief ou en roture par l'acquéreur, à la charge d'une redevance.
AFFECTABLE (a-fèk) adj. Qui est susceptible de s'affecter. Qui peut être hypothéqué.
AFFECTANT (a-fèk-tan), E adj. Qui affecte.
AFFECTATION (a-fèk-ta-si-on) n. f. Destination, application : affectation d'une somme à une dépense, d'un édifice à un usage public. Manière d'être ou d'agir qui n'est pas naturelle : parler avec affectation. Ant. Naturel.
AFFECTÉ (a-fèk), E adj. Qui n'est pas naturel : modestie affectée. Outré, exagéré : louange affectée.
AFFECTER (a-fèk-té) v. a. (lat. affectare). Faire un usage fréquent de : affecter certains mots. Faire ostentation de feindre : affecter des dehors vertueux. Prendre une forme : affecter une forme pyramidale. Destiner à un usage : affecter des fonds à une dépense. Toucher, émouvoir : son état m'affecte. S'affecter v. pr. Ressentir une impression pénible : l'égoïste voudrait ne s'affecter de rien, et tout l'affecte.
AFFECTIBILITÉ (a-fèk) n. f. Etat d'une personne facilement affectable.
AFFECTIF (a-fèk), IVE adj. Relatif aux affections de l'âme : phénomènes affectifs. Qui marque l'affection : geste affectif. Sensible : nature affective.
AFFECTION (a-fèk-si-on) n. f. (lat. affectio). Attachement, amitié tendre : affection maternelle. Impression : affections de l'âme. Méd. Etat maladif : affection nerveuse. Ant. Antipathie, haine.
AFFECTIONNÉ (a-fèk-si-o-né), E adj. et n. Aimé, recherché : affectionné de tous. Attaché de cœur, dévoué : je vous suis affectionné.
AEFECTIONNÉMENT (a-fèk-si-o-né-man) adv. Avec affection.
AFFECTIONNER (a-fèk-si-o-né) v. a. Aimer. Ant. Haïr, abhorrer, détester.
AFFECTIVITÉ (a-fèk) n. f. Fonction générale sous laquelle on range les phénomènes affectifs.
AFFECTUEUSEMENT (a-fèk-tu-eû-ze-man) adv. D'une manière affectueuse. Tendrement.
AFFECTUEUX, EUSE (a-fèk-tu-eû, eu-ze) adj. Plein d'affection. Ant. Haineux, malveillant.
AFFECTUOSITÉ (a-fèk, zi-té) n. f. Qualité d'une personne affectueuse.
AFFENAGE (a-fe) n. m. Action d'affener, de donner la pâture : l'affenage des bestiaux.
AFFENER (a-fe-né) v. a. (préf. ad, et lat. fœnum, foin. — Se conj. comme amener.) Pourvoir de fourrage les bestiaux. (On dit aussi affenager.)
AFFENOIR (a-fe) n. m. Syn. de abat-foin.
AFFÉRENT (a-fé-ran), E adj. Qui revient à chacun : portion, part afférente. Méd. Qui apporte un liquide à un organe : vaisseaux afférents.
AFFERMABLE (a-fèr) adj. Qui peut être affermé.
AFFERMAGE (a-fèr) n. m. Action d'affermer.
AFFERMATAIRE (a-fèr-ma-tè-re) n. Personne qui prend à ferme.
AFFERMATEUR, TRICE (a-fèr) n. Celui, celle qui donne à ferme.
AFFERMER (a-fèr-mé) v. a. Donner ou prendre à ferme : affermer une propriété.
AFFERMIR (a-fèr) v. a. Rendre ferme, consolider : la gelée affermit les chemins. Fig. : affermir le pouvoir. Ant. Affaiblir, ébranler.
AFFERMISSEMENT (a-fèr-mi-se-man) n. m. Action d'affermir. Etat de la chose affermie.
AFFÉTÉ, E (a-fé) adj. Plein d'affectation.
AFFÉTERIE (a-fé-te-rî) n. f. Petites manières étudiées, recherchées : afféterie du langage.
AFFICHABLE (a-fi) adj. Qui peut être affiché.
AFFICHAGE n. m. Action d'afficher.
AFFICHANT (a-fi-chan), E adj. Compromettant.
AFFICHE (a-fi-che) n. f. Avis placardé dans un lieu public. Fig. Indice moral : la vanité est l'affiche de la sottise.
AFFICHEMENT (a-fi, man) n. m. Syn. de affichage.
AFFICHER (a-fi-ché) v. a. Poser une affiche. Fig. Rendre public : afficher sa honte. Montrer avec affectation : afficher des prétentions. S'afficher v. pr. Se faire remarquer. (Se prend en mauv. part.)
AFFICHEUR (a-fi) n. m. Qui pose les affiches.
AFFIDAVIT (vit') n. m. invar. (mot lat. signif. il affirma). Dans certains pays, déclaration sous serment faite devant une autorité, notamment par le porteur étranger de certaines valeurs d'Etat, quand il veut s'affranchir de l'impôt dont ces valeurs sont frappées dans leur pays d'origine : valeurs soumises à la formalité de l'affidavit.
AFFIDÉ, E (a-fi) adj. A qui l'on se fie. N. Agent secret, espion : c'est un de ses affidés.
AFFILAGE (a-fi) n. m. Action d'affiler un outil, un instrument tranchant.
AFFILÉ, E (a-fi) adj. Aiguisé, tranchant. Fig. : avoir la langue bien affilée. D'affilée loc. adv. Sans s'arrêter, sans discontinuer.
AFFILER (a-fi-lé) v. a. Aiguiser, donner le fil à un instrument tranchant : affiler un couteau.
AFFILERIE (a-fi-le-rî) n. f. Lieu où l'on affile les outils.
AFFILEUR (a-fi) n. m. Celui qui affile les outils.
AFFILIATION (a-fi, si-on) n. f. Association à une corporation, à une société secrète.
AFFILIÉ, E (a-fi) adj. et n. Qui est dans une affiliation. Ant. Intrus, profane.
AFFILIER (a-fi-li-é) v. a. (préf. ad, et lat. filius, fils. — Se conj. comme prier.) Adopter, associer, en parlant d'une société.
AFFILOIR (a-fi) n. m. Instrument qui sert à affiler.
AFFINAGE (a-fi) ou AFFINEMENT (a-fi-ne-man) n. m. Action d’affiner. Purification des métaux : l'affinage de l'or.
AFFINER (a-fi-né) v. a. Rendre plus pur, plus fin : affiner des métaux, affiner le goût.
AFFINERIE (a-fi-ne-rî) n. f. Lieu où l'on affine les métaux.
AFFINEUR (a-fi) n. m. Celui qui affine les métaux.
AFFINITÉ (a-fi) n. f. (lat. affinitas) Parenté acquise par le mariage. (On dit plus couramment alliance.) Conformité, rapport, liaison : il y a de l'affinité entre la musique et la peinture. Chim. Tendance des corps à se combiner : le charbon a beaucoup d'affinité avec l'oxygène. Ant. Répulsion.
AFFINOIR (a-fi) n. m. Instrument pour affiner le chanvre, le lin.
AFFIQUET (a-fi-ké) n. m. Instrument qui soutient l'aiguille à tricoter. Pl. Ajustements de femme.
AFFIRMATIF, IVE (a-fir) adj. Qui affirme : proposition affirmative. Affirmative n. f. Proposition qui affirme : soutenir l'affirmative. Ant. Négatif.
AFFIRMATION (a-fir-ma-si-on) n. f. Action d'affirmer. Ant. Négation.
AFFIRMATIVEMENT (a-fir, man) adv. D'une manière affirmative. Ant. Négativement.
AFFIRMER (a-fir-mé) v. a. (lat. affirmare). Assurer, soutenir qu'une chose est vraie. Ant. Nier, démentir.
AFFISTOLEMENT (a-fi-sto-le-man) n. m. Action d'affistoler, de s'affistoler.
AFFISTOLER (a-fis-to-lé) v. a. Pop. Parer, endimancher . S'affistoler v. pr. Se parer.
AFFIXE (a-fik-se) adj. (lat. affixus, collé à). Se dit d'une particule qui se met au commencement ou à la fin des mots pour en modifier la signification. N. m. : les affixes se divisent en préfixes et en suffixes.
AFFLEURAGE (a-fleu) n. m. Action de délayer la pâte qui sert à la fabrication du papier.
AFFLEUREMENT (a-fleu-re-man) n. m. Action d'affleurer. Résultat de cette action.
AFFLEURER (a-fleu-ré) v. a. Mettre de niveau deux choses contiguës. Etre au niveau de : affleurer les bords.
AFFLICTIF, IVE (a-flik) adj. Se dit des châtiments qui atteignent le corps lui-même : les peines afflictives sont : la mort, les travaux forcés, la déportation, la détention, la réclusion. V. infamantes.
AFFLICTION (a-flik-si-on) n. f. (lat. afflictio). Chagrin vif, peine de l'âme. Ant. Joie, ravissement.
AFFLIGÉ, E (a-fli) adj. Qui est atteint de quelque mal : être affligé d'une bosse, d'un cancer. Qui éprouve de l'affliction. Par plaisanter. : être affligé de vingt mille francs de rentes. N. : consoler les affligés. Ant. Content, heureux, ravi.
AFFLIGEANT (a-fli-jan), E adj. Qui afflige.
AFFLIGER (a-fli-jé) v. a. (préf. ad, et lat. fligere, frapper. — Prend un e muet après le g, devant a et o : il affligea, nous affligeons.) Atteindre douloureusement : maux qui affligent le corps. Causer de l'affliction. Désoler : la peste affligea Marseille en 1720. Ant. Consoler, égayer, réjouir.
AFFLOUAGE (a-flou) n. m. Action d'afflouer.
AFFLOUER (a-flou-é) v. a. Remettre à flot un navire échoué.
AFFLUENCE (a-flu-an-se) n. f. Grand concours de personnes : affluence de peuple. Abondance d'eaux, d'humeurs, etc. Fig. Grande abondance : affluence de biens. Ant. Insuffisance, manque.
AFFLUENT (a-flu-an), E adj. Se dit des cours d'eau qui se jettent dans un autre ou dans la mer. N. m. Chacun de ces cours d'eau : la Marne est un affluent de la Seine, qui est elle-même un affluent de la Manche.
AFFLUER (a-flu-é) v. n. (préf. ad, et lat. fluere, couler). Couler vers, aboutir au même point : le sang afflue vers le cœur. Fig. Abonder, arriver en grand nombre : les étrangers affluent à Paris.
AFFLUX (a-flu) n. m. Abondance plus grande des liquides dans une partie du corps : l’afflux du sang.
AFFOLANT (a-fo-lan), E adj. Qui affole.
AFFOLÉ, E (a-fo) adj. et n. Se dit d'une personne rendue comme folle par la passion, la terreur, etc.
AFFOLEMENT (a-fo-le-man) n. m. Etat d'une personne affolée.
AFFOLER (a-fo-lé) v. a. Troubler complètement la raison. Mar. Aiguille affolée, se dit de l'aiguille d'une boussole lorsqu'elle est dérangée de sa direction naturelle vers le nord, soit par le voisinage du fer, soit par un violent orage, etc. Ant. Rassurer.
AFFORAGE (a-fo) ou AFFEURAGE (a-feu) n. m. Droit payé au seigneur en échange du privilège de vendre certaines boissons dans toute la seigneurie.
AFFORESTAGE (a-fo-rès-ta-je) n. m. Droit de prendre du bois dans une forêt.
AFFORESTATION (a-fo-rès-ta-si-on) n. f. Plantation de bois sur un terrain nu.
AFFORESTER (a-fo-rès-té) v. a. Concéder le droit d'afforestage : afforester une commune dans tels bois.
AFFOUAGE (a-fou-a-je) n. m. Droit donné aux habitants d'une commune de prendre du bois dans les forêts de cette commune. — Les coupes affouagères sont déterminées par l'administration des forêts ; les lots sont faits par la municipalité. Le partage a lieu par feu, c'est-à-dire par habitant ayant un foyer, une famille distincte et dont le domicile réel est fixé depuis un an dans la commune.
AFFOUAGEMENT (a-fou-a-je-man) n. m. Action d'affouager.
AFFOUAGER (a-fou-a-jé) v. a. (Prend un e muet après le g devant a et o : il affouage, nous affouageons.) Dresser la liste des habitants d'une commune qui ont droit à l'affouage. Déterminer les coupes d'une forêt qui seront partagées en vertu du droit d'affouage.
AFFOUAGER (a-fou-a-jé), ÈRE adj. Qui fait partie d'un affouage : coupe affouagère.
AFFOUAGISTE (a-fou-a-jis-te) n. Personne qui jouit du droit d'affouage. (On dit aussi affouagé, e.)
AFFOUILLABLE (a-fou, ll mll.) adj. Susceptible de subir l'affouillement.
AFFOUILLEMENT (a-fou, ll mll., e-man) n. m. Dégradation causée par les eaux.
AFFOUILLER (a-fou, ll mll., é) v. a. Creuser, dégrader, en parlant des eaux : l'eau affouille les berges.
AFFOURAGEMENT ou AFFOURRAGEMENT (a-fou-ra-je-man) n. m. Distribution de fourrage aux bestiaux.
AFFOURAGER ou AFFOUILLAGER (a-foura-jé) v. a. (Prend un e muet après le g devant a et o : il affouragea, nous affourageons.) Donner du fourrage aux bestiaux. (On dit aussi affourer.)
AFFOURCHE (a-four-che) n. f. Ensemble de l'ancre et du câble servant à affourcher un bâtiment.
AFFOURCHER (a-four-ché) v. a. Mettre au mouillage en disposant en forme de fourche les câbles de deux ancres : affourcher un vaisseau.
AFFRAICHIE (a-frè-chî) n. f. Mar. Augmentation dans l'intensité du vent.
AFFRANCHE (a-fran-che) n. f. Pièce de bois qui soutient les ridelles aux quatre coins d'une voiture.
AFFRANCHI, E (a-fran) adj. et n. Se dit d'un esclave rendu libre. V. esclavage (part. hist.).
AFFRANCHIR (a-fran) v. a. (rad. franc.) Rendre la liberté à un esclave. Exempter d'une charge : affranchir une propriété. Payer d'avance le port d'une lettre, d'un envoi. Délivrer : affranchir de la tyrannie, de la misère, de la crainte. Ant. Asservir.
AFFRANCHISSABLE (a-fran-chi-sa-ble) adj. Qui peut, qui doit être affranchi.
AFFRANCHISSEMENT (a-fran-chi-se-man) n. m. Action d'affranchir : l'affranchissement des esclaves. Acquittement préalable des frais de port : l'affranchissement d'une lettre.Il est facultatif pour les lettres ordinaires ; il l'est aussi pour les papiers d'affaires ou de commerce, les imprimés et les échantillons ; mais, non affranchis, ceux-ci sont taxés comme lettres ordinaires. Pour qu'ils puissent circuler à prix réduits, il faut qu'ils soient d'abord affranchis. L'affranchissement est obligatoire pour les lettres chargées, les valeurs cotées et les articles d'argent.
AFFRANCHISSEUR (a-fran-chi-seur) n. m. Celui qui affranchit.
AFFRE (a-fre) n. f. Sentiment d'angoisse : les affres de la mort. (Ne s'emploie guère qu'au pluriel.)
AFFRÈTEMENT (a-frè-te-man) n. m. (rad. fret). Louage d'un navire pour un temps déterminé.
AFFRÉTER (a-fré-té) v. a. (Se conj. comme accélérer.) Prendre un navire à louage.
AFFRÉTEUR (a-fré) n. m. Celui qui loue un navire, par opposition au fréteur qui le donne à loyer.
AFFREUSEMENT (a-freu-ze-man) adv. D'une manière affreuse.
AFFREUX, EUSE (a-freû, eu-ze) adj. (rad. offre.) Qui cause de l'effroi : spectacle affreux. Repoussant, très laid ou très méchant : homme affreux.
AFFRIANDER (a-fri-an-dé) v. a. Rendre friand. Attirer par les douceurs : l'appât affriande les poissons. Fig. : le gain l'a affriandé.
AFFRICHER (a-fri-ché) v. a. Laisser un terrain en friche.
AFFRIOLANT (a-fri-o-lan) E adj. Très appétissant.
AFFRIOLER (a-fri-o-lé) v. a. Attirer, allécher par un appât, et, au fig., par quelque chose de séduisant.
AFFRONT (a-fron) n. m. (préf. ad, et lat. frons, tis, front). Injure, insulte, outrage fait publiquement. Déshonneur, honte : ce garçon fait affront à sa famille.
AFFRONTABLE (a-fron) adj. Qui peut, qui doit être affronté. (Peu us.)
AFFRONTÉ, E (a-fron) adj. Blas. Se dit de deux animaux, de deux têtes qui se regardent ; de deux objets opposés de front, de tranchant ou de pointe.
AFFRONTEMENT (a-fron-te-man) n. m. Action d'affronter.
AFFRONTER (a-fron-té) v. a. Mettre de niveau et bout à bout : affronter deux panneaux. Fig. Attaquer avec intrépidité, braver : affronter l'ennemi, la mort.
AFFRONTERIE (a-fron, rî) n. f. Action d'affronter.
AFFRONTEUR, EUSE (a-fron, eu-ze ) n. Impudent, trompeur.
AFFRUITER (a-fru-i-té) v. n. Porter, produire des fruits. V. a. Pourvoir d'arbres à fruits : affruiter un terrain. S'affruiter v. pr. Donner des fruits.
AFFUBLEMENT (a-fu-ble-man) n. m. Habillement bizarre, ridicule, de mauvais goût.
AFFUBLER (a-fu-blé) v. a. (bas lat. affibulare, agrafer). Habiller d'une manière bizarre. S'affubler v. pr. Se vêtir d'une façon ridicule.
AFFUSION (a-fu-zi-on) n. f. Arrosement, aspersion.
AFFÛT (a-fû) n. m. Support d'un canon. (V. canon.) Chasse. Endroit où l'on se poste pour attendre le gibier. Fig. Etre à l'affût, épier l'occasion, guetter.
AFFÛTAGE (a-fû) n. m. Action d'affûter, d'aiguiser.
AFFÛTER (a-fû-té) v. a. Aiguiser des outils : meule à affûter. Mettre un canon sur l'affût.
AFFÛTEUR (a-fû) n. m. Celui qui aiguise les outils. Chasseur à l'affût.
AFFUTIAU (a-fu-ti-ô) n. m. Brimborion, affiquet.
AFGHAN, E adj. et n. De l'Afghanistan.
AFIN QUE ou DE loc. conj. ou prép., qui marque l'intention, le but.
AFIOUME n. m. Lin du Levant, très fin.
À FORTIORI (si-o) V. fortiori (À.)
AFRICAIN, E (kin, kè-ne) adj. et n. De l'Afrique.
AFRICANISME (nis-me) n. m. Amour de l'Afrique. Locution propre aux écrivains latins nés en Afrique.
AGA (gha) ou AGHA n. m. Nom donné, en Turquie, aux officiers à partir du grade de major, et à certains fonctionnaires civils.
AGAÇANT (san), adj. Qui agace, qui impatiente : bruit agaçant. Qui provoque : mine agaçante.
AGACE ou AGASSE (gha-se) n. f. Nom familier de la pie.
AGACEMENT (man) n. m. Sensation irritante produite sur l'oreille, les dents, etc. : agacement des dents. Fig. Irritation : agacement des nerfs.
AGACER (sé) v. a. (Prend une cédille sous le r devant a et o : il agaça, nous agaçons .) Causer de l'agacement : l'oseille agace les dents. Fig. Exciter, provoquer, irriter : agacer un chien.
AGACERIE (rî) n. f. Regards, paroles, petites manières pour attirer l'attention.
AGAILLARDIR (gha, ll mll.) v. a. Rendre plus gai.
AGALACTE adj. (du gr. a priv., et gala, aktos, lait). Qui n'a pas de lait.
AGAME adj. Se dit des plantes dépourvues d'étamines et de pistils. (Tels sont les champignons.)
AGAMI n. m. Oiseau tenant des gallinacés et des échassiers. — L'agami, originaire de l'Amérique du Sud, est de la taille d'une poule, mais plus haut monté ; son plumage est noir et gris, avec des reflets bleus, verts, dorés sur la poitrine. Il vole lourdement ; dans une basse-cour, il joue, auprès des volailles, le rôle d'un chien de berger. (On l'appelle aussi oiseau-trompette.)
AGAMIE (a-gha-mî) n. f. Etat des plantes agames.
AGAPANTHE n. m. Genre de liliacées, comprenant des plantes africaines, à belles fleurs bleues. Syn. tubéreuse bleue.
AGAPE n. f. (gr. agapê, affection). V. Part. hist.
AGAR-AGAR n. m. Sorte de glu extraite d'une algue marine des Indes, employée pour cultiver les microbes.
AGARIC (rik) n. m. Ancien nom de genre, encore employé vulgairement pour désigner divers champignons comestibles, tels que les champignons de couche, les chanterelles, etc.
AGARICINE n. f. Corps gras, extrait des agarics.
AGARICINÉES (né) n. f. pl. (de agaric.) Famille de champignons hyménomycètes. S. une agaricinée.
AGASSE (gha-se) n. f. V. agace.
AGASSIN (gha-sin) n. m. Bourgeon le plus bas d'une branche de vigne et qui ne donne pas de fruit.
AGATE n. f. Variété de quartz calcédoine, de couleurs vives et variées : bille d'agate.
AGAVE ou AGAVE n. m. Bot. Genre d'amaryllidées d'Amérique, qui fournit des fibres textiles.
AGE n. m. Longue pièce de bois ou timon auquel se lient le soc et tout le système de la charrue.
ÂGE n. m. (lat. aetas). Durée ordinaire de la vie. Temps écoulé depuis la naissance : cacher son âge. Chacune des différentes parties de la vie : l'éducation est de tous les âges. Vieillesse : être sur l'âge. Nombre d'années requis par la loi pour certains actes. Age héroïque, époque que l'on assigne à l'existence des héros de l'antiquité : Hercule, Thésée, etc. Le moyen âge, temps qui s'est écoulé de 395 à 1453. Les quatre âges, division adoptée par les anciens dans l'histoire du genre humain : l'âge d'or est le temps pendant lequel un printemps perpétuel régna sur la terre et pendant lequel aussi les hommes gardèrent des moeurs douces et pures ; l'âge d'argent marque l'époque où les hommes commencèrent à déchoir de leur innocence ; le mal domine dans l'âge d'airain, et l'âge de fer est signalé par le débordement de tous les excès et de tous les crimes. Ages de la pierre taillée, de la pierre polie, des métaux, époques où les outils de l'homme furent en pierre taillée, polie, en métal. Les physiologistes divisent la vie de l'homme en quatre âges : 1° l'enfance, jusqu'à 14 ans ; 2° l'adolescence ou jeunesse, jusqu'à 23 ans ; 3° l'âge viril, jusqu'à 58 ans ; 4° la vieillesse, qui se termine par la décrépitude et la mort..
ÂGÉ, E adj. Qui a tel âge : pour être majeur, il faut être âgé de 21 ans. Vieux : homme âgé.
AGENCE (jan-sé) n. f. Administration tenue par un ou plusieurs agents. Temps pendant lequel on remplit les fonctions d'agent : durant son agence.
AGENCEMENT (jan-se-man) n. m. Arrangement.
AGENCER (jan-sé) v. a. ( Prend une cédille sous le c devant a et o : j'agençai, nous agençons.) Ajuster, arranger.
AGENCEUR, EUSE (jan, eu-ze) n. Celui, celle qui dispose, qui agence.
AGENDA (jin) n. m. Carnet pour inscrire jour par jour ce qu'on doit faire. Pl. des agendas.
AGÉNÉSIE (zî) n. f. (du gr. a priv., et genesis, génération). Incapacité d'engendrer.
AGÉNÉSIQUE (zi-ke) adj. Qui est impuissant, ne peut engendrer.
AGENOUILLEMENT (nou, ll mll., e-man) n. m. Action de s'agenouiller.
AGENOUILLER (S') (sa-je-nou, ll mll., é) v. pr. Se mettre à genoux.
AGENOUILLOIR (nou, ll mll.) n. m. Petit escabeau sur lequel on s'agenouille.
AGENT (jan) n. m. (lat. agent ; de agere, agir). Tout ce qui agit : la lumière et la chaleur sont des agents de la nature. Celui qui fait les affaires d'autrui, de l'Etat : les receveurs, les préfets, les ambassadeurs, etc., sont des agents du gouvernement. Agent de police, employé attaché à la police d'une ville. Agent de change, intermédiaire autorisé pour la négociation des effets publics. Agent d'affaires, celui qui se charge de diriger pour autrui des affaires d'intérêt. Agent voyer, fonctionnaire préposé à la construction, à l'entretien et à la police des chemins vicinaux.
AGGLOMÉRAT (a-glo-mé-ra) n. m. Agrégation naturelle de substances minérales diverses. (Quelques-uns disent conglomérat.)
AGGLOMÉRATIF, IVE (a glo) adj. Qui a le pouvoir d'agglomérer.
AGGLOMÉRATION (a-glo, si-on) n. f. Action d'agglomérer les personnes ou les choses. Etat de ce qui est agglomère.
AGGLOMÉRÉ (a-glo) n. m. Briquette combustible, faite avec du poussier de houille.
AGGLOMÉRER (a-glo-mé-ré) v. a. (préf. ad, et lat. glomus, eris, peloton. — Se conj. comme accélérer.) Amonceler, entasser, réunir en masse, assembler. Ant. Désagréger, disséminer.
AGGLUTINABLE (a-glu) adj. Qui peut s'agglutiner. (Peu us.)
AGGLUTINANT (a-glu-ti-nan), E adj. Méd. Qui est de nature à réunir, à coller : substance agglutinante. (On dit aussi dans ce sens agglutinatif, ive.) N. m. : un agglutinant. Linguist. Langues agglutinantes ou agglomérantes, celles dans lesquelles les radicaux s'agglomèrent,sans se fondre complètement, pour former des composés exprimant différentes relations.
AGGLUTINATIF, IVE (a-glu) adj. Qui recolle les chairs : emplâtre agglulinatif. N. m. : un agglutinatif.
AGGLUTINATION (a-glu, si-on) n. f. Action d'agglutiner, de s'agglutiner. Réunion de parties accidentellement divisées.
AGGLUTINÉ (a-glu), E adj. Rejoint, recollé.
AGGLUTINER (a-glu-ti-né) v. a. (préf. ad. et lat. glutinum, colle). Rejoindre, réunir en collant. S'agglutiner v. pr. Se recoller : les lèvres d'une plaie s'agglutinent.
AGGRAVANT (a-gra-van), E adj. Qui rend plus grave : circonstances aggravantes. Ant. Atténuant.
AGGRAVATION (a-gra-va-si-on) n. f. Augmentation : aggravation de peine. (On dit quelquef. aggravement.) Ant. Atténuation.
AGGRAVE (a-gra-ve) n. f. Anathème prononcé contre celui que l'excommunication n'avait pas amené à soumission et qui le privait de tout usage de la société religieuse.
AGGRAVÉE (a-gra) n. f. Lésion de la patte des chiens qui ont couru sur des graviers.
AGGRAVER (a-gra-vé) v. a. (préf. ad, et lat. gravis, lourd). Rendre plus grave : aggraver ses torts. Augmenter : aggraver les impôts. Ant. Atténuer, diminuer.
AGILE adj. Léger, dispos, souple. Ant. Lourd.
AGILEMENT (man) adv. Avec agilité.
AGILITÉ n. f. Légèreté, souplesse.
AGIO n. m. (ital. aggio, mis en sus). Différence entre la valeur nominale et la valeur réelle des monnaies. Bénéfice qui résulte de l'échange des valeurs. Spéculation sur le cours des effets publics.
AGIOTAGE n. m. Trafic sur les effets publics.
AGIOTER (té) v. n. Faire l'agiotage.
AGIOTEUR, EUSE (eu-ze) n. Qui fait l'agiotage.
AGIR v. n. (lat. agere, faire). Faire quelque chose : pour connaître les hommes, il faut les voir agir. Produire effet : le feu agit sur les métaux. Se comporter : agir en homme d'honneur. Poursuivre en justice : agir civilement. Impers. Il s'agit, il est question.
AGISSANT (ji-san), E adj. Qui agit. Qui produit de l'agitation. Qui a de l'activité.
AGISSEMENT (ji-se-man) n. m. Façon d'agir, conduite : la police surveille les agissements des coquins.
AGITABLE adj. Susceptible d'être agité, discuté.
AGITATEUR n. m. Qui agite les masses populaires. Chim. Petite baguette de verre qui sert à remuer les réactifs dans les vases. Appareil qui sert à remuer les masses liquides.
AGITATION (si-on) n. f. Mouvement prolongé et irrégulier : agitation de la mer. Fig. Inquiétude de l'âme. Trouble : l'agitation des esprits.
AGITER (té) v. a. (lat. agitare). Ebranler, secouer, en divers sens : agiter un liquide. Fig. Troubler : les passions l'agitent. Exciter : agiter le peuple. Discuter : agiter une question.
AGNATS (agh-na) n. m. pl. Chez les Romains, ceux qui, descendant d'une même souche masculine, composaient la famille légale. S. un agnat.
AGNATION (agh-na-si-on) n. f. Parenté civile chez les Romains.
AGNATIQUE (agh-na) adj. Qui se l'apporte aux agnats : ligne agnatigue.
AGNEAU (a-gno) n. m. (lat. agnus). Petit de la brebis. Fig. Personne d'humeur douce. L'agneau sans tache, Jésus-Christ.
AGNEL (a-gnèl) ou AIGNEL (è-gnèl) n. m. Ancienne monnaie d'or du temps de saint Louis à Charles VII, et dont l'effigie était un agneau. (Sa valeur varia sans cesse.)
AGNELAGE ou AGNÈLEMENT (a-gnè-le-man) n. m. Epoque où une brebis met bas. Cette action même.
AGNELÉE n. f. Tous les petits qu'une brebis met bas en une fois.
AGNELER (lé) v. a. (Prend un è ouvert devant une syllable muette : elle agnèle, elle agnèlera.) Mettre bas, en parlant de la brebis.
AGNELET (lè) n. m. Petit agneau.
AGNELIN n. m. Peau mégissée d'agneau à laquelle on a laissé la laine.
AGNELINE adj. f. Se dit d'une laine courte, soyeuse et frisée, première tonte de l'agneau.
AGNELLE (a-gnè-le) n. f. Féminin de agneau.
AGNETTE (agh-nè-te) n. f. Burin particulier tenant le milieu entre le burin ordinaire et la gouge.
AGNOSTICISME (agh-nos-ti-sis-me) n. m. (du gr. a priv., et gnosis, connaissance). Doctrine qui déclare l'absolu inaccessible à l'esprit humain.
AGNUS (agh-nuss) n. m. Cire bénite par le pape, portant l'image d'un agneau.
AGNUS-CASTUS (agh-nus-kas-tus) n. m. Arbrisseau vulgairement appelé faux poivrier ou arbre au poivre, qui croît dans la région méditerranéenne.
AGNUS DEI (agh-nus-dé-i) n. m. (mot lat. signif. Agneau de Dieu). Prière de la messe, qui commence par ces mots : on en est à l'Agnus Dei.
AGONIE (nî) n. f. (gr. agônia, combat). Dernière lutte contre la mort. Fig. Souffrances morales : notre vie n'est qu'une agonie. Fin prochaine : l'agonie d'un règne.
AGONIR v. a. Accabler. (Est presque toujours suivi des mots injures, sottises : agonir quelqu'un d'injures.)Ne pas dire agoniser.
AGONISANT (zan), E adj. Qui est a l'agonie : personne agonisante. N. m. : prier pour les agonisants.
AGONISER (zé) v. n. Etre à l'agonie.
AGONISTIQUE (nis ti-ke) adj. (gr. agonistês, lutteur). Qui concerne l'art des athlètes : jeux agonistiques. N. f. Partie de la gymnastique relative aux luttes d'athlètes chez les Grecs.
AGONOTHÈTE n. m. Président des jeux publics, chez les Grecs.
AGORA n. f. Principale place publique, dans les villes de la Grèce ancienne.
AGORAPHOBE adj. et n. Personne qui est atteinte d'agoraphobie.
AGORAPHOBIE (bî) n. f. (de agora, et du gr. phobos, crainte.) Vertige que certaines personnes éprouvent quand elles ont à traverser un pont, une rue, une place.
AGOUTI n. m. Mammifère rongeur, de la taille d'un lièvre, et qui est originaire d'Amérique et d'Océanie.
AGRAFAGE n. m. Action d'agrafer.
AGRAFE n. f. Crochet de métal qui s'engage dans un anneau appelé porte, et sert à joindre les bords opposés d'un vêtement. Archit. Crampon de fer qui unit les pierres entre elles. Ornement de sculpture placé à la tête des arcs.
AGRAFER (fé) v. a. Attacher avec une agrafe : agrafer un corsage. Ant. Dégrafer.
AGRAIRE (grè-re) adj. (lat. agrarius ; de ager, champ). Qui a rapport aux terres : mesure agraire. L'are est l'unité de mesure pour les surfaces agraires. Lois agraires. V. agraires (lois.) (Part. hist.)
AGRANDIR v. a. Rendre plus grand : agrandir une maison. Faire paraître plus grand : ce vêtement vous agrandit. Fig. Elever, ennoblir : la lecture agrandit l'âme. Ant. Rapetisser, amoindrir.
AGRANDISSEMENT (di-se-man) n. m. Accroissement, augmentation. Ant. Amoindrissement, réduction.
AGRANDISSEUR (di-seur) n. m. Appareil employé en photographie pour les agrandissements. (On dit aussi amplificateur.)
AGRANDITIF, IVE adj. Mot qui sert à donner plus d'étendue à une expression. N. m. : un agranditif.
AGRAPER (pé) v. a. Syn. de agripper.
AGRAPHIE (fî) n. f. (du gr. a priv., et graphein, écrire). Impossibilité d'écrire, quoique le malade entende, comprenne et lise.
AGRARIANISME (nis-me) n. m. Système de ceux qui préconisent l'agrariat.
AGRARIAT (ri-a) n. m. Partage des terres entre ceux qui cultivent le sol.
AGRARIEN (ri-in) ou AGRAIRIEN, ENNE (grè-ri-in, è-ne) adj. Qui concerne la loi agraire. N. Partisan des lois agraires. N. m. pl. En Allemagne, parti des grands propriétaires fonciers protectionnistes.
AGRÉABLE adj. Qui plaît. Avoir pour agréable, trouver bon. L'agréable n. m. Ce qui est agréable : préférer l'utile à l'agréable. Ant. Désagréable, fâcheux, déplaisant, blessant.
AGRÉABLEMENT (man) adv. D'une manière agréable. Ant. Désagréablement.
AGRÉÉ n. m. Homme de loi agréé par un tribunal de commerce pour représenter les parties devant lui. — Les agréés ne sont pas des officiers ministériels comme les avoués ; on est libre de ne pas se servir de leur ministère. Quoique les cabinets d'agréés n'aient aucune existence légale, ils se cèdent comme les charges d'avoués, avec l'agrément du tribunal.
AGRÉER v. a. (rad. gré.) Recevoir favorablement, approuver. V. n. Plaire : cela ne m'agrée pas. Ant. Récuser, refuser, rejeter.
AGRÉEUR n. m. Celui dont la profession est d'agréer les navires.
AGRÉGAT (gha) n. m. Assemblage de parties qui adhèrent entre elles.
AGRÉGATIF, IVE adj. Qui joint, qui réunit.
AGRÉGATION (si-on) n. f. Admission dans un corps. Titre d'agrégé : agrégation des sciences, des lettres. Phys. Assemblage de parties homogènes formant un tout.
AGRÉGÉ, E n. Personne qui, après un concours, est déclarée apte à professer dans un lycée, une faculté : agrégé d'histoire, de philosophie.
AGRÉGER (jé) v. a. (lat. aggregare, réunir ; préf. ad, et grex, gregis, troupeau. — Se conj. comme abréger.) Admettre dans un corps. Phys. Réunir dans un tout des parties sans liaison naturelle.
AGRÉMENT (man) n. m. Approbation, consentement : obtenir l'agrément de sa famille pour... Qualité par laquelle on plaît : livre plein d'agrément. Plaisir : l'agrément de la société. Arts d'agrément : la musique, la peinture, la danse, l'équitation, l'escrime, etc. Pl. Ornements du discours, du chant, de la toilette. Ant. Désapprobation, refus, désagrément.
AGRÉMENTER (man-té) v. a. Relever par des agréments, orner : habit agrémenté de broderies.
AGRÈS (grè) n. m. pl. Ce qui sert à la manœuvre d'un navire (voiles, cordages, etc..) Par anal. : les agrès d'un aérostat. Appareils de gymnase.
AGRESSEUR (grè-seur) n. m. Auteur d'une agression. Ant. Provoqué.
AGRESSIF (grè-sif), IVE adj. Qui a un caractère d'agression : mesure agressive.
AGRESSION (grè-si-on) n. f. (lat. aggressio ; de aggredi, attaquer). Attaque non provoquée.
AGRESSIVEMENT (grè-si-ve-man) adv. D'une manière agressive.
AGRESSIVITÉ (grè-si) n. f. Qualité d'une personne, d'une chose agressive.
AGRESTE (grès-te) adj. Rustique : site agreste. Rude : moeurs agrestes. Ant. Urbain, cultivé.
AGRESTEMENT (grès-te-man) adv. D'une façon agreste.
AGRICOLE adj. (agricola, laboureur ; de ager, agri, champ, et colere, cultiver.) Adonné à l'agriculture : peuple agricole. Qui a rapport à l'agriculture : industrie agricole.
AGRICULTEUR n. m. (même étymol. qu'a l'art. précéd.). Celui qui cultive la terre.
AGRICULTURAL, E, AUX adj. Qui a rapport a l'agriculture.
AGRICULTURE n. f. Culture du sol, travail et soins qu'on lui donne pour le faire produire. — Tout ce qui concerne les encouragements à l'agriculture et les écoles d'agriculture est, administrativement, sous la dépendance du ministère de l'Agriculture, qu'assistent des conseils spéciaux. V. Ecole nationale d'agriculture (part. hist..)
AGRIFFER (gri-fé) v. a. Prendre avec les griffes : agriffer un morceau de fromage. S'agriffer v. pr. S'attacher avec les griffes : le chat s'agriffe aux rideaux.
AGRILUS (luss) ou AGRILE n. m. Genre d'insectes coléoptères pentamères, comprenant des animaux de petite taille, d'un vert bronzé, qu'on trouve dans les arbres.
AGRION n. m. Insecte orthoptère, à corps fin et allongé, vulgairement appelé demoiselle, et qu'on trouve volant au bord des eaux.
AGRIPAUME (po-me) n. f. Syn. de léonure.
AGRIPPER (gri-pé) v. a. Saisir avidement.
AGRIPPEUR, EUSE (gri-peur, eu-ze) n. Fam. Celui, celle qui saisit avec avidité.
AGROMANE n. Personne qui a la passion, la manie de l'agriculture.
AGROMANIE (nî) n. f. Passion de l'agriculture, poussée jusqu'à la manie.
AGRONOME n. m. (du gr. agros, champ, et nomos, loi). Celui qui est versé dans la théorie de l'agriculture. Ingénieur-agronome, titre conféré aux élèves diplômés de l'Institut national agronomique. (Pl. des ingénieurs-agronomes.)
AGRONOMIE (mî) n. f. Théorie de l’agriculture.
AGRONOMIQUE adj. Qui a rapport à l'agronomie : Institut agronomique.
AGROSTIDE (gro-sti-de) n. f. Genre de plantes graminées, qui poussent dans les prés et dont quelques espèces sont appréciées comme fourrage.
AGROUPEMENT (man) n. m. Action d'. de ce qui est agroupé.
AGROUPER (pé) v. a. Disposer, réunir en groupe. S'agrouper v. pr. Se mettre en groupe.
AGUERRIR (ghé-rir) v. a. Accoutumer à la guerre, à une chose pénible : la nécessité aguerrit souvent un poltron. S'aguerrir v. pr. : il faut s'aguerrir à la fatigue.
AGUERRISSEMENT (ghè-ri-se-man) n. m. Action d'aguerrir. Qualité de celui, de ce qui est aguerri.
AGUETS (ghè) n. m. pl. (de à guet, en guettant.) Surveillance attentive. Etre, se tenir aux aguets, épier.
AH (â) ! interj. qui sert à marquer la joie : ah ! quel plaisir ! La douleur : ah ! vous me faites mal ! L'admiration : ah ! que c'est beau ! La commisération : ah ! que je vous plains ! L'impatience : ah ! que vous êtes lent ! etc.
AHAN n. m. (onomatopée.) Effort pénible. Cri de fatigue. (Vx.)
AHANER (né) v. n. Supporter une grande fatigue. Faire entendre le cri de ahan en travaillant.
AHEURTÉ, E adj. Qui a heurté contre. Fig. Buté à : être aheurté à un préjugé.
AHEURTEMENT (man) n. m. Obstination extrême.
AHEURTER (S') [sa-eur-té] v. pr. S'attacher opiniâtrement à quelque chose. Echouer, se briser.
AHI interj. V. aïe.
AHURI, E adj. Qui a perdu la tête. Stupéfait, troublé, étourdi. N. : un ahuri, une ahurie.
AHURIR v. a. Troubler, faire perdre la tête.
AHURISSEMENT (ri-se-man) n. m. Etat d'une personne ahurie. Etonnement, stupéfaction.
(a-î) n. m. Zool. Nom vulgaire des mammifères du genre bradype : on nomme l'aï paresseux à cause de la lenteur de ses mouvements. (V. bradype.) Méd. Inflammation des synoviales du poignet.
(a-i) n. m. Œnol. V. ay.
AICHE, ÈCHE ou ESCHE (è-che) n. m. Nom donné par les pécheurs aux divers appâts dont ils se servent pour prendre le poisson.
AIDE (è-de) n. f. (lat. adjuvare, secourir). Secours, assistance. N. m. et f. Personne qui aide. Aide de camp, officier d'ordonnance attaché à la personne d'un souverain, d'un général. N. f. pl. Impôts, subsides, levées de deniers qui se faisaient sur le peuple pour aider à soutenir les dépenses de l'Etat sous l'ancienne monarchie. Cour des aides, Cour souveraine qui jugeait les affaires concernant ces subsides.
AIDEAU (è-do) n. m. Morceau de bois passé dans les ridelles d'une charrette pour soutenir les charges.
AIDE-MAÇON n. m. Ouvrier qui sert les maçons. Pl. des aides-maçons.
AIDE-MAJOR n. m Chirurgien adjoint au chirurgien-major d'un régiment. Pl. des aides-majors.
AIDER (è-dé) v. a. (rad. aide). Seconder, assister : aider ses amis, aider quelqu'un de sa bourse. V. n. Prêter son concours en prenant soi-même une partie de la peine : je lui aiderai à porter ce paquet. S'aider v. pr. Se servir : s'aider des deux mains. Prov. : Aide-toi, le ciel t'aidera, donne-toi du mal si tu veux réussir. Ant. Nuire, gêner.
AÏE ou AHI (a-i) interj. Qui exprime une douleur physique : Aïe ! je me suis fait mal !
AÏEUL (a-i-eul), E n. (lat. avus, grand-père). Le grand-père, la grand'mère. Pl. des aïeuls, aïeules. N. m. pl. Les aïeux, les ancêtres.
AIGLE (è-gle) n. m. (lat. aquila). Un des plus forts et le plus courageux des oiseaux de proie : l'aigle place son aire sur les rochers escarpés. Pupitre d'église, surmonté d'une figure d'aigle. Fig. Esprit supérieur : l'aigle de Meaux (Bossuet.) Yeux, regards d'aigle, yeux très perçants. Insigne de décoration figurant un aigle : l'aigle noir de Prusse. Grand aigle, format de papier (env. 0m,75 sur 1m,06.) N. f. Femelle de l'oiseau de proie. Etendard, drapeau : les aigles romaines. Figure héraldique : une aigle couronnée.
AIGLEFIN (è) n. m. Poisson du genre gade, voisin des morues, mais plus petit, qu'on pêche dans les mers du nord. (On dit aussi aigrefin.)
AIGLETTE (è-glè-te) n. f. V. alérion.
AIGLON, ONNE (è-glon, o-ne) n. Petit de l'aigle.
AIGRE (è-gre) adj. (lat. acer, âcre). Acide, piquant. Fig. Criard, aigu : voix aigre. Rude, désagréable : ton aigre. Revêche : femme aigre. N. m. : le levain sent l'aigre. Ant. Doux.
AIGRE-DOUX (dou), CE adj. Mêlé d'aigre et de doux. Fig. Dont l'aigreur se revêt d'une apparence de douceur : parole aigre-douce. Pl. aigres-doux, aigres-douces.
AIGREFIN (è) n. m. Homme rusé, indélicat. Chevalier d'industrie. Zool. V. aiglefin.
AIGRELET, ETTE (è-gre-lè, è-te) adj. Un peu aigre : saveur aigrelette.
AIGREMENT (è-gre-man) adv. D'une manière aigre : répondre aigrement.
AIGREMOINE (è) n. f. Genre de rosacées, à fleurs jaunes, très répandu et employé comme vulnéraire.
AIGREMORE (é) n. m. Charbon pulvérisé de bois tendre, employé aux préparations pyrotechniques.
AIGRET, ETTE (è-grè, è-te) adj. Un peu aigre.
AIGRETTE (è-grè-te) n. f. (de aigron, forme dialect. de héron.) Faisceau de plumes qui orne la tête de certains oiseaux. Ornement de tête en forme de bouquet. Panache d'un casque, d'un dais. Bouquet de diamants. Zool. Sorte de héron dont quelques plumes servent à faire des aigrettes.
AIGRETTÉ (è-grè-té), E adj. Bot. Qui porte une aigrette.
AIGREUR (è) n. f. Etat de ce qui est aigre. Sensation désagréable causée par des aliments mal digérés. Fig. Parler avec aigreur, dire des choses désagréables, blessantes.
AIGRIN (è) n. m. Poirier, pommier jeunes.
AIGRIR (è) v. a. Rendre aigre : la chaleur aigrit le vin. Fig. Irriter : le malheur aigrit le cœur. V. n. : ce vin aigrit. S'aigrir v. pr. Devenir aigre. Fig. Devenir irritable.
AIGRISSEMENT (è-gri-se-man) n. m. Action d'aigrir. Résultat de cette action.
AIGU (è-ghu), E adj. (lat. acutus, pointu). Terminé en pointe. Fig. Clair et perçant : voix aiguë. Vif et piquant : Douleur aiguë. Accent aigu, qui va de droite à gauche. (V. accent.) Angle aigu, angle qui a moins de 90 degrés. (V. angle.) Maladie aiguë, rapide dans sa marche et son développement.
AIGUADE (è-gha-de) n. f. (vx fr. aigue, eau). Provision d'eau douce pour un navire. (vx.) Lieu où se fait cet approvisionnement.
AIGUAGE (è-gha-je) n. m. (même étymol. qu'à l'art. précéd.). Droit de conduire de l'eau sur son terrain à travers le terrain d'autrui, au moyen d'un tuyau. (On dit aussi aigage, aiguerie.)
AIGUAIL ou AIGAIL (è-ga, l mll.) n. m. Rosée sur les feuilles : l'aiguail ôte au chien de chasse la finesse de son flair.
AIGUAYER (è-ghè-ié) v. a. (Se conj. comme balayer.) Baigner, laver : aiguayer du linge.
AIGUE-MARINE (è-ghe) n. f. Emeraude vert de mer. Pl. des aigues-marines.
AIGUIÈRE (è-ghi-è-re) n. f. (du vx fr. aigue, eau). Vase à anse et à bec, où l'on met de l'eau.
AIGUIÉRÉE (è-ghi-é-ré) n. f. Contenu d'une aiguière.
AIGUILLADE (è-ghu-i, ll mll.) n. f. Syn. de aiguillon.
AIGUILLAGE (è-ghu-i, ll mll.) n. m. Manoeuvre des aiguilles d'une voie ferrée.
AIGUILLAT (è-ghu-i, ll mll.) n. m. Espèce de chien de mer, de squale, qui fournit l'huile de foie de requin.
AIGUILLE (è-ghu-i, ll mll.) n. f. (lat. acus, pointe). Petite tige d'acier poli dont l'une des extrémités est aiguë, l'autre mousse et percée d'un chas, et qui sert pour coudre. Petite verge de métal, servant à divers usages : aiguille à tricoter, aiguille de cadran. Extrémité d'une pyramide, d'un clocher, d'un obélisque. Portion de rail mobile sur le sol, autour d'un point fixe, qui sert à faire passer un train d'une voie sur une autre. V. aiguille. Phys. Aiguille aimantée. V. boussole. Fig. et fam. Pointe d'aiguille, subtilité, vétille. Loc. Prov. De fil en aiguille, d'une chose à une autre. Chercher une aiguille dans une botte de foin, chercher une chose impossible à trouver. On le ferait passer dans (ou par) le trou d'une aiguille, se dit d'un homme extrêmement timide, poltron.
AIGUILLÉE (è-ghu-i, ll mll., é) n. f. Longueur de fil, de soie, etc., nécessaire pour travailler à l'aiguille.
AIGUILLER (è-ghu-i, ll mll., é) v. a. Disposer les aiguilles des rails pour qu'un train, un tramway, etc., changer de voie : aiguiller un wagon.
AIGUILLERIE (è-ghu-i, ll mll., e-rî) n. f. Fabrique, commerce d'aiguilles.
AIGUILLETAGE (è-ghu-i, ll mll.) n. m. Action d'aiguilleter. Etat de ce qui est aiguilleté.
AIGUILLETER (è-ghu-i, ll mll., e-té) v. a. (Prend deux t devant un e muet : j'aiguillette, il aiguillettera.) Attacher des aiguillettes : Aiguilletter son pourpoint. Aiguilletter des lacets, les ferrer. Faire un aiguillettage.
AIGUILLETIER (è-ghui-i, ll mll., e-ti-é) ou AIGUILLETTIER (è-ghui-i, ll mll., è-ti-é), ÈRE n. Personne qui fait des aiguillettes et qui les ferre.
AIGUILLETTE (è-ghu-i, ll mll., è-te) n. f. Cordon ferré par les deux bouts. Mar. Cordage. Pl. Ornement militaire : aiguillettes de gendarme. Fig. Morceau de chair coupé mince et en long : aiguillettes de canard.
AIGUILLEUR (è-ghu-i, ll mll.) n. m. Celui qui dispose les aiguilles sur une voie ferrée.
AIGUILLIER (è-ghu-i, ll mll., é) n. m. Etui à aiguilles.
AIGUILLON (è-ghu-i, ll mll.) n. m. Pointe de fer fixée au bout d'un long bâton, pour piquer les bœufs. Dard des abeilles, des guêpes. Fig. Tout ce qui excite : la gloire est un puissant aiguillon.
AIGUILLONNANT (è-ghu-i, ll mll., o-nan), E adj. Qui aiguillonne, excite : curiosité aiguillonnante.
AIGUILLONNEMENT (è-ghu-i, ll mll., o-ne-man) n. m. Action d'aiguillonner. Son résultat.
AIGUILLONNER (è-ghu-i, ll mll., o-né) v. a. Piquer avec l'aiguillon. Fig. Exciter, stimuler, encourager : aiguillonner un enfant paresseux.
AIGUILLOT (è-ghu-i, ll mll., o) n. m. Mamelon de gonds fixés sur le gouvernail d'un navire.
AIGUISABLE (è-ghu-i-za-ble) adj. Qui peut être aiguisé.
AIGUISAGE (è-ghu-i-za-je) ou AIGUISEMENT (è-ghu-i-ze-man) n. m. Action d'aiguiser une arme, un outil : l'aiguisage d'un rasoir.
AIGUISER (è-ghu-i-zé) v. a. Rendre aigu, tranchant. Fig. Aiguiser l'appétit, l'exciter.
AIGUISERIE (è-ghu-i-ze-rî) n. f. Lieu où l'on polit et aiguise les armes, les outils.
AIGUISEUR, EUSE (è-ghu-izeur, eu-ze) n. Celui, celle dont le métier est d'aiguiser.
AIGUISOIR (è-ghu-i-zoir) n. m. Outil à aiguiser.
AIL (a, l mll.) n. m. (lat. allium). Oignon d'une odeur très forte. Pl. des aulx. (En botanique, on dit cependant la famille des ails.)
AILANTE (è) n. m. Genre de simaroubées asiatiques et océaniennes, renfermant de grands arbres vulgairement appelés vernis du Japon : l'ailante a une odeur forte et peu agréable.
AILE (è-le) n. f. (lat. ala). Membre des oiseaux et de quelques insectes, qui leur sert à voler. Par ext. Ailes d'un moulin, ses châssis garnis de toiles. Ailes d'un bâtiment, ses côtés. Ailes d'une armée, ses flancs. Fig. Protection, surveillance : se réfugier sous l'aile de sa mère. Loc. Prov. Voler de ses propres ailes, se passer d'autrui. Battre de l'aile, être embarrassé, mal à l'aise. Rogner les ailes à quelqu'un, lui retrancher de son autorité, de son revenu. Tirer une plume de l'aile à quelqu'un, lui attrapper quelque chose, lui extorquer de l'argent. A tire-d'aile. V. tire-d'aile.
AILE (è-le) n. f. V. ale.
AILÉ (è-lé), E adj. Qui a des ailes : insecte ailé.
AILERON (è) n. m. Extrémité de l'aile. Se dit des nageoires de quelques poissons ; les ailerons du requin, de la carpe. Nom de petits ais qui garnissent les roues des moulins à eau.
AILETTE (è-lè-te) n. f. Petite aile. Armur. Se dit des petits tenons encastrés dans les projectiles allongés et saillants à la surface.
AILLADE (a, ll mll.) n. f. Sauce à l'ail.
AILLEURS (a, ll mll., eur) adv. (lat. aliorsum). En un autre lieu. D'ailleurs loc. adv. D'un autre lieu. De plus ; du reste. Pour une autre cause.
AILLOLI (a, ll mll.) n. m. Coulis d'ail finement pilé avec de l'huile d'olive.
AILLOLISER (a, ll mll., o-li-zè) v. a. Mêler de l'ail à un mets : ailloliser une sauce.
AIMABLE (è) adj. Digne d'être aimé. De nature à plaire. Substantiv. : faire l'aimable. Ant. Hargneux.
AIMABLEMENT (è, man) adv. Avec amabilité.
AIMANT (è-man) n. m. (contract. du gr. adamas, diamant.) Oxyde de fer qui attire le fer et quelques autres métaux. Barreau aimanté, aiguille aimantée. Aimant naturel, celui que l'on trouve tout formé dans la nature : les Grecs trouvaient les aimants naturels dans certaines contrées d'Asie Mineure et de Macédoine. Aimant artificiel, celui qui a été fabriqué : les aimants artificiels ne paraissent pas avoir été connus en Europe avant le xiie siècle. Fig. Attrait : la douleur est un aimant pour les cœurs.Les aimants servent à la construction des boussoles et des machines électro-magnétiques ; ils servent encore à reconnaître la présence du fer dans les minerais ; la médecine les utilise dans divers usages : pour l'extraction des paillettes de fer, pour les névralgies.
AIMANT (è-man), E adj. Porté à aimer : caractère aimant, âme aimante.
AIMANTATION (è, si-on) n. f. Action d'aimanter.
AIMANTER (è-man-té) v. a. Communiquer à un corps la propriété de l'aimant : aimanter l'aiguille d'une boussole. Aiguille aimantée.
AIMANTIN, E (è) adj. Qui appartient, qui se rapporte à l'aimant : vertu aimantine.
AIMER (è-mé) v. a. (lat. amare). Avoir de l'affection, de l'amitié, du goût, du penchant pour quelqu'un ou quelque chose. Chérir, affectionner. Ant. Haïr, détester.
AÏN (a-in') Mot arabe qui signifie source, fontaine, et qui entre dans le nom de plusieurs localités.
AINE (è-ne) n. f. Baguette à laquelle on enfile par la tête les harengs à fumer. Bande de peau qui garnit la tête, les plis d'un soufflet d'orgue.
AINE (è-ne) n. f. (lat. inguen). Partie du corps entre le haut de la cuisse et le bas-ventre. Pli de flexion de la cuisse sur l'abdomen.
AÎNÉ (è-né), E adj. (vx fr. ains, avant, et ). Né le premier. Plus âgé qu'un autre : il est mon aîné.
AÎNESSE (è-nè-se) n. f. Priorité d'âge entre frères et sœurs. Droit d'aînesse, droit qu'avait l'aîné de prendre dans la succession des parents plus que les autres enfants : la Constituante abolit en France le droit d'aînesse.
AÏNHUM (a-i-nom') n. m.  Maladie spéciale à la race nègre, caractérisée par la perte du petit orteil.
AINSI (in) adv. (lat. in sic, de cette manière). De cette façon. Conj. De même, donc. Ainsi que loc. conj. De la manière que, comme. Ainsi soit-il loc. adv. Mots qui terminent ordinairement les prières de l'Eglise, et qui, par ext., servent à demander l'accomplissement de ce que l'on souhaite.
AIR (èr) n. m. (gr. aêr). Fluide élastique que nous respirons. Vent : il fait de l'air. Prendre l'air, se promener. Contes en l'air, discours invraisemblables. Promesses en l'air, promesses vaines. Pl. L'atmosphère : planer dans les airsL'air pur n'est pas un élément simple, mais un mélange de plusieurs gaz, dont es deux principaux sont l'oxygène et l'azote. L'air contient environ 21 parties d'oxygène pour 79 parties d'azote ; il renferme en outre de l'argon (environ 1/100), du gaz carbonique, de la vapeur d'eau et des traces d'un certain nombre d'autres gaz. Enfin, il tient en suspension une multitude de poussières microscopiques, parmi lesquelles se trouvent des germes organisés (microbes), qui, rencontrant un milieu propice, peuvent s'y développer et produire des fermentations et des putréfactions. Certains de ces microbes, en pénétrant dans nos poumons, peuvent développer de terribles maladies. L'air joue un rôle important dans la nature : il est indispensable à la vie des animaux et des plantes ; il entretient la combustion et la respiration ; il est le véhicule du son ; enfin, l'industrie l'utilise comme force motrice dans une foule de circonstances, entre autres dans la navigation à voiles et pour les moulins à vent. V. atmosphère. Galilée, puis son disciple Torricelli, établirent que l'air est pesant ; un litre d'air pur à 0° et sous la pression ordinaire pèse 1gr,193. Cette pression exercée par l'air est appelée pression atmosphérique. C'est à cette pression atmosphérique qu'est due l'ascension de l'eau dans les pompes et non, comme on disait autrefois, à l'horreur de la nature pour le vide.
AIR (èr) n. m. (vx fr. aire, disposition, caractère). Manière, façon : parler d'un air convenable. Expression des traits : avoir l'air fier. Ressemblance : il a de votre air. Avoir l'air, paraître. Prendre des airs, affecter des manières au-dessus de son état. L'air et la chanson, l'apparence et la réalité.
AIR (èr) n. m. (ital. aira). Suite de notes composant un chant : chaque peuple a ses airs nationaux.
AIRAGE (è) n. m. Angle que fait la voile d'une aile de moulin avec le plan de circulation de celle-ci. Galerie pour appel d'air dans les mines.
AIRAIN (è-rin) n. m. (lat. aeramen). Alliage de différents métaux, dont le cuivre forme la base. Fig. Cœur d'airain, cœur dur et impitoyable. Se prend, dans le style poétique, pour le canon, une cloche : l'airain tonne. Les sons lugubres de l'airain. Age d'airain. V. âge.
AIRE (è-re) n. f. (lat. area). Lieu où l'on bat le grain. Géom. Espace renfermé par des lignes : aire d'un triangle, d'un plancher, d'un champ. Nid des oiseaux de proie : l’aire de l'aigle. Mar. Direction du vent : il y a trente-deux aires de vent.
AIRÉE (è-ré) n. f. Quantité de gerbes qu'on met en une fois sur l'aire : airée de blé, de seigle.
AIRELLE (è-rè-le) n. f. Genre d'arbrisseaux (vacciniées), à baies acides et rafraîchissantes, qui portent le même nom : l'airelle myrtille se trouve dans les lieux montueux, frais et boisés.
AIRER (è-ré) v. n. Faire son nid, en parlant de certains oiseaux de proie.
AIRURE (è) n. f. Extrémité d'une veine métallifère ou de houille.
AIS (è) n. m. Planche de bois : les ais d'une cloison
AISANCE (è-zan-se) n. f. Facilité qui se montre dans les actions, les manières, le langage. Fortune suffisante : vivre dans l'aisance. Lieux, cabinets d'aisances, lieux destinés aux besoins naturels. Ant. Gêne.
AISCEAU (è-so) n. m. Syn. de aissette.
AISE (è-ze) n. f. Contentement, joie, état agréable. A l’aise, à son aise loc. adv. Sans peine, sans se gêner. Ironiq. A votre aise, ne vous gênez pas. Pl. Commodités de la vie : aimer ses aises.
AISE (è-ze) adj. Content, joyeux, ravi.
AISÉ (è-zé), E adj. Facile : la critique est aisée et l'art est difficile. Qui a quelque fortune : c'est un homme aisé. Ant. Gêné.
AISÉMENT (è-zé-man) adv. Facilement, avec aisance. Sans privations : vivre aisément.
AISSEAU (è-so) n. m. Syn. de aissette.
AISSELIÈRE (è-se) n. f. Syn. de aissette.
AISSELLE (è-sè-le) n. f. (lat. axilla). Cavité qui se trouve au-dessous de la jonction des bras avec l'épaule
AISSETTE (è-sè-te) n. f. Petite hache recourbée, dont se servent les tonneliers pour tailler les douves. (On dit aussi aisceau, aisseau, aisselière.)
AÎTRES (è-tre) n. m. pl. Autre orthographe du mot êtres : les aîtres d'une maison.
AJOINTER (té) v. a. (rad. joint.) Joindre bout à bout.
AJONC (jon) n. m. Genre de légumineuses papilionacées qui renferme des arbustes épineux à fleurs jaune d'or et qui croît dans les endroits arides.
AJOUPA n. m. Hutte de sauvages, de nègres.
AJOUR n. m. Ce qui est à jour, dans une sculpture.
AJOURÉ, E adj. Se dit de ce qui est percé à jour.
AJOURER (ré) v. a. Pratiquer des jours dans : ajourer une balustrade.
AJOURNEMENT (man) n. m. Remise d'une affaire à un autre jour. Assignation à comparaître à jour fixe devant un tribunal, donnée par huissier.
AJOURNER (né) v. a. Renvoyer à un autre jour : ajourner une cause.
AJOUTABLE adj. Qui peut, qui doit être ajouté.
AJOUTAGE n. m. Chose ajoutée à une autre.
AJOUTÉ n. m. Addition que l'on fait à un écrit.
AJOUTER (té) v. a. Joindre, augmenter : la modestie ajoute au mérite. Ajouter foi, croire. Ant. Retrancher.
AJUSTAGE (jus-ta-je) n. m. Action de donner aux monnaies le poids légal. Action de fixer dans la place qu'elles doivent occuper les différentes pièces d'une machine, d'un instrument.
AJUSTEMENT (jus-te-man) n. m. Action d'ajuster. Parure : être recherché dans son ajustement.
AJUSTER (jus-té) v. a. Rendre juste : ajuster une mesure, une balance. Adapter : ajuster un couvercle à une boîte. Mettre en état de fonctionner : ajuster une machine. Viser : ajuster un lièvre. Habiller, parer.
AJUSTEUR (jus-teur) n. m. Ouvrier qui ajuste.
AJUSTOIR (jus-toir) n. m. Petite balance qui sert à mettre les monnaies au poids voulu.
AJUSTURE (jus-tu-re) n. f. Concavité ménagée au fer à cheval pour qu'il s'adapte facilement au pied.
AJUT (ju) ou AJUST (ju) n. m. Nœud particulier servant aux marins pour joindre deux cordages. (On dit aussi nœud-de-vache.)
AJUTAGE n. m. Petit tuyau soudé à l'extrémité d'un tube d'écoulement pour en régulariser le débit. (On dit quelquef. ajutoir.)
AKÈNE ou ACHAINE (kè-ne) n. m. Bot. Fruit sec, dont le péricarpe n'est pas soudé avec la graine.
ALABANDINE n. f. Variété de grenat d'un rouge foncé. Sulfure de manganèse naturel, qui doit son nom à la ville d'Alabanda (Carie), où on le rencontre.
ALABASTRITE (bas-tri-te) n. f. Variété de gypse, très blanche, qui se trouve en Toscane et est employée à faire des vases, des statuettes, etc.
ALACRITÉ n. f. Enjouement, gaieté d'humeur.
ALALIE (î) n. f. (du gr. a priv., et lalein, parler). Mutisme accidentel. Mutité acquise.
ALAMBIC (lan-bik) n. m. (ar. al, le, et ambic, vase à distillation). Appareil pour distiller. Fig. Passer à l'alambic, examiner avec soin.L'alambic se compose d'une marmite appelée cucurbite, dans laquelle on place les matières à distiller, d'un couvercle ou chapiteau, qui recouvre la cucurbite, reçoit les vapeurs et les dirige par un tuyau incliné dans le réfrigérant. Là, ces vapeurs se refroidissent en passant par un tube en spirale appelé serpentin, qui plonge dans l'eau froide, et elles reviennent à l'état liquide.
ALAMBIQUAGE (lan-bi-ka-je) n. m. Raffinement, subtilité excessive.
ALAMBIQUÉ (lan-bi-ké), E adj. Raffiné, compliqué : Voiture a souvent le style alambiqué.
ALAMBIQUER (lan-bi-ké) v. a. Distiller à l'alambic. Fig. Rendre trop subtil : alambiquer son style.
ALAMBIQUEUR, EUSE (lan-bi-keur, eu-ze) n. Personne dont le style, la parole, sont raffinés, compassés.
ALANDIER (di-é) n. m. Bouche, foyer placé à la base de certains fours spéciaux : four à alandiers.
ALANGUIR (ghir) v. a. Rendre languissant. S'alanguir v. pr. Perdre de sa force.
ALANGUISSEMENT (ghi-se-man) n. m. Etat de langueur.
ALAPIN n. m. Teinture qui sert dans l'impression de l'indienne. Adjectiv. : teinture alapin.
ALARGUER (ghé) v. n. Gagner le large.
ALARMANT (man), E adj. Qui alarme : nouvelle alarmante.
ALARME n. f. (de l'ital. all’arme, aux armes !). Cri, appel aux armes : sonner l'alarme. Frayeur : jeter l'alarme dans les cœurs. Pl. Inquiétudes : cessez vos alarmes.
ALARMER (mé) v. a. Donner l'alarme. Causer de l'inquiétude, de la frayeur. S'alarmer v. pr. S'inquiéter, s'effrayer. Ant. Rassurer, enhardir.
ALARMISTE (mis-te) adj. et n. Qui répand l'alarme.
ALATERNE (tèr-ne) n. m. Bot. Espèce de nerprun d'Europe, toujours vert, exhalant une odeur de miel agréable, à fruits purgatifs.
ALBANAIS, E (nè, è-ze) adj. et n. De l'Albanie.
ALBARELLE (rè-le) n. f. Champignon comestible du genre bolet, croissant sur le châtaignier, le peuplier, et très commun en Italie.
ALBÂTRE n. m. (gr. alabastron). Espèce de marbre blanc transparent, tendre et susceptible d'un beau poli. Fig. Blancheur extrême : cou d'albâtre.
ALBÂTRIER (tri-é) n. m. Ouvrier, négociant en albâtre.
ALBATROS (tross) n. m. Genre d'oiseaux palmipèdes des mers australes.
ALBERGE (bèr-je) n. f. Sorte de pêche, d'abricot, à chair blanche, aigrelette, et qui adhère au noyau.
ALBERGIER (bèr-ji-é) n. m. Arbre qui donne l'alberge.
ALBIDE adj. (lat. albus). Blanchâtre.
ALBINISME (nis-me) n. m. (lat. albus, blanc). Anomalie congénitale de la peau, consistant dans la diminution ou même l'absence complète de la matière colorante de la peau et du système pileux, qui sont d'un blanc mat et blafard, tandis que les yeux sont rougeâtres.
ALBINOS (noss) n. et adj. Qui est affecté d'albinisme.
ALBITE n. f. Silicate double d'alumine et de soude, voisin des feldspaths.
ALBUGINÉ, E adj. (lat. albus, blanc). Méd. Se dit des humeurs, membranes et tissus très blancs.
ALBIGINEUX, EUSE (neû, eu-ze) adj. Blanchâtre.
ALBUGO n. m. ou ALBUGINE n. f. Méd. Tache blanche qui se forme dans le tissu de la cornée.
ALBUM (bom’) n. m. Registre destiné à recevoir des vers, des dessins, etc. Recueil de musique. Sorte de livre où des carrés, des ovales, sont découpés, pour qu'on y glisse des photographies. Pl. des albums.
ALBUMEN (mèn) n. m. Blanc d'œuf. Partie de la graine entourant l'embryon.
ALBUMINE n. f. Substance un peu salée, très répandue dans la nature, et qui en particulier forme la presque totalité du blanc d'œuf et du sérum du sang.
ALBUMINÉ, E adj. Qui contient de l'albumine ou de l'albumen.
ALBUMINEUX, EUSE (neû, eu-ze) adj. Qui contient de l'albumine.
ALBUMINOÏDE (no-i) adj. (de albumine, et du gr. eidos, aspect.) Qui ressemble à l'albumine, ou qui en a les caractères.
ALBUMINOSE (no-ze) n. f. Produit obtenu par l'action des alcalis sur l'albumine.
ALBUMINURIE (rî) n. f. Maladie caractérisée par la présence de l'albumine dans les urines.
ALBUMINURIQUE adj. Qui a rapport à l'albuminurie. N. Personne atteinte d'albuminurie.
ALCADE n. m. (ar. al, le, et kadi, juge). Nom donné, en Espagne, à certains juges ou magistrats municipaux.
ALCAÏQUE (ka-i) adj. Se dit d'une sorte de vers ou de mètre grec et latin. N. m. : un alcaïque.
ALCALESCENCE (lès-san-se) n. f. Etat des substances dans lesquelles il s'est formé spontanément de l'ammoniaque, qui est un alcali.
ALCALESCENT (lès-san), E adj. Qui prend les propriétés alcalines : les corps contenant de l'azote peuvent devenir alcalescents.
ALCALI n. m. (ar. al, le, et kali, plante marine dont on extrait la soude). Chim. Substance dont les propriétés chimiques sont analogues à celles de la soude et à la potasse. Alcali volatil, ammoniaque.
ALCALIFIANT (fi-an), E adj. Qui fait naitre une manifestation alcaline : principe alcalifiant.
ALCALIMÈTRE n. m. Appareil à l'aide duquel on détermine le degré de pureté des alcalis.
ALCALIMÉTRIE (trî) n. f. (de alcali, et du gr. metron, mesure.) Partie de la chimie qui traite des procédés à employer pour le dosage des alcalis.
ALCALIN, E adj. Qui se rapporte aux alcalis : saveur alcaline.
ALCALINITÉ n. f. Etat alcalin.
ALCALISATION ou ALCALINISATION (za-sion) n. f. Action d'alcaliser.
ALCALISER ou ALCALINISER (zé) v. a. Donner à une substance des propriétés alcalines.
ALCALOÏDE (lo-i-de) n. m. Substance organique rappelant les alcalis par ses propriétés.
ALCARAZAS (zass) n. m. Vase de terre poreux en forme de carafe, dans lequel les boissons se rafraichissent par évaporation.
ALCÉE (sé) n. f. (gr. alkea, mauve). Genre de malvacées, qui renferme la rose trémière.
ALCHIMIE (mî) n. f. Art chimérique de la transmutation des métaux. Cette science s'est vainement occupée de rechercher la pierre philosophale et la panacée ; mais elle a donne naissance à la chimie. On lui doit la découverte de la poudre, du phosphore, etc.
ALCHIMIQUE adj. Qui a rapport à l'alchimie.
ALCHIMISTE (mis-te) n. m. Qui s'occupait d'alchimie.
ALCOOL (kol ou ko-ol) n. m. (ar. al, le, et cohol, chose subtile). Liquide obtenu par la distillation du vin et d'autres liqueurs fermentées et appelé aussi esprit-devin. (Il bout à 78° et ne peut être solidifié qu'à —130°.)
ALCOOLAT (ko-la ou ko-o-la) n. m. Médicament qui résulte de la distillation de l'alcool sur une substance aromatique : l'eau de Cologne est un alcoolat.
ALCOOLATURE (ko-la ou ko-o-la) n. f. Produit obtenu par macération d'une plante dans l'alcool.
ALCOOLIFICATION (ko-li ou ko-o-li, si-on) n. f. Transformation d'une substance en alcool par suite de fermentation.
ALCOOLIQUE (ko-li-ke ou ko-o-li-ke) adj. Qui contient de l'esprit-de-vin : liqueur alcoolique. N. m. Liqueur alcoolique. N. Personne atteinte d'alcoolisme.
ALCOOLISABLE (ko ou ko-o-li-za-ble) adj. Qui peut être converti en alcool : le sucre est alcoolisable.
ALCOOLISATION (ko ou ko-o-li-za-si-on) n. f. Production ou addition de l'alcool dans les liquides.
ALCOOLISER (ko ou ko-o-li-zé) v. a. Produire l'alcoolisation. Ajouter de l'alcool à un autre liquide : alcooliser du vin. Liqueur alcoolisée. Rendre quelqu'un alcoolique.
ALCOOLISME (ko ou ko-o-lis-me) n. m. Maladie produite par l'abus des liqueurs alcooliques.
ALCOOMÈTRE ou ALCOOLOMÈTRE (ko ou ko-o) n. m. (de alcool, et du gr. metron, mesure.) Aréomètre pour mesurer la richesse en alcool des esprits et eaux-de-vie.
ALCOOMÉTRIE ou ALCOOLOMÉTRIE (ko ou ko-o, trî) n. f. Partie de la physique qui traite des procédés employés pour la détermination de la contenance en alcool des liqueurs spiritueuses.
ALCÔVE n. f. (esp. alcoba, chambre à coucher). Enfoncement dans une chambre pour recevoir un ou plusieurs lits : de petites alcôves sont nuisibles à la santé.
ALCYON (si-on) n. m. Oiseau fabuleux. (L'alcyon, chez les anciens, passait pour ne faire son nid que sur une mer calme, et il était regardé comme oiseau d'heureux présage.)
ALCYONIEN, ENNE (ni-in, è-ne) adj. Qui se rapporte à l'alcyon. Jours alcyoniens, les sept jours qui précèdent et les sept jours qui suivent le solstice d'hiver, pendant lesquels on dit que l'alcyon fait son nid et que la mer est calme.
ALDÉE (dé) n. f. Village dépendant des possessions européennes d'Afrique, du Brésil et des Indes, et habité par des autochtones.
ALDÉHYDE (dé-i-de) n. f. Liquide volatil, qui se produit lorsqu'on oxyde un alcool.
ALDERMAN (dèr-man’) n. m. Magistrat municipal, en Angleterre et aux Etats-Unis. Pl. des aldermen.
ALE (è-le) ou AILE (è-le) n. f. (m. angl.). Espèce de bière anglaise légère, fabriquée avec du malt peu torréfié.
ALEA (lat. alea) n. m. Chance, hasard.
ALÉATOIRE adj. (rad. aléa). Qui repose sur un événement incertain, qui est soumis aux chances du hasard : le bénéfice que l'on demande au jeu est toujours aléatoire. Le pari est un contrat aléatoire.
ALÉATOIREMENT (man) adv. D'une manière aléatoire.
ALÊNE n. f. Poinçon avec lequel les cordonniers, selliers, etc., percent le cuir.
ALÉNIER (ni-é) n. m. Fabricant, marchand d'alênes.
ALÉNOIS (noi) adj. m. Se dit du cresson des jardins qui sert à relever le goût des salades : cresson alénois.
ALENTIR (lan) v. a. Rendre lent, plus lent. (On dit mieux ralentir.)
ALENTISSEMENT (a-lan-ti-se-man) n. m. Action d'alentir, de se ralentir. (On dit mieux ralentisement.)
ALENTOUR (lan) adv. Aux environs. (Ne dites pas alentour de la table, mais autour de la table.)
ALENTOURS (lan-tour) n. m. pl. Lieux circonvoisins : les alentours d'une ville. Fig. : les alentours de la vérité.
ALÉPINE n. f. (de Alep, n. de ville). Etoffe de soie et de laine.
ALÉRION n. m. Blas. Aiglon avec les ailes étendues et sans bec ni pattes. (On dit aussi aiglette.)
ALÉRON ou ALEIRON (lé) n. m. Tringle de bois au moyen de laquelle on hausse et on relève les lisses d'un métier à tisser.
ALERTE (lèr-te) adj. Vigilant ; vif. N. f. Alarme : l'alerte a été vive. Interj. Debout, garde à vous !
ALÉSAGE (za-je) n. m. Action d'aléser.
ALÉSÉ (zé), E adj. Blas. Se dit des pièces dont les extrémités ne touchent pas les bords de l'écu : croix alésée. (On écrit aussi alaisé et alézé.)
ALÉSER (zé) v. a (Se conj. comme accélérer.) Polir l'intérieur d'un tube, d'un trou quelconque. Blas. Diminuer de longueur, en parlant des pièces honorables.
ALÉSOIR (zoir) n. m. Outil ou machine pour aléser.
ALESTER (lèsté) ou ALESTIR (lès-tir) v. a. Alléger, dégager : alester un navire.
ALÉSURE (zu-re) n. f. Ensemble des débris détachés d'une pièce métallique par l'alésoir.
ALEURITE n. f. Genre d'euphorbiacées dont une espèce, le bancoulier des Moluques, donne la noix de bancoul à propriétés purgatives.
ALEURONE n. f. Corpuscule azoté, qui se trouve chez les plantes, dans les cellules de l'embryon et des graines.
ALEVIN n. m. Menu poisson qui sert à peupler les étangs.
ALEVINAGE n. m. Art de propager l'alevin. Fretin. Action d'aleviner un étang.
ALEVINER (né) v. a. Jeter de l'alevin dans un étang, un vivier.
ALEVINIER (ni-é) n. m. ou ALEVINIÈRE n. f. Etang où l'on met de l'alevin.
ALEXANDRIN, E (lè-ksan) adj. Se dit du vers français de douze syllabes. N. m. Ce vers lui-même. Ex : On a sou-vent be-soin d'un plus pe-tit que soi.
ALEXIPHARMAQUE (lè-ksi) adj. Se disait autrefois des remèdes que l'on croyait propres à détruire l'action du poison ou des principes morbifiques. N. m. : un alexipharmaque.
ALEXITÈRE (lèk-si) adj. Se disait autrefois des médicaments employés pour prévenir les effets d'un poison. N. m. : un alexitère.
ALEZAN, E adj. et n. Se dit d'un cheval dont la robe est d'un rouge jaunâtre et les crins de la même couleur que le poil.
ALÈZE ou ALÈSE (lè-se) n. f. Drap plié en plusieurs doubles, qu'on met sous les malades.
ALÉZÉ, E adj. Blas. V. alésé.
ALFA n. m. Graminée agrostidée d'Algérie, dont on fait du papier, des tapis, des chaussures, etc.
ALFANGE n. f. Sorte de cimeterre.
ALFÉNIDE n. m. Composition métallique blanche, due en 1830 au chimiste Halphen : l'alfénide est du maillechort argenté, qui sert surtout à fabriquer les couverts de table.
ALGALIE (lî) n. f. Chir. Sonde creuse.
ALGANON n. m. Chaîne qu'on mettait au cou des galériens qui avaient la permission de circuler hors du bagne.
ALGARADE n. f. Sortie, insulte brusque et bruyante contre quelqu'un.
ALGAROTH (rot') n. m. Oxychlorure d'antimoine précipité, émétique et purgatif.
ALGAZELLE (zè-le) n. f. Variété d'antilope africaine blanche, que l'on trouve surtout en Egypte.
ALGÈBRE n. f. Science du calcul des grandeurs représentées par des lettres. Livre qui traite de cette science. — L'algèbre, qui a pour but d'abréger et de généraliser la solution des questions relatives aux quantités, fut introduite en Europe, vers 950, par les Arabes, qui en avaient puisé la connaissance dans les livres grecs et surtout dans Diophante d'Alexandrie, l'auteur du plus ancien traité d'algèbre connu (ive s.). La connaissance de l'algèbre a été longtemps le patrimoine exclusif des savants. Veut-on, encore aujourd'hui, parler d'une chose difficile, inconnue à quelqu'un, on dit : C'est de l'algèbre pour lui.
ALGÉBRIQUE adj. Qui tient à l'algèbre : formule, équation algébrique.
ALGÉBRIQUEMENT (man) adv. Suivant les règles de l'algèbre.
ALGÉBRISTE (bris-te) n. Qui connaît l'algèbre, l'enseigne. Qui fait des opérations d'algèbre.
ALGÉRIEN, ENNE (ri-in, è-ne) adj. et n. D'Algérie : troupes algériennes.
ALGIDE adj. (lat. algidus). Se dit des affections caractérisées par des sensations de froid : fièvre algide.
ALGIDITÉ n. f. Etat de ce qui est algide.
ALGORITHME (rit-me) n. m. Procédé de calcul, forme de la génération des nombres.
ALGUAZIL (gou-a) n. m. Agent de police, en Espagne.
ALGUE (al-ghe) n. f. Plante qui vit à la surface ou au fond des eaux douces ou salées.
ALIBI n. m. (mot. lat. signif. ailleurs). Absence d'un lieu, prouvée par la présence dans un autre : un alibi innocente un accusé. Pl. des alibis.
ALIBIFORAIN (rin) n. m. Propos sans rapport avec la chose dont il est question.
ALIBILE adj. Propre à la nutrition.
ALIBILITÉ n. f. Qualité d'une substance alibile.
ALIBORON n. m. Ane. Fig. Homme ignorant.
ALIBOUFIER (fi-é) n. m. Nom vulgaire du styrax qui fournit le baume styrax.
ALICANTE n. m. Vin liquoreux, que produit le territoire d'Alicante : un verre d'alicante.
ALICHON n. m. V. aileron.
ALIDADE n. f. Règle de bois ou de métal mobile autour d'un de ses points, et dont l'une des extrémités se meut sur un cadran divisé. — Les alidades servent à mesurer les angles ; les visées se font a l'aide de pinnules ou d'une lunette.
ALIÉNABILITÉ n. f. Qualité de ce qui est aliénable.
ALIÉNABLE adj. Dr. Qui peut être aliéné.
ALIÉNATAIRE (tè-re) n. Personne en faveur de qui on aliène une propriété, une rente, etc.
ALIÉNATEUR, TRICE n. Personne qui aliène.
ALIÉNATION (si-on) n. f. Action d'aliéner. Fig. Folie : aliénation d'esprit, aliénation mentale.
ALIÉNÉ, E adj. et n. Fou, folle : maison d'aliénés.
ALIÉNER (né) v. a. (lat. alienare, rendre autre. — Se conj. comme accélérer.) Vendre, transférer à un autre la propriété d'une chose. Rendre hostile : aliéner les esprits. Troubler : aliéner la raison. Ant. Conserver, garder.
ALIÉNISME (nis-me) n. m. Partie de la science médicale qui s'occupe des maladies mentales.
ALIÉNISTE (nis-te) n. et adj. m. Médecin qui soigne spécialement les aliénés.
ALIFÈRE adj. (lat. ala, aile, et ferre, porter). Se dit des insectes pourvus d'ailes. Tronc alifère, les deux segments postérieurs des insectes.
ALIFORME adj. Qui a la forme d'une aile.
ALIGNÉE (gné) n. f. Etat de ce qui est aligné : une alignée d'arbres.
ALIGNEMENT (man) n. m. Action d'aligner. Situation de plusieurs objets sur une ligne droite. Ligne qui détermine la largeur d'une rue, d'une allée, etc. Servitude d'alignement, obligation pour les propriétaires de ne pas dépasser cette ligne.
ALIGNER (gné) v. a. Ranger sur une ligne droite. Soigner jusqu'à l'affectation : aligner ses phrases. S’aligner v. pr. Se mettre sur l'alignement. Fam. Se mettre en face d'un autre pour se battre.
ALIGNOIR n. m. Instrument ayant la forme d'un coin et servant à fendre les blocs d'ardoise.
ALIMENT (man) n. m. (du lat. alere, nourrir). Nourriture : le pain est le premier des aliments. Fig. Ce qui sert à développer les facultés intellectuelles ou morales : les sciences sont l'aliment de l'esprit.
ALIMENTAIRE (man-tè-re) adj. Propre à servir d'aliment : plante alimentaire. Servant à procurer la subsistance, l'entretien : pension alimentaire. Provision alimentaire, somme accordée pour vivre à l'une des parties en attendant le jugement d'une affaire. Pâtes alimentaires, vermicelle, macaroni, tapioca, semoule, etc. Fourneau alimentaire, établissement philanthropique qui délivre à bon marché des aliments.
ALIMENTATEUR, TRICE (man) adj. Qui alimente, qui nourrit : substance alimentatrice.
ALIMENTATION (man-ta-si-on) n. f. Action de se nourrir. Approvisionnement : l'alimentation d'un marché.
ALIMENTATIVITÉ (man) n. f. Phrénol. Instinct qui porte les individus à rechercher les aliments, ce qui conduit à la gourmandise et à l'ivrognerie.
ALIMENTER (man-té) v. a. Nourrir : alimenter une famille. Fig. : l'élude alimente l'esprit. Approvisionner : la province alimente Paris.
ALIMENTEUX, EUSE (man-teû, eu-ze) adj. Nutritif. (vx.)
ALINÉA n. m. (lat. ad lineam, à la ligne). Ligne dont le premier mot est rentré. Passage commençant par cette ligne jusqu'à une autre de même disposition. Pl. des alinéas.
ALINÉAIRE (è-re) adj. Qui marque l'alinéa.
ALIOS (ôss) n. m. Grès grossier, de couleur brune, des Landes et du Médoc.
ALIQUANTE (kan-te) adj. f. Math. Qui n'est pas exactement contenu un certain nombre de fois dans un tout : deux est une partie aliquante de neuf.
ALIQUOTE (ko-te) adj. et n. f. Math. Qui est contenu un nombre exact de fois dans un tout : le nombre trois est une partie aliquote de douze. Une aliquote.
ALISE (li-ze) ou ALIZE n. f. Fruit de l'alisier,aigrelet et d'un goût agréable.
ALISIER (zi-é) ou ALIZIER (zi-é) n. m. Genre d'arbre, de la famille des rosacées, à fleurs blanches ou roses : le bois de l'alisier est excellent pour l'ébénisterie.
ALISMACÉES (lis-ma-sé) n. f. pl. Famille de plantes monocotylédones, comprenant des herbes ayant pour type l'alisme. S. une alismacée.
ALISME (lis-me) n. m. Genre de plantes, dont l'espèce la plus commune est le plantain d'eau, commun dans les mares.
ALITEMENT (man) n. f. Séjour au lit. Mise au lit.
ALITER (té) v. a. Forcer à garder le lit. S'aliter v. pr. Garder le lit par maladie.
ALITURGIQUE (a priv., et liturgique) adj. Se dit des jours qui n'ont pas d'office particulier.
ALIZARI n. m. Racine de la garance.
ALIZARINE n. f. Matière colorante, extraite de la racine de la garance.
ALIZÉ ou ALISÉ (zé) adj. et n. m. Se dit des vents réguliers qui soufflent entre les tropiques dans la direction de l'Ouest.
ALKÉKENGE (kan-je) n. m. Plante de la famille des solanacées, vulgairement le coqueret.
ALKERMÈS (ker-mèss) n. m. Liqueur agréable, mais excitante, qui tire son nom du kermès animal employé pour la colorer en rouge.
ALLAISE (a-lè-ze) n. f. Dépôt de sable qui se trouve dans le lit des rivières après une crue.
ALLAITEMENT (a-lè-te-man) n. m. Action d'allaiter.
ALLAITER (a-lè-té) v. a. Nourrir de son lait.
ALLANTOÏDE (a-lan) n. f. Annexe embryonnaire du fœtus, ayant la forme d'un long boyau.
ALLANTS (a-lan) n. m. pl. Qui vont : les allants et les venants.
ALLÉCHANT (al-lé-chan), E adj. Attrayant, séduisant : proposition alléchante.
ALLÈCHEMENT (al-lè-che-man) n. m. Action d'allécher.
ALLÉCHER (al-lé-ché) v. a. (lat. allicere, attirer. — Se conj. comme accélérer.) Attirer par l'appât du plaisir.
ALLÉE (a-lé) n. f. Passage étroit. Chemin bordé d'arbres. Allées et venues, courses réitérées.
ALLÉGATION (al-lé-gha-si-on) n. f. Action d'alléguer. Ce qui est allégué : une allégation fausse.
ALLÈGE (al-lè-je) n. f. Embarcation servant au chargement ou au déchargement des navires. Petit mur d'appui sous la baie d'une fenêtre.
ALLÉGEAGE (al-lé-ja-je) n. m. Action d'alléger.
ALLÉGEANCE (al-lé-jan-se) n. f. Adoucissement. Serment d'allégeance, serment de fidélité prêté au roi, en Angleterre.
ALLÉGEMENT (al-lé-je-man) n. m. Diminution de poids, de charge : l'allégement d'un navire. Fig. : l'allégement de l'impôt.
ALLÉGER (al-lé-jé) v. a. (Se conj. comme abréger.) Rendre moins lourd : alléger un fardeau. Fig. : alléger les impôts, le chagrin. Rendre moins chargé : alléger une voiture, les contribuables. Ant. Alourdir.
ALLÉGIR (al-lé) v. a. Diminuer le volume : allégir une pièce de bois.
ALLÉGORIE (al-légho-rî) n. f. (lat. allegoria). Fiction qui présente un objet à l'esprit, de manière à éveiller la pensée d'un autre objet : en cachant la Vérité au fond d'un puits, les poètes ont fait une allégorie. Peinture ou sculpture représentant une idée abstraite : un squelette armé d'une faux est une allégorie de la mort.
ALLÉGORIQUE (al-lé) adj. Qui appartient à l'allégorie.
ALLÉGORIQUEMENT (al-lé, ke-man) adv. Par allégorie.
ALLÉGORISATION (al-lé, za-si-on) n. f. Représentation allégorique.
ALLÉGORISER (al-lé, zé) v. a. Donner un sens allégorique.
ALLÉGORISEUR (al-lé, zeur) n. m. Qui voit partout des allégories. Qui explique les choses allégoriquement.
ALLÉGORISTE (al-lé-gho-ris-te) n. m. Celui qui explique un texte, un auteur dans un sens allégorique.
ALLÈGRE (al-lè-gre) adj. Gai, dispos, vif, agile.
ALLÈGREMENT (al-lè-gre-man) adv. D'une manière allègre.
ALLÉGRESSE (al-lé-grè-se) n. f. Grande joie.
ALLÉGRETTO (al-lé-grét-to) adv. et n. m. (mot ital.) Mus. Diminutif de allégro, moins vite que l'allégro. Pl. des allégrettos.
ALLÉGRO (al-lé) adv. (mot ital.). Mus. Vivement et gaiement. N. m. : jouer un allégro. Pl. des allégros.
ALLÉGUER (al-lé-ghé) v. a. (Se conj. comme accélérer.) Mettre en avant, prétexter : alléguer des raisons.
ALLELUIA (al-lé-lui-ia) n. m. Mot hébreu qui signifie louez Dieu, et qui marque l'allégresse. Entonner l'alléluia, louer quelqu'un outre mesure. Pl. des alléluias.
ALLÉLUIA (al-lé-lui-ia) n. m. Plante qui fleurit vers Pâques (d'où son nom) et dont les feuilles ont un goût aigrelet. Pl. des alléluias.
ALLEMAND (a-le-man), E adj. et n. D'Allemagne. N. m. La langue allemande : parler l'allemand.
ALLEMANDE (a-le) n. f. Danse vive, et gaie, à deux ou à trois temps. Air sur lequel on l'exécute. Cuis. Sauce blonde.
ALLER (a-lé) v. n. (Je vais, tu vas, il va, nous allons, vous allez, ils vont. J'allais. J'allai. Je suis allé. J'irai. J'irais. Va, allons, allez. Que j'aille, que nous allions, que vous alliez, qu'ils aillent. Que j'allasse. Allant. Allé, e.) Se mouvoir, se transporter d'un lieu dans un autre. Conduire : ce chemin va à Paris. Marcher : ce cheval va bien. Avancer : ce travail ne va pas. Prospérer : le commerce va. S'élever : cette montagne va jusqu'aux nues. S'ajuster : cet habit vous va bien. Etre sur le point de : nous allons partir. Se porter : comment allez-vous ? Aller aux voix, voter. Se laisser aller, s'abandonner. Impers. Il y va de, il s'agit de. S'en aller v. pr. Se retirer. Mourir : ce malade s'en va.Ne dites pas : je me suis en allé, je m'étais en allé, mais je m'en suis allé, etc. Ecrivez : va-t'en, et non va-t-en. On remplace quelquefois je suis allé, j'étais allé par j'ai été, j'avais été, etc. ; mais alors on fait entendre que l'aller a été suivi du retour. On ne doit pas dire je fus pour j'allai. A l'impératif, on dit vas-y pour va-y.
ALLER (a-lé) n. m. Action d'aller : l'aller et le retour.
ALLEU (a-leu) n. m. Féod. Propriété héréditaire et exempte de toute redevance, par opposition au fief, qui était grevé de certains services. (Il n'est guère usité que dans la locution franc-alleu. V. ce mot.) V. féodalité (part. hist.).
ALLEUTIER (a-leu-ti-é) n. m. Propriétaire d'un alleu, par opposition au détenteur d'un bénéfice ou fief.
ALLIABLE (a-li) adj. Qui peut être allié : Plaisir alliable au devoir.
ALLIACÉ (a-li), E adj. Qui tient de l'ail : goût alliacé.
ALLIAGE (a-li) n. m. Combinaison de métaux par la fusion : les monnayeurs doivent faire l'alliage selon les lois et les règlements. Fig. Mélange impur : alliage de bien et de mal. Arith. Règle d'alliage ou règle de mélange, opération qui consiste à déterminer le prix d'un mélange quand on connaît le prix et la quantité des éléments qui le composent.
ALLIAIRE (a-li-è-re) n. f. Nom vulgaire d'une plante crucifère à fleurs blanches, qui croît dans les lieux ombragés et rocailleux et qui doit son nom à l'odeur d'ail qu'elle répand.
ALLIANCE (a-li) n. f. Mariage ; parenté qui en résulte. Anneau de mariage. Ligue, coalition, confédération entre Etats ou souverains : traité d'alliance. (V. Part. hist.) Fig. Union, mélange de plusieurs choses : alliance de la prudence et du courage. Alliance de mots, rapprochement de mots formant une expression remarquable. Ex : Il ne voit que la nuit, n'entend que le silence.
ALLIÉ (a-li-é), E n. Personne unie à d'autres par parenté, par mariage. Peuple confédéré, ligué. Les Alliés. V. Part. hist.
ALLIEMENT (a-lî-man) n. m. Nœud que l'on fait à la corde d'une grue pour enlever un fardeau.
ALLIER (a-li-é) v. a. (pref. ad, et ligare, lier. Se conj. comme prier.) Mêler, combiner : allier l'or avec l'argent. Fig. : allier la force d la prudence. S'allier v. pr. S'unir par mariage. Se liguer.
ALLIER (a-li-é) ou HALLIER (h asp.) n. m. Sorte de filet à prendre les oiseaux, surtout les cailles, les perdrix.
ALLIGATOR (al-li) n. m. Crocodile d'Amérique qui atteint jusqu'à 5 mètres de long.
ALLITÉRATION (al-li, si-on) n. f. Répétition, volontaire ou involontaire, des mêmes lettres, des mêmes syllabes. Ex. : Non, il n'est rien que Nanine n'honore. (Volt.) Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes. (Rac.)
ALLIVREMENT (al-li-vre-man) n. m. Somme à laquelle le revenu net imposable est fixé pour l'assiette de la contribution foncière.
ALLIVRER (al-li-vré) v. a. Répartir les impositions foncières en proportion du revenu.
ALLOBROGE (al-lo) n. m. Homme grossier. V. Part. hist.
ALLOCATION (al-lo-ka-si-on) n. f. Action d'allouer, d'accorder une somme pour crédit, indemnité, etc.
ALLOCUTION (al-lo-ku-si-on) n. f. (préf. ad, et lat. loqui, parler). Harangue de peu d'étendue.
ALLODIAL, E, AUX (al-lo) adj. Tenu en franc-alleu : biens allodiaux. N. m. : un allodial.
ALLODIALITÉ (a-lo) n. f. Qualité d'une terre tenue en franc-alleu.
ALLONGE (a-lon-je) n. f. Pièce pour allonger. Crochet de fer pour suspendre des quartiers de viande.
ALLONGÉ, E (a-lon) adj. Rendu plus long. Mine, figure allongée, qui exprime la déconvenue.
ALLONGEMENT (a-lon-je-man) n. m. Augmentation de longueur.
ALLONGER (a-lon-jé) v. a. (Prend un e muet après le g devant a et o : j'allongeai, nous allongeons.) Rendre plus long. Etendre : allonger le bras. Porter : allonger un coup d'épée. Ant. Abréger, raccourcir.
ALLONYME (al-lo) adj. (gr. allos, autre, et onuma, nom). Publié sous le nom d'un autre : livre allonyme. N. Celui qui publie son livre sous le nom d'un autre.
ALLOPATHE (al-lo) ou ALLOPATHISTE (allo-pa-tis-te) n. et adj. Médecin qui traite par l'allopathie. Ant. Homéopathe, homéopathiste.
ALLOPATHIE (al-lo-pa-tî) n. f. (allos, autre, et pathos, maladie.) Nom donné à la médecine usuelle, qui consiste à attaquer la maladie par des moyens contraires à sa nature. Ant. Homéopathie.
ALLOPATHIQUE (al-lo-pa-li-ke) adj. Qui a rapport à l'allopathie. Ant. Homéopathique.
ALLOPATHIQUEMENT (al-lo-pa-ti-ke-man) adv. D'après la méthode allopathique.
ALLOTROPIE (al-lo, pî) n. m. Propriété que possèdent certains corps de pouvoir affecter plusieurs états correspondant à des propriétés différentes : le phosphore et le soufre sont des corps capables d'allotropie.
ALLOTROPIQUE (al-lo) adj. Qui résulte de l'allotropie.
ALLOUABLE (a-lou) adj. Qui peut être alloué.
ALLOUER (a-lou-é) v. a. Décréter : allouer un crédit. Accorder : allouer une indemnité.
ALLUCHON (al-lu) n. m. Dent de bois ou de fonte, qu'on adapte à certaines roues.
ALLUMAGE (a-lu) n. m. Action d'allumer.
ALLUME-FEU (a-lu-me) n. m. invar. Petite bûche, ou matière quelconque très combustible, destinée à allumer le feu.
ALLUMELLE (a-lu-mè-le) n. f. Fourneau de charbon de bois.
ALLUMER (a-lu-mé) v. a. (préf. ad, et lat. lumen, lumière). Mettre le feu : allumer une bougie. Fig. Exciter : allumer la guerre, la colère. Ant. Eteindre.
ALLUMETTE (a-lu-mè-te) n. f. Brin de bois ou de chanvre soufré qu'on enflamme. Allumette chimique, allumette dont l'extrémité a été trempée dans une pâte formée de phosphore ou de diverses compositions chimiques, de façon que cette extrémité prenne feu par frottement. Allumette-bougie, celle dans laquelle on a substitué aux bûchettes de bois une mèche de coton trempée préalablement dans un bain de stéarine et de gomme fondues ensemble. (Pl. des allumettes-bougies.) En France, l'Etat a le monopole de la fabrication et de la vente des allumettes.
ALLUMETTIER (a-lu-me-ti-é), ÈRE n. Personne qui fabrique ou vend des allumettes.
ALLUMEUR, EUSE (a-lu, eu-ze) n. Personne chargée d'allumer les réverbères, les becs de gaz, etc.
ALLUMIÈRE (a-lu) n. f. Fabrique d'allumettes. Boîte aux allumettes.
ALLUMOIR (a-lu) n. m. Appareil servant à allumer : les allumoirs des bureaux de tabac.
ALLURE (a-lu-re) n. f. Façon de marcher. Fig. Manière de se conduire : son allure n'est pas franche.
ALLUSIF (al-lu-zif), IVE adj. Qui contient une allusion : phrase allusive.
ALLUSION (al-lu-zi-on) n. f. (préf. ad, et lat. ludere, jouer). Mot, phrase, qui fait penser à une personne, à une chose, etc., sans qu'on en parle.
ALLUVIAL, E, AUX (al-lu) ou ALLUVIEN, ENNE (al-lu-vi-in, è-ne) adj. Produit par alluvion : terrains alluviaux.
ALLUVION (al-lu) n. f. (préf. ad, et lat. luere, laver). Dépôt argileux ou sableux que les eaux apportent ou laissent en se retirant : la majeure partie de la Hollande est formée d'alluvions marines.
ALLUVIONNAIRE (al-lu-vi-o-nè-re) adj. Produit par l'alluvion.
ALLUVIONNEMENT (al-lu-vi-o-ne-man) n. m. Déplacement par les eaux de matériaux d'alluvion. Formation d'alluvions.
ALMAGESTE (jès-te) n. m. Nom donné à des recueils d'observations astronomiques, dont l'Almageste de Ptolémée est le type.
ALMANACH (na) n. m. Calendrier avec indications astronomiques, météorologiques, etc. Faiseur d'almanachs, faiseur de pronostics. Un almanach du l'an passé, une chose qui n'a plus d'intérêt.
ALMAMY n. m. Chef, dans le Soudan occidental.
ALMÉE (mé) n. f. Danseuse égyptienne, dont les danses lascives sont mêlées de chants.
ALMICANTARAT (ra) n. m. Cercle imaginé sur la sphère, parallèle à l'horizon. (On dit aussi cercle ou parallèle de hauteur.)
ALOÈS (èss) n. m. (gr. aloê). Genre de plantes liliacées, à feuilles épaisses, dont on extrait une résine amère et purgative. Cette résine elle-même.
ALOÉTIQUE adj. Qui contient de l'aloès.
ALOI n. m. (lat. a lege, suivant la loi). Titre légal de l'or et de l'argent : monnaie d'aloi. Fig. Bonne ou mauvaise qualité d'une chose : marchandises de bon aloi. Noblesse de mauvais aloi.
ALOPÉCIE (sî) n. f. (gr. alôpekia). Chute ou absence totale ou partielle des cheveux, des sourcils, etc.
ALORS (lor) adv. En ce temps-là. En ce cas-là : alors, n'en parlons plus. Jusqu'alors loc. adv. Jusqu'à ce moment-là. Alors que loc. conj. Quand bien même : alors que vous seriez malade. Lorsque : alors que vous étiez malade.
ALOSE (a-lo-ze) n. f. Poisson de mer, famille des clupéidés, qui ne se reproduit que dans l'eau douce : l'alose, dont la chair est très estimée, atteint 1 mètre de long.
ALOUATE n. m. Espèce de sapajou d'Amérique, vulgairement singe hurleur.
ALOUETTE (è-te) n. f. (lat. alauda). Petit oiseau (passereau conirostre) des champs, à plumage gris, marqué de taches foncées : l'alouette ne perche pas sur les arbres. Prov. : Attendre que les alouettes tombent toutes rôties, compter tout obtenir sans se donner de peine.
ALOURDIR v. a. Rendre lourd : l'âge alourdit le pas. Ant. Alléger, décharger.
ALOURDISSEMENT (di-se-man) n. m. Etat de celui ou de ce qui est alourdi : l'alourdissement des sens.
ALOYAGE (loi-ia-je) n. m. Action d'aloyer. Résultat de cette action : l'aloyage d'un lingot.
ALOYAU (loi-io) n. m. Pièce de bœuf coupée le long des reins : aloyau rôti, braisé.
ALOYER (loi-ié) v. a. (Se conj. comme aboyer.) Donner à l'or et à l'argent l'aloi ou le titre légal.
ALPACA ou ALPAGA n. m. Ruminant du genre lama, qui vit dans l'Amérique du Sud. Etoffe de laine, faite avec le poil de l'alpaca.
ALPENSTOCK (pin-stok) n. m. Long bâton ferré, pour excursion dans la montagne.
ALPESTRE (pès-tre) adj. Des Alpes, qui ressemble aux Alpes : site alpestre.
ALPHA (fa) n. m. Première lettre de l'alphabet grec. Fig. : l'alpha et l'oméga, le commencement et la fin.
ALPHABET (bè) n. m. (gr. alpha et bêta). Réunion de toutes les lettres d'une langue. Petit livre qui contient l'alphabet et les éléments de la lecture. — Ce sont, dit-on, les Phéniciens qui ont inventé l'écriture alphabétique. Le Phénicien Cadmus l'apporta en Grèce ; de là elle passa aux Romains, qui l'ont transmise à toutes les langues néo-latines : le français, l'espagnol, le portugais, l'italien, etc.
ALPHABÉTIQUE adj. Selon l'ordre de l'alphabet : table alphabétique.
ALPHABÉTIQUEMENT (ke-man) adv. Dans l'ordre alphabétique : classer alphabétiquement des mots.
ALPHABÉTISER (zé) v. a. Classer par ordre alphabétique : alphabétiser des notes. Absol. Lire, épeler l'alphabet.
ALPICOLE adj. (de Alpe, et du lat. colere, habiter.) Qui croît dans les Alpes : plante alpicole.
ALPIN, E adj. Qui vit, qui croit sur les Alpes et, par extension, sur les hautes montagnes. Chasseurs alpins ou simplem. alpins n. m. pl. Bataillons de chasseurs à pied, destinés à la défense des montagnes, et particulièrement des Alpes. S. un alpin ou chasseur alpin.
ALPINISME (nis-me) n. m. Goût des excursions dans la montagne.
ALPINISTE (nis-te) n. Touriste qui aime les montagnes.
ALPIQUE adj. Qui se rapporte aux Alpes : chaîne alpique.
ALPISTE (nis-te) n. m. Espèce de graminées, dite aussi millet long, qui fournit un bon fourrage.
ALQUIFOUX (ki-fou) n. m. Terme employé par les potiers pour désigner la galène ou sulfure de plomb.
ALSACIEN, ENNE (za-si-in, è-ne) n. et adj. Qui a rapport à ou qui est de l'Alsace.
ALSATIQUE (za) n. m. Ecrit historique, géographique, etc., sur l'Alsace.
ALSINE n. f. Bot. V. morgeline.
ALTAÏQUE (ta-i-ke) adj. Se dit de la race dont le berceau est présumé se trouver dans les monts Altaï.
ALTÉRABILITÉ n. f. Qualité de ce qui peut être altéré : l'altérabilité des couleurs.
ALTÉRABLE adj. Qui peut être altéré : métaux altérables. Ant. Fixe, inaltérable.
ALTÉRANT (ran), E adj. Qui altère, qui cause la soif. N. m. : un altérant. Ant. Désaltérant.
ALTÉRATEUR, TRICE n. Personne qui altère.
ALTÉRATIF, IVE adj. Qui altère les propriétés des corps.
ALTÉRATION (si-on) n. f. (de altérer, changer.) Changement de bien en mal : altération de la santé. Falsification : altération des monnaies. Résultat d'une émotion intérieure qui se manifeste dans les traits, la voix, etc.
ALTÉRATION (si-on) n. f. (de altérer, haleter.) Soif ardente.
ALTERCATION (tèr-ka-si-on) n. f. Débat, vive contestation. Dispute, querelle.
ALTÉRER (ré) v. a. (lat. alter, autre. — Se conj. comme accélérer.) Changer en mal. Falsifier : altérer les monnaies. Refroidir : altérer l'amitié. S'altérer v. pr. Se détériorer.
ALTÉRER (ré) v. a. (lat. alitare, haleter). Exciter la soif. Ant. Désaltérer.
ALTERNANCE (tèr) n. f. Action d'alterner : l’alternance des couches dans les terrains stratifiés. B.-arts. Système d'ornementation consistant dans la répétition alternative et dans le même ordre de deux motifs différents. Bot. Disposition des feuilles, des fleurs alternes.
ALTERNANT (tèr-nan), E adj. Qui alterne : cultures alternantes.
ALTERNAT (tèr-na) n. m. Ordre dans lequel des choses différentes se succèdent périodiquement.
ALTERNATEUR (tèr) n. m. Machine dynamoélectrique à courants alternatifs.
ALTERNATIF (tèr), IVE adj. Qui agit tour à tour.
ALTERNATION (tèr, si-on) n. f. Alternance. (vx.)
ALTERNATIVE (tèr) n. f. Succession de choses qui reviennent tour a tour. Fig. Choix : je vous laisse l'alternative.
ALTERNATIVEMENT (tèr, man) adv. L'un après l'autre.
ALTERNE (tèr-ne) adj. Géom. Se dit, lorsque deux droites parallèles sont coupées par une troisième, des angles placés de côtés différents de la sécante. Angles alternes internes, angles situés en dedans des deux parallèles d'un côté différent de la sécante, comme les deux angles A ou les deux angles B. Angles alternes externes, angles situés en dehors des deux parallèles d'un côté différent de la sécante, tels les deux angles C et les deux angles D. (Les angles alternes internes sont égaux entre eux, les angles alternes externes le sont aussi.) Bot. Feuilles, fleurs alternes, disposées de chaque côté de la tige, mais non en face les unes des autres.
ALTERNER (tèr-né) v. n. Se succéder avec plus ou moins de régularité : les saisons alternent. V. a. Agric. Varier la culture : alterner les semences.
ALTESSE (tè-se) n. f. (lat. altissimus, très élevé). Titre d'honneur donné aux princes et aux princesses. Personne qui porte ce titre : recevoir une altesse.
ALTHAEA (té-a) n. m. Nom scientifique de la guimauve.
ALTIER (ti-é), ÈRE adj. (lat. altior, plus élevé). Orgueilleux, fier, hautain : Louvois était dur et altier. Fig. : des monts altiers. Ant. Affable, modeste.
ALTIÈREMENT (man) adv. Avec hauteur.
ALTISE (ti-ze) n. f. Insecte coléoptère phytophage sauteur, qui s'attaque aux plantes potagères et à la vigne.
ALTISSIME (ti-si-me) adj. (lat. altissimus). Très haut, très puissant.
ALTITUDE n. f. (lat. altitudo, hauteur). Elévation verticale d'un lieu au-dessus du niveau de la mer.
ALTO n. m. Autrefois, nom de la plus grave des voix de femme. (On dit auj. contralto.) Partie chantée par ces voix dans un chœur. Grand violon tenant le milieu entre le violon et le violoncelle. Instrument de cuivre à vent et à pistons, intermédiaire entre le bugle et le baryton. Pl. des altos.
ALTRUISME (is-me) n. m. (lat. alter, autre). Amour d'autrui. Ant. Egoïsme.
ALTRUISTE (is-te) adj. et n. Qui a rapport à l'altruisme, qui le professe. Ant. Egoïste.
ALUCITE n. f. Genre d'insectes lépidoptères, sorte de teigne qui attaque les grains.
ALUDE n. f. Techn. V. alute.
ALUDEL (dèl) n. m. Chim. Assemblage de pièces de poterie qui s'emboîtent pour former un tuyau.
ALUINE n. f. Nom vulgaire de l'absinthe. (vx.)
ALUMELLE (mè-le) n. f. (de a, et lamelle.) Lame de couteau, d'épée. Lame d'acier pour planer le bois.
ALUMINAGE n. m. Dépôt d'alumine sur une étoffe.
ALUMINAIRE (nè-re) adj. Qui contient de l'alun.
ALUMINATE n. m. Terme générique sous lequel on désigne les corps composés dans lesquels l'alumine joue le rôle d'acide : aluminate de potassium.
ALUMINE n. f. Chim. Oxyde métallique dérivant de l'aluminium et qui, diversement coloré par d'autres oxydes métalliques, constitue un certain nombre, de pierres précieuses (rubis, améthyste, etc..)
ALUMINERIE (rî) n. f. Lieu où l'on fabrique l'aluminium, ou encore lieu où on le vend.
ALUMINEUX, EUSE (neû, eu-ze) adj. Qui a les propriétés de l'alumine, qui contient de l'alumine : eau alumineuse.
ALUMINIUM (om') n. m. Métal blanc, léger, solide, qui a l'éclat de l'argent.
ALUMNAT (lom'-na) n. m. (lat. alumnus, disciple). Noviciat, dans certaines congrégations.
ALUN n. m. (lat. alumen). Sulfate double d'alumine et de potasse. Sel analogue. (L'alun a une saveur astringente ; il sert à fixer les teintures sur les étoffes et à clarifier les eaux.)
ALUNAGE n. m. Action d'aluner les étoffes sur lesquelles on veut fixer les couleurs. Action d'imprégner d'alun un cliché photographique.
ALUNATION (si-on) n. f. Formation de l'alun.
ALUNER (né) v. a. Imprégner de dissolution d'alun.
ALUNERIE (rî) n. f. Fabrique d'alun.
ALUNEUX, EUSE (neû, eu-ze) adj. Qui contient de l'alun.
ALUNIER (ni-é) n. m. Fabricant d'alun.
ALUNIÈRE n. f. Mine, fabrique d'alun.
ALUNIFÈRE adj. (de alun, et du lat. ferre, porter.) Qui contient de l'alun : schiste alunifère.
ALUNITE n. f. Minerai qui contient de l'alumine et du sulfate d'alumine et de potasse.
ALUTACÉ, E adj. (lat. aluta, cuir). Hist. nat. Qui est chagriné ou coloré comme le cuir.
ALUTE ou ALUDE n. f. (même étymol. qu'à l'art. précéd.). Basane molle et colorée, qui sert à la reliure.
ALVÉOLAIRE (lè-re) adj. Qui appartient aux alvéoles.
ALVÉOLE n. m. (lat. alveolus, petite auge). Cellule d'abeille. Anat. Cavité où la dent est enchâssée. (Quelques-uns font ce mot féminin.)
ALVÉOLÉ, E adj. Qui est composé d'alvéoles.
ALVIN, E adj. Qui a rapport au bas-ventre. Flux alvin, diarrhée.
ALYSSE (li-se) n. m. Bot. Genre de crucifères, dit souvent corbeille d'or.
AMABILITÉ n. f. Caractère d'une personne aimable. Affabilité, douceur. Ant. Brutalité, rudesse.
AMADOU n. m. Substance spongieuse provenant de l'agaric du chêne, du frêne, du saule, du peuplier, et préparée pour prendre feu aisément.
AMADOUEMENT (doû-man) n. m. Action d'amadouer ; son résultat. Caresse. Flatterie.
AMADOUER (dou-é) v. a. Gagner par des flatteries, des amabilités adroites : amadouer des créanciers.
AMADOUEUR, EUSE (eu-ze) adj. et n. Personne qui amadoue. (vx.)
AMADOUVIER (vi-é) n. et adj. Espèce de champignon dont on fait l'amadou : un amadouvier ; agaric amadouvier.
AMAIGRIR (mè) v. a. Rendre maigre, maigrir : le jeûne nous amaigrit. V. n. Devenir maigre : les vieillards amaigrissent. Ant. Engraisser.
AMAIGRISSANT (mè-gri-san), E adj. Qui amène l'amaigrissement : régime amaigrissant.
AMAIGRISSEMENT (mè-gri-se-man) n. m. Diminution d'embonpoint. Ant. Engraissement.
AMALGAMATION (si-on) n. f. Action d'amalgamer.
AMALGAME n. m. (gr. ama, ensemble, et gamos, mariage). Union du mercure avec un autre métal : l'amalgame d'étain sert à étamer les glaces. Fig. Mélange bizarre, confusion : amalgame de couleurs.
AMALGAMER (mé) v. a. Faire un amalgame. S'amalgamer v. pr. S'unir.
AMALGAMEUR, EUSE (eu-ze) n. Personne qui amalgame.
AMAN n. m. (mot ar. signif. sûreté). Cri par lequel les Arabes, les musulmans demandent grâce dans un combat. Demander l'aman, faire sa soumission.
AMANDAIE (dè) n. f. Lieu planté d'amandiers.
AMANDE n. f. Fruit de l'amandier : amande douce, amère. Toute graine contenue dans un noyau. Prov. : Pour avoir l'amande, il faut casser le noyau, il faut se donner de la peine pour retirer du fruit de quelque chose.
AMANDE, E adj. Qui contient un suc extrait de l'amande : lait amande. N. m. Emulsion d'amandes.
AMANDIER (di-é) n. m. Genre d'arbres de la famille des rosacées, qui porte des amandes : l'amandier, originaire d'Asie, fut importé en France en 1548.
AMANITE n. f. Genre de champignons hyménomycètes, qui croissent dans les bois et renferment des espèces comestibles (oronge, amanite solitaire, etc.), et d'autres très vénéneuses (fausse oronge, amanite bulbeuse, etc..) V. champignon.
AMANT (man), E n. Personne qui a de l'amour pour une personne d'un autre sexe. Qui est passionné pour une chose : amant de la gloire, de la liberté.
AMARANTACÉES (sé) n. f. pl. Famille de plantes qui a pour type le genre amarante. S. une amarantacée.
AMARANTE n. f. (gr. amarantos, qui ne se flétrit pas). Herbe annuelle qui donne en automne une fleur d'un rouge de pourpre velouté. — Se prend adjectiv., mais reste invariable : des étoffes amarante.
AMARINAGE n. m. Action d'amariner un navire.
AMARINER (né) v. a. Envoyer des hommes pour remplacer l'équipage d'un bâtiment pris sur l'ennemi. Habituer un équipage à la mer : amariner les matelots. S'amariner v. pr. S'habituer à la mer.
AMARRAGE (ma-ra-je) n. m. Mar. Action d'amarrer. Position de ce qui est amarré : quitter l'amarrage. Ant. Démarrage.
AMARRE (ma-re) n. f. Câble pour amarrer.
AMARRER (ma-ré) v. a. Mar. Attacher, fixer, retenir au moyen d'une amarre : amarrer un bâtiment. Ant. Démarrer.
AMARYLLIDACÉES (ril-li, sé) ou AMARYLLIDÉES (ril-li-dé) n. f. pl. Famille de plantes qui a pour type le genre amaryllis. S. une amaryllidacée ou amaryllidée.
AMARYLLIS (ril-liss) n. f. Plante bulbeuse, à grandes et belles fleurs d'odeur suave.
AMAS (ma) n. m. (de amasser.) Accumulation, monceau, tas : amas de pierres.
AMASSEMENT (ma-se-man) n. m. Action d'amasser. (vx.)
AMASSER (ma-sé) v. a. (de à, et masse). Réunir, accumuler, entasser plusieurs choses ensemble. V. n. Thésauriser : la vieillesse aime à amasser. Ant. Dépenser, disperser, éparpiller.
AMASSETTE (masè-te) n. f. Petit couteau à lame flexible pour amasser ou mélanger les couleurs broyées.
AMASSEUR, EUSE (ma-seur, eu-ze) n. Qui amasse, thésaurise.
AMATELOTAGE n. m. Action d'amateloter.
AMATELOTER (té) v. a. Mar. Associer les matelots deux à deux pour le service. (vx.)
AMATEUR n. et adj. m. (lat. amare, aimer). Qui a du goût, du penchant pour quelque chose : amateur de tableaux. Fig. Qui aime la poésie, les beaux-arts sans en faire profession : tableau d'amateur.
AMATIR v. a. Rendre mats l'or, l'argent.
AMAZONE n. f. (du gr. a priv., et mazos, mamelle). Femme d'un courage mâle et guerrier. (V. amazones [part. hist.].) Femme qui monte à cheval, qui est à cheval : saluer une amazone. Longue jupe que les femmes portent pour monter à cheval : acheter une amazone.
AMBAGES (an-ba-je) n. f. pl. (lat. ambages, détours). Circuit de paroles embarrassées, équivoques. Parler sans ambages, parler sans détours.
AMBASSADE (an-ba-sa-de) n. f. (lat. ambactus, valet qui fait les commissions). Fonction d'ambassadeur. Hôtel de l'ambassadeur. Fig. et fam. Message entre particuliers : chargez-vous de l'ambassade.
AMBASSADEUR (an-ba-sa) n. m. Représentant d'un Etat près d'une puissance étrangère.Fig. et fam. Toute personne chargée d'un message.
AMBASSADRICE (an-ba-sa) n. f. Femme d'ambassadeur. Fig. Femme chargée d'un message.
AMBE (an-be) n. m. (lat. ambo, deux). Deux numéros pris ou sortis ensemble à la loterie. Au loto, deux numéros sortis et placés sur la même ligne horizontale.
AMBESAS (an-be-zass) n. m. Jeu. V. beset.
AMBIANCE (an-bi) n. f. Ce qui environne, qui constitue un milieu matériel, intellectuel ou moral.
AMBIANT (an-bi-an), E adj. Phys. Qui entoure, enveloppe : les réchauds vicient l'air ambiant.
AMBIDEXTRE (an, dèks-tre) adj. et n. (lat. ambo, deux, et dextra, main droite). Qui se sert également bien des deux mains. — On a dit qu'il fallait attribuer à l'éducation plutôt qu'à la nature la particularité d'une main plus adroite, plus dextre que l'autre. Ainsi, tous les hommes naîtraient ambidextres. Cependant, on trouve peu d'ambidextres, même chez les sauvages.
AMBIGU (an) n. m. Repas froid, où l'on sert à la fois tous les mets et le dessert. Ambigu comique, pièce de théâtre où étaient mêlés plusieurs genres.
AMBIGU, E (an-bi-ghu) adj. (lat. ambiguus, équivoque). Dont le sens est incertain : réponse ambiguë. Qui participe de deux natures différentes : caractère ambigu. Ant. Clair, net, précis.
AMBIGUÏTÉ (an, ghu-i-té) n. f. Défaut de ce qui est équivoque, à double sens : il faut parler sans ambiguïté. Ant. Clarté, netteté, précision.
AMBIGUMENT (an, man) adv. D'une manière ambiguë. Ant. Clairement, nettement.
AMBITÉ, E (an) adj. Se dit du verre qui a perdu sa transparence.
AMBITIEUSEMENT (an-bi-si-eû-ze-man) adv. Avec ambition.
AMBITIEUX, EUSE (an-bi-si-eû, eu-ze) n. et adj. Qui a ou qui annonce de l'ambition : homme, projet ambitieux. Fig. Style ambitieux, trop recherché. Ant. Simple, modeste, humble.
AMBITION (an-bi-ti-on) n. f. (lat. ambire, rechercher ardemment). Désir immodéré de gloire, de forlune, etc. Se prend aussi en bonne part : ambition louable.
AMBITIONNER (an-bi-si-o-né) v. a. Rechercher avec ardeur.
AMBLE (an-ble) n. m. (lat. ambulare, aller). Allure d'un quadrupède qui se déplace en levant en même temps les deux jambes du même coté : l'ours, la girafe, le chameau et certains chevaux vont l'amble.
AMBLER (an-blé) v. n. Aller l'amble.
AMBLEUR, EUSE ( an, eu-ze) adj. Qui va l'amble : jument ambleuse.
AMBLYOPIE (an, pî) n. f. Affaiblissement de la vue : l'amblyopie est le premier degré de l'amaurose.
AMBLYRYNQUE (an) n. m. Genre de reptiles sauriens iguanidés d'Amérique.
AMBLYSTOME (an-bli-sto-me) n. m. Genre de batraciens urodèles, ayant pour type l'axolotl.
AMBON (an) n.. m. Archit. Tribune, chaire placée dans la nef des basiliques primitives. V. jubé.
AMBRE (an-bre) n. m. (ar. anber). Substance résineuse et aromatique qui a la consistance de la cire : parfumé d'ambre. Fig. Fin comme l'ambre, adroit, pénétrant. Ambre gris, concrétion intestinale des cachalots, de couleur cendrée, tenace et flexible, qui exhale une odeur analogue à celle du musc. Ambre jaune, résine fossile, dure, cassante, demi-opaque ou presque transparente, d'une couleur variant du jaune pâle au rouge hyacinthe. (On l'appelle encore succin.) — L'ambre jaune (en gr. êlektron) a donné sou nom à l'électricité, parce que, frotté, il attire les corps légers.
AMBRÉ, E (an) adj. Qui a le parfum de l'ambre gris : eau de toilette ambrée. Qui a la couleur dorée de l'ambre jaune : un teint ambré.
AMBRÉINE (an) n. f. Nom d'une certaine matière que contient l'ambre gris.
AMBRER (an-bré) v. a. Parfumer d'ambre gris.
AMBRETTE (an-brè-te) n. f. Graine d'une ketmie, appelée abel-mosch, qui exhale une odeur de musc.
AMBROISIE (an-broi-zi) n. f. (du gr. a priv., et brotos, mortel). Substance délicieuse dont se nourrissaient les dieux de l'Olympe. Fig. Mets exquis. L'ambroisie rendait immortels ceux qui en goûtaient. Elle était, disent les anciens, neuf fois plus douce que le miel ; mais ils ne sont pas d'accord sur cette action : le plus grand nombre en fait un aliment solide et l'oppose au nectar, qui était un breuvage.
AMBROSIAQUE (an-bro-zi-a-ke) adj. Qui a un parfum d'ambroisie.
AMBROSIEN, ENNE (an-bro-zi-in, è-ne) adj. Qui concerne le rit attribué à saint Ambroise : chant ambrosien. Bibliothèque ambrosienne. V. Ambrosienne (part. hist..)
AMBULACRE (an) n. m. (lat. ambulacrum). Mamelon d'où sort chez les oursins un des tentacules locomoteurs. Lieu planté d'arbres en rangées régulières.
AMBULANCE (an) n. f. (lat. ambulare, marcher). Etat de ce qui est ambulant. Emploi d'un commis des contributions indirectes, dont l'office est de parcourir sans cesse le même district. Hôpital mobile qui suit une armée. Etablissement provisoire où l'on donne des soins médicaux.
AMBULANCIER (an, si-é), ÈRE n. Personne attachée au service d'une ambulance.
AMBULANT (an-bu-lan), E adj. Qui va d'un lieu à un autre : marchand ambulant. Receveur, contrôleur ambulant, qui visite plusieurs localités. N. et adj. Post. Qui transporte les correspondances sur les voies ferrées et en opère le tri d'un bout à l'autre de la route : les ambulants, les bureaux ambulants.
AMBULATION (an, si-on) n. f. (du lat. ambulare, marcher). Action de marcher, de se promener.
AMBULATOIRE (an) adj. Dr. Qui n'a pas de siège fixe : le parlement était ambulatoire.
AMBUSTION (an-bus-ti-on) n. f. Cautérisation chirurgicale.
ÂME n. f. (lat. anima, souffle, vie). Principe de la vie. Qualités morales, bonnes ou mauvaises : âme noble, abjecte. Conscience, pensée intime : les yeux sont le miroir de l'âme. Habitant : ville de 30.000 âmes. Agent, moteur principal : cet homme était l'âme du complot. La discipline est l'âme d'une armée. Homme sans âme, qui ne sent rien. Chanter avec âme, avec expression, sentiment. Rendre l'âme, expirer. Par ext. Petit morceau de bois qui, placé dans l'intérieur d'un instrument à cordes, sert à soutenir la table et à mettre en communication de vibration toutes les parties de l'instrument : l'âme d'un violon. Vide intérieur d'une bouche à feu.
AMÉLIORABLE adj. Qui peut, qui doit être amélioré : terrain améliorable.
AMÉLIORANT (ran), E adj. Qui améliore.
AMÉLIORATEUR, TRICE adj. Qui a la propriété d'améliorer. (On dit aussi amélioratif, ive.)
AMÉLIORATION (si-on) n. f. Progrès vers le bien.
AMÉLIORER (ré) v. a. Rendre meilleur. Ant. Détériorer, gâter.
AMEN (mèn) Mot hébreu qui signifie ainsi soit-il. Dans le langage ordinaire, dire, répondre amen, consentir à une chose. Pl. des amen.
AMÉNAGEMENT (man) n. m. Action d'aménager. Résultat de cette action.
AMÉNAGER (jé) v. a. (Prend un e muet après le g devant a et o : il aménagea, nous aménageons.) Régler les coupes d'une forêt. Disposer avec ordre : aménager une maison.
AMÉNAGISTE (jis-te) n. m. Celui qui sait aménager les forêts.
AMENDABLE (man) adj. Qui est susceptible d'amélioration : terres amendables.
AMENDE (man-de) n. f. Peine pécuniaire : payer une amende. Amende honorable, peine infamante qui consistait dans l'aveu public d'une faute, d'un crime : la Constituante abolit l'amende honorable en 1791. Fam. Faire amende honorable, avouer ses torts, demander pardon.
AMENDEMENT (man-de-man) n. m. Changement en mieux. Modification apportée à un projet ou à une proposition de loi en discussion. Engrais, substance (chaux, marne, argile, etc.) qu'on mélange à la terre pour la rendre plus favorable à la végétation.
AMENDER (man-dé) v. a. (lat. amendare, corriger). Rendre meilleur, plus fertile. Modifier : amender un projet de loi. S'amender v. pr. Se corriger.
AMÈNE adj. (lat. amaenus). Doux : un caractère amène. Se dit d'un lieu qui a un aspect agréable.
AMENER (né) v. a. (Prend un è ouvert devant une syllabe muette : j'amène.) Conduire en menant. Fig. Introduire : amener une mode. Préparer avec art : amener un incident. Occasionner : la guerre amène bien des maux. Mar. Amener les voiles, les mettre bas. Amener son pavillon, ses couleurs, se rendre.
AMÉNITÉ n. f. (rad. amène.) Douceur, affabilité, amabilité. Ant. Aigreur, maussaderie.
AMENTACÉES (min, sé) n. f. pl. Famille de dicotylédones à fleurs en chatons (amentum) [orme, bouleau, saule, chêne, noyer, etc.]. S. une amentacée.
AMENTIFÈRE (min) adj. (lat. amentum, chaton, et ferre, porter). Hist. nat. Qui porte des espèces de chatons.
AMENTIFORME (min) adj. Hist. nat. Qui a la forme d'un chaton.
AMENUISER (zé) v. a. Rendre moins épais.
AMER (mèr'), ÈRE adj. (lat. amarus). Qui a une saveur rude et désagréable. L'onde amère, la mer. Fig. : douleur amère. Triste, douloureux : souvenir amer. Irritant : raillerie amère. Dur : reproches amers. n. m. Ce qui est amer : prendre des amers ; l'aloès est un amer. Vésicule du fiel de quelques animaux : un amer de bœuf. Ant. Sucré, suave.
AMÈREMENT (man) adv. Avec amertume.
AMÉRICAIN, E (kin, è-ne) adj. et n. D'Amérique.
AMÉRICAINE (kè-ne) n. f. Espèce de phaéton ou de char à bancs à quatre roues, dont les deux sièges, l'un avec capote, sont interchangeables.
AMÉRICANISER (zé) v. a. Donner le caractère américain. S'américaniser v. pr. Prendre les mœurs américaines.
AMÉRICANISME (nis- me) n. m. Manière d'être des Américains. Admiration outrée des moeurs américaines. Science, étude des antiquités américaines.
AMERS (mèr) n. m. pl. Mar. Se dit de tout objet fixe (tour, balise, etc.) servant à indiquer aux navigateurs la route qu'ils doivent suivre près de terre. S. un amer.
AMERTUME (mèr') n. f. Saveur amère. Fig. Affliction : les amertumes de la vie. Aigreur : critiquer avec amertume. Ant. Aménité, douceur.
AMÉTHYSTE (tis-te) n. f. (gr. amethustos, qui n'est pas ivre). Pierre précieuse de couleur violette, composée chimiquement d'une variété de quartz : les anciens attribuaient à l'améthyste la propriété de préserver de l'ivresse (d'où son nom.)
AMÉTROPE adj. Qui est atteint d'amétropie.
AMÉTROPIE (pî) n. f. (du gr. a priv., métron, mesure, et ôps, œil). Vision anormale par réfraction (myopie et hypermétropie.)
AMEUBLEMENT (man) n. m. Ensemble de meubles garnissant un appartement, etc.
AMEUBLIR v. a. Dr. Convertir en biens meubles. Faire entrer ses immeubles dans la communauté. Agric. Rendre une terre plus meuble, plus légère.
AMEUBLISSEMENT (bli-se-man) n. m. Action d'ameublir.
AMEULONNER (lo-né) v. a. Mettre en meules le foin, la paille ou les céréales moissonnées.
AMEUTEMENT (man) n. m. Action d'ameuter.
AMEUTER (té) v. n. Assembler des chiens courants pour la chasse, ou les jeunes chiens avec les vieux pour les dresser. Soulever, attrouper : ameuter le peuple. Ant. Apaiser.
AMI, E n. (lat. amicus). Avec qui on est lié d'une affection réciproque. Fig. Partisan : ami de la vérité. Adj. Propice, favorable : voix amie, rivage ami, vents amis. Ant. Ennemi.
AMIABLE adj. Affectueux, gracieux : accueil amiable. (vx.) Qui a lieu par la voie de la conciliation : partage amiable. A l'amiable loc. adv. De gré à gré, amicalement : vendre à l'amiable.
AMIABLEMENT (man) adv. D'une manière amiable.
AMIANTE n. m. (gr. amiantos, incorruptible). Minéral filamenteux qui résiste puissamment à l'action du feu. — Les anciens regardaient l'amiante comme une espèce de lin incombustible ; ils le cardaient, le filaient, et en faisaient des nappes, des serviettes, etc., que l'on jetait au feu quand elles étaient sales, et qui en sortaient plus blanches que si on les eût lavées. C'est dans une toile d'amiante qu'ils brûlaient les corps des personnages distingués, dont ils voulaient conserver les cendres pures et séparées de celles du bûcher. Entre autres applications, on s'en sert aujourd'hui, en mécanique, pour garnir les joints qui sont destinés à être portés à une température élevée.
AMIANTIN, E adj. Fait d'amiante : rideau amiantin.
AMIBE n. f. Protozoaire microscopique des eaux douces et salées, muni de pseudopodes qui lui servent à se mouvoir.
AMICAL, E, AUX adj. Inspiré par l'amitié : conseils amicaux. Ant. Hostile.
AMICALEMENT (man) adv. D'une manière amicale.
AMICT (mi) n. m. Linge bénit qui couvre le cou et les épaules du prêtre à la messe.
AMIDE n. f. Chim. Classe de composés qui diffèrent des sels ammoniacaux par l'absence des éléments de l'eau : J.-B. Dumas découvrit la première amide en 1830.
AMIDON n. m. (gr. amulon). Fécule que l'on retire le plus souvent des graines de céréales. (Délayée dans l'eau, elle sert à faire de l'empois.)
AMIDONNAGE (do-na-je) n. m. Action d'amidonner.
AMIDONNER (do-né) v. a. Enduire d'amidon.
AMIDONNERIE (do-ne-rî) n. f. Usine où l'on fabrique de l'amidon.
AMIDONNIER (do-ni-é), ÈRE n. Personne, qui fait, vend de l'amidon.
A-MI-LA n. m. Mus. Note la. Ton de la. (vx.)
AMINCIR v. a. Rendre plus mince : le corset amincit la taille. Ant. Epaissir.
AMINCISSEMENT (si-se-man) n. m. Action d'amincir. Ant. Epaississement.
AMIRAL n. m. (ar. amir, chef). Officier du grade le plus élevé dans la marine de l'Etat. Amiral ou adjectiv. Vaisseau amiral, monté par un amiral.
AMIRALAT (la) n. m. Dignité d'amiral.
AMIRALE n. f. Femme d'un amiral.
AMIRANTE n. m. Grand amiral, en Espagne.
AMIRAUTÉ (rô) n. m. Dignité de grand amiral : parvenir à l'amirauté. Tribunal maritime : les juges de l'amirauté. Administration supérieure de la marine de l'Etat : le conseil d'amirauté.
AMISSIBILITÉ (mi-si) n. f. Dr. Qualité de ce qui est amissible.
AMISSIBLE (mi-si-ble) Adj. (de amission.) Dr. Qui peut être perdu. Ant. Inamissible.
AMISSION (a-mi-si-on) n. f. (lat. amissio) Dr. Perte.
AMITIÉ n. f. (lat. amicitia). Attachement mutuel. laisir, bon office : faites-moi l'amitié de... Pl. Caresses, paroles obligeantes : il m'a fait mille amitiés. Ant. Inimitié, haine, aversion.
AMMAN (a-man) n. m. Chef de village, dans certaines parties de la Suisse.
AMMEISTRE (am'-mès-tre) n. m. Echevin, dans certaines villes de l'Allemagne.
AMMI (am'-mi) n. m. Ombellifère voisine des carottes.
AMMOCÈTE (am'-mo) n. f. Nom vulgaire de la larve de la lamproie. (On dit aussi lamprillon.)
AMMONIAC (am'-mo-ni-ak), AQUE adj. Gaz ammoniac, formé d'azote et d'hydrogène combinés. Sel ammoniac, chlorhydrate d'ammoniaque ou chlorure d'ammonium. Gomme ammoniaque, gomme-résine produite par une plante d'Afrique (le dorème ammoniac.)
AMMONIACAL, E, AUX (am'-mo) adj. Chim. Qui contient de l'ammoniaque : dissolution ammoniacale, odeur ammoniacale, sel ammoniacal.
AMMONIACÉ, E (am'-mo) adj. Qui contient de l'ammoniaque.
AMMONIAQUE (am'-mo-ni-a-ke) n. f. Dissolution du gaz ammoniac dans l'eau, vulgairement appelée alcali volatil. Le gaz ammoniac lui-même. (Quelques-uns font ce mot masc.) — L'ammoniaque coupée d'eau sert à dégraisser les étoffes. Pure, elle cautérise, les piqûres, les morsures.
AMMONITE (am'-mo) n. f. Genre de coquilles fossiles, vulgairement appelées autrefois cornes d'Ammon.
AMMONIUM (am'-mo-ni-om') n. m. Métal hypothétique qui existerait dans les sels ammoniacaux.
AMMONIURE (am'-mo) n. m. Nom de certains corps formés par la combinaison de quelques oxydes avec l'ammoniaque.
AMMOPHILE (am'-mo) n. m. Genre d'insectes hyménoptères porte-aiguillon, dont les espèces vivent dans les lieux sablonneux et se nourrissent de chenilles.
AMNÉSIE (am'-né-zî) n. f. (du gr. a priv., et mnêsis, mémoire). Diminution ou perte de la mémoire.
AMNICOLE (am'-ni) adj. (du lat. amnis, fleuve, et colere, habiter). Hist. nat. Qui vit, qui croit sur le bord des eaux : plante amnicole.
AMNISTIABLE (am'-nis-ti) adj. Qui peut, qui doit être amnistié : prisonniers amnistiables.
AMNISTIE (am'-nis-tî) n. f. (gr. amnistia, oubli). Pardon général. Acte du pouvoir législatif qui efface un fait punissable, empêche ou arrête les poursuites, anéantit les condamnations. (La grâce accordée par le chef de l'Etat supprime l'exécution de la peine, mais laisse subsister les effets de la condamnation ; l'amnistie, au contraire, anéantit et la punition et le fait qui en était la cause.)
AMNISTIÉ (am'-nis-ti-é), E n. Personne qui a été l'objet d'une amnistie.
AMNISTIER (am'-nis-ti-é) v. a. Accorder une amnistie. Par ext. Pardonner.
AMODIATAIRE (tè-re) n. Qui prend une terre à ferme.
AMODIATEUR, TRICE n. Qui cède une terre par amodiation.
AMODIATION (si-on) n. f. Action d'amodier.
AMODIER (di-è) v. a. (préf. ad, et lat. modium, boisseau). Affermer une terre moyennant une redevance en denrées ou en argent.
AMOINDRIR v. a. Rendre moindre, diminuer : la maladie amoindrit les forces. S'amoindrir v. pr. Devenir moindre. Ant. Agrandir, accroître.
AMOINDRISSEMENT (dri-se-man) n. m. Diminution. Ant. Accroissement, grandissement.
AMOLLIR (mo-lir) v. a. Rendre mou : le feu amollit la cire. Fig. Rendre efféminé, affaiblir : le repos amollit. Ant. Durcir.
AMOLLISSANT (mo-li-san), E adj. Qui amollit : plaisirs amollissants. La paresse est amollissante.
AMOLLISSEMENT (mo-li-se-man) n. m. Action d'amollir. Ant. Durcissement.
AMOMACÉES (sé) ou AMOMÉES (mé) n. f. pl. Famille de monocotylédones ayant pour type le genre amome. S. une amomacée ou amomée.
AMOME n. m. Genre d'amomacées africaines, dont les graines sont connues sous les noms de maniguette, graines de paradis.
AMONCELER (lé) v. a. (Prend deux l devant une syllabe muette : il amoncelle, nous amoncellerons.) Accumuler, entasser : les vents amoncellent le sable. Ant. Disperser, éparpiller, disséminer.
AMONCELLEMENT (sè-le-man) n. m. Action d'amonceler. Ant. Eparpillement, dispersion.
AMONT (mon) n. m. (préf. ad, et lat. mons, montis, montagne). Côté d'où descend un cours d'eau. En amont de loc. prép. Au-dessus de : Orléans est en amont de Blois. Ant. Aval.
AMORÇAGE n. m. Action d'amorcer.
AMORCE n. f. (préf. ad, et lat. morsus, action de mordre). Appât ; ce qui attire. Poudre qu'on mettait dans le bassinet d'une arme à feu pour enflamer la charge. Fig. Tout ce qui attire en flattant : les amorces du plaisir.
AMORCER (sé) v. a. (Prend une cédille sous le c devant a et o : il amorça, nous amorçons.) Garnir d'une amorce : amorcer une ligne. Fig. Attirer par des choses qui flattent : amorcer par la louange.
AMORCEUR, EUSE (eu-ze) n. Personne qui amorce, au pr. et au fig.
AMORÇOIR n. m. Outil, sorte de tarière pour commencer un trou dans le bois. Pêch. Ustensile à l'aide duquel on amorce.
AMORDANCER (sé) v. a. (Prend une cédille sous le c devant a et o : il amordança, nous amordançons) Traiter par un mordant : amordancer des laines.
AMOROSO adv. (m. ital..) Mus. D'une manière tendre : chanter amoroso.
AMORPHE adj. (du gr. a priv., et morphê, forme). Se dit des substances qui n'ont point de forme régulière et déterminée : l'état amorphe du phosphore.
AMORPHIE (fî) n. f. (de amorphe). Difformité. Absence de forme.
AMORTIR v. a. (rad. mort). Rendre moins violent : amortir un coup. Affaiblir : l'âge amortit les passions. Amortir une rente, l'éteindre en en payant le capital. Amortir les viandes, les rendre plus tendres. Ant. Attiser, aviver.
AMORTISSABLE (ti-sa-ble) adj. Qui peut être amorti : rente amortissable.
AMORTISSEMENT (ti-se-man) n. m. Extinction graduelle d'une rente, d'une dette, etc. Caisse d'amortissement, caisse dont les fonds sont destinés à l'extinction graduelle de la dette publique. Arch. Toute œuvre qui finit le comble d'un bâtiment.
AMOUR n. m. (lat. amor ; de amare, aimer). Sentiment par lequel le cœur se porte vers ce qui lui plaît fortement et en désire la possession : amour de la patrie, de la vertu. Penchant dicté par les lois de la nature : amour maternel, filial. Passion : amour des arts.Amour est masculin au singulier et féminin au pluriel : un amour insensé, des amours insensées. ll reste masculin au pluriel lorsqu'il désigne le dieu de la Fable, Cupidon, fils de Vénus, ou les tableaux, les statues représentant ce dieu : sculpter de petits Amours. Ant. Aversion, horreur.
AMOUILLANTE (ll mll.) adj. f. Se dit des vaches qui vont vêler ou qui viennent de vêler.
AMOURACHER (ché) v. a. Inspirer un amour peu justifié, une folle passion. S'amouracher v. pr. S'éprendre d'une folle passion.
AMOURETTE (rè-te) n. f. Amour passager. Moelle épinière du mouton et du veau dont on fait des garnitures dans la préparation de certains mets. Bot. Nom vulgaire du muguet et de quelques plantes des champs.
AMOUREUSEMENT (ze-man) adv. Avec amour.
AMOUREUX, EUSE (reû, eu-ze) adj. Qui aime avec amour, avec passion. N. m. Amant.
AMOUR-PROPRE n. m. Respect de soi-même, sentiment qu'on a de sa dignité, de sa propre valeur. Pl. des amours-propres.
AMOVIBILITÉ n. f. Etat de ce qui est amovible. Ant. Inamovibilité.
AMOVIBLE adj. (lat. amovere, déplacer). Qui peut être changé de place ou destitué, en parlant de certains fonctionnaires. Ant. Inamovible.
AMPÉLIDÉES (an, dé) n. f. pl. (gr. ampelos, vigne). Famille de plantes, dont le type est la vigne. S. une ampélidée.
AMPÉLOGRAPHIE (an, fî) n. f. (gr. ampelos, vigne, et graphein, décrire). Description de la vigne. Etude de la vigne et de ses caractères.
AMPÈRE (an - de Ampère, n. pr.) n. m. Phys. Unité pratique d'intensité des courants électriques.
AMPÈRE-HEURE n. m. Unité électrique de quantité. (C'est la quantité d'électricité qui traverse un conducteur en une heure quand l'intensité du courant est de un ampère.) Pl. des ampères-heures.
AMPÈREMÈTRE (an) n. m. Galvanomètre destiné à mesurer l'intensité d'un courant électrique.
AMPHIBIE (an-fi-bî) adj. (gr. amphi, doublement, et bios, vie). Qui peut vivre dans l'air et dans l'eau (grenouille, crocodile, etc..) N. m. : un amphibie.
AMPHIBIENS (an-fi-bi-in) n. m. pl. Subdivision de la classe des reptiles, animaux à sang froid, à peau nue, généralement aquatiques dans le jeune âge et aériens dans l'âge adulte (crapaud, grenouille, salamandre.) S. un amphibien.
AMPHIBOLE ou AMPHIBOLIQUE (an) adj. Se dit de la période qui dans les maladies est intermédiaire entre la période d'état et la défervescence.
AMPHIBOLOGIE (an, jî) n. f. (gr. amphibolos, ambigu, et logos, discours.) Construction vicieuse qui fait qu'une phrase présente deux ou plusieurs sens différents : je porte des bonbons à mes enfants qui sont dans la poche de mon habit.
AMPHIBOLOGIQUE (an) adj. A double sens : oracle amphibologique.
AMPHIBOLOGIQUEMENT (an, ke-man) adv. D'une manière amphibologique.
AMPHIBRAQUE (an) n. m. Pied formé d'une longue entre deux brèves, dans la poésie grecque et latine.
AMPHICTYON (an-fik-si-on) n. m. Membre de l'amphictyonie.
AMPHICTYONIDE (an-fik-si-o) adj. Se disait des villes grecques ayant droit d'envoyer un représentant au conseil des amphictyons.
AMPHICTYONIE (an-fik-si-o-nî) n. f. Droit qu'avaient certaines villes de la Grèce d'envoyer un député au conseil des amphictyons. Ce conseil luimême.
AMPHICTYONIQUE (an-fik-si-o) adj. Qui a rapport aux amphictyons.
AMPHIGAME (an) adj. (du gr. amphi, doublement, et gamos, mariage). Qui a les deux sexes.
AMPHIGASTRE (an-fi-ghas-tre) n. m. Bot. Appendice foliacé de certaines hépatiques.
AMPHIGÈNE (an) adj. Bot. Se dit des plantes qui poussent en tous sens pendant la germination (algues, champignons, lichens.) Chim. Corps qui donne avec les bases des composés basiques ou acides.
AMPHIGOURI (an) n. m. Langage ou écrit obscur, embrouillé, inintelligible.
AMPHIGOURIQUE (an) adj. Obscur : style amphigourique.
AMPHIGOURIQUEMENT (an, ke-man) adv. D'une manière amphigourique.
AMPHIOXUS (an, ksuss) n. m. Animal marin pisciforme, qui représente le premier échelon des vertébrés et qui se trouve sur les côtes sablonneuses de France.
AMPHIPODE (an) n. m. (gr. amphi, doublement, et pous, podos, pied). Crustacé caractérisé par deux sortes de pattes qui lui servent à sauter et à nager. (Il habite les eaux douces et salées.)
AMPHIPTÈRE (an) n. m. Blas. Serpent ou dragon ailé, qu'on voit dans nombre d'armoiries.
AMPHISARQUE (an, zar-ke) n. m. Fruit indéhiscent sec à l'extérieur, pulpeux à l'intérieur.
AMPHISBÈNE (an-fis-bè-ne) n. m. Reptile saurophidien, qui rampe dans les fourmilières africaines et américaines. Blas. Serpent dont la queue est terminée par une seconde tête.
AMPHISCIEN (an-fis-si-in) n. m. (gr. amphi, des deux côtés, et skia, ombre). Habitant de la zone torride, qui, par cette raison, projette son ombre en un temps de l'année vers le midi, et en l'autre vers le nord.
AMPHITHÉATRAL, E, AUX (an) adj. Qui a rapport à l'amphithéâtre.
AMPHITHÉÂTRE (an) n. m. (gr. amphi, autour, et theatron, théâtre). Partie d'un théâtre en face de la scène. Lieu garni de gradins où un professeur fait son cours. Chez les Romains, vaste enceinte ronde ou ovale, avec des gradins, pour les fêtes publiques. Terrain en amphithéâtre, qui va en s'élevant graduellement. Amphithéâtre anatomique, salle de dissection.
AMPHITRYON (an) n. m. (du n. d'un prince thébain qui figure dans une pièce de Molière.) Celui chez qui l'on dîne. V. Part. hist.
AMPHORE (an) n. f. (lat. amphora). Vase antique, de forme ovoïde et à deux anses.
AMPLE (an-ple) adj. (lat. amplus). Large. Fig. Au delà de la mesure commune : ample repas, ample récit. Ant. Etroit, resseré.
AMPLECTIF, IVE (an-plèk) adj. Bot. Se dit des organes qui en embrassent d'autres d'une façon complète, comme les feuilles dans la préfoliation.
AMPLEMENT (an, man) adv. D'une manière ample. Ant. Etroitement, petitement.
AMPLEUR (an) n. f. Qualité de ce qui est ample, large. Fig. Abondance, élévation, en parlant du langage, du style, des idées.
AMPLEXICAULE (an-plèk-si-kô-le) adj. Bot. Se dit des feuilles, pédoncules, pétioles, stipules, etc., lorsqu'ils embrassent la tige.
AMPLIATEUR (an) n. m. Qui fait une ampliation.
AMPLIATIF, IVE (an) adj. Qui augmente, qui ajoute. Dr. Se dit du duplicata authentique d'un acte.
AMPLIATION (an, si-on) n. f. Action de rendre plus ample. Dilatation, augmentation. Double d'un acte.
AMPLIFIANT (an-pli-fi-an), E adj. Qui grossit les objets : verre amplifiant.
AMPLIFICATEUR, TRICE (an) adj. et n. Qui amplifie, exagère. N. m. Phot. Syn. de agrandisseur.
AMPLIFICATIF, IVE (an) adj. Qui sert à agrandir, à grossir : le télescope est amplificatif.
AMPLIFICATION (an, si-on) n. f. Développement d'un sujet donné. Grossissement du volume apparent des objets. Fig. Exagération. Ant. Réduction.
AMPLIFIER (an-pli-fi-é) v. a. (lat. amplificare, étendre, augmenter. — Se conj. comme prier.) Etendre par le discours. Exagérer. Ant. Abréger, réduire.
AMPLISSIME (an-pli-si-me) adj. (lat. amplissimus). Très considérable. Autrefois, titre honorifique du recteur de l'université de Paris.
AMPLITUDE (an) n. f. Degré d'ampleur. Amplitude du jet, corde de la trajectoire d'un projectile. Grandeur angulaire : l'amplitude des oscillations du pendule.
AMPOULE (an) n. f. (lat. ampulla, sorte de vase). Petite tumeur constituée par une accumulation de sérosité sous l'épiderme. Ne pas se faire d'ampoules aux mains, travailler mollement. Anat. Dilatation, renflement d'un conduit. Petite fiole renflée se terminant en pointe, dans laquelle on introduit un liquide et qu'on ferme à la lampe d'émailleur. Petite fiole renflée, en général. Petit vase de verre qui renferme le conducteur d'une lampe électrique. Sainte ampoule. V. Part. hist.
AMPOULÉ, E (an) adj. Boursouflé, emphatique : style, discours ampoulé. Ant. Naturel, simple.
AMPUTATION (an, si-on) n. f. Action d'amputer.
AMPUTÉ, E (an) adj. et n. Qui a subi une amputation.
AMPUTER (an-pu-té) v. a. (lat. amputare, couper). Chir. Enlever à l'aide d'instruments tranchants un membre, un organe, etc.
AMULETTE (a-mu-lè-te) n. f. (lat. amuletum ; de amoliri, écarter). Objet que l'on porte sur soi par superstition et auquel on attribue un effet préservatif.
AMUNITIONNEMENT (si-o-ne-man) n. m. Action d'amunitionner. Son résultat.
AMUNITIONNER (si-o-né) v. a. Pourvoir des munitions nécessaires : amunitionner une citadelle.
AMURE n. f. Mar. Coin d'une basse-voile fixé du côté d'où vient le vent. Cordages qui fixent ce coin.
AMURER (ré) v. a. Tendre l'amure d'une voile du côté d'où vient le vent.
AMUSABLE (za-ble) adj. Qui peut être amusé.
AMUSANT (zan), E adj. Qui amuse : récit amusant. Ant. Ennuyeux.
AMUSEMENT (ze-man) n. m. Action d'amuser, de s'amuser. Ce qui amuse, distrait. Ant. Ennui.
AMUSER (zé) v. a. Divertir : amuser les enfants. Récréer : amuser l'esprit. Abuser, tromper en préoccupant : amuser l'ennemi. Duper, repaître de vaines espérances : amuser par des promesses. S’amuser v. pr. Se divertir. Ant. Ennuyer, contrarier.
AMUSETTE (zè-te) n. f. Petit amusement.
AMUSEUR, EUSE (zeur, eu-ze) n. Qui amuse, qui divertit.
AMUSOIRE (zoi-re) n. f. Moyen d'amuser. (Peu us.)
AMYCTIQUE adj. Se dit des topiques corrosifs : onguent amyctique. N. m. : un amyctique.
AMYGDALE n f. (gr. amugdalê, amande). Anat. Glande en forme d'amande, située de chaque côté de la gorge : les amygdales sont spongieuses.
AMYGDALÉES (lé) n. f. pl. Famille de plantes dont le type est l'amandier. S. une amygdalée.
AMYGDALIN, E adj. Dans lequel il entre des amandes : sirop amygdalin.
AMYGDALITE n. f. Inflammation des amygdales, appelée aussi angine, esquinancie.
AMYGDALOÏDE (lo-i-de) adj. Se dit de roches qui contiennent de petits corps blancs en forme d'amande. N. f. : une amygdaloïde.
AMYLACÉ, E adj. De la nature de l'amidon.
AMYLE n. m. Chim. Radical qui entre dans la constitution des composés amyliques.
AMYLÈNE n. m. Corps composé, liquide à la température ordinaire, à odeur éthérée, que l'on obtient en décomposant l'alcool amylique.
AMYLIQUE adj. Se dit d'un alcool qui se produit dans la fermentation de la fécule de pomme de terre : l'alcool amylique est utilisé dans l'extraction de la paraffine des goudrons de houille. Se dit des composés qui dérivent de l'alcool amylique.
AMYLOBACTER (bak-tèr) n. m. Microbe anaérobie très répandu, qui agit sur les matières sucrées, grasses, etc., et donne de l'acide butyrique.
AMYLOÏDE (lo-i-de) adj. (du gr. amidon, amidon, et eidos, forme). Se dit d'une substance, en apparence amylacée, qui se rapproche des albumlnoïdes et qui infiltre divers organes, tels que le foie, la rate, le rein, à la suite de certaines maladies.
AMYLOSE (lô-ze) n. f. Maladie dans laquelle les organes sont infiltrés de substance amyloïde. (On dit aussi maladie amyloïde.)
AN n. m. (lat. annus). Année. (V. ce mot). Le jour de l'an, le 1er janvier. Bon an, mal an, compensation faite des bonnes et des mauvaises années. Pl. Vieillesse, temps : l'outrage des ans.
ANA n. m. Recueil de bons mots. Pl. des ana.
ANABAPTISME (ba-tis-me) n. m. Doctrine des anabaptistes.
ANABAPTISTE (ba-tis-te) n. et adj. (gr. ana, de nouveau, et baptizein, plonger dans l'eau). Membre d'une secte politique et religieuse du xvie siècle : un anabaptiste ; doctrine anabaptiste. — Les anabaptistes, issus du protestantisme, rejetaient le baptême des enfants comme inefficace et soumettaient à un second baptême ceux qui embrassaient leurs doctrines. Ils eurent pour chefs Thomas Munzer, Jean de Leyde, choisirent Munster comme centre de leur action, et furent en butte aux supplices et aux persécutions. Leurs sectateurs, appelés baptistes, se trouvent encore en Angleterre et en Amérique.
ANACARDE n. m. Fruit de l'anacardier.
ANACARDIÉES (sé) n. f. pl. Bot. Tribu de térébinthacées, dont le type est l'anacarde. S. une anacardiée.
ANACARBIER (di-é) n. m. Bot. Genre de térébinthacées. (L'espèce type américaine fournit l'anacarde ou noix d'acajou, dont l'amande est comestible et dont le péricarpe donne une huile caustique.)
ANACHORÈTE (ko) n. m. (gr. ana, à l'écart, et khôrein, se retirer). Religieux qui vit seul dans la solitude. Celui qui mène une vie très retirée.
ANACHORÉTISME (ko-ré-tis-me) n. m. Existence d'anachorète. Amour pour la vie d'anachorète.
ANACHRONIQUE (kro) adj. Entaché d'anachronisme.
ANACHRONISME (kro-nis-me) n. m. (gr. ana, en arrière, et khronos, temps). Faute contre la chronologie. Erreur dans la date des événements. Chose non conforme aux mœurs d'une époque.
ANACOLUTHE n. f. Gramm. Ellipse par laquelle on omet dans une phrase le corrélatif d'un mot exprimé. Tour de phrase où la construction grammaticale change brusquement : Et, pleurés du vieillard, il grava sur leur marche... Ce que je viens de raconter. : Ex : qui dort dîne, pour celui qui dort dîne.
ANACOSTE (kos-te) n. f. Etoffe dont la chaîne et la trame sont en laine et à double croisure.
ANACRÉONTIQUE adj. Léger, gracieux, bachique, dans le goût des odes du poète Anacréon : vers anacréontiques.
ANACRÉONTISME (tis-me) n. m. Imitation de la poésie anacréontique : le poète Gresset a fait de l'anacréontisme.
ANACROUSE (krou-ze) n. f. (gr. ana, avant, et krousis, action de frapper). Mus. Notes initiales d'un rythme qui précèdent la première barre de mesure et mènent au premier temps fort.
ANADROME adj. Se dit de poissons qui remontent de la mer dans les fleuves (saumon, esturgeon, etc..)
ANADYOMÈNE adj. (gr. anaduomai, j'émerge). Surnom donné à Vénus, sortie de l'écume de la mer.
ANAÉROBIE (bî) adj. (gr. an, sans, aêr, air, et bios, vie). Se dit d'êtres microscopiques pouvant se passer d'air libre. N. m. : un anaérobie. Ant. Aérobie.
ANAGLYPHE ou ANAGLYPTE n. m. (gr. anagluphos). Ouvrage ciselé ou sculpté en relief.
ANAGNOSTE (ghnos-te) n. m. A Rome, esclave chargé de lire à haute voix pendant le repas, le bain.
ANAGOGIE (jî) n. f. (gr. ana, en haut, et agôgos, qui conduit.) Interprétation des Ecritures par laquelle on s'élève du sens littéral au sens mystique.
ANAGOGIQUE adj. Qui tient de l'anagogie.
ANAGOGISTE (jis-te) n. m. Celui qui s'occupe de l'anagosie, de l'interprétation des saintes Ecritures.
ANAGRAMMATIQUE (gram'-ma) adj. Qui tient de l'anagramme.
ANAGRAMMATIQUEMENT (gram'-ma-ti-ke-man) adv. D'une manière anagraminatique.
ANAGRAMME (gra-me) n. f. (gr. ana, marquant renversement, et gramma, lettre). Mot formé par la transposition des lettres d'un autre mot : l'anagramme du mot gare est rage, celui de signe est singe.
ANAGYRE n. m. Genre de légumineuses papilionacées, dont le type est un arbrisseau européen, dit bois puant à cause de son odeur.
ANAL, E, AUX adj. Qui a rapport à l'anus.
ANALECTES (lèk-te) n. m. pl. (gr. analektos, recueilli). Morceaux choisis d'un ou de plusieurs auteurs.
ANALEPSIE (lèp-sî) n. f. (gr. analepsis). Retour des forces après une maladie. Convalescence.
ANALEPTIQUE (lèp) adj. Qui a les propriétés de l'analepsie. N. m. : un analeptique.
ANALGÉSIE (zî) ou ANALGIE (jî) n. f. (gr. an, sans, et algos, douleur). Perte de la sensibilité à la douleur.
ANALGÉSINE n. f. Pharm. Syn. de antipyrine.
ANALLANTOÏDIEN, ENNE (al-lan-to-i-di-in, è-ne) adj. Se dit des poissons, des amphibiens qui sont dépourvus d'allantoïde.
ANALOGIE (jî) n. f. (gr. analogia, rapport). Rapport, ressemblance, similitude partielle d'une chose avec une autre : la langue italienne a beaucoup d'analogie avec la langue latine. Par analogie, d'après les rapports qui existent entre les choses : juger, raisonner par analogie. Ant. Différence.
ANALOGIQUE adj. Qui tient de l'analogie.
ANALOGIQUEMENT (ke-man) adv. D'une manière analogique.
ANALOGISME (jis-me) n. m. Raisonnement par voie d'analogie.
ANALOGUE (lo-ghe) adj. Qui a de l'analogie, de la ressemblance avec autre chose. Ant. Dissemblable.
ANALYSABLE (za-ble) adj. Qu'on peut analyser.
ANALYSE (li-ze) n. f. (gr. analusis, décomposition). Décomposition d'un corps en ses principes constituants : analyse de l'eau, de l'air, etc. Résumé, compte rendu d'un texte, d'un livre, d'un discours. Philos. Méthode qui va du composé au simple. Gram. Analyse logique, décomposition d'une phrase en propositions et de chaque proposition en sujet, verbe et attribut. Analyse grammaticale, celle qui prend les mots un à un pour en indiquer l'espèce, le genre, le nombre, la fonction, etc. Math. Analyse mathématique, algèbre pure ou toute autre partie de la science géométrie mécanique, etc., soumise aux calculs algébriques. Analyse transcendante, analyse infinitésimale, le calcul différentiel ou intégral. Ant. Synthèse.
ANALYSER (zé) v. a. Faire une analyse ; décomposer un tout en ses parties. Ant. Synthétiser.
ANALYSTE (lis-te) n. m. Qui est versé dans l'analyse, surtout l'analyse mathématique.
ANALYTIQUE adj. Qui procède par voie d'analyse : méthode analytique, par opposition à méthode synthétique. Langues analytiques, celles qui expriment les diverses idées et les rapports qui les lient par des mots et des signes distincts. Géométrie analytique, application de l'algèbre à la géométrie.
ANALYTIQUEMENT (ke-man) adv. D'une manière analytique.
ANAMNESTIQUE (nam'-nès-ti-ke) adj. (gr. ana, en arrière, et mimnéskein, faire souvenir). Se disait des remèdes que l'on croyait propres à rendre la mémoire. N. m.: un anamnestique.
ANAMNIÉ (nam'-ni-é), E adj. (du lat. a priv., et amnium, amnios). Se dit des animaux qui n'ont pas d'amnios.
ANAMORPHOSE (fô-ze) n. f. Image grotesque, difforme, quand elle est observée d'un certain point.
ANANAS (na-na) n. m. Plante de la famille des broméliacées, originaire d'Amérique, et qui fournit un fruit délicieux. Fruit de l'ananas : ananas au kirsch.
ANAPESTE (pès-te) n. m. Pied de vers grec ou latin, composé de deux brèves et d'une longue. Adj. : pied anapeste.
ANAPESTIQUE (pès-ti-ke) adj. Se dit des vers grecs et latins composés d'anapestes.
ANAPHORE n. f. (gr. anaphora) Répétition qui consiste à recommencer par le même mot divers membres d'une phrase.
ANAPLASTIE (plas-tî) ou ANAPLASIE (zî) n. f. (gr. anaplasis). Opération chirurgicale qui consiste à restaurer des parties détruites au moyen d'autres parties empruntées au même individu.
ANARCHIE (chî) n. f. (gr. an, sans, et archê, commandement). Système politique et social où l'individu se développe librement, émancipé de toute tutelle gouvernementale. Etat d'un peuple qui n'a plus de chef, où le pouvoir gouvernemental est entravé ou suspendu. Désordre, confusion.
ANARCHIQUE adj. Qui tient de l'anarchie.
ANARCHIQUEMENT (ke-man) adv. D'une manière anarchique.
ANARCHISER (sé) v. a. Exciter à l'anarchie.
ANARCHISME (chis-me) n. m. Opinion, théorie des anarchistes.
ANARCHISTE (chis-te) n. Partisan de l'anarchie. Adj. : doctrines anarchistes.
ANAS (nass) n. m. Nom scientifique du genre canard.
ANASARQUE (zar-ke) n. m. (gr. ana, au travers, et sarx, sarkos, chair). Méd. Infiltration de sérositédans le tissu cellulaire. Syn. de leucophlegmasie.
ANASTIGMATE (nas-tigh-ma-te) ou ANASTIGMATIQUE (nas-tigh-ma) adj. Qui est dépourvu d'astigmatisme : objectif anastigmate. (En parlant d'un objectif, on dit aussi anastigmat adj. m., et, substantiv., un anastigmat.)
ANASTOME (nas-to-me) n. m. Genre de gallinacés échassiers, des Indes orientales, dont le nom vulgaire est becs-ouverts.
ANASTOMOSE (nas-to-mô-ze) n. f. (gr. anastomôsis.) Anat. Abouchement de deux vaisseaux l'un dans l'autre. Filet de communication entre deux nerfs.
ANASTOMOSER (S') [sa-nas-to-mo-zé] v. pr. Se joindre par les bouts en formant une anastomose.
ANASTOMOTIQUE (nas-to) adj. Qui fient de l'anastomose.
ANASTROPHE (nas-tro-fe) n. f. Renversement de l'ordre naturel des mots. Ex. : me voici, pour voici moi.
ANATHÉMATIQUE adj. Qui est offert en expiation pour combattre les effets d'un anathème.
ANATHÉMATISATION (za-si-on) n. f. Action d'anathématiser. Formule employée pour anathématiser.
ANATHÉMATISER (zé) v. a. Frapper d'anathème, excommunier. Par ext. Désapprouver, blâmer avec force.
ANATHÈME n. m. (gr. anathêma). Excommunication. Blâme solennel, malédiction. N. Personne frappée de cette malédiction. Adjectiv. : bulle anathème.
ANATIBÉS n. m. pl. Famille d'oiseaux palmipèdes, dont le canard est le type. S. un anatidé.
ANATIFE n. m. Genre de crustacés cirripèdes, dont on trouve souvent d'immenses quantités fixées sur les bois flottants en mer.
ANATOCISME (sis-me) n. m. (gr. ana, de nouveau, et tokos, intérêt). Capitalisation des intérêts d'une somme prêtée.
ANATOMIE (mî) n. f. (gr. ana, à travers, et tome, action de couper). Étude de la structure des êtres organisés à l'aide de la dissection : Vésale est un des créateurs de l'anatomie. Action de disséquer : faire l'anatomie d'un homme. Fig. Analyse minutieuse. Pièce d'anatomie, partie d'un corps disséquée. Reproduction en plâtre, en cire, d'une partie d'un corps.
ANATOMIQUE adj. Qui appartient à l'anatomie.
ANATOMIQUEMENT (ke-man) adv. D'une manière anatomique, en anatomiste.
ANATOMISER (zé) v. a. Faire l'anatomie.
ANATOMISTE (mis-te) n. m. Celui qui s'occupe d'anatomie.
ANATROPE adj. Bot. Se dit de l'ovule dont le micropyle est placé près du hile, tandis que la chalaze est à l'autre extrémité.
ANCESTRAL (sès-tral), E, AUX adj. Qui appartient aux ancêtres, aux siècles écoulés.
ANCÊTRES n. m. pl. (lat. ante, auparavant, et cedere, marcher). Ceux de qui l'on descend, ceux qui ont vécu avant nous. S. : un ancêtre, une ancêtre.
ANCHE n. f. Languette dont les vibrations produisent les sons dans certains instruments à vent.
ANCHILOPS (ki-lopss) n. m. (du gr. agkhi, proche, et ôps, œil). Méd. Petite tumeur dans l'angle interne de l'œil.
ANCHITHÉRIUM (ki-té-ri-om') n. m. Mammifère fossile, voisin des chevaux apparus au cours de la période miocène.
ANCHOIS (choi) n. m. (espagn.anchoa). Petit poisson de l'Atlantique et de la Méditerranée. (On conserve l'anchois dans la saumure ou dans l'huile) : salade d'anchois.
ANCIEN, ENNE (si-in, è-ne) adj. (lat. ante, auparavant). Qui existe depuis longtemps, antique, vieux : meuble ancien. Qui a existé autrefois, mais qui n'existe plus : les écrivains anciens. Qui n'est plus en fonctions : l'ancien préfet. N. m. Personnage de l'antiquité : un ancien disait... Pl. Vieillards : les anciens. Ant. Nouveau, contemporain.
ANCIENNEMENT (si-è-ne-man) adv. Autrefois, jadis. Ant. Actuellement, aujourd'hui.
ANCIENNETÉ(si-è-ne) n. f. Etat de ce qui est vieux, ancien : l'ancienneté d'une loi. Priorité de réception dans un grade, un poste : avancement à l'ancienneté. Ant. Actualité, nouveauté.
ANCILE n. m. (mot lat.) Bouclier sacré que le roi Numa prétendait être tombé du ciel et auquel, selon la légende, était attaché le sort de Rome.
ANCIPITÉ, E adj. Hist. nat. Qui a deux tranchants comme un glaive.
ANCOLIE (lî) n. f. Genre de renonculacées des pays tempérés, qui donne de belles fleurs de couleurs variées.
ANCRAGE n. m. Lieu pour ancrer.
ANCRE n. f. (lat. ancora). Mar. Instrument en fer à deux becs, qu'on laisse tomber au fond de la mer pour fixer un navire. Pièce d'horlogerie servant à régler l'échappement. Pièce de fer passant dans l'anneau d'un tirant et servant à empêcher l'écartement des murs. Fig. Ancre de salut, unique ressource.
ANCRER (kré) v. n. Jeter l'ancre. V. a. Attacher avec une ancre : ancrer une cheminée. Fig. Consolider, affermir.
ANCRURE n. f. Ensemble de l'ancre, de l'organeau et du jas. Pli qui se fait dans un drap mal tendu.
ANDABATE n. m. Gladiateur dont la tête était couverte d'un casque fermé, et qui combattait à l'aveugle.
ANDAIN (din) n. m. Herbe qu'un faucheur peut abattre à chaque pas qu'il fait.
ANDALOU, SE (lou-ze) adj. et n. De l'Andalousie.
ANDANTÉ ou ANDANTE (dan-te) adv. Mus. Modérément. N. m. Air d'un mouvement modéré. Pl. des andantés ou andantes.
ANDANTINO adv. Mus. D'un mouvement plus animé que l'andante. N. m. Morceau joué dans ce mouvement. Pl. des andantinos.
ANDOUILLE (dou, ll mll.) n. f. Boyau de porc rempli soit de tripes, d'intestins ou de chair du même animal : andouille fumée, andouille truffée.
ANDOUILLER (dou, ll mll., é) n. m. Espèce de petite corne qui vient avec l'âge au bois du cerf, du daim et du chevreuil et qui permet d'établir l'âge de ces animaux.
ANDOUILLETTE (dou, ll mll., è-te) n. f. Petite andouille : les andouillettes de Troyes sont renommées.
ANDRÉACÉES (sé) n. f. pl. Famille de mousses généralement noirâtres, vivant sur les rochers. S. une andréacée.
ANDRINOPLE (de la ville d'Andrinople) n. f. Etoffe de coton bon marché, généralement rouge.
ANDROCÉE (sé) n. m. Bot. Ensemble des organes mâles d'une fleur.
ANDROGÉNIE (nî) n. f. (gr. anêr, andros, homme, et genesis, génération). Ce qui concerne la reproduction de l'homme. Succession des mâles aux mâles.
ANDROGYNE adj. et n. (gr. anêr, andros, homme, et gunê, femme). Qui tient des deux sexes. Bot. Se dit des végétaux qui réunissent à la fois des fleurs mâles et des fleurs femelles, comme le noyer, le noisetier.
ANDROÏDE (dro-i-de) n. m. (gr. anêr, andros, homme, eidos, aspect). Automate à figure humaine.
ANDROLÂTRE n. Qui pratique l'androlâtrie.
ANDROLÂTRIE (trî) n. f. (gr. anêr, andros, homme, et latreia, culte). Culte divin rendu à un homme.
ANDROPHOBIE (bî) n. f. (gr. anêr, andros, homme, et phobos, crainte). Aversion, haine des hommes.
ÂNE n. m. (lat. asinus). Mammifère solipède domestique, plus petit que le cheval et à longues oreilles. Fig. Homme ignorant ou entêté. Sorte d'étau. En dos d'âne, dont les côtés présentent un talus. Pont aux ânes, difficulté qui n'arrête que les ignorants. Prov. Faire l'âne pour avoir du son, faire l'idiot pour attraper des dupes. Coup de pied de l'âne, insulte qu'adresse un homme lâche ou faible à celui dont il n'a plus à redouter la force ou le pouvoir.
ANÉANTIR v. a. Détruire entièrement, abolir, exterminer. Par ext. Rendre stupéfait, confondu. Exténuer de fatigue : l'insomnie anéantit.
ANÉANTISSEMENT (ti-se-man) n. m. Action d'anéantir. Par ext. Abattement, accablement, prostration.
ANECDOTE (nèk) n. f. (gr. anekdotos, non publié). Petit fait historique. Historiette. Petit récit piquant.
ANECDOTIER (nèk-do-ti-é), ÈRE n. Celui, celle qui recueille ou raconte des anecdotes.
ANECDOTIQUE (nèk) adj. Qui tient de l'anecdote.
ANECDOTISER (nèk, zé) v. n. Conter à tout propos des anecdotes. Recueillir des anecdotes.
ÂNÉE (né) n. f. Charge d'un âne.
ANEL (nèl) n. m. Anneau de fer destiné à maintenir rapprochées les deux branches d'une entaille de forgeron, quand elle a saisi un objet.
ANÉMIE (mî) n. f. (gr. an priv., et haima, sang). Appauvrissement du sang : l'insuffisance de nourriture, une habitation mal aérée, le manque d'exercice causent l'anémie.
ANÉMIER (mi-é) v. a. Causer, déterminer l'anémie.
ANÉMIQUE adj. Qui est causé par l'anémie.
ANÉMOGRAPHE n. m. (gr. anemos, vent, et graphein, écrire). Appareil enregistreur qui indique d'une façon continue certains caractères du vent, comme la direction, la vitesse, etc.
ANÉMOMÈTRE n. m. (gr. anemos, vent, et metron, mesure). Phys. Instrument qui sert à mesurer la vitesse et la force du vent.
ANÉMOMÉTRIE (trî) n. f. (rad. anémomètre.) Mesure de la vitesse et de la force du vent.
ANÉMONE n. f. Bot. Genre de renonculacées, à fleurs de couleurs variées et éclatantes. Anémone de mer, nom donné à l'actinie.
ANÉMOSCOPE (mos-ko-pe) n. m. (gr. anemos, vent, et skopein, examiner). Instrument qui sert à faire connaître la direction du vent.
ANÉMOTROPE n. m. (gr. anemos, vent, et tropos, tour). Moteur fonctionnant à l'aide du vent.
ANENCÉPHALE (nan) adj. et n. Affecté d'anencéphalie.
ANENCÉPHALIE (nan, lî) n. f. (gr. an priv., et kephalê, tête). Monstruosité caractérisée par l'absence de cerveau.
ÂNERIE (rî) n. f. (rad. âne.) Grande ignorance. Fam. Faute grossière.
ANÉROÏDE (ro-i-de) adj. (gr. a priv., et nêros, mouillé). Se dit d'un baromètre particulier : baromètre anéroïde. (V. baromètre.) N. m. : l'anéroïde de Vidi.
ÂNESSE (nè-se) n. f. Femelle de l'âne.
ANESTHÉSIE (nès-té-zî) n. f. (gr. an priv., et aisthêsis, sensibililé). Privation plus ou moins complète de la faculté de sentir : l'emploi du chloroforme produit l'anesthésie.
ANESTHÉSIER (nès-té-zi-é) v. a. Endormir avec un anesthésique. Suspendre la sensibilité à la douleur.
ANESTHÉSIQUE (nès-té-zi-ke) adj. Se dit des substances qui, comme le chloroforme, l'éther, etc., produisent l'anesthésie. N. m. : un anesthésique.
ANETH ou ANET (nèt) n. m. Bot. Syn. de fenouil.
ANÉVRISMAL (vris-mal), E, AUX adj. Qui tient de l'anévrisme : tumeur anévrismale.
ANÉVRISMATIQUE (vris-ma) adj. Qui ressemble à un anévrisme.
ANÉVRISME (vris-me) n. m. (gr. aneurusma, dilatation). Tumeur formée par du sang et communiquant avec une artère : la rupture d’un anévrisme entraîne la mort.
ANÉVRISMÉ (vris-mé), E adj. Qui est atteint d'anévrisme.
ANFRACTUEUX, EUSE (frak-tu-eû, eu-ze) adj. Plein de détours, d'inégalités : chemin anfractueux. Ant. Uni.
ANFRACTUOSITÉ (frak, zi) n. f. (lat. anfractus). Inégalité, détour, enfoncement : les anfractuosités d'un rocher.
ANGE n. m. (gr. aggelos, messager ; lat. angelus). Créature purement spirituelle. Fig. Personne très douce. Comme un ange, très bien. Etre aux anges, dans le ravissement. Ant. Diable, démon. — Les anges sont appelés les messagers du ciel, parce que Dieu, d'après la tradition religieuse, les a souvent employés pour porter ses ordres et manifester ses volontés. On leur donne un nom spécial, suivant la nature de l'office qu'ils remplissent : tantôt on implore l'ange de la paix, l'ange de la prière ; tantôt on invoque l'ange des mers ; on s'effraye au nom de l'ange de la mort, de l'ange exterminateur. On appelle mauvais anges ou anges des ténèbres ceux que Dieu a précipités dans l'abîme après leur révolte ; les bons anges ou anges de lumière sont ceux que Dieu a confirmés en gloire pour récompenser leur fidélité. Ange gardien, celui qui est attaché à la personne de chaque chrétien. Plusieurs bons anges sont cités dans les Ecritures : Michel, qui terrassa Lucifer : Raphaël, qui conduisit le jeune Tobie ; Gabriel, qui vint annoncer à Marie l'incarnation du Verbe. Parmi les mauvais anges : Satan, Beelzébuth, etc.
ANGELET (lè) ou ANGELOT (lo) n. m. Petit ange.
ANGÉLICAL, E, AUX adj. Syn. de angélique. (vx..)
ANGÉLIQUE adj. Qui est de la nature de l'ange : vertu angélique. Ant. Diabolique.
ANGÉLIQUE n. f. Bot. Plante ombellifère fort odorante, dont on confit la tige : bâton d'angélique.
ANGÉLIQUEMENT (ke-man) adv. D'une manière angélique. omme les anges.
ANGÉLISER (zé) v. a. Assimiler à l'ange, aux anges.
ANGÉLOLÂTRE n. Qui pratique l'angélolâtrie.
ANGÉLOLÂTRIE (trî) n. f. (gr. aggelos, ange, et latreia, culte). Adoration, culte des anges.
ANGELOT (lo) n. m. Ancienne monnaie d'or de France, représentant un ange terrassant le dragon. (On disait aussi angel.) Fromage fabriqué dans le pays d'Auge, en Normandie. V. angelet.
ANGÉLUS (luss) n. m. (du lat. angelus, ange). Prière commençant par ce mot et qui se fait le matin, à midi et le soir, en l'honneur de l'Incarnation. Sonnerie de cloche qui indique aux fidèles l'heure de cette prière : Louis XI introduisit l'usage de faire sonner l'angélus.
ANGEVIN, INE adj. et n. D'Angers ou de l'Anjou. N. m. Dialecte de l'Anjou : s'exprimer en angevin.
ANGINE n. f. (lat. angere, suffoquer). Inflammation de la gorge. Angine couenneuse, celle qui est due au bacille diphtéritique. V. diphtérie.
ANGINEUX, EUSE (neû, eu-ze) adj. Qui a rapport à l'angine : affection angineuse.
ANGIOLOGIE (jî) n. f. (gr. aggeion, vaisseau, et logos, discours). Partie de l'anatomie qui traite des organes de la circulation. (On dit aussi angiographie.)
ANGIOGRAPHIE (fî) n. f. (gr. aggeion, vaisseau, et graphein, décrire). Description des vaisseaux de l'homme et des animaux.
ANGIOSPERMES (os-pèr-me) n. f. pl. Plantes qui ont la graine enveloppée par une cavité close, un péricarpe. (L'opposé est gymnospermes.) S. une angiosperme.
ANGLAIS, E (ghlè, è-ze) adj. et n. D'Angleterre, N. m. La langue anglaise : parler l'anglais. N. f. Sorte de danse très vive. Sorte d'écriture penchée à droite. A l'anglaise, loc. adv. A la manière des Anglais. N. f. pl. Boucles de cheveux longues et tournées en spirale : porter des anglaises.
ANGLAISAGE (ghlè-za-je) n. m. Action d'anglaiser.
ANGLAISER (ghlè-zé) v. a. Enlever à un cheval les muscles abaisseurs de la queue, pour qu'elle se tienne dans une position horizontale.
ANGLE n. m. (lat. angulus). Coin, encoignure. Angle rectiligne, portion de plan comprise entre deux droites qui se rencontrent et sont limitées à leur point d'intersection : il y a trois sortes d'angles : l'angle aigu, l'angle droit et l'angle obtus. Angle dièdre, espace compris entre deux plans qui se coupent et sont limités à leur droite d'intersection.
ANGLET (ghlè) n. m. Petite cavité à angle droit, comme celles qui séparent les bossages ou pierres de refend.
ANGLEUX, EUSE (gleû, eu-ze) adj. Se dit surtout des noix dont la chair est enchâssée dans des angles, des coins.
ANGLICAN, E adj. Qui a rapport à l'anglicanisme : clergé anglican. N. Qui professe cette religion.
ANGLICANISME (nis-me) n. m. Religion de l'Etat, en Angleterre. V. Part. hist.
ANGLICISER (si-zé) v. a. Donner un air, un accent anglais : angliciser ses manières, un mot. S'angliciser v. pr. Prendre le ton, les mœurs, les manières des Anglais.
ANGLICISME (sis-me) n. m. Locution propre à la langue anglaise et transportée dans une autre langue.
ANGLO-ARABE adj. et n. Se dit d'un cheval qui tient de l'anglais et de l'arabe.
ANGLOMANE n. et adj. (de anglo, pour anglais, et manie). Imitateur outré des usages anglais.
ANGLOMANIE (nî) n. f. (rad. anglomane). Manie d'imiter les Anglais.
ANGLO-NORMAND (man), E adj. et n. Se dit d'un cheval qui tient de l'anglais et du normand.
ANGLOPHILE n. et adj. (de anglo, pour anglais, et du gr. philos, ami). Partisan des Anglais.
ANGLOPHOBE n. et adj. (de anglo, pour anglais, et du gr. phobos, aversion). Qui a de l'aversion pour les Anglais.
ANGLOPHOBIE (bî) n. f. (rad. anglophobe). Aversion pour les Anglais.
ANGLO-SAXON, ONNE (sak-son, o-ne) adj. et n. Qui se rapporte aux Anglo-Saxons.
ANGOISSE (ghoi-se) n. f. (lat. angustia, resserrement). Douleur morale, inquiétude profonde : vivre dans l'angoisse. Poire d'angoisse, poire très âpre. Fig. Instrument de torture qui servait à bâillonner. Avaler des poires d'angoisse, éprouver d'amers déplaisirs.
ANGOISSER (ghoi-sé) v. a. Causer de l'angoisse.
ANGON n. m. (gr. agkos, crochet). Arme d'hast et de jet munie de deux crocs, à l'usage des Francs.
ANGORA n. et adj. Chat, lapin, chèvre, originaires d'Angora, et qui se distinguent par leur poil long et soyeux : un angora. Un chat, des chèvres angoras.
ANGROIS (groi) n. m. Petit coin de fer que l'on enfonce à travers l'oeil du marteau dans le bois, afin d'affermir le manche.
ANGUIFORME (ghi) adj. (du lat. anguis, serpent, et de forme). Qui a la forme d'un serpent.
ANGUILLABE (ghi, ll mll.) n. f. Coup cinglé avec une peau d'anguille, un mouchoir tortillé, etc.
ANGUILLE (ghi, ll mll.) n. f. (lat. anguilla, petit serpent). Poisson d'eau douce, de la famille des murénidés, à peau visqueuse, très glissante, dont la forme rappelle celle du serpent, et qui est recherché pour la délicatesse de sa chair. Anguille de mer, le congre. Mar. Pièce de bois sur laquelle s'appuie le navire qu'on va lancer. Nœud d'anguille, sorte de nœud coulant. Loc. Prov. : ll y a anguille sous roche, il se trame quelque intrigue.
ANGUILLÈRE (ghi, ll mll., è-re) n. f. Vivier à anguilles.
ANGUILLULE (ghi, ll mll.) n. f. Genre de très petits vers qui vivent dans la terre ou sont parasites de l'homme, de divers animaux et des plantes (nielle des graminées.) On en trouve également dans le vinaigre et la colle de farine aigrie.
ANGULAIRE (lè-re) adj. (du lat. angulus, angle). Qui a un ou plusieurs angles : corps angulaire. Pierre angulaire, pierre fondamentale qui fait l'angle d'un bâtiment. Fig. Base, fondement d'une chose. Distance angulaire de deux étoiles, angle formé par les rayons visuels joignant l'œil de l'observateur aux deux étoiles.
ANGULAIREMENT (lè-re-man) adv. En angle.
ANGULÉ, E adj. Qui est pourvu d'angles.
ANGULEUX, EUSE (leû, eu-ze) adj. Qui a, qui présente des angles. Par ext. Visage anguleux, visage dont les traits ont une saillie excessive.
ANGUSTICLAVE (ghus-ti) n. m. Pièce de pourpre qui bordait la tunique des chevaliers romains. Cette tunique elle-même.
ANGUSTIFOLIÉ, E (ghus-ti) adj. Qui a des feuilles très étroites.
ANGUSTURE (ghus-tu-re) n. f. Ecorce d'un arbuste américain, de la famille des diosmées, usitée contre la fièvre et la dysenterie.
ANHÉLATION (a-né-la-si-on) n. f. Respiration fréquente et oppressée. Essoufflement.
ANHÉLER (a-né-lé) v. n. (lat. anhelare. — Se conj. comme accélérer.) Respirer péniblement. Chez les verriers, entretenir le feu.
ANHÉLEUX, EUSE (a-né-leû, eu-ze) adj. Se dit d'une respiration pénible ou de quelqu'un qui respire avec peine.
AN'HUI (a-nu-i) adv. Aujourd'hui. (Vx mot.)
ANHYBRE (a-ni-dre) adj. (gr. an priv., et hudôr, eau). Chim. Qui ne contient pas d'eau : sel anhydre.
ANHYDRIDE (a-ni) n. m. Corps qui peut donner naissance à un acide en se combinant avec l'eau : anhydride sulfurigue.
ANHYDRITE (a-ni) n. f. Sulfate de chaux anhydre plus dur que le gypse.
ANICROCHE n. f. Fam. Petit obstacle, ennui, embarras : affaire pleine d'anicroches.
ÂNIER (ni-é), ÈRE n. Qui conduit des ânes.
ANIL (nil') n. m. Syn. de indigotier.
ANILINE n. f. Liquide incolore ou légèrement coloré, en brun, que l’on a découvert en distillant l'indigo et que l'on tire aujourd'hui de la houille en réduisant la nitrobenzine. — L'aniline est la principale matière première employée dans l'industrie des matières colorantes ; on en tire des couleurs nombreuses et variées.
ANILLE (ll mll.) n. f. Pièce en fer scellée dans l'œillard de la meule courante d'un moulin à farine.
ANIMADVERSION (vèr) n. f. (du lat. anima, âme, ad, contre, et vertere, tourner). Réprimande, objurgation. Censure sévère. Haine persévérante. Ant. Bienveillance, sympathie.
ANIMAL n. m. (mot lat. ; de anima, principe de vie). Etre organisé et doué de mouvement et de sensibilité. Fig. Personne stupide et grossière.
ANIMAL, E, AUX adj. Qui appartient à l'animal : fonctions animales.
ANIMALCULE n. m. Animal très petit en général, visible seulement au microscope.
ANIMALESQUE (lès-ke) adj. Qui tient de l'animal.
ANIMALIER (li-é) n. m. Peintre ou sculpteur d'animaux. Adj. : sculpteur animalier.
ANIMALISATION (za-si-on) n. f. Transformation des aliments en la propre substance de l'animal.
ANIMALISER (zé) v. a. Convertir une substance en celle de l'animal, comme dans la digestion. Fig. Se rabaisser à l'état de l'animal. S'animaliser v. pr. Acquérir les qualités des substances animales.
ANIMALITÉ n. f. Ce qui constitue l'animal.
ANIMATEUR, TRICE adj. et n. Qui anime.
ANIMATION (si-on) n. f. Vivacité, mouvement.
ANIMÉ, E adj. Doué de vie : créature animée. Plein d'animation. Ant. Inanimé.
ANIMER (mé) v. a. (lat. anima, âme). Donner la vie : l'âme anime le corps. Fig. Exciter, encourager : animer des soldats au combat. Donner de la force, de la vigueur : animer son style. Ant. Engourdir.
ANIMIQUE adj (lat. anima, âme). Qui a rapport à l'âme : passions animiques.
ANIMISME (mis-me) n. m. Système dans lequel l'âme est la cause première des faits vitaux, aussi bien que des faits intellectuels : Stahl créa l'animisme.
ANIMISTE (mis-te) adj. Qui se rapporte à l'animisme : doctrine animiste. N. m. Partisan de l'animisme.
ANIMOSITÉ (zi-té) n. f. Haine, désir de nuire : avoir de l'animosité contre quelqu'un. Emportement dans une discussion, un débat. Ant. Bienveillance, cordialité.
ANIS (ni) n. m. Plante ombellifère odoriférante. Sorte de dragée faite avec sa graine.
ANISER (zé) v. a. Aromatiser avec de l'anis : aniser un gâteau, une liqueur.
ANISETTE (zè-te) n. f. Liqueur spiritueuse, faite avec de l'anis : l'anisette est digestive.
ANISOSTÉMONE (zos-té) adj. Bot. Se dit des fleurs chez lesquelles le nombre des étamines est différent des pétales.
ANKYLOSE (lô-ze) n. f. (gr. agkulosis, courbure). Privation du mouvement des articulations.
ANKYLOSÉ (lô-zé), E adj. Atteint d'ankylose.
ANKYLOSER (lô-zé) v. a. Déterminer une ankylose : l'immobilité ankylose les membres. S'ankyloser v. pr. Devenir ankylosé : son genou s'ankylose.
ANNAL (an-nal') E,AUX adj. Qui ne dure qu'un an : location annale. (Le pluriel masc. est inus.)
ANNALES (an'-na-le) n. f. pl. Ouvrage qui rapporte les événements année par année : les Annales de Tacite. Histoire : parcourez les annales de tous les peuples...
ANNALISTE (an-na-lis-te) n. m. Historien qui écrit des annales.
ANNALITÉ (an'-na) n. f. Etat de ce qui dure un an.
ANNAMITE (an'-na) adj. et n. De l'Annam.
ANNATE (an-na-te — bas lat. annata) n. f. Redevance équivalente à une année de revenu que payaient au saint-siège ceux qui étaient pourvus d'un bénéfice.
ANNEAU (a-nô) n. m. (lat. annellus). Cercle de matière dure, auquel on attache quelque chose. Bague : anneau de mariage. Fig. Dont la forme rappelle un anneau : les anneaux d'une chevelure. Anneau pastoral, anneau d'or orné d'une pierre précieuse non gravée que portent les évêques. Anneau de Saturne, bande circulaire qui environne cette planète. Géom. Anneau sphérique, solide engendré par la révolution d'un segment de cercle autour d'un diamètre du cercle sur lequel il est tracé, ce diamètre ne traversant pas le segment.
ANNÉE (a-né) n. f. (lat. annus). An, temps que met la terre à faire sa révolution autour du soleil : l'année se compose de 365 jours un quart. Année scolaire, temps qui s'écoule entre l'ouverture des classes et les vacances. Année civile, année de 363 jours, telle qu'on la considère couramment. Année solaire, durée d'une révolution complète de la terre autour du soleil. Année bissextile, année de 366 jours. L'année est la même chez presque tous les peuples de l'Europe. Les Russes et les Grecs seuls ont conservé le calendrier julien, ce qui établit entre eux et nous une différence de 12 jours ; en sorte que leur année commence le 13 janvier de la nôtre. Celle des Turcs est plus défectueuse encore, puisqu'elle se compose de douze mois lunaires, alternativement de 29 et de 30 jours. L'époque du commencement de l'année a varié chez tous les peuples ; les Egyptiens, les Chaldéens, les Perses, etc., la commençaient à l'équinoxe d'automne (21 septembre), d'autres au solstice d'hiver, d'autres enfin au solstice d'été. En France, à l'avènement de Charles IX, elle commençait à Pâques. Un édit de ce roi, en 1564, ordonna que l'année commencerait le 1er janvier, date purement civile. Sous le gouvernement républicain de 1702, l'année commençait à l'équinoxe d'automne, qui se trouvait être le 22 septembre 1792. V. mois.
ANNELÉ, E (a-ne) adj. Zool. Disposé en anneaux. N. m. pl. Un des embranchements du règne animal, comprenant les arthropodes et les vers. S. un annelé.
ANNELER (a-ne-lé) v. a. (Prend deux l devant une syllabe muette : j’annelle, nous annellerons.) Disposer en anneaux, en boucles, en parlant des cheveux.
ANNELET (a-ne-lè) n. m. Petit anneau. Petit filet qui entoure les chapiteaux doriques.
ANNÉLIDES (an'-né) n. m. pl. Division des annelés, comprenant ceux qui sont segmentés et qui ont des vaisseaux sanguins. S. un annélide.
ANNELURE (a-ne) n. f. Disposition de la chevelure en anneaux, en boucles.
ANNEXE (an'-nèk-se) adj. (lat. annexus, attaché a). Se dit de ce qui est relié à une chose principale : école annexe. N. f. : une annexe.
ANNEXER (an'-nèk-sé) v. a. Joindre, attacher : Louis XI annexa la Bourgogne à ses Etats (1482.)
ANNEXION (an-nèk-si-on) n. f. Action d'annexer.
ANNEXIONISME ou ANNEXIONNISME (an'-nèk-si-o-nis-me) n. m. Théorie qui préconise l'annexion des petits Etats aux grands Etats voisins.
ANNEXIONISTE ou ANNEXIONNISTE (an'-nèk-si-o-nis-te) n. et adj. Partisan de l'annexion.
ANNIHILABLE (an'-ni-i) adj. Qui peut s'annihiler.
ANNIHILATION (an'-ni-i-la-si-on) n. f. Action d'annihiler. Anéantissement.
ANNIHILER (an'-ni-i-lé) v. a. (préf. ad, et lat. nihil, rien). Réduire à rien, anéantir : annihiler un acte. Ant. Consolider, maintenir.
ANNIVERSAIRE (a-ni-vèr-sè-re) adj. (lat. annus, année, et versus, tourné). Qui rappelle le souvenir d'un événement arrivé à pareil jour une ou plusieurs années auparavant. N. m. Cérémonie commémorative : fêter l'anniversaire d'une naissance, d'une victoire.
ANNONAIRE (an'-no-nè-re) adj. Qui a rapport à la récolte du blé, à l'approvisionnement.
ANNONCE (a-non-se — subst. verb. de annoncer) n. f. Avis verbal, écrit ou imprimé, donné au public : faire l'annonce d'une vente.
ANNONCER (a-non-sé) v. a. (préf. ad, et lat. nuntius, messager. — Prend une cédille sous le c devant a et o : il annonça, nous annonçons.) Faire savoir, publier : annoncer une vente. Dire à haute voix le nom des visiteurs qui entrent dans un salon. Manifester, proclamer : mille progrès annoncent le triomphe de la science. Prédire, présager : annoncer une éclipse. Prêcher : annoncer l'Evangile.
ANNONCEUR (a-non) n. m. Celui qui annonce.
ANNONCIADE (a-non) n. f. Religieuse de l'ordre de ce nom. V. Annonciade (part. hist..)
ANNONCIATION (a-non, si-on) n. f. Message de l'ange Gabriel à la Vierge pour lui annoncer le mystère de l'incarnation. Jour où l'Eglise célèbre ce mystère (25 mars.)
ANNONCIER (a-non-si-é) n. m. Celui qui est chargé des annonces dans les journaux.
ANNONE (an'-no-ne) n. f. Autrefois, à Rome, approvisionnement de vivres pour un an.
ANNOTATEUR (an'-no) n. et adj. m. Qui annote.
ANNOTATIF, IVE (an-no) adj. Qui sert d'annotation.
ANNOTATION (an'-no-ta-si-on) n. f. Note faite sur un texte pour l'éclaircir, l'expliquer.
ANNOTER (an'no-té) v. a. Faire des remarques explicatives, des notes sur un auteur : Voltaire annota Corneille.
ANNUAIRE (an'-nu-è-re) n. m. Recueil annuel contenant le résumé des événements de l'année précédente et des renseignements statistiques, administratifs, etc., pour l'année. Sorte d'almanach indiquant l'état et le mouvement du personnel de certaines professions : annuaire militaire.
ANNUALITÉ (an-nu) n. f. Qualité de ce qui est annuel.
ANNUEL, ELLE (an'-nu-èl, è-le) adj. Qui dure un an. Qui revient chaque année : revenu annuel. Plantes annuelles, qui meurent tous les ans, comme les graminées.
ANNUELLEMENT (an-nu-è-le-man) adv. Par an, chaque année.
ANNUITAIRE (an-nu-i-tè-re) adj. Qui est acquitté par annuité.
ANNUITÉ (an’-nu) n. f. Mode de payement dans lequel le débiteur s'acquitte envers le créancier, en lui versant chaque année une somme composée, partie des intérêts, partie d'une fraction du capital.
ANNULABILITÉ (an'-nu) n. f. Disposition d'un acte qui le rend annulable.
ANNULABLE (an-nu) adj. Qui peut, qui doit être annulé.
ANNULAIRE (an'-nu-lè-re) adj. (lat. annularius ; de annulus, anneau). Qui a la forme d'un anneau : éclipse annulaire. N. m. Le quatrième doigt de la main, où se met ordinairement l'anneau.
ANNULATIF, IVE (an'-nu) adj. Qui annule.
ANNULATION (an'-nu-la-si-on) n. f. Action de rendre nul. Ant. Conservation, validation, maintien.
ANNULEMENT (an-nu-le-man) n. m. Mar. Signal qui annule le signal précédent.
ANNULER (an'-nu-lé) v. a. Rendre, déclarer nul : annuler un acte. Ant. Conserver, maintenir.
ANOBLI, E adj. et n. Qui a reçu des lettres de noblesse.
ANOBLIR v. a. Admettre dans la noblesse : Napoléon Ier anoblit ses lieutenants. V. ennoblir.
ANOBLISSEMENT (bli-se-man) n. m. Action d'anoblir.
ANODE n. f. Nom donné à l'électrode positive d'une pile. Surface métallique placée a l'électrode positive de la pile, dans la galvanoplastie.
ANODIN, E n. et adj. (du gr. an priv. et odunê, douleur). Méd. Qui apaise la douleur : remède anodin. Doux, inoffensif, insignifiant : critique anodine. N. m. : un anodin. (L'opium, le pavot, la ciguë, la jusquiame, etc., sont des anodins.) Ant. Violent.
ANODONTE n. m. Genre de mollusques lamellibranches, comprenant des animaux à grande coquille, et qui vivent dans les eaux douces et tempérées des deux mondes.
ANOLIS (liss) n. m. Genre de sauriens pleurodontes, américains et asiatiques, comprenant des animaux très agiles qui vivent sur les arbres.
ANOMAL, E, AUX adj. (gr. anômalos, irrégulier). Irrégulier, exceptionnel : constitution anomale. Ant. Normal, régulier.
ANOMALIE (lî) n. f. Irrégularité, défaut de logique. Ant. Régularité.
ANOMALISTIQUE (lis-ti-ke) adj. Qui a rapport a l'anomalie. Année anomalistique, temps que met une planète à revenir d'un point de son orbite au même point.
ANOMIE (mî) n. f. Genre dé mollusques lamellibranches, voisin des huîtres.
ÂNON n. m. Le petit d'un âne.
ANONACÉES (sé) ou ANONÉES (né) n. f. pl. Famille de dicotylédones, comprenant des arbres et des arbrisseaux des pays chauds, qui ont pour type le genre anone. S. une anonacée ou anonée.
ANONE n. f. Genre d'anonacées, dont l'espèce type produit la pomme cannelle.
ÂNONNEMENT (no-ne-man) n. m. Action d'ânonner, d'hésiter en lisant ou en parlant.
ÂNONNER (no-né) v. n. Lire, parler avec peine et en hésitant.
ÂNONNEUR, EUSE (no-neur, eu-ze) n. et adj. Qui ânonne, hésite, balbutie en lisant, en parlant.
ANONYMAT (ma) n. m. Etat de ce qui est anonyme.
ANONYME adj. (du gr. an priv., et onuma, nom). Qui est sans nom d'auteur : écrit anonyme. Société anonyme, qui n'a pas de nom social. N. m. Qui ne fait pas connaître son nom : un anonyme. Caractère de ce qui est anonyme. Garder l'anonyme, ne pas se déclarer l'auteur.
ANONYMEMENT (man) adv. En gardant l'anonymat.
ANONYMIE (mî) n. f. Syn. de anonymat. (Peu us.)
ANOPLOTHÈRE ou ANOPLOTHÉRIUM (riom') n. m. Ruminant fossile artiodactyle de l'éocène.
ANORDIR v. n. Se dit du vent quand il tourne au nord : le vent anordit.
ANOREXIE (rèk-sî) n. f. Perte de l'appétit.
ANORMAL, E, AUX adj. (a priv., et normal.) Contraire aux règles. Irrégulier, anomal. Ant. Normal, régulier.
ANORMALEMENT (man) adv. D'une façon anormale. Ant. Normalement, régulièrement.
ANOSMIE (nos-mî) n. f. (du gr. an priv., et osmê, odeur). Diminution ou perte de l'odorat.
ANOURE adj. (du gr. an priv., et oura, queue). Se dit des animaux dépourvus de queue. N. m. pl. Ordre de batraciens, comprenant les grenouilles, crapauds, etc. S. un anoure.
ANOXÉMIE (nok-sé-mî) n. f. (du gr. an priv., oxus, aigu, et haima, sang). Défaut d'oxygénation du sang : l'anoxémie existe chez les habitants des hautes montagnes.
ANSE n. f. Partie courbée en arc, par laquelle on prend un vase, un panier. Géog. Très petit golfe. Géom. Anse de panier, courbe que l’on obtient au moyen d'arcs de cercle raccordés. manière simple de la tracer : divi ser la droite AB en 3 parties égales. Abaisser du milieu O une perpendicaire. Des points C, D comme centres, et avec un rayon égal à AC, décrire un arc de cercle qui coupe cette perpendiculaire (au point I.) Mener les droites ICM et IDN. Du point I comme centre et avec IE pour rayon, tracer l'arc EF. Enfin, des points C et D comme centres et avec AC, DB pour rayons, tracer les arcs AE, BE. La courbe AEFB est l'anse de panier qui sert le plus souvent à la construction des arches des ponts.
ANSE n. f. et ANSÉATIQUE adj. V. hanse, et hanséatique.
ANSER (sèr) n. f. Oie sauvage, bernache.
ANSÉRINE n. f. Bot. Nom vulgaire du chénopode, de l'arroche.
ANSETTE (sè-te) n. f. Bout de corde terminé en forme d'anneau. Réchaud muni d'une petite anse.
ANSIÈRE n. f. Filet de pêche spécial, que l'on tend dans les anses ou petites baies.
ANSPECT (ans-pèk') n. m. Sorte de levier pour manoeuvrer les pièces d'artillerie sur mer.
ANSPESSADE (ans-pe-sa-de) n. m. (de l'ital. lancia spezzata, lance brisée.) Soldat d'élite, sorte de bas officier dans l'infanterie française (xviie et xviie s.).
ANT, ANTÉ, ANTI (prép. lat. ante, avant, ou gr. anti, contre.) Préfixes qui entrent dans un grand nombre de mots composés pour exprimer une idée d'opposition, d'antériorité, de précession, etc.
ANTAGONIQUE adj. Contraire, en opposition, en lutte : les Etats les plus antagoniques sont les Etats limitrophes.
ANTAGONISME (nis-me) n. m. (préf. ant, et gr. agônizomai, je lutte). Etat de rivalité, de lutte.
ANTAGONISTE (nis-te) adj. et n. Adversaire, ennemi. Qui agit dans un sens opposé : muscles antagonistes. Ant. Ami, partisan, congénère.
ANTALGIQUE adj. (préf. ant, et gr. algos, douleur). Propre à calmer la douleur. Anodin. N. m. : un antalgique.
ANTAN n. m. (lat. ante annum, l'année d'avant). Le temps passé. Usité surtout dans cette sorte de proverbe littéraire de Villon : Mais où sont les neiges d' « antan » ? C'est-à-dire les neiges, et, au fig., les choses d'autrefois : je m'en soucie comme des neiges d'antan.
ANTANACLASE (kla-ze) n. f. Répétition d'un mot pris dans des sens différents. Ex. : le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas. (Pascal.)
ANTARCTIQUE (tar) adj. (préf. ant, et gr. arktikos, du nord). Du sud, austral : pôle antarctique. Ant. Arctique, septentrional.
ANTE préf. V. ant.
ANTE n. f. (lat. anta). Pièce de bois placée parallèlement au bras de l'aile d'un moulin à vent, pour en augmenter la résistance. N. f. pl. Pilastres carrés placés de chaque côté des jambages des portes, ou saillants sur la face des murs.
ANTE n. f. (lat. anta). Manche adapté au pinceau à laver.
ANTEBOIS ou ANTIBOIS (boi) n. m. Baguette posée sur le plancher d'une chambre, à une certaine distance des murs, pour empêcher la détérioration de ceux-ci par le frottement des meubles.
ANTÉCÉDEMMENT (da-man) adv. Avant, antérieurement. Ant. Postérieurement.
ANTÉCÉDENCE (dan-se) n. f. Etat de ce qui est antécédent. (Peu us.)
ANTÉCÉDENT (dan), E adj. (lat. antecedere, précéder). Qui précède : faits antécédents. N. m. Gram. Mot qui précède et auquel se rapporte le pronom relatif. Log. et math. Premier terme d'un rapport. N. m. pl. Faits qui appartiennent à la vie passée de quelqu'un : avoir de bons, de mauvais antécédents. Ant. Conséquent, subséquent.
ANTÉCESSEUR (sè-seur) n. m. Autref. Professeur de droit dans une université.
ANTÉCHRIST (krist’) n. m. Imposteur qui, suivant l'Apocalypse, doit venir quelque temps avant la fin du monde pour remplir la terre de crimes et d'impiété, et enfin être vaincu par le Christ lui-même. Pl. des antéchrists.
ANTÉDILUVIEN, ENNE (vi-in, è-ne) adj. (du préf. anti, et du lat. diluvium, déluge). Qui a précédé le déluge : animal antédiluvien. Ant. Postdiluvien.
ANTÉFIXE n. f. (lat. antefixa). Ornement, souvent en terre cuite, placé sur un toit, une frise.
ANTENAIS, AISE (nè, è-ze) ou ANTENOIS, OISE (noi, oi-ze) adj. et n. Se dit des agneaux, poulains, etc., qui ont plus d'un an et moins de deux ans.
ANTENNE (tè-ne) n. f. Mar. Longue vergue qui soutient les voiles. Nom des cornes mobiles que plusieurs insectes, comme le hanneton, le papillon, l'abeille, portent sur la tête. Long conducteur électrique, employé dans la télégraphie sans fil.
ANTÉNUPTIAL, E, AUX (nup-si) adj. Antérieur au mariage.
ANTÉOCCUPATION (o-ku-pa-si-on) n. f. Figure de rhétorique qui consiste à aller au-devant d'une objection pour la détruire immédiatement ; anticipation, prolepse.
ANTÉPÉNULTIÈME adj. et n. Qui précède la pénultième, l'avant-dernière : li est la syllabe antépénultième du mot re-li-gi-on.
ANTÉPHÉLIQUE adj. (gr. anti, contre, et ephêlis, tache de rousseur). Qui fait disparaître les taches de rousseur : lait antéphélique.
ANTÉRIEUR, E adj. (lat. anterior). Qui est avant, par rapport au temps ou au lieu. Ant. Postérieur.
ANTÉRIEUREMENT (man) adv. Avant, auparavant, précédemment. Ant. Postérieurement, ultérieurement.
ANTÉRIORITÉ n. f. Priorité de temps, de date. Ant. Postériorité.
ANTERNON (tèr) n. m. Chaussée praticable aux voitures, tracée à travers les marais salants.
ANTÉROS (ross) n. m. Pierre précieuse qui ressemble au jaspe.
ANTHELMINTHIQUE (tèl) adj. (préf. ant, et gr. helmins, inthos, ver). Se dit des remèdes propres à détruire les vers intestinaux. Vermifuge. N. m. : un anthelminthique.
ANTHÉMIS (miss) n. m. Genre de composées, comprenant des herbes aromatiques des régions tempérées, et qui ont pour type la camomille.
ANTHÈRE n. f. (du gr. anthêros, fleuri). Bot. Petit sac situé a la partie supérieure de l'étamine et qui renferme le pollen.
ANTHÉRIDIE (dî) n. f. Bot. Cellule où se trouvent les anthérozoïdes.
ANTHÉROZOÏDE (zo-i-de) n. m. (de anthère, et du gr. zôon, animal, et eidos, aspect.) Petit corps en tire-bouchon, qui est l'élément fécondateur mâle des cryptogames.
ANTHÈSE (tè-ze) n. f. (gr. anthésis, floraison). Bot. Epanouissement de la fleur qui donne issue au pollen.
ANTHOCÉRÉES (ré) ou ANTHOCÉROTÉES (té) n. f. pl. Bot. Famille d'hépatiques. S. une anthocérée ou anthocérotée.
ANTHOCYANINE n. f. Matière colorante bleue, extraite des fleurs.
ANTHOLOGIE (jî) n. f. (gr. anthos, fleur, et legein, choisir). Recueil de morceaux choisis dans les œuvres des poètes, des prosateurs, des musiciens.
ANTHONOME n. m. Genre d'insectes coléoptères rynchophores, des régions tempérées, renfermant de petits charançons qui attaquent les pommiers, les pêchers, etc.
ANTHOZOAIRES (zo-è-re) n. m. pl. Syn. de coralliaires ou polypiers. S. un anthozoaire.
ANTHRACÈNE n. m. ou ANTHRACINE n. f. Corps composé, que l'on extrait du goudron de houille.
ANTHRACITE n. m. Charbon fossile, nommé aussi houille sèche, qui brûle avec difficulté et ne donne qu'une flamme courte, sans odeur ni fumée.
ANTHRACNOSE (knô-ze) n. f. Maladie parasitaire de la vigne produite par un champignon, et qu'on nomme vulgairement rouille noire, carie, charbon.
ANTHRACOTHÈRE n. m. Ongulé artiodactyle fossile de l'éocène.
ANTHRAX (traks) n. m. (mot gr. signif. charbon). Tumeur inflammatoire du tissu cellulaire, plus grosse que le furoncle.
ANTHRÈNE n. m. Genre de coléoptères pentamères, comprenant de petits dermestidés dont les larves détruisent les étoffes et les collections zoologiques.
ANTHROPOÏDE (gr. anthrôpos, homme, et eidos, forme) adj. Se dit des singes qui ressemblent le plus à l'homme. N. m. : un anthropoïde.
ANTHROPOLOGIE (jî) n. f. (gr. anthrôpos, homme, et logos, traité). Anat. Histoire naturelle de l'homme.
ANTHROPOLOGIQUE adj. Qui concerne l'anthropologie.
ANTHROPOLOGISTE (jis-te) ou ANTHROPOLOGUE (lo-ghe) n. m. Celui qui s'occupe d'anthropologie.
ANTHROPOMÉTRIE (trî) n. f. (gr. anthrôpos, homme, et métron, mesure). Art de mesurer les différentes parties du corps humain.
ANTHROPOMÉTRIQUE adj. Qui a rapport à l'anthropométrie : le service anthropométrique permet d'établir vite l'identité d'un individu.
ANTHROPOMORPHE adj. (gr. anthrôpos, homme, et morphê, forme). Qui a la forme, l'apparence humaine : l'orang-outan est anthropomorphe.
ANTHROPOMORPHISME (fis-me) n. m. (même étymol. qu'à l'art. précéd..) Système de ceux qui attribuent à la Divinité une forme corporelle ou des passions semblables à celles des hommes.
ANTHHOPOMORPHISTE (fis-te) ou ANTHROPOMORPHITE n. Partisan de l'anthropomorphisme : les peuples de l'antiquité étaient anthropomorphistes.
ANTHROPOPHAGE (fa-je) adj. et n. Qui pratique l'anthropophagie.
ANTHROPOPHAGIE (fa-jî) n. f. (du gr. anthrôpos, homme, et phagein, manger). Habitude de manger de la chair humaine. — Cette coutume était autrefois en pleine vigueur dans tout le nouveau monde : les Hurons, les Mexicains, les Caraïbes, les Iroquois étaient cannibales. L'anthropophagie, qui tend de plus en plus à disparaître, n'existe plus aujourd'hui que chez des peuplades sauvages des îles de la Polynésie, de la Malaisie, dans l'intérieur de l'Afrique et même dans l'Inde.
ANTHROPOPITHÈQUE n. m. Genre hypothétique d'animaux fossiles, dans lesquels on a cru voir les précurseurs de l'homme.
ANTHYLLIDE (til-li-de) n. f. Genre de légumineuses papilionacées, comprenant des herbes et des arbrisseaux des pays tempérés. (L'espèce type est la vulnéraire ou trèfle jaune.)
ANTI préf. V. ant.
ANTIAPOPLECTIQUE (plèk') adj. Propre à prévenir l'apoplexie : la diète est antiapoplectique. N. m. : un antiapoplectique.
ANTIAR n. m. Genre d'ulmacées artocarpées, comprenant des arbres de l'Inde, à suc laiteux très vénéneux (upas.)
ANTIARISTOCRATE (ris-to) n. et adj. Qui est opposé à l'aristocratie.
ANTIARTHRITIQUE adj. Bon contre l'arthritisme : la résine de galac est antiarthritique. N. m. : un antiarthritique.
ANTIARTISTIQUE (tis-ti-ke) adj. Qui est opposé, antipathique au sentiment des arts.
ANTIASTHMATIQUE (as-ma) adj. Bon contre l'asthme : le stramonium est antiasthmatique. N. m. : un antiasthmatique.
ANTICATARRHAL, E, AUX (ta-ral) adj. Qui combat, qui prévient le catarrhe : révulsif anticatarrhal. N. m. : un anticatarrhal.
ANTICHAMBRE (chan-bre) n. f. Pièce qui précède un appartement. Faire antichambre, attendre avant d'être introduit près de quelqu'un.
ANTICHOLÉRIQUE (ko) adj. Propre à combattre ou à prévenir le choléra. N. m. : un anticholérique.
ANTICHRÈSE (krè-ze) n. f. (gr. anti, contre, et khrêsis, usage). Abandon de l'usufruit d'un immeuble fait par un débiteur à son créancier.
ANTICHRÉTIEN, ENNE (kré-ti-in, è-ne) adj. et n. Qui est opposé à la religion chrétienne.
ANTICIPANT (pan), E adj. Méd. Se dit de phénomènes périodiques qui vont se reproduisant à des intervalles de plus en plus rapprochés.
ANTICIPATION (si-on) n. f. Action d'anticiper, de faire une chose d'avance. Empiétement. Mus. Manifestation prématurée d'un son appartenant à la note suivante ou à l'accord suivant. Rhét. Syn. de antéoccupation. Par anticipation loc. adv. Par avance.
ANTICIPÉ, E adj. Fait par avance : veuillez agréer mes remerciements anticipés.
ANTICIPER (pé) v. a. (lat. anticipare ; de ante, avant, et capere, prendre). Devancer, prévenir : anticiper le temps. V. n. Empiéter : anticiper sur les revenus.
ANTICLÉRICAL, E, AUX adj. et n. Qui est opposé aux idées, aux tendances du clergé.
ANTICLÉRICALISME (lis-me) n. m. Système opposé aux tendances du clergé.
ANTICOMANIE (nî) n. f. Manie des objets anciens.
ANTICOMBUSTIBLE (kon-bus-ti-ble) adj. Qui s'oppose à la combustion : le sel marin est anticombustible. N. m. : un anticombustible.
ANTICONSTITUTIONNEL, ELLE (kons-ti-tusi-o-nèl', è-le) adj. Opposé, contraire à la constitution.
ANTICONSTITUTIONNELLEMENT (kons-titu-si-o-nè-le-man) adv. Contrairement à la constitution.
ANTIDARTREUX, EUSE (treû, eu-ze) adj. Propre à guérir les dartres : pommade antidartreuse. N. m. : un antidartreux.
ANTIDATE n. f. Date antérieure à la véritable. Ant. Postdate.
ANTIDATER (té) v. a. Mettre une antidate : antidater un acte, une lettre. Ant. Postdater.
ANTIDOTE n. m. (gr. anti, contre, et dotos, donné). Contrepoison. Fig. Préservatif : le travail est un antidote contre l'ennui.
ANTIENNE (ti-è-ne) n. f. Verset qu'on annonce avant un psaume ou un cantique et que l'on chante ensuite tout entier. Hymne en l'honneur de la Vierge, qui se chante à la fin des complies. Prov. : Chanter toujours la même antienne, redire continuellement les mêmes choses.
ANTIÉPILEPTIQUE (lèp-ti-ke) adj. Bon contre l'épilepsie. N. m. : un antiépileptique.
ANTIESCLAVAGISTE (ès-kla-va-jis-te) n. et adj. Adversaire de l'esclavage.
ANTIFÉBRILE adj. Propre à combattre la fièvre. N. m. : un antifébrile. Syn. de fébrifuge.
ANTIFERMENT (fèr-man) n. m. Nom donné a tout corps susceptible d'empêcher une fermentation.
ANTIFERMENTESCIBLE (fèr-man-tès-si-ble) adj. Se dit de toute substance qui ne fermente pas.
ANTIÉVANGÉLIQUE adj. Contraire à l'esprit de l'Evangile.
ANTIFRICTION (frik-si-on) n. f. Alliage particulier destiné à garnir l'intérieur des coussinets des machines à vapeur, de façon à diminuer le frottement.
ANTIGALEUX, EUSE (leû, eu-ze) adj. Se dit des remèdes propres à guérir la gale. N. m. : un antigaleux.
ANTIGOUTTEUX, EUSE (ghou-teû, eu-ze) adj. Bon contre la goutte. N. m. : un antigoutteux. Syn. de antiarthritique.
ANTIGOUVERNEMENTAL, E, AUX (ghou-vèr-ne-man) adj. Opposé au gouvernement.
ANTIHÉMORROÏDAL (mo-ro) adj. Bon contre les hémorroïdes. N. m. : un antihémorroïdal.
ANTIHUMAIN, E (min, è-ne) adj. Contraire aux lois, aux sentiments de l'humanité.
ANTIHYGIÉNIQUE adj. Contraire à l'hygiène.
ANTIJUIF, JUIVE adj. et n. Syn. de antisémite.
ANTILAITEUX, EUSE (lè-teû, eu-ze) adj. Qui fait passer le lait : un régime débilitant est antilaiteux.
ANTILÉGAL, E, AUX adj. Contraire aux lois : mesure antilégale.
ANTILIBÉRAL, E, AUX adj. Qui est contraire à la liberté civile et politique.
ANTILIBÉRALISME (lis-me) n. m. Doctrine, politique antilibérale.
ANTILOGIE (ji) n. f. (préf. anti, et gr. logos, discours). Contradiction d'idées.
ANTILOGIQUE adj. Contraire à la logique.
ANTIDÉPERDITEUR (pèr) n. m. (préf. anti, et perdition). Qui répare les pertes : aliment antidéperditeur.
ANTILOPE n. f. Genre de mammifères ruminants cavicornes, des pays chauds, très léger à la course : la gazelle est une antilope.
ANTILOPIDÉS (dé) n. m. pl. Groupe de ruminants cavicornes, comprenant les antilopes, les chamois, les gnous, etc. S. un antilopidé.
ANTIMÉPHITIQUE adj. Propre à neutraliser les miasmes : le chlore est antiméphitique. N. m. : un antiméphitique.
ANTIMIGRAINE (grè-ne) n. m. Médicament qui guérit la migraine.
ANTIMIGRAINEUX, EUSE (grè-neû, eu-ze) adj. Qui est employé contre la migraine.
ANTIMINISTÉRIEL, ELLE (nis-té-ri-èl, è-le) adj. et n. Opposé au ministère et à sa politique.
ANTIMOINE n. m. Métal d'un blanc bleuâtre, cassant, qui n'est ni ductile, ni malléable, dont la densité est 6, 8 environ : l'antimoine est surtout utilisé pour la fabrication de certains alliages, entre autres celui dont on fait les caractères d'imprimerie.
ANTIMONARCHIQUE adj. Opposé à la monarchie.
ANTIMONARCHISTE (chis-te) adj. et n. Opposé au gouvernement monarchique.
ANTIMONIAL, E, AUX adj. Relatif à l’'antimoine.
ANTIMONIATE n. m. Sel résultant de l'action de l'acide antimonique sur les bases.
ANTIMONIÉ, E adj. Qui contient de l'antimoine.
ANTIMONIQUE adj. Se dit d'un acide appelé autrefois bézoard minéral et qui résulte d'une combinaison d'antimoine, d'oxygène et d'hydrogène.
ANTINATIONAL, E, AUX (si-o) adj. Opposé au caractère, à l'intérêt national.
ANTINÉPHRÉTIQUE adj. Se dit des médicaments employés contre les douleurs de reins et la lithiase rénale. N. m. : un antinéphrétique.
ANTINÉVRALGIQUE adj. Qui guérit les névralgies : fumigation antinévralgique. N. m. : un antinévralgique.
ANTINOMIE (mî) n. f. (préf. anti, et gr. nomos, loi). Contradiction entre deux lois, deux principes de philosophie.
ANTINOMIQUE adj. Qui forme antinomie.
ANTIPAPE n. m. Pape irrégulièrement élu et non reconnu par l'Eglise.
ANTIPARALYTIQUE adj. Se dit d'un remède employé contre la paralysie. N. m. : un antiparalytique.
ANTIPARLEMENTAIRE (man-tè-re) adj. Qui est contraire aux usages parlementaires : expression antiparlementaire. N. et adj. Adversaire des assemblées délibérantes : un antiparlementaire ; un publiciste antiparlementaire.
ANTIPATHIE (pa-ti) n. f. (préf. anti, et gr. pathos, passion). Aversion instinctive, répugnance naturelle. Ant. Sympathie.
ANTIPATHIQUE adj. Contraire, qui répugne instinctivement. Opposé. Ant. Sympathique.
ANTIPATRIOTE n. Personne qui a des sentiments contraires au patriotisme.
ANTIPATRIOTIQUE adj. Contraire au patriotisme. (Se dit des actes, des sentiments, etc., mais non des personnes.)
ANTIPÉRIODIQUE adj. Qui prévient les accès d'une maladie périodique.
ANTIPÉRISTALTIQUE (ris-tal) adj. (préf. anti, et peristallein, contracter). Se dit des contractions de l'œsophage et de l'intestin qui se font de bas en haut.
ANTIPÉRISTASE (ris-ta-ze) n. f. Dans l'ancienne physique, action de deux qualités contraires, dont l'une rend l'autre plus puissante.
ANTIPESTILENTIEL, ELLE (pès-ti-lan-si-èl', è-le) adj. Se dit d'un remède employé contre la peste. N. m. : un antipestilentiel.
ANTIPHERNAL, E, AUX (fèr) adj. Se dit des biens donnés par le mari à la femme dans le contrat de mariage.
ANTIPHILOSOPHIQUE (zo-fi-que) adj. Contraire à la saine philosophie.
ANTIPHLOGISTIQUE (jis-ti-ke) adj. Bon contre les inflammations : la saignée est antiphlogistique. N. m. : un antiphlogistique.
ANTIPHONAIRE (nè-re) ou ANTIPHONIER (ni-é) n. m. (lat. antiphona, antienne). Livre d'église contenant les diverses parties de l'office notées en plain-chant.
ANTIPHRASE (fra-ze) n. f. Rhét. Figure qui consiste à employer un mot dans un sens contraire à sa véritable signification. (C'est par antiphrase que l'on a surnommé Philopator (qui aime son père) celui des Ptolémées qui fit périr son père.)
ANTIPODE n. m. (préf. anti, et gr. pous, podos, pied). Lieu de la terre diamétralement opposé à un autre lieu. Habitant de ce lieu. Tout à fait contraire : votre raisonnement est l'antipode du bon sens.Nos antipodes ont leurs pieds opposés aux nôtres ; mais, comme il n'y a en réalité ni haut ni bas dans l'espace et que le bas est pour tous le centre de la terre, ils ont comme nous les pieds en bas et la tête en haut. La Nouvelle-Zélande est à peu près l'antipode de la France. Quand il est midi pour l'un des antipodes, il est minuit pour l'autre. L'antiquité et le moyen âge ne croyaient pas aux antipodes ; aussi Colomb ne parvint-il qu'avec peine à faire approuver ses projets de voyage.
ANTIPOÉTIQUE adj. Contraire à la poésie.
ANTIPROGRESSISTE (grè-sis-te) n. et adj. Contraire aux idées de progrès.
ANTIPROHIBITIONNISTE (si-o-nis-te) n. et adj. Opposé à la prohibition.
ANTIPROTECTIONNISTE (tèk-si-o-nis-te) n. et adj. Opposé au système protecteur.
ANTIPSORIQUE adj. (préf. anti, et gr. psôra, gale). Syn. de antigaleux.
ANTIPUTRIDE adj. Propre à empêcher la putréfaction. N. m. : un antiputride. V. antiseptique.
ANTIPYHINE n. f. Poudre blanche, un peu amère, alcaline, dérivée du goudron de houille, employée comme fébrifuge et analgésique.
ANTIQUAILLE (ka, ll mll.) n. f. Chose antique et surannée.
ANTIQUAIRE (kè-re) n. m. Celui qui étudie les objets anciens. Celui qui les recueille et les vend.
ANTIQUE adj. (lat. antiquus). Très ancien : vase antique. De mode passée : habit antique. Qui a les qualités des choses de même genre que chez les anciens : simplicité antique. N. m. L'ensemble des productions artistiques qui nous restent des anciens : copier l'antique. N. f. Ouvrage d'art produit par les anciens : une belle antique. Ant. Moderne, contemporain, neuf.
ANTIQUEMENT (ke-man) adv. D'une manière antique. Anciennement.
ANTIQUITÉ (ki) n. f. Ancienneté reculée. Les anciens : l'antiquité ne connaissait pas la vapeur. Statue, médaille, monument antique : les antiquités de Rome sont célèbres. Ant. Nouveauté, postérité.
ANTIRABIQUE adj. Se dit d'un remède employé contre la rage. N. m. : un antirabique.
ANTIRATIONALISME (si-o-na-lis-me) n. m. Doctrine opposée au rationalisme.
ANTIRÉGLEMENTAIRE (man-tè-re) adj. Contraire au règlement.
ANTIRELIGIEUX, EUSE (ji-eû, eu-ze) adj. Contraire à la religion, hostile aux opinions religieuses.
ANTIRÉPUBLICAIN, E (in, è-ne) adj. et n. Opposé à la république et aux républicains.
ANTIRÉPUBLICANISME (nis-me) n. m. Système opposé aux doctrines républicaines.
ANTIRÉVOLUTIONNAIRE (si-o-nè-re) adj. et n. Opposé à la révolution. Syn. de contre-révolutionnaire.
ANTIROUILLE (rou, ll mll.) n. f. Substance destinée à préserver de la rouille, à l'enlever.
ANTISCIEN, ENNE (ti-si-in, è-ne) adj. et n. (préf. anti, et gr. skia, ombre). Se dit des peuples qui habitent sous le même méridien, mais de chaque côté et à égale distance de l'équateur, et dont à midi les ombres sont opposées.
ANTISCORBUTIQUE (tis-kor) adj. Propre à guérir le scorbut. N. m. : un antiscorbutique.
ANTISCROFULEUX, EUSE (skro-fu-leû, eu-ze) adj. Propre à guérir les scrofules : les toniques sont antiscrofuleux. N. m. : un antiscrofuleux.
ANTISÉMITE n. Partisan de l'antisémitisme.
ANTISÉMITIQUE adj. Qui est contraire, qui est hostile aux sémites, aux juifs.
ANTISÉMITISME (tis-me) n. m. Doctrine de ceux qui sont opposés à l'influence des juifs.
ANTISEPSIE (sèp-sî) n. f. Ensemble de méthodes thérapeutiques qui détruisent les microbes.
ANTISEPTIQUE (sèp-ti-ke) adj. Se dit des agents propres à arrêter la pullutation microbienne, qui préviennent ou arrêtent la putréfaction. N. m. : un antiseptique. (Les principaux sont : le sublimé corrosif, le biiodure de mercure, le nitrate d'argent, le permanganate de potasse, le chlore, le chlorure de zinc, le borax, le sel marin, le chloroforme, le phénol, le menthol, le formol, etc.)
ANTISOCIABLE adj. Qui ne peut ou ne sait pas vivre en société.
ANTISOCIAL, E, AUX adj. Contraire à l'organisation de la société.
ANTISOCIALISTE (lis-te) n. et adj. Adversaire du socialisme, de ses partisans ou de ses théories.
ANTISPASMODIQUE (spas-mo) adj. Se dit des remèdes que l'on emploie contre les spasmes. N. m. : un antispasmodique.
ANTISPIRITUALISME (spi, lis-me) n. m. Doctrine opposée au spiritualisme.
ANTISPIRITUALISTE (spi, lis-te) n. et adj. Adversaire du spiritualisme.
ANTISTROPHE (tis-tro-fe) n. f. Seconde stance de la poésie lyrique chantée par les chœurs sur le théâtre grec. (La première se nommait strophe.)
ANTITÉTANIQUE adj. Qui est employé contre le tétanos ou les convulsions. N. m. : un antitétanique.
ANTITHÈSE (tè-ze) n. f. (gr. antithêsis, opposition). Figure de rhétorique par laquelle, dans la même période, on oppose des pensées, des mots : la nature est grande dans les petites choses.
ANTITHÉTIQUE adj. Rempli d'antithèses : le style de Fléchier est antithétique.
ANTITOXINE (tok-si-ne) n. f. Substance qui détruit ou annihile les toxines.
ANTIVÉNÉNEUX, EUSE (neû, eu-ze) adj. Se dit des substances propres à combattre les poisons. N. m. : un antivénéneux.
ANTIVERMINEUX, EUSE (vèr-mi-neû, eu-ze) adj. Se dit des remèdes contre les vers. N. m. : un antivermineux.
ANTIVIVISECTION (sèk-si-on) n. f. Doctrine opposée à la vivisection.
ANTOIT (toi) n. m. Instrument de fer recourbé et pointu, dont se servent les charpentiers de navires pour rapprocher et fixer les pièces de bois.
ANTONOMASE (ma-ze) n. f. (préf. ant, et gr. onuma, nom). Figure de rhétorique par laquelle on emploie un nom propre pour un nom commun ou une périphrase, et réciproquement, comme Aristarque pour critique ; l'Apôtre des gentils pour saint Paul.
ANTONYME n. m. (préf. ant, et gr. onuma, nom). Contraire ; mot qui a un sens opposé à celui d'un autre : laideur et beauté sont des antonymes. Ant. Synonyme.
ANTONYMIE (mî) n. f. (rad. antonyme). Opposition de noms ou de mots ayant un sens contraire : un honnête fripon. Ant. Synonymie.
ANTRE n. m. (lat. antrum). Caverne, tanière. Retraite des bêtes féroces. Fig. Lieu où l'on court un risque : l'antre de la chicane. Loc. Prov. L'antre du lion, lieu dangereux, d'où il est très difficile de sortir.
ANTRUSTION (trus-ti-on) n. m. Franc placé sous la protection du roi, et qui faisait partie de sa trustis (de sa foi), le suivait à la guerre, etc.
ANUITER (S') [sa-nu-i-té] v. pr. Se laisser surprendre par la nuit : il est dangereux de s'anuiter dans les montagnes.
ANURIE (rî) ou ANURÈSE (rè-ze) n. f. Diminution, suppression de l'élimination urinaire.
ANUS (a-nuss) n. m. Orifice du rectum.
ANXIÉTÉ (an-ksi) n. f. (lat. anxietas). Angoisse, inquiétude, tourment d'esprit : vivre dans l'anxiété.
ANXIEUSEMENT (an-ksi-eû-zeman) adv. Avec anxiété.
ANXIEUX, EUSE (ksi-eû, eu-ze) adj. Soucieux, inquiet.
AORISTE (ô-ris-te) n. m. (gr. aoristos, indéterminé). Temps de la conjugaison grecque qui indique une action passée.
AORTE (a-or) n. f. (gr. aortê, veine). Artère qui naît de la base du ventricule gauche du cœur et qui est le tronc commun des artères portant le sang rouge dans toutes les parties du corps.
AORTIQUE (a-or) adj. Qui a rapport a l'aorte.
AORTITE (a-or) n. f. Inflammation de l'artère aorte.
AOÛT (ou) n. m. Huitième mois de l'année. Moisson : faire l'août.
AOÛTAGE (a-ou) n. m. Travaux rustiques qui ont lieu en août. Moisson.
AOÛTAT (a-ou-ta) n. m. Insecte. V. trombidion.
AOÛTÉ, E (a-ou) adj. Mûri par la chaleur d'août : fruits aoûtés.
AOÛTEMENT (a-ou-te-man) n. m. Effet d'une température favorable à la maturation des fruits.
AOÛTER (a-ou-té) v. a. Rendre mûr. S'aoûter v. pr. Devenir mûr : Fruits qui s'aoûtent.
AOÛTERON (ou) n. m. Journalier loué pour le temps de la moisson.
APAISEMENT (pè-ze-man) n. m. Action d'apaiser. Etat de ce qui est apaisé. Ant. Excitation.
APAISER (pè-zé) v. a. Adoucir, calmer : apaiser la colère. S'apaiser v. pr. Se calmer. Ant. Exciter.
APALACHINE n. f. Genre de houx qui croit dans les monts Apalaches (Amérique du Nord) et dont les feuilles ont des propriétés vomitives.
APANAGE n. m. (lat. apanagium, revenu annuel ; de panis, pain). Portion du domaine que les souverains assignaient parfois à leurs fils puînés, à leurs frères, mais qui devait en général revenir à la couronne après la mort de ceux-ci. Fig. Lot. Ce qui est propre à une personne : les infirmités sont l'apanage de la vieillesse.
APANAGER (jé) v. a (Prend un e après le g devant a et o : il apanagea, nous apanageons.) Donner un apanage.
APANAGISTE (jis-te) n. et adj. Qui possède un apanage.
APANON n. m. Morceau de fer aplati qui attache au train la flèche d'une voiture.
APAPELARDIR (S') v. pr. Devenir papelard.
APARTÉ n. m. (du lat. a parte, à part). Ce qu'un acteur dit à part soi sur la scène. Réflexion, entretien faits à l'écart. Pl. des apartés.
APATHIE (tî) n. f. (gr. a priv., et pathos, passion). Insensibilité, indolence, mollesse, nonchalance. Ant. Vivacité.
APATHIQUE adj. et n. Insensible à tout, indolent. Ant. Vif, enthousiaste.
APATHIQUEMENT (ke-man) adv. D'une manière apathique : vivre apathiquement.
APATITE n. f. Phosphate de chaux naturel.
APEPSIE (pèp-sî) n. f. (gr. a. priv., et pepsis, cuisson). Défaut de digestion ; mauvaise digestion.
APERCEPTIBILITÉ (pèr-sèp) n. f. Philos. Qualité de ce qui est aperceptible. (Inus. au sens physique.)
APERCEPTIBLE (pèr-sèp) adj. Philos. Qui peut être perçu.
APERCEPTIF, IVE (pèr-sèp) adj. Philos. Qui a la faculté d'aperception.
APERCEPTION (pèr-sèp-si-on) n. f. Philos. Intuition, faculté ou action de saisir immédiatement par la conscience une idée, une vérité.
APERCEPTIVITÉ (pèr-sèp) n. f. Philos. Faculté d'aperception.
APERCEVABLE (pèr) adj. Qu'on peut apercevoir.
APERCEVANCE (pèr) n. f. Faculté d'apercevoir. Perspicacité, pénétration. (vx.)
APERCEVOIR (pèr) v. a. Voir subitement. Découvrir, voir à une certaine distance. S'apercevoir v. pr. Remarquer : ils se sont aperçus que...
APERÇU (pèr) n. m. Première vue d'un objet. Exposé sommaire d'une affaire. Appréciation, jugement.
APÉRISPERMÉ, ÉE (ris-pèr) adj. Se dit d'une graine dépourvue de périsperme.
APÉRITIF, IVE adj. (lat. aperire, ouvrir). Qui ouvre les pores aux liquides de l'organisme comme le chiendent, la chicorée, certaines eaux minérales, etc. Qui ouvre l'appétit. N. m. : un apéritif.
APERTEMENT (pèr-te-man) adv. (lat. apertus, ouvert). D'une manière ouverte.
APERTISE (pèr-ti-ze) n. f. Acte d'adresse. (vx.)
APÉTALE adj. (a priv., et pétale). Qui n'a pas de pétales : la fleur du noisetier, du saule, est apétale.
APÉTALIE (lî) n. f. (rad. apétale). Classe de plantes dont les fleurs ne possèdent pas de pétales.
APETISSEMENT (se-man) n. m. Diminution. (vx.)
APETISSER (ti-sé) v. a. Rendre plus petit. S'apetisser v. pr. Devenir plus petit.
À PEU PRÈS loc. adv. Environ. N. m. Approximation : ne vous contentez pas des à peu près.
APEURÉ, E adj. V. apeuré.
APEX (pèks) n. m. invar. (mot lat.) Chez les Romains, bonnet des flamines. Auj. Sommet du casque auquel s'attache la crinière. Astron. Point de la sphère céleste vers lequel s'avance le soleil avec son cortège de planètes.
APHANIPTÈRES n. m. pl. (du gr. aphanês, obscur, et pteron, aile). Insectes suceurs, tels que les puces, qui n'ont pas d'ailes. S. un aphaniptère.
APHASIE (zî) n. f. (du gr. a priv., et phasis, parole). Perte de la parole.
APHASIQUE (zi-ke) n. m. Qui est atteint d'aphasie.
APHÉLIE (lî) n. m. (gr. apo, loin de, et hêlios, soleil). Astr. Point de l'orbite d'une planète qui est le plus éloigné du soleil. Ant. Périhélie.
APHÉRÈSE (rè-ze) n. f. (gr. aphairein, enlever). Gram. Retranchement d'une syllabe au commencement d'un mot : las ! pour hélas ; lors, pour alors.
APHÉSIE (zî) ou APHÉSIS (ziss) n. f. Amélioration des symptômes d'une maladie. Relâchement des forces musculaires.
APHIDIENS (di-in) n. m. pl. Famille d'insectes hémiptères, ayant pour type les pucerons. S. un aphidien.
APHLOGISTIQUE (jis-ti-ke) adj. (gr. a priv., et phlogos, flamme). Qui ne peut s'enflammer : amiante aphlogistique.
APHONE adj. (gr. a priv., et phônê, voix). Qui n'a pas de voix, de son.
APHONIE (nî) n. f. (rad. aphone.) Extinction de voix.
APHORISME (ris-me) n. m. (gr. aphorismos, définition). Maxime énoncée en peu de mots : tel père, tel fils.
APHORISTIQUE (ris-ti-ke) adj. Qui tient de l'aphorisme.
APHRODISIAQUE (zi-a-ke) adj. Se dit de certaines substances excitantes, telles que le phosphore, la cantharide, etc. N. m. : un aphrodisiaque.
APHTE (af-te) n. m. (gr. aphthé). Petite ulcération qui vient dans la bouche.
APHTEUX, EUSE (af-teû, eu-ze) adj. Caractérisé par la présence d'aphtes : angine aphteuse. Fièvre aphteuse, fièvre épidémique des bestiaux.
APHYLLE (fî-le) adj. (gr. a priv., et phullon, feuille). Se dit des plantes dont la tige est dépourvue de feuilles, comme la cuscute, la véronique.
API n. m. Sorte de petite pomme rouge et blanche, ferme et sucrée : un api, des apis ; une pomme d'api.
APIAIRES (è-re) n. m. pl. Tribu d'insectes hyménoptères, comprenant les abeilles. S. un apiaire.
APICOLE adj. (lat. apis, abeille, et colere, cultiver). Qui concerne l'élève des abeilles : exploitation apicole.
APICULTEUR n. m. Qui pratique l'apiculture.
APICULTURE n. f. (lat. apis, abeille, et cultura, culture). Art d'élever les abeilles ou de tirer profit de leurs produits. — Les régions où l'apiculture est le plus développée en France sont : le Gâtinais, la Beauce, les environs de Reims, la campagne de Caen, la Bretagne, la Gascogne, le Narbonnais, la Provence, la Savoie, etc.
APION n. m. Coléoptère rynchophore, petit charançon qui vit sur les légumineuses.
APIQUAGE (ka-je) n. m. Action d'apiquer.
APIQUER (ké) v. a. Incliner les vergues de haut en bas.
APITOIEMENT (toi-man) n. m. Action de s'apitoyer.
APITOYER (toi-i-é) v. a. (Se conj. comme aboyer.) Exciter la pitié. S'apitoyer v. pr. Compatir : il faut s'apitoyer sur le sort des malheureux.
APIVORE adj. et n. (lat. apis, abeille, et vorare, dévorer). Qui mange, qui détruit les abeilles.
APLAIGNER (plè-gné) ou APLANER v. a. Coucher dans le même sens les brins de laine du drap.
APLAIGNEUR, EUSE (plè-gneur, eu-ze) n. et adj. Qui aplaigne les draps. (On dit aussi aplaneur ou aplanisseur.)
APLANAT (na) n. et adj. m. Objectif photographique, composé de deux systèmes optiques identiques, formés chacun d'un ménisque convergent en flint léger et d'un ménisque divergent en flint lourd.
APLANER (né) v. a. Polir un morceau de bois à l'aide de la plane.
APLANÉTIQUE adj. (du gr. a priv., et planê, aberration). Se dit d'une surface telle que tous tes rayons lumineux issus d'un même point vont se rencontrer au même foyer.
APLANEUR, EUSE (eu-ze) n. Qui aplane le bois.
APLANIR v. a. Rendre uni : aplanir un chemin. Fig. Faire disparaître : aplanir les difficultés.
APLANISSEMENT (ni-se-man) n. m. Action d'aplanir : l'aplanissement d'une route.
APLANISSEUR, EUSE (ni-seur, eu-ze) n. Personne qui aplanit.
APLAT (pla) n. m. Teinte plate.
APLATIR v. a. Rendre plat. S'aplatir v. pr. Devenir plat. Fig. S'abaisser.
APLATISSEMENT (ti-se-man) n. m. Action d'aplatir. Etat de ce qui est aplati. Fig. Abaissement.
APLATISSEUR (ti-seur) n. m. Celui qui aplatit.
APLATISSOIR (ti-soir) n. m. ou APLATISSOIRE (ti-soi-re) n. f. Sorte de marteau, de laminoir pour aplatir des métaux.
APLOMB (plon) n. m. Direction perpendiculaire au plan de l'horizon. Equilibre. Fig. Assurance : avoir de l'aplomb. D'aplomb loc. adv. Perpendiculairement. Solidement, en équilibre : être d'aplomb. N. m. pl. Disposition et direction des jambes d'un cheval par rapport au sol : les aplombs d'un cheval. V. cheval.
APOCALYPTIQUE adj. Obscur, trop allégorique : style apocalyptique.
APOCOPE n. f. (gr. apo, hors de, et koptein, couper). Gram. Ellipse d'une lettre à la fin d'un mot : les poètes écrivent quelquefois, par apocope, je voi, pour je vois ; encor, pour encore, etc. Chir. Fracture dans laquelle une partie de l'os a été enlevée.
APOCOPÉ, E adj. Qui a subi une apocope.
APOCRISIAIRE (zi-è-re) n. m. (gr. apokrisis, réponse). Dans l'empire byzantin, officier chargé de porter les réponses de l'empereur.
APOCRYPHE adj.(gr. apokruphos, caché). Non authentique : histoire apocryphe. N. m. : un apocryphe.
APOCYN ou APOCIN (sin) n. m. Genre d'apocynacées, comprenant des plantes à propriétés vomitives et purgatives.
APOCYNACÉES (sé) ou APOCYNÉES (né) n. f. pl. Famille de plantes dicotylédones, ayant pour type le genre apocyn. S. une apocynacée ou apocynée.
APODE adj. (a priv., et gr. pous, podos, pied). Qui n'a pas de pieds, de pattes : larve apode.
APODICTIQUE (dik) adj. (gr. apodeiknumi, je démontre). Proposition démontrée et incontestable.
APODIE (dî) n. f. (rad. apode.) Absence de pieds.
APODOSE (do-ze) n. f. Proposition principale placée après une proposition conditionnelle appelée protase : si vous voulez (protase), il partira (apodose.)
APOGÉE (jé) n. m. (gr. apo, loin de, et , terre). Point de l'orbite d'un astre où il se trouve à sa plus grande distance de la terre, par opposition à périgée. Fig. Le plus haut degré d'élévation : être à l'apogée de sa fortune, de sa gloire. Ant. Périgée.
APOGRAPHE (du gr. apo, loin de, et graphein, écrire) adj. Se dit de la copie d'un écrit original. N. m. : un apographe. (Son opposé est autographe.)
APOLOGÉTIQUE adj. Qui contient une apologie : discours apologétique. N. f. Apologétique chrétienne, partie de la théologie qui a pour but de défendre la religion chrétienne contre les attaques.
APOLOGIE (jî) n. f. (gr. apologia). Discours écrit pour justifier une personne, une chose : faire l'apologie de quelqu'un. Ant. Blâme, dénigrement.
APOLOGIQUE adj. Syn. de apologétique.
APOLOGISTE (jis-te) n. Qui fait l'apologie de quelqu'un, de quelque chose. Docteur qui défend la foi chrétienne : Platon a été l'apologiste de Socrate.
APOLOGUE (lo-ghe) n. m. (gr. apo, sur, et logos, discours). Sorte de fable présentant une vérité morale.
APOMORPHINE n. f. Corps blanc, de saveur amère, dérivé de la morphine par perte d'eau : l'apomorphine est vomitive et purgative.
APONÉVROSE (vrô-ze) n. f. Membrane blanche, résistante, qui enveloppe les muscles et sert à les fixer aux os.
APONÉVROTIQUE adj. Qui concerne l'aponévrose : membrane aponévrotique.
APOPHTEGME (tègh-me) n. m. (gr. apophthegma, sentence). Parole, sentence mémorable de quelque personnage illustre : les apophtegmes des sept sages de la Grèce.
APOPHYSE (fi-ze) n. f. Eminence qui s'élève sur un os et fait corps avec lui.
APOPLECTIQUE (plèk) adj. Qui appartient à l'apoplexie : symptômes apoplectiques. N. et adj. Prédisposé à l'apoplexie : un apoplectique ; femme apoplectique.
APOPLEXIE (plèk-sî) n. f. (gr. apo, sur, et plessein, frapper). Maladie caractérisée par une hémorragie cérébrale qui suspend brusquement le sentiment et le mouvement, sans que la respiration et la circulation soient suspendues. Apoplexie foudroyante, celle qui frappe subitement de mort. Epanchement de sang au poumon ou dans un autre organe : apoplexie rénale, pulmonaire.
APOSTASIE (pos-ta-zî) n. f. (gr. apostasia, abandon). Abandon public d'une religion pour une autre. Se dit surtout du christianisme : l'apostasie de l'empereur Julien et de Henri VIII. Fig. Désertion d'un parti.
APOSTASIER (pos-ta-zi-é) v. n. (Se conj. comme prier.) Renoncer à sa religion, à ses vœux, à son parti.
APOSTAT (pos-ta) adj. Qui a apostasie : moine apostat. N. m. un apostat. (Le fém. apostate est peu usité.)
APOSTÈME (pos-tè-me) ou APOSTUME (pos-tu-me) n. m. Tumeur extérieure avec suppuration.
APOSTER (pos-té) v. a. Placer quelqu'un dans un endroit, pour observer, ou dans un mauvais dessein.
A POSTERIORI V. posteriori (à).
APOSTILLE (pos-ti, ll mll.) n. f. (bas lat. apostilla, note, explication). Note placée à la marge ou au bas d'un écrit. Recommandation ajoutée à une pétition.
APOSTILLER (pos-ti, ll mll., é) v. a. Mettre une apostille au bas d'une lettre, d'une pétition, etc. : apostiller une demande.
APOSTOLAT (pos-to-la) n. m. (gr. apostolê, départ). Ministère d'apôtre. Action de propager des idées nouvelles.
APOSTOLICITÉ (pos-to) n. f. Caractère de ce qui est conforme à la doctrine des apôtres.
APOSTOLIQUE (pos-to) adj. D'apôtre : zèle apostolique. Qui émane du saint-siège : bref apostolique.
APOSTOLIQUEMENT (pos-to-li-ke-man) adv. D'une manière apostolique.
APOSTROPHE (pos-tro-fe) n. f. (gr. apo, loin de, et strophe, tour, c'est-à-dire détour). Figure de rhétorique par laquelle on s'adresse directement et brusquement aux présents, aux absents, aux êtres animés ou inanimés : l'apostrophe de Cicéron à Catilina : jusques à quand... Signe de l'élision ('), qui marque la suppression des voyelles a, e, i. — On emploie l'apostrophe : 1° avec les mots le, la, je, me, ne, te, se, de, que, ce, si devant un mot commençant par une voyelle ou un h muet : l'homme, l'amitié, s'il, etc. ; 2° avec les mots lorsque, puisque, quoique devant il, elle, on, un, une; 3° avec entre, presque, lorsqu'ils font partie d'un mot composé : entr'acte, presqu'île ; 4° avec quelque devant un, une.
APOSTROPHER (pos-tro-fé) v. a. Adresser vivement la parole à quelqu'un pour lui dire quelque chose de désagréable.
APOSTUME (pos-tu-me) n. m. Méd. V. apostème.
APOSTUMER (pos-tu-mé) v. n. Tourner en apostume : la tumeur apostume. (On dit mieux abcède.)
APOTHÈCE ou APOTHÉCIE (sî) n. f. Réceptacle des lichens qui renferme les corpuscules reproducteurs.
APOTHÈME n. m. Géom. Perpendiculaire menée du centre d'un polygone régulier sur un de ses côtés : on obtient la surface d'un polygone régulier en multipliant le périmètre par la moitié de l'apothème. Perpendiculaire abaissée du sommet d'une pyramide ré côtés du polygone de base.
APOTHÉOSE (ô-ze) n. f. (gr. apo, à part, et theos, dieu). Déification des empereurs romains et des héros. Fig. Honneurs extraordinaires rendus à quelqu'un.
APOTHICAIRE (kè-re) n. m. (gr. apothêkê, boutique). Se disait autrefois pour pharmacien. Compte d'apothicaire, compte sur lequel il y a beaucoup à rabattre.
APOTHICAIRERIE (kè-re-rî) n. f. Boutique, officine d'apothicaire. (On dit auj. pharmacie.)
APÔTRE n. m. (gr. apo, loin, et stellein, envoyer). Chacun des douze disciples que Jésus-Christ chargea de prêcher l'Evangile. Par ext. Celui qui se voue à la propagation et à la défense d'une doctrine. Fig. Faire le bon apôtre, contrefaire l'homme de bien.
APOZÈME n. m. Décoction de substances végétales : apozème amer purgatif.
APPARAÎTRE (a-pa-rè-tre) v. n. (Se conj. comme connaître.) Devenir visible. Se montrer tout à coup : Dieu apparut à Moïse. Ant. Disparaître.
APPARAT (a-pa-ra) n. m. Pompe, éclat qui accompagne certaines actions : dîner d'apparat.
APPARAUX (a-pa-rô) n. m. pl. Agrès destinés à effectuer des travaux de force : apparaux des ancres.
APPAREIL (a-pa-rè, l mll.) n. m. (lat. apparatus, apprêt). Préparatif de tout ce qui a de la pompe, de l'éclat. Machine, assemblage d'instruments propres à exécuter un travail : appareil de sauvetage, appareils de gymnastique. Constr. Disposition des pierres. Chir. Pièces nécessaires à un pansement : lever l'appareil. Anat. Ensemble des organes qui concourent à une fonction : l'appareil respiratoire.
APPAREILLADE (a-pa-rè, ll mll.) n. f. Action d'appareiller par couples les perdrix en vue de la reproduction.
APPAREILLAGE (a-pa-rè, ll mll.) n. m. Mar. Action d'appareiller, de tout disposer pour le départ : appareillage d'un navire.
APPAREILLEMENT (a-pa-rè, ll mll., e-man) n. m. Accouplement d'animaux domestiques pour le travail.
APPAREILLER (a-pa-rè, ll mll., é) v. a. Mettre ensemble des choses pareilles : appareiller des vases. Ant. Dépareiller.
APPAREILLER (a-pa-rè, ll mll., é) v. n. Mar. Se préparer à partir : la flotte appareille.
APPAREILLEUR (a-pa-rè, ll mll., eur) n. m. Ouvrier qui trace la coupe des pierres d'après tes plans.
APPAREMMENT (a-pa-ra-man) adv. D'après les apparences.
APPARENCE (a-pa-ran-se) n. f. (lat. apparere, apparaître). Ce qui apparaît au dehors. Beaux dehors ; faux semblants : il ne faut pas se fier aux apparences. Vraisemblance, probabilité : il n'y a nulle apparence. Sauver les apparences, ne rien laisser paraître qui décèle un mal. En apparence loc. adv. Extérieurement, à en juger d'après ce que l'on voit.
APPARENT (a-pa-ran), E adj. Visible, spécieux : prétexte apparent. Remarquable, considérable : personne apparente. Ant. Caché, invisible.
APPARENTER (a-pa-ran-té) v. a. Donner à quelqu'un des parents par alliance. S'apparenter v. pr. S'allier à quelqu'un : s'apparenter à la bourgeoisie.
APPARIEMENT ou APPARÎMENT (a-pa-rî-man) n. m. Action d'apparier, d'unir par couple ou par paire.
APPARIER (a-pa-ri-é) v. a. (Se conj. comme prier.) Assortir par paire, par couple. Ant. Déparier, désapparier.
APPARITEUR (a-pa) n. m. Huissier d'une faculté.
APPARITION (a-pa-ri-si-on) n. f. Manifestation subite d'un être, d'un objet : l'apparition d'une comète. Séjour d'un moment : il n'a fait qu'une apparition. Spectre, vision. Ant. Disparition.
APPAROIR (a-pa) v. impers. (N'est plus usité qu'à l'infin. et dans il appert.) Dr. Etre évident, résulter.
APPARTEMENT (a-par-te-man) n. m. Logement composé de plusieurs pièces.
APPARTENANCE (a-par) n. f. Dépendance.
APPARTENANT (a-par-te-nan), E adj. Qui appartient de droit : voilà des biens à eux appartenants ; maison à lui appartenante.
APPARTENIR (a-par) v. n. (Se conj. comme tenir.) Etre de droit à quelqu'un. Etre propre à quelqu'un : tant de bonté n'appartient qu'à vous. Convenir : la gaieté appartient à l'enfance. Faire partie de : le pin appartient à la famille des conifères. S'appartenir v. pr. Etre libre, indépendant.
APPAS (a-pa) n. m. pl. Attraits, charmes : les appas de la gloire.
APPÂT (a-pâ) n. m. (préf. ad, et lat. pastus, nourriture). Pâture placée dans un piège ou fixée à un hameçon. Fig. Tout ce qui attire : l'appât du gain.
APPÂTER (a-pâ) v. a. Attirer avec un appât. Engraisser,donner la pâture à la volaille : appâter des oies.
APPAUVRIR (a-pô) v. a. Rendre pauvre : la guerre appauvrit un pays. Fig. Diminuer la fertilité, l'abondance : appauvrir un terrain, une langue. Sang appauvri. Ant. Enrichir.
APPAUVRISSEMENT (a-pô-vri-se-man) n. m. Etat de pauvreté où l'on tombe peu à peu. Fig. Diminution de force, d'abondance : appauvrissement du sang, d'une langue. Ant. Enrichissement.
APPEAU (a-pô) n. m. Sifflet avec lequel on imite le cri des oiseaux pour les attirer, les appeler.
APPEL (a-pèl') n. m. Action d'appeler : cri d'appel. Action de nommer les membres d'une assemblée pour constater leur présence : répondre à l'appel. Action d'appeler les conscrits sous les drapeaux : l'appel de la classe. Recours à un juge, à un tribunal supérieur : interjeter appel. Signal militaire : sonner l'appel. Excitation : appel à l'insurrection. Appel de fonds, demande de nouveaux fonds à des actionnaires, souscripteurs, etc. Appel comme d'abus. V. abus.
APPELANT (a-pe-lan), E n. Qui appelle d'un jugement.
APPELÉ adj. et n. m. Se dit d'un soldat appelé à rejoindre son corps : réserviste appelé ; les appelés de la classe.
APPELER (a-pe-lé) v. a. (lat. appellare. — Prend deux l devant une syllabe muette : j'appellerai.) Nommer pour faire venir : appeler la garde. Convoquer au service militaire : appeler la reserve sous les drapeaux. Citer eu justice : appeler en témoignage. Destiner à : son mérite l'appelle à commander. Avertir : l'heure m'appelle. Désigner par un nom : appeler un enfant Jacques. V. n. Recourir à un tribunal supérieur : ne pas appeler d'un jugement, c'est l'accepter. (On dit plus souvent en appeler.) S'appeler v. pr. Etre désigné par un nom : s'appeler Pierre.
APPELLATIF, IVE (a-pèl-la) adj. Gram. Qui convient à toute une espèce, comme les noms homme, arbre. (On dit plutôt nom commun.)
APPELLATION (a-pèl-la-si-on) n. f. Action d'appeler. (Peu us.) Dénomination, qualificatif : appellation ingénieuse. Manière d'appeler chacune des lettres de l'alphabet.
APPENDICE (a-pin) n. m. (lat. appendere, dépendre de). Supplément à la fin d'un ouvrage. Partie qui sert de prolongement à une partie principale. Appendice vermiforme ou iléo-caecal, petit cul-de-sac, qui s'implante sur la partie inférieure du caecum.
APPENDICITE (a-pin) n. f. Inflammation de l'appendice du caecum.
APPENDICULAIRE (a-pin, lè-re) adj. Hist. nat. Qui ressemble à un appendice.
APPENDRE (a-pan-dre) v. a. Suspendre, attacher.
APPENTIS (a-pan-ti) n. m. (préf. ad. et lat. pendere, pendre). Petit toit à une seule pente appuyé du faîte à un mur, tandis que sa partie inférieure est soutenue par des poteaux. Petit bâtiment adossé
APPERT (il). V. apparoir.
APPESANTIR (a-pe-zan-tir) v. a. Alourdir : l'eau appesantit les vêtements. Rendre moins propre pour le mouvement, pour l'action : la vieillesse appesantit le corps. Fig. Appesantir le joug, son pouvoir, rendre sa domination plus oppressive. S’appesantir v. pr. Devenir plus lourd. S'appesantir sur, frapper, accabler. Insister longuement sur : s'appesantir sur un sujet. Ant. Alléger, allégir.
APPESANTISSEMENT (a-pe-zan-ti-se-man) n. m. Etat d'une personne appesantie par l'âge, etc. Lourdeur.
APPÉTENCE (a-pé-tan-se) n. f. Désir instinctif. Convoitise. Ant. Inappétence.
APPÉTER (a-pé-té) v. a. (Se conj. comme accélérer.) Désirer vivement : l'estomac appâte les aliments. Ant. Rebuter, repousser.
APPÉTISSANT (a-pé-ti-san), E adj. Qui excite l'appétit, les désirs. Ant. Rebutant.
APPÉTIT (a-pé-ti) n. m. (lat. appetere, désirer). Inclination qui porte à désirer une chose pour la satisfaction des sens. Désir de manger. Prov. : L'appétit vient en mangeant, plus on a de biens, plus on en veut avoir. Ant. Anorexie, satiété.
APPÉTITIF, IVE (a-pé) adj. Qui fait désirer vivement.
APÉTITION (a-pé-ti-si-on) n. f. Vif désir.
APPLAUDIR (a-plô) v. a. (lat. applaudere). Battre des mains en signe d'approbation : applaudir une pièce, un acteur. Approuver, louer. V. n. Applaudir à, témoigner son approbation : j'applaudis à tout ce que vous dites. S'applaudir v. pr. Se glorifier, se féliciter, se réjouir : s'applaudir d'avoir pris une résolution. Ant. Huer, siffler.
APPLAUDISSEMENT (a-plô-di-se-man) n. m. Approbation publique qui se manifeste par des battements de mains, des acclamations. Eloge. Ant. Huée.
APPLAUDISSEUR (a-plô-di-seur) n. m. Qui applaudit beaucoup.
APPLICABILITÉ (a-pli) n. f. Qualité de ce qui est applicable.
APPLICABLE (a-pli) adj. Qui doit ou peut être appliqué. Ant. Inapplicable.
APPLICAGE (a-pli) n. m. Action d'appliquer.
APPLICATION (a-pli-ka-si-on) n. f. Action de poser une chose sur une autre. Dentelle d'application, dentelle dont les fleurs sont cousues sur le fond. Action d'adapter une maxime, un précepte, etc. : application d'un principe. Fig. Attention soutenue : application à l'étude. Ant. Inapplication.
APPLIQUE (a-pli-ke) n. f. Tout ce qu'on applique sur un objet pour l'orner. Candélabre à une ou plusieurs branches qui se fixe au mur.
APPLIQUER (a-pli-ké) v. a. (préf. ad, et lat. plicare, plier). Mettre une chose sur une autre : appliquer des couleurs. Donner : appliquer un soufflet. Diriger avec attention : appliquer son esprit à. Employer : appliquer un remède, une loi, une règle, etc. Faire servir : appliquer l'algèbre à la géométrie. S'appliquer v. pr. Mettre toute son attention : s'appliquer à bien faire. Prendre pour soi : s'appliquer des louanges.
APPLIQUEUSE (a-pli-keu-ze ) n. f. Ouvrière chargée d'appliquer les fleurs sur les dentelles dites d'application.
APPOGIATURE (a-po) ou APPOGGIATURE (a-po-dji-a) n. f. (ital. appoggiatura). Mus. Ornement de mélodie, consistant en une petite note sans valeur de durée, qu'on fait entendre au-dessus ou au-dessous d'une note réelle et avant cette note.
APPOINT (a-poin) n. m. Ce qu'on ajoute pour compléter une somme, un compte. Faire l'appoint, compléter une somme.
APPOINTAGE (a-poin) n. m. Action de rendre pointu.
APPOINTEMENTS (a-poin-te-man) n. m. pl. Salaire fixe pour un emploi. Etre aux appointements, recevoir des appointements.
APPOINTER (a-poin-té) v. a. Donner des appointements : appointer un fonctionnaire.
APPOINTER (a-poin-té) v. a. (préf. ad, et pointe). Tailler en pointe. Ant. Emousser, épointer.
APPOINTEUR, EUSE (a-poin, eu-ze) n. et adj. Personne qui appointe.
APPOINTIR (a-poin) v. a. Rendre pointu. (On dit mieux appointer.)
APPONDURE (a-pon) n. f. Perche ajoutée au bout d'une autre, pour maintenir et rendre plus solide un train de bois flotté.
APPONTEMENT (a-pon-te-man) n. m. Construction en bois ou en fer destinée à permettre le chargement et le déchargement des navires et bateaux.
APPORT (a-por) n. m. Biens qu'un époux apporte dans la communauté conjugale. Part d'un associé dans l'actif social.
APPORTER (a-por-té) v. a. (préf. ad, et lat. portare, porter). Porter où se trouve quelqu'un : apportezmoi ce livre. Fig. Fournir : apporter tant en mariage. Alléguer : apporter des raisons. Annoncer : apporter une nouvelle. Employer : apporter des soins. Susciter : apporter des obstacles.
APPOSER (a-po-zé) v. a. Appliquer, mettre : apposer une affiche. Apposer les scellés, appliquer le sceau de justice sur la serrure d'une porte d'appartement, de meuble, pour qu'on ne puisse soustraire aucun des objets qui y sont renfermés. Apposer une clause d’un acte, l'y insérer.
APPOSITIF, IVE (a-po-zi) adj. Gram. Se dit d'un mot qui, placé à côté d'un nom, ne désigne avec lui qu'une seule et même personne, une seule et même chose. (Ainsi, dans Jean lapin, sire Grégoire, le second nom est l'appositif, le complément appositif du premier.) N. m. un appositif.
APPOSITION (a-po-zi-si-on) n. f. Action d'apposer : l'apposition d'un sceau. Gram. Union de deux noms, dont le second sert d'épithète au premier : Cicéron, orateur romain.
APPRÉCIABILITÉ (a-pré) n. f. Qualité de ce qui est appréciable.
APPRÉCIABLE (a-pré) adj. Qui peut être apprécié. Ant. Inappréciable.
APPRÉCIATEUR, TRICE (a-pré) n. et adj. Qui apprécie : appréciateur du talent.
APPRÉCIATIF, IVE (a-pré-si) adj. Qui marque l'appréciation.
APPRÉCIATION (a-pré-si-a-si-on) n. f. Estimation, évaluation : appréciation de marchandises. Jugement : appréciation juste, raisonnée.
APPRÉCIER (a-pré-si-é) v. a. (préf. ad, et lat. pretium, prix. — Se conj. comme prier.) Evaluer. Apprécier quelqu'un, l'estimer.
APPRÉHENDER (a-pré-an-dé) v. a. (lat. apprehendere). Saisir : appréhender au corps. Craindre, redouter : j'appréhende qu'il ne soit trop tard ; je n'appréhende guère qu'il soit trop tard.
APPRÈHENSIF, IVE (a-pré-an) adj. Timide, craintif : caractère appréhensif.
APPRÉHENSION (a-pré-an) n. f. Crainte, peur.
APPRENDRE (a-pran-dre) v. a. (préf. ad, et lat. prehendere, saisir par l'esprit. — Se conj. comme prendre.) Acquérir des connaissances, étudier : apprendre l'histoire. Contracter une habitude : apprendre à se taire. Informer, être informé : apprendre une nouvelle à quelqu'un, de quelqu'un. Enseigner : apprendre te dessin à un enfant. Ant. Désapprendre, oublier.
APPRENTI, E (a-pran) n. Celui, celle qui apprend un métier, une profession sous un maître : les apprentis sont protégés par la loi. Fig. Personne peu habile, peu exercée.
APPRENTISSAGE (a-pran-ti-sa-je) n. m. Action d'apprendre un état. Le temps qu'on met a l'apprendre. Fig. Premiers essais : l'apprentissage de la vertu.
APPRÊT (a-prè) n. m. Manière d'apprêter les étoffes, les cuirs, etc. Matière qui sert à l'apprêt. Assaisonnement : apprêt des viandes. Fig. Affectation dans le discours : style plein d'apprêt. Pl. Préparatifs : les apprêts d'un voyage.
APPRÊTAGE (a-prè) n. m. Emploi de l'apprêt.
APPRÊTÉ, E (a-prè) adj. Affecté, dépourvu de naturel : style apprêté ; langage apprêté.
APPRÊTER (a-prè-té) v. a. Préparer : apprêter ses armes. Accommoder : apprêter des aliments. S'apprêter v. pr. Se disposer, se préparer.
APPRÊTEUR, EUSE (a-prè, eu-ze) n. et adj. Ouvrier, ouvrière qui donne l'apprêt aux étoffes, etc. Peintre sur verre. Modiste qui pose les ornements du chapeau.
APPRIVOISABLE (a-pri-voi-za-ble) adj. Qu'on peut apprivoiser.
APPRIVOISEMENT (a-pri-voi-ze-man) n. m. Action d'apprivoiser.
APPRIVOISER (a-pri-voi-zé) v. a. (préf. ad, et lat. prirus, privé). Rendre un animal moins farouche, privé. Fig. Rendre une personne plus sociable. S'apprivoiser v. pr. Se familiariser, s'accoutumer : s'apprivoiser avec le danger. Ant. Effaroucher.
APPRIVOISEUR, EUSE (a-pri-voi-zeur, eu-ze) n. Qui apprivoise.
APPROBATEUR, TRICE (a-pro) n. Qui approuve. Ant. Déprédateur, dénigreur, désapprobateur.
APPROBATIF, IVE (a-pro) adj. Qui marque l'approbation : geste approbatif. Ant. Critique, improbatif.
APPROBATION (a-pro-ba-si-on) n. f. Consentement, acquiescement, adhésion. >Jugement favorable : flatteuse approbation. Ant. Désapprobation.
APPROBATIVEMENT (a-pro, man) adv. D'une manière approbative.
APPROBATIVITÉ (a-pro) n. f. Désir de plaire, d'être louange.
APPROCHABLE (a-pro) adj. Dont on peut approcher : les gens irascibles ne sont pas approchables.
APPROCHANT (a-pro-chan), E adj. Peu différent, presque semblable. Approximatif.
APPROCHANT (a-pro-chan) adv. Environ, à peu près : mille francs ou approchant.
APPROCHE (a-pro-che) n. f. Action d'approcher,de s'approcher : s'enfuir à l'approche de l'ennemi. Pl. Abords, accès : les approches d'une ville.
APPROCHER (a-pro-ché) v. a. Mettre proche : approcher une chaise. V. n. Devenir proche : l'heure approche. Ant. Ecarter, éloigner.
APPROFONDIR (a-pro) v. a. Rendre plus profond. Examiner à fond : approfondir une question.
APPROFONDISSEMENT (a-pro-fon-di-se-man) n. m. Action d'approfondir, au pr. et au fig. : l'approfondissement d'un puits, d'une question.
APPROPRIABLE (a-pro) adj. Qu'on peut s'approprier.
APPROPRIATION (a-pro, si-on) n. f. Action de rendre propre à. Action de s'approprier une chose.
APPROPRIER (a-pro-pri-é) v. a. (préf. ad, et lat. proprius, convenable. — Se conj. comme prier.) Rendre propre à une destination : approprier les lois aux mœurs. Mettre en état de propreté : approprier un appartement. Fig. Conformer : approprier le style au sujet. S'approprier v. pr. S'attribuer, usurper : s'approprier un héritage, une pensée.
APPROUVABLE (a-prou) adj. Qui peut, qui doit être approuvé : plan, conduite approuvable.
APPROUVER (a-prou-vé) v. a. (préf. ad, et lat. probare, prouver). Agréer une chose, y consentir : approuver un mariage. Juger bon, louable : approuver un orateur, un discours. Ant. Désapprouver.
APPROVISIONNEMENT (a-pro-vi-zi-o-ne-man) n. m. Action de munir de provisions une ville, une armée, une flotte, etc. Provisions réunies : des approvisionnements frais.
APPROVISIONNER (a-pro-vi-zi-o-né) v. a. Garnir, munir de provisions : la terre entière approvisionne Paris. Ant. Démunir, dénantir.
APPROVISIONNEUR, EUSE (a-pro-vi-zi-oneur, eu-ze) n. Celui, celle qui approvisionne.
APPROXIMATIF, IVE (a-pro-ksi) adj. Fait par approximation : calcul approximatif. Ant. Exact, précis.
APPROXIMATION (a-pro-ksi-ma-si-on) n. f. (lat. approximare, approcher). Estimation, évaluation par a peu près. (Se dit de tout ce qui n'offre pas une exactitude rigoureuse.) Ant. Exactitude, précision.
APPROXIMATIVEMENT (a-pro-ksi, man) adv. Par approximation. D'une manière approximative.
APPUI (a-pui) n. m. (préf. ad, et lat. podium, piédestal). Soutien, support. Fig. : être l'appui du faible. Mécan. Point d'appui, point fixe autour duquel la puissance et la résistance tendent à se mettre en équilibre. A l'appui de loc. prépos. Pour appuyer, prouver : les exemples viennent à l'appui des règles.
APPUI-MAIN (a-pui-min) n. m. Baguette dont se servent les peintres pour appuyer la main qui tient le pinceau. Pl. des appuis-main.
APPUI-TÊTE (a-pui) n. m. Appareil destiné à soutenir immobile la tête des personnes que l'on photographie. Pl. Des appuis-tête.
APPUYER (a-pui-ié) v. a. (J'appuie, tu appuies, il appuie, nous appuyons, vous appuyez, ils appuient. J'appuyais, nous appuyions. J'appuyai, nous appuyâmes. J'appuierai, nous appuierons. Appuie, appuyons, appuyez. J'appuierais, nous appuierions. Que j'appuie, que nous appuyions. Que j'appuyasse, que nous appuyassions. Appuyant. Appuyé, e.) Soutenir par le moyen d'un appui. Appliquer : appuyer une échelle contre un mur. Fig. Protéger : appuyer une demande. V. n. Peser : appuyer sur la plume. Fig. Insister : appuyer sur une circonstance.
APPUYOIR (a-pui-ioir) n. m. Outil en bois dont se sert le ferblantier pour appliquer l'une sur l'autre deux pièces à souder.
ÂPRE adj. (lat. asper). Rude au goût, au toucher : fruit âpre. Fig. Avide : âpre au gain. Violent, plein d'aigreur : caractère âpre. Ant. Doux.
ÂPREMENT (man) adv. Avec âpreté.
APRÈS (prè) prép. A la suite : entrer après quelqu'un. Contre : crier après quelqu'un. A la poursuite de : courir après un lièvre. Ensuite : mangez d'abord, buvez après. D'après loc. prép. A l'imitation, à la manière : peindre d'après nature. Ant. Avant.
APRÈS-DEMAIN (prè-de-min) loc. adv. Le second jour après celui où l'on est. N. m. : des aprèsdemain.
APRÈS-DÎNER (prè-dî-né ) n. m. Temps qui suit le dîner. Pl. des après-dîners. (On écrivait autref. après-dîné n. m. et après-dînée n. f.)
APRÈS-MIDI (prè) n. m. ou f. invar. Partie du jour depuis midi jusqu'au soir.
APRÈS-SOUPER (prè-sou-pé) n. m. Temps entre le souper et le coucher. Pl. des après-soupers. (On écrivait autref. après-soupé n. m. et après-soupée n. f.)
ÂPRETÉ n. f. Etat de ce qui est âpre : l’âpreté des fruits verts. Fig. Sévérité, rudesse : l'âpreté des reproches.
À PRIORI V. priori (à).
À-PROPOS (po) n. m. Chose dite ou faite en temps et lieu convenables : l’à-propos donne du prix à tout. Pièce de théâtre, poème de circonstance : des à-propos en vers. V. propos.
APSIDE n. f. Astron. Chaque extrémité du grand axe de l'orbite d'une planète. V. aphélie>, .
APTE adj. (lat. aptus, propre à). Qui a des dispositions à, qui est propre à : l'enfant est apte à apprendre. Ant. Inapte, impropre, incapable.
APTÈRE adj. (gr. a priv., et pteron, aile). Se dit d'un insecte sans ailes, comme la puce, le pou. Se dit des statues de certaines divinités antiques qui, par exception, étaient représentées sans ailes : la Victoire aptère. N. m. pl. Ordre d'insectes dépourvus d'ailes. S. un aptère.
APTÉRYX (ap-té-riks) n. m. Genre d'oiseaux d'Australie, n'ayant que des rudiments d'ailes, des plumes ressemblant à des soies, et pas de queue.
APTITUDE n. f. Disposition naturelle à quelque chose : aptitude pour les sciences. Ant. Inaptitude.
APUREMENT (man) n. m. (rad. pur.) Vérification d'un compte faisant ressortir les droits coutestés, les recouvrements, les restes à recouvrer, etc.
APURER (ré) v. a. (rad. pur.) Vérifier et arrêter définitivement : apurer un compte.
APYRE adj. (du gr. a priv., et pur, feu). Inaltérable au feu, et surtout infusible : le cristal de roche est apyre.
APYRÉTIQUE adj. (de apyrexie) Qui fait tomber la fièvre. Qui n'a pas de fièvre.
APYREXIE (rèk-sî) n. f. (du gr. a priv., et pur, feu). Absence, cessation de fièvre.
AQUA-FORTISTE ou AQUAFORTISTE (kou-a- for-tis-te) n. m. (ital. acqua-forte, eau-forte). Graveur à l'eau-forte. Pl. des aqua-fortistes ou aquafortistes.
AQUAMANILE (kou-a) n. m. (lat. aqua, eau, et manus, main). Au moyen âge, bassin pour se laver les mains avant et après les repas. Petite fontaine en dinanderie.
AQUAPUNCTURE (kou-a-ponk) n. f. Chir. Révulsion obtenue par la projection brusque et violente d'un filet d'eau filiforme.
AQUARELLE (kou-a-rè-le) n. f. (ital. acquerella ; de acqua, eau). Peinture en couleurs délavées dans l'eau.
AQUARELLISTE (kou-a-rèl-lis-te) n. Peintre à l'aquarelle.
AQUARIUM (kou-ari-om') n. m. Réservoir dans lequel on entretient des plantes et des animaux d'eau douce ou d'eau salée. Pl. des aquariums.
AQUATILE (kou-a) adj. Bot. Se dit d'une plante qui naît, qui vit dans l'eau, comme le lotus, le nénufar, etc.
AQUA-TINTA (kou-a) n. f. (lat. aqua, eau, et ital. tinta, teinte). Gravure imitant le dessin au lavis, fait à l'encre de Chine, au bistre, à la sépia. Pl. des aquatinta. (On dit aussi aquatinte, pl. des aquatintes.)
AQUA-TINTISTE ou AQUATINTISTE (kou-atin-tis-te) n. Personne qui grave à l'aqua-tinta. Pl. des aqua-tintistes ou aquatintistes.
AQUATIQUE (kou-a) adj. Qui croît, qui vit dans l'eau : plante, animal aquatique.
AQUATIQUEMENT (kou-a-ti-ke-man) adv. D'une manière aquatique. Par le moyen de l'eau.
AQUEDUC (ke-duk) n. m. (lat. aqua, eau, et ducere, conduire). Canal en maçonnerie pour conduire l'eau.
AQUEUX, EUSE (keû, eu-ze) adj. (lat. aqua, eau). De la nature de l'eau : humeur aqueuse. Qui contient de l'eau : légumes trop aqueux.
AQUICULTEUR (ku-i) n. m. Celui qui s'occupe d'aquiculture.
AQUICULTURE (ku-i) n. f. (du lat. aqua, eau, et de culture). Art de multiplier et d'élever les animaux et les plantes aquatiques.
AQUIFÈRE (ku-i) adj. Qui porte, qui contient de l'eau : couche géologique aquifère.
AQUIFOLIACÉES (ku-i, sé) n. f. pl. Famille de dicotylédones dont le houx est le type. S. une aquifoliacée.
AQUIGÈNE (ku-i) adj. Qui naît ou croît dans l'eau.
AQUILIN, E (ki) adj. (lat. aquila, aigle). Recourbé en bec d'aigle : nez aquilin. Ant. Camard.
AQUILON (ki) n. m. Vent du nord violent. Blas. Représentation de ce vent que l'on figure par une tête d'enfant joufflu et qui souffle avec force.
AQUITANIEN (ki-ta-ni-in) n. m. Etage géologique de la période tertiaire.
AQUOSITÉ (ko-zi-té) n. f. Qualité de ce qui est aqueux.
ARA n. m. Gros perroquet de l'Amérique du Sud, à longue queue et à beau plumage.
ARABA n. m. Nom d'une voiture en usage en Turquie.
ARABE adj. et n. De l'Arabie. Chiffres arabes, les dix signes de la numération, qui sont : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 0. Fam. Usurier, homme dur en affaires. N. m. Langue arabe. — Art arabe. Les Arabes s'étant interdit, pour des motifs religieux, la représentation des êtres animés, leur art ne comporte pas de statuaire ; leur peinture et leur sculpture se limitent à l'enjolivement des caractères d'écriture, ce qui constitue l'art raffiné des arabesques. Mais ils ont excellé dans un genre d'architecture qui, d'abord inspiré des Romains, puis des Byzantins, s'est surtout développé en Espagne, et a produit des monuments tels que l'Alcazar et la Giralda de Séville ou l'Alhambra de Grenade. L'édifice type de l'architecture arabe est la mosquée, sanctuaire sacré de forme carrée avec une cour centrale, une chaire à prêcher, un mihrab et un minaret. Les monuments arabes comportent des arcs de toutes formes, des pendentifs très ornés, et des motifs décoratifs d'une extrême richesse. Il faut citer les mosquées d'Egypte, de Constantinople, de Cordoue.
ARABESQUE (bès-ke) adj. Propre aux Arabes : décoration arabesque. N. f. Peint. et sculpt. Entrelacement de feuillages et de figures de caprice, à la manière des Arabes.
ARABIQUE adj. Qui est d'Arabie : gomme arabique.
ARABISANT (bi-zan), E ou ARABISTE (bis-te) n. Qui possède la langue arabe. Qui en fait une étude spéciale.
ARABISME (bis-me) n. m. Locution propre à la langue arabe.
ARABLE adj. (lat. arare, labourer). Se dit d'uneterre qui peut être labourée plusieurs fois en un temps relativement court : sol arable, terre arable.
ARACHIDE (chi) n. f. Plante légumineuse, vulgairement appelée pistache de terre, parce que ses fruits se développent sous terre, et dont les graines (cacahuètes) donnent une huile blanche, de saveur agréable.
ARACHNÉEN, ENNE (rak-né-in, è-ne) adj. Qui est propre à l'araignée.
ARACHNIDES (rak) n. m. pl. Classe d'animaux articulés, comprenant les araignées, scorpions, etc. S. un arachnide.
ARACHNOÏDE (rak-no-i-de) n. f. (du gr arakhnè, araignée, et eidos, aspect.) Nom donné, à cause de sa ténuité, à l'une des trois membranes qui enveloppent le cerveau.
ARACHNOÏDIEN, ENNE (rak-no-i-di-in, è-ne) adj. Qui a la finesse d'une toile d'araignée. Qui appartient à l'arachnoïde.
ARACK ou ARAC (rak) n. m. Liqueur spiritueuse, tirée du riz fermenté.
ARAGNE n. m. Ancien nom de l'araignée.
ARAGONITE n. f. Variété de carbonate de chaux naturel, découverte en Aragon en 1775.
ARAIGNÉE (rè-gné) n. f. (lat. aranea). Animal articulé à huit pattes et sans ailes. Crochet de fer à plusieurs branches pour retirer les seaux des puits.
ARAIRE (rè-re) n. m. Charrue sans avant-train.
ARALIACÉES (sé) n. f. pl. Famille de dicotylédones polypétales. S. une araliacée.
ARANÉIDES (né-i-de) n. m. pl. Subdivision de la classe des araignées. S. un aranéide.
ARANÉOLE n. f. Nom de la petite vive jeune.
ARANTÈLE ou ARANTELLE (tè-le) n. f. (du lat. aranea, araignée, et tela, toile). Toile d'araignée. (vx.) Tissu de lin très léger. (vx.) Véner. Filandres qui s'entre-croisent comme une toile d'araignée sur les pieds du cerf.
ARASEMENT (ze-man) n. m. Action d'araser.
ARASER (zé) v. a. Mettre de niveau les assises d'une construction.
ARASES (ra-ze) n. f. pl. Pierres qui servent à l'arasement. (On dit aussi pierres d'arase.)
ARATOIRE adj. (lat. arator, laboureur). Qui concerne l'agriculture : instruments aratoires.
ARAUCARIA (rô) n. m. Bot. Conifère des régions tropicales.
ARBALÈTE n. f. (lat. arcus, arc, et balista, baliste). Arc d'acier monté sur un fût et se bandant avec un ressort : les armes à feu ont remplacé l'arbalète. V. armes
ARBALÉTÉE (té) n. f. Portée d'arbalète.
ARBALÉTRIER (tri-é) n. m.Soldat armé d'une arbalète. Ornith. Martinet noir. Charp. Pièces de bois qui soutiennent la couverture d'un bâtiment.
ARBALÉTRIÈRE ou ARBALÉTIÈRE n. f. Ouverture pratiquée dans les murailles des châteaux forts du moyen âge pour tirer à l'arbalète.
ARBITRAGE n. f. Jugement amiable d'un différend par arbitre. Sentence rendue par les arbitres.
ARBITRAIRE (trè-re) adj. Qui dépend de la seule volonté. Despotique : pouvoir arbitraire. Ant. Légal, juste.
ARBITRAIREMENT (trè-re-man) adv. D'une manière arbitraire, despotique : gouverner arbitrairement. Ant. Légalement, justement.
ARBITRAL, E, AUX adj. Qui est prononcé par des arbitres : jugement arbitral. Qui est composé d'arbitres : tribunal arbitral.
ARBITRALEMENT (man) adv. Par arbitres.
ARBITRATION (si-on) n. f. Estimation en bloc.
ARBITRE n. m. (lat. arbitrari, estimer, juger). Qui est choisi par un tribunal ou par les parties pour prononcer dans un différend. Maître absolu : Dieu est l'arbitre de nos destinées. Qui a une grande influence : être l'arbitre de la mode. Libre arbitre ou franc arbitre, puissance que la volonté a de choisir, de se déterminer.
ARBITRER (tré) v. a. Juger en qualité d'arbitre.
ARBORER (ré) v. a. (lat. arbor, arbre). Planter, élever quelque chose droit comme un arbre : arborer un drapeau. Arborer un pavillon, le hisser, le déployer. Arborer l'étendard de la révolte, se révolter.
ARBORESCENCE (rès-san-se) n. f. Etat d'un végétal arborescent. Forme arborescente.
ARBORESCENT (rès-san), E adj. Qui a le port, la forme, le caractère d'un arbre : fougères arbor